LES MECANISMES DU MARCHE

 

Quelques notions importantes

 

- Prix d’équilibre  : Prix qui égalise les offres et les demandes sur un marché.

- Demande : Quantité de produits que les acheteurs sont prêts à acquérir pour un certain prix.

- Offre : Sur un marché déterminé, quantités de produits que les vendeurs souhaitent vendre à un prix donné.

- Concurrence pure et parfaite : Notion introduite par la théorie néo-classique pour décrire l’ensemble des conditions requises pour obtenir un fonctionnement idéal de tous les marchés.

- Monopole : Entreprise qui est seule à vendre un certain produit ; forme de concurrence imparfaite dans laquelle un vendeur (offre) fait face à une multitude d’acheteurs (demande).

- Oligopole : Situation de concurrence imparfaite dans laquelle un petit nombre de vendeurs font face à une multitude d’acheteurs.

- Concurrence monopolistique : Situation de concurrence dans laquelle les entreprises différencient tellement leurs produits qu’elles se trouvent disposer d’un certain monopole pour leurs propres produits.

 

Outils statistiques

- Elasticité : Variation relative d’une grandeur par rapport à la variation relative d’une autre grandeur.

- Elasticité- prix d’un bien : Variation de l’offre ou de la demande par rapport à la variation du prix.

 

 

SOMMAIRE

 

1/ Qu’est-ce qu’un marché ?

- Une notion complexe.

- La loi de l’offre et de la demande.

- Le marché, une approche micro-économique et utilitariste.

2/ Le marché idéal

- Le modèle de concurrence pure et parfaite (CCP).

- Le comportement des entreprises.

3/ Les marchés imparfaits

- Les différentes formes de marchés avec la classification de Stackelberg.

- L’atomicité victime de la concurrence.

- La transparence des marchés.

Dans la réalité, le marché a un fonctionnement complexe et difficile mais si les conditions de la libre concurrence sont respectées, la CCP montrera comment le prix d’équilibre des produits est fixé sur les marchés.

 

1/ Qu’est- ce qu’un marché ?

Malgré sa notion complexe, le marché est le lieu de l’offre des vendeurs et de la demande des acheteurs dans le but de réaliser un échange ce qui permet de créer des relations sociales.

Le marché se décline sous plusieurs formes : tout d’abord, le marché est le lieu géographique où se rencontrent des acheteurs et des vendeurs d’un ou plusieurs produits pour réaliser un échange. Ensuite, il existe des marchés qui n’ont pas de réalité géographique, tel le marché boursier en France, qui est un marché direct et intermédié selon le type d’organisation. Et sur le plan théorique, le marché d’un bien ou d’un service est le lieu fictif où se retrouvent toutes les offres et toutes les demandes portant sur ce bien ou ce service.

La loi de l’offre et de la demande est définie comme étant la variation de l’offre et de la demande lorsque les prix se modifient sur un marché. Les prix se forment sur les marchés selon le jeu de l’offre et de la demande.

La demande est une fonction décroissante du prix. Si le prix augmente, la demande diminue alors que l’offre augmente. A l’inverse, si le prix diminue, la demande augmente tandis que l’offre diminue. La demande est déterminée selon le niveau des ressources et l’utilité puisqu’elle est fonction de l’utilité marginale des biens et des ressources disponibles.

L’offre est une fonction croissante du prix. La baisse du prix conduit les entreprises à réduire les quantités fabriquées. Une baisse du prix correspond donc à une diminution de l’offre.

Une baisse des prix conduit les acheteurs à accroître leur demande et les vendeurs à réduire leur offre. A l’inverse, une hausse amène les vendeurs à offrir davantage, alors que les acheteurs modèrent leur demande. Plus un prix est haut, moins les consommateurs sont prêts à acheter le produit, mais plus les vendeurs sont nombreux à vouloir le vendre c’est ce que l’on appelle le mécanisme de l’élasticité- prix de l’offre et de la demande.

Les théoriciens libéraux comme Adam Smith, cherchent à montrer qu’il existe de nombreuses vertus sur les marchés. Selon lui, le marché permettrait d’harmoniser les comportements ; d’autre part, l’offre et la demande sont constamment égales sur tous les marchés, comme s’il y avait " une main invisible " qui réaliserait la concordance entre l’intérêt individuelle et l’intérêt collectif. Sur un marché, chacun n’est motivé que par son intérêt personnel, " Je pense à moi, je pense à toi ", mais malgré tout le marché est un système d’égoisme qui fait le bien de tous. Ce marché évolue dans une sphère appelée société de marché où il y a des individus qui agissent dans la plus grande rationnalité : l’homo-oeconomicus.

 

 

2/ Le marché idéal

Le bon fonctionnement du marché repose sur 5 hypothèses :

- L’atomicité implique un très grand nombre d’acheteurs et de vendeurs simultanément présents

sur les marchés

- L’homogénéité des produits distingués par leurs prix.

- La libre entrée est l’absence de contraintes à l’entrée de n’importe quel agent économique, sur

n’importe qu’elle marché et à n’importe quel moment.

- La libre circulation des facteurs de production (travail et capital).

- La transparence induit la parfaite information de tous les agents économiques sur l’ensemble

des prix et des caractéristiques des produits.

Lorsque ces 5 conditions sont réunies, on aboutit à la réalisation de l’équilibre général sur un marché sur lequel l’offre est partout égale à la demande grâce à la flexibilité des prix. Selon l’économiste Léon Walras, si un marché est équilibré les autres le sont aussi en concurrence pure et parfaite ; l’optimum de Pareto montre qu’à l’équilibre l’ensemble des satisfactions des agents économiques est à son maximum.

SITUATION ECONOMIQUE OPTIMALE

Optimisation des ressources Optimisation des satisfactions

 

 

Cependant, l‘idéal, selon Guyzot, est de laisser le marché réguler l’activité économique en rejetant toute intervention extérieure comme l’Etat par exemple, sinon celui-ci génèrerait le libre fonctionnement du marché en créant ainsi des déséquilibres. C’est la devise du " Laisser faire, Laisser passer ".

 

 

Le comportement des entreprises

 

 

Problématique : Quelle quantité produire pour maximiser les profits d’une entreprise ?

 

En CCP, les entreprises ne peuvent fixer leur prix, car il est déterminé par la rencontre de l’offre et de la demande. Si elles veulent maximiser leur profit, elles doivent réduire leurs coûts.

Ces coûts sont de 3 types :

- Les coûts fixes (prime d’assurance, loyer…) sont les dépenses que l’entreprise doit

effectuer quelles que soient les quantités produites.

- Les coûts variables sont les dépenses prises en compte en fonction des quantités

produites, ils sont soit proportionnels à la quantité produite (matières premières),

soit non proportionnels à la quantité produite (salaire).

De plus, elle doit prendre en considération son coût marginal c’est à dire le coût supplémentaire pour produire une unité de plus du produit ou du service considéré.

Elle produit jusqu’à ce que son coût marginal et son coût moyen (ensemble des dépenses relatives à l’activité productive divisées par le nombre d’unités produites) égalisent le prix de vente sur le marché. C’est ainsi qu’elle maximise son profit. Mais en même temps, la concurrence fait pression à la baisse du prix de vente qui tend à se rapprocher du coût moyen et donc à réduire les profits.

 

3/ Les marchés imparfaits

De nos jours, il existe différentes formes de marché dont la CCP est l’une des forme que peut prendre un marché. D’après la classification de Stackelberg, nous pouvons dresser le tableau ci-contre :

 

Demande Offre

Un vendeur (mono)

Quelques vendeurs (oligo)

Nombreux vendeurs (poly)

Un acheteur (mono)

Monopole bilatéral

Monopsone contrarié

Monopsone

Quelques acheteurs (oligo)

Monopole contrarié

Oligopole bilatéral

Oligopsone

Nombreux acheteurs (poly)

Monopole

Oligopole

Concurrence

 

 

 

Cependant, l’atomicité est victime de la concurrence puisque les marchés se concentrent de plus en plus, par conséquent la concurrence tue la concurrence. La concurrence est qualifiée d’imparfaite lorsqu’il existe des entraves où des barrières sont placées à l’entrée comme tout ce qui concerne l’armement, les médicaments…

Le monopole est l’une des formes principales de la concurrence imparfaite.

 

 

 

On parle de monopole naturel lorsque les prix et les coûts de production sont inférieurs à ceux qu’ils seraient dans une situation concurrentielle car plus l’entreprise a tendance à produire moins cela lui coûte cher puisque les coûts fixes sont important et un monopole est beaucoup plus efficace qu’une concurrence.

 

Néanmoins, la concurrence amène à la concentration dont celle-ci aboutit à des situations oligopolistiques ou monopolistique. La concentration est définie comme étant le processus au cours duquel la taille des entreprises s’accroît ainsi que leur poids relatif sur le marché afin qu’elles réduisent leurs coûts de production, profitent d’économies d’échelles ou diversifient leurs activités.

On distingue généralement 3 types de concentration :

- La concentration verticale réunit diverses étapes associées au processus de production.

- La concentration horizontale regroupe des actions situées au même stade du processus de

production ce qui permet d’accroître le pouvoir de négociation face aux partenaires extérieurs

(baisse des prix exigés des fournisseurs) et de réaliser des économies d’échelle.

- La concentration conglomérale regroupe des entreprises ayant des activités totalement

différentes afin de diversifier les placements financiers, par exemple une entreprise fabrique des

automobiles mais le marché de l’ordinateur est beaucoup plus intense alors cette entreprise

fabriquera aussi des ordinateurs.

 

 

Ces opérations de concentration correspondent à un processus de croissance externe et à un processus de croissance interne.

- La croissance externe est l’extension de l’activité d’une entreprise en acquérant des moyens de production (les usines, les réseaux commerciaux) déjà existants.

- Alors que la croissance interne est l’extension d’une entreprise qui développe elle-même ses moyens de production ; mais cette mise en œuvre est plus lente et moins onéreuse.

 

Mais, il n’est pas nécessaire que la concurrence soit parfaite pour obtenir le même résultat.

En l’absence de CCP, il suffit que les marchés soient contestables pour avoir le même résultat puisque dans ce cas, il n’existe aucune entrave, aucune barrière à l’entrée et à la sortie : libre entrée, libre sortie. Par conséquent, c’est inutile d’être en situation de concurrence réelle, seule la possibilité de concurrence suffit pour que l’entreprise ait un comportement comme si elle était en concurrence, c’est- à dire " sans concurrence, j’agis comme si y en avait ".

 

 

Le consommateur est rarement parfaitement informé de tous les prix offerts par les entreprises sur un même produit. Les données sont brouillées par la publicité ou les promotions mais malgré tout, tout le monde peut y avoir accès. L’acheteur d’un produit dispose d’une moins bonne connaissance sur la qualité du produit que le vendeur. Cela justifie bien l’existence des marchés imparfaits.

 

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ELASTICITE ET PROPENSIONS

 

Objectifs : - Savoir calculer

- Savoir interpréter

 

1/ LES PROPENSIONS

Elles expriment une tendance.

La propension à consommer désigne la part du revenu qui est consacrée à la consommation. On la calcule par le rapport Consommation/Revenu. On peut la calculer pour un ménage, un groupe de ménages ou pour l’ensemble des ménages par exemple.

La propension à épargner désigne la part du revenu qui est consacrée à l’épargne. On la calcule par le rapport Epargne/Revenu.

Ces propensions sont appelées propensions moyennes à consommer ou à épargner, car elles comparent la consommation totale (C) ou l’épargne (E) au revenu total (R).

Les propensions marginales à consommer ou à épargner expriment la part d’une augmentation du revenu qui sera consacrée à la consommation ou à l’épargne et ce calcule de la manière suivante :

PMC = Variation de C / Variation de R

PME = Variation de E / Variation de R

La variation peut être positive ou négative.

Si C/R = 0.4 et E/R = 0.6 signifie qu’en moyenne 60% du revenu est consacré à l’épargne et on en consacre 40% à la consommation.

Si Variation de E / Variation de R = 0.7 signifie que 70% du revenu supplémentaire est consacré à l’épargne.

Si Variation de C / Variation de R = 0.3 signifie que 30% du revenu supplémentaire est consacré à la consommation.

 

2/ ELASTICITE

 

L’élasticité-prix est définie comme étant la sensibilité de la demande d’un produit à la variation du prix de celui-ci.

Ep = Variation de la quantité demandée (%) / Variation du prix (%)

Par exemple, une élasticité-prix de –3 peut correspondre à une hausse de la demande de 3% lorsque le prix baisse de 1%. De plus, l’exemple du carburant d’aujourd’hui montre bien que le produit à une faible élasticité de la demande par rapport au prix.

L’élasticité-revenu de la consommation ou de l’épargne est définie comme étant la sensibilité de la demande d’un produit à la variation du revenu du ménage qui le consomme.

Er = Variation de la consommation (%) / Variation du revenu (%)

Ee = Variation de l’épargne (%) / Variation du revenu (%)

Si le revenu change, la consommation change.

Par exemple, si la demande de pain diminue de 2% lorsque le revenu augmente de 3% on aura :

Er = -2% / +3% = - 0.66

Un signe positif de l’élasticité-revenu signifie qu’une hausse du revenu induit une hausse de la demande du revenu.

A l’inverse, un signe négatif correspond au cas d’une consommation qui diminue lorsque le revenu augmente.

 

L. G. 1ES2, mai 2004.