CANDIDE : LE RETOUR
(1998)

  (Candide est un conte philosophique écrit au XVIIIème siècle par Voltaire pour dénoncer les maux de son siècle ; les élèves de Seconde 1 ont actualisé le conte. Candide est devenu Mouloud).  

Chapitre 1 Comment Mouloud quitte son village
Chapitre 2 Où Mouloud ne comprend plus rien
Chapitre 3 Mouloud arrive à Marseille
Chapitre 4 Comment Mouloud réagit par rapport au racisme
Chapitre 5 Ce que Mouloud découvre en Amérique
Chapitre 6 Comment Mouloud écoute un doux dingue et ce qui en résulte 
Chapitre 7 Paradis ou enfer ?
Chapitre 8 Comment Mouloud découvre ce qu’est une overdose ?
Chapitre 9 Comment Mouloud retrouve son ami journaliste
Chapitre 10 Ce qui arrive à Mouloud en Afrique
Chapitre 11 Quand les enfants ne sont plus des enfants
Chapitre 12 Conclusion

 


CHAPITRE PREMIER Comment Mouloud quitte son village

 Il y a en Algérie, un petit village, El-Omaria, qui abrite un jeune garçon qu’on appelle Mouloud.
La nature lui a donné un esprit simple mais ses qualités de travailleur manuel et sa chaleur humaine sont indéniables. Il vit dans une petite maison avec toute sa famille. Son père, un petit paysan du village passe ses journées au champ et rentre souvent très tard à la maison.
Sa mère, élève ses cinq enfants et va de temps en temps vendre les quelques récoltes au marché. La grand mère de Mouloud très vieille aide encore aux taches ménagères, Mouloud ne l’aime guère car elle passe ses journées à lui dire de faire comme-çi ou de ne pas faire comme-ça.
Cette famille n’est pas bien riche ; qu’importe que l’on aille se coucher en ayant le ventre vide puisqu’il règne dans toute cette maisonnée une formidable joie de vivre.
Mais les choses vont de moins en moins bien et Mouloud le comprend tout de suite. Le père rentre de plus en plus tard des champs et s’entretient ensuite avec son épouse. Tout ça ne lui dit rien qui vaille.
Et en effet un jour le père décide que c’en est trop et qu’il faut partir essayer de trouver du travail à Blida , la ville la plus proche. Toute la famille prend le peu d’affaires qu’elle a et part .
Les premiers jours à Blida se passent difficilement, le père ne trouve pas de travail et prend la décision d’installer toute sa famille dans le coin abrité d’une ruelle le temps de découvrir ce nouveau monde.

Julien Garnier et Damien Lacroix

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CHAPITRE DEUXIEME Où Mouloud ne comprend plus rien

Pourtant, après quelques jours, le père de Mouloud trouve enfin un travail et peut installer sa famille dans un petit appartement dans la rue pauvre de Blida .
Une nuit, alors que Mouloud et sa famille dorment tranquillement, des hurlements étranges réveillent Mouloud. Celui-ci, encore tout endormi, se penche par la fenêtre et aperçoit quatre hommes cagoulés aux allures bizarres. Ces hommes, vêtus de noir et armés jusqu’aux dents pillent de nombreuses maisons et assassinent sauvagement tous leurs occupants. Pourtant, malgré leurs déguisements, Mouloud croit reconnaître l’un de ces hommes. C’est celui qui, cruellement, désigne les maisons à saccager. Mouloud a déjà vu cet homme auparavant, petit et gros, cet homme ne peut passer inaperçu dans les rues de Blida. Subitement, Mouloud réalise le danger et court prévenir sa famille, mais trop tard !
Les hommes en noir ont déjà pénétré dans sa maison et commencent à tout dévaster. Mouloud se précipite dans la cave et se blottit derrière une vieille armoire délabrée jusqu’au petit matin. A l’aube le silence revenu ; Mouloud, inquiet et apeuré, remonte prudemment les quelques marches de son refuge. Une fois la porte ouverte, Mouloud ressent une sensation intérieure indescriptible : en effet, un affreux spectacle s’offre à ses yeux. Son père étalé sur le sol, gît dans son propre sang. Mouloud se rapproche, il constate que son père a été égorgé. Rapidement, il comprend qu’il est le seul survivant, ses frères et sœurs, tout comme son père, ont été sauvagement assassinés. Seule sa mère est morte dans la dignité, elle semble s’être suicidée avant d’avoir été violée.
Mouloud se précipite hors de l’immeuble dévasté et aperçoit un journaliste qui prend un malin plaisir à photographier les dernières victimes du massacre. Celui-ci se précipite vers lui afin d’obtenir un scoop qui lui vaudra une belle promotion. Après quelques présentations et quelques questions embarrassantes, c’est ensuite au tour de David d’écouter Mouloud : " Je ne comprends pas ce qui s’est passé... Pourquoi tant de violence ? Pourquoi ma famille ? "
Mouloud décide de retourner dans son village où son oncle le recueille . Néanmoins, cet hébergement n’est pas gratuit. Mouloud est contraint de travailler dans les champs de son oncle. Mais, l’état psychologique de Mouloud, après la mort de sa famille, ne lui permet pas de fournir un travail efficace. Après quelques mois de patience, son oncle le met à la porte. Mouloud, ne sachant que faire, décide de partir chercher le bonheur et la paix qu’il pense trouver en France.

Sébastien Drucké et Nicolas Miotto

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CHAPITRE TROISIEME MOULOUD arrive à Marseille

Tout juste arrivé en France, Mouloud qui avait utilisé complètement son argent pour payer son voyage, se retrouve sans travail ni abri. Il s'interroge sur son avenir et sur sa raison d’être quand deux hommes le croisent dans la rue. Ils se retournent et remarquent le physique de Mouloud. Intéressés, ils l’abordent et l’invitent à boire un verre.
Mouloud refuse mais les deux compères insistent et notre héros accepte d' entrer dans le premier bar de la rue. Après de courtes présentations Robert et Louison expliquent à Mouloud qu’ils sont responsables d’un club de football et seraient intéressés par son recrutement au sein de leur équipe. Sans réfléchir, Mouloud accepte en pensant qu’il se fera des amis qui pourront l’héberger le temps de trouver un appartement. Au club, il fait rapidement connaissance avec les joueurs, parmi eux Germain qui l’invite chez lui. Il apprend très vite les règles et devient bientôt l’un des meilleurs joueurs. Lors d’un match, il est remarqué par le président d’une grande équipe.
Mouloud arrive dans le bureau de Louison et lui annonce son départ dans une équipe où il sera mieux payé. Louison le félicite de cette décision en insistant sur le fait qu’il perd l’un de ses meilleurs butteurs.
Notre fier jeune homme rejoint donc sa nouvelle équipe. Après quelques mois d’entraînement, il arrive à la place très convoitée de numéro 1. Pendant la mi-temps d’un match décisif, le Président du club adverse vient le voir et lui propose un marché peu légal : il lui offre une forte somme d’argent pour qu’il arrête de marquer des buts.
- Mais c’est triché, je refuse !!!
- Ecoute moi : tu vois la société actuelle n’a qu’un seul maître : le fric ! Si tu as du pognon tu peux tout faire. La société c’est comme le foot, il y a des règles avec des personnes qui les suivent et des personnes qui les transgressent. Tu comprends, en enfreignant ces lois et les règles du foot :- premièrement je m’enrichis et mène une vie agréable sur le dos de mes joueurs que je paye une misère mais suffisamment pour qu’ils soient contents.
- deuxièmement je mets des sous de côté pour m’arranger avec les joueurs comme toi ou les avocats qui ont découvert mon petit business.
De plus ton blé, tu pourras t’en servir comme tu le sens !Allez, je mets 10 000 Fr. de plus.
- C’est vrai que c’est une somme. Et je les aurais quand ?... si j’accepte.
- Dans les jours qui suivent tu passes chez moi et je te paye cash.
Mouloud réfléchit à l’utilisation de tout cet argent et voit le moyen d’aider les hôpitaux d’Algérie.
- C’est d’accord !
A la fin du match, son entraîneur vient le voir et le questionne sur sa façon de jouer dans la deuxième partie, de plus il le menace de le renvoyer du club s’il continue à ‘‘jouer les spectateurs’’ sur le terrain. Mouloud qui se faisait régulièrement payer par les équipes adverses attira l’attention des administrateurs et de ses équipiers. Son entraîneur décide donc de le renvoyer mais auparavant demande une enquête afin d’éclaircir l’affaire.
On arrête Mouloud et on l’interroge.
Pensant que les méthodes d’interrogatoire étaient les mêmes qu’en Algérie, il avoue sans se faire prier.
Il confie au enquêteurs qu’il s’est fait payer par monsieur Crésus, le président de l’équipe des MAGIC. Il est mis en prison ainsi que M. Crésus et d’autres personnes corrompues.
Deux mois plus tard, Mouloud passe en jugement, grâce à cet argent mal gagné il a pu se choisir un avocat réputé. Le juge condamne M. Crésus et les autres accusés à payer une forte amende et certains à faire de la prison. Afin de convaincre le juge de son irresponsabilité son avocat plaide la naïveté et le manque d’expérience de Mouloud en soulignant que le Président des MAGIC a largement profité de sa crédulité
Touché par ces bons sentiments, le juge innocente notre héros et le libère.
Mais ce procès donne une mauvaise réputation à Mouloud et aucune autre équipe ne veut de lui comme joueur. Il décide donc de s’installer à Paris où il espère trouver un autre travail et avoir plus de chance...

Thomas Chemin et Olivier Corbeil

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CHAPITRE QUATRIEME Comment Mouloud réagit par rapport au racisme

 Dès son arrivée à Paris, il éprouve pour la première fois, un sentiment de gaieté depuis le massacre de sa famille, car il vient de réaliser son rêve.
En effet, il arrive dans la ville représentant à ses yeux la liberté et la solidarité.
Mais à peine s'aventure-t-il dans ce nouveau contexte, qu'une bande de jeunes l'aborde et l'agresse pour lui dérober son argent.
Heureusement, un honnête commerçant les fait fuir et Mouloud perturbé par cette agression continue son chemin.
Arrivé à destination, il décide de partir à la recherche d'un emploi, mais il se heurte à de nombreux obstacles. En effet, il ne sait pas à quelles associations se renseigner, alors il se promène dans les rues de Paris, en espérant rencontrer une annonce qui mentionnerait la recherche d'un employé.
Mais, par le plus grand des hasards, il aperçoit dans la rue voisine, une enseigne où il est écrit le sigle A.N.P.E. ; intrigué il s'approche et constate avec joie qu'il se trouve devant une association pour l'emploi.
Il entre et brusquement un sentiment de désarroi s'empare de lui, car il ne sait pas quelles procédures utiliser, c'est alors qu'une jeune femme, avec de longs cheveux noirs et vêtue d'une jupe ravissante, s'approche.
Il l'aperçoit, regarde sa démarche, observe son visage, et soudain en contemplant ses yeux il est absorbé, envoûté, par sa beauté. Elle se présente et l’interroge, afin de savoir s'il a besoin d'une aide, pour trouver un emploi correspondant à sa demande. Celui-ci encore tout émerveillé, balbutie et répond affirmativement d'un signe de la tête.
Cette jolie jeune femme, prénommée Leïla, est en réalité une employée dont la fonction est d'assister les demandeurs d'emplois, mais celle-ci montre un intérêt particulier à Mouloud.
En effet, elle lui indique toutes les annonces existantes susceptibles de l'intéresser, puis après plus ample connaissance, elle lui propose de l'héberger jusqu'à ce qu'il trouve un emploi qui lui permette de payer son propre loyer.
Mouloud est subjugué par la sympathie de Leïla et cela ne fait que confirmer ses pensées sur son pays d'asile, car il lui semble, maintenant, que seule la France peut présenter ces quelques qualités.
Mais il constate que la réalité est bien différente des nombreux rêves de son enfance, car il cherche en vain un métier sans jamais pouvoir accéder à un entretien.
En effet, il reçoit seulement des réponses négatives ayant comme formule de politesse : "Vous ne correspondez pas à notre demande mais si un emploi se libère nous vous contacterons."
Mouloud désespéré, commence à errer dans les rues de cette ville dont il espérait tant. Mais un jour, en rentrant chez Leïla, après une journée ordinaire, il remarque une lettre adressée à son nom sur le rebord de la table, cependant celui-ci ne préfère pas l'ouvrir de peur d'être une nouvelle fois déçu par son contenu.
Leïla, impatiente de connaître la réponse prend l'enveloppe et l'ouvre délicatement ; tout à coup, les traits de son visage se contractent, ses yeux se mettent à pétiller. Mouloud pensif face aux réactions de Leïla, s'approche, se penche au-dessus de la lettre, et c'est alors qu'il laisse exploser toute sa joie, car il vient enfin d'obtenir cet emploi tant attendu.
Dans cet élan de joie, il l’invite au restaurant pour la remercier de son aide précieuse et pour fêter le début d'une nouvelle vie.
Le repas fini, ils quittent ensemble le restaurant, l'un et l'autre satisfaits de cette soirée. Ils se dirigent paisiblement vers leur domicile quand brusquement, dans une petite ruelle sombre, trois hommes les interpellent. Mouloud et Leïla s'arrêtent puis se tournent pour les observer, mais personne !
Ils avaient subitement disparu. Leïla effrayée, accélère le pas afin de sortir le plus rapidement possible de cette lugubre ruelle, mais quelques mètres plus tard, ces trois même hommes jaillissent de l'obscurité, munis de couteaux et de revolvers. Ils disent vouloir de l'argent mais lorsqu'ils aperçoivent la figure de Mouloud, ils le frappent avec une extrême violence. Il ne peut supporter tous ces coups et s'effondre dans son sang. Leïla, apeurée, hurle au secours en espérant les effrayer, mais son effort se résout par un échec, car ils continuent à frapper Mouloud gisant au sol. Maintenant, ils récupèrent l'argent de Mouloud et Leïla, puis s'évaporent dans l'obscurité. Mouloud semi-inconscient se demandait ce qu’il avait fait pour mériter un tel châtiment.
Cependant Leïla le transporte jusqu'à leur domicile et l'étend sur son lit pour désinfecter ses multiples blessures. Elle commence par lui retirer son maillot puis imbibe un coton d'alcool afin de lui nettoyer ses plaies, mais soudain ses gestes deviennent lents, sensuels, et comme hypnotisée, elle approche doucement ses lèvres près des siennes, et l'embrasse. Ce baiser, dans ce moment si inopportun, semble une éternité, car, l'amitié qui les unissait dévoile un amour infini.
Après s'être rétabli, Mouloud commence son emploi avec la ferme intention de se montrer digne de la confiance portée en lui. Les premiers jours, il est astreint à planter des fleurs dans un parc avec d'autres employés, mais ceux-ci, énervés de sa présence dans leur groupe, saccagent tout son travail. Mouloud désemparé, va leur demander des explications sur les actes qu'ils viennent de commettre, et leur seule réponse fut que cet emploi n'est pas adapté à une personne de son espèce.
Une fois la journée terminée, Mouloud se remémore sans cesse les propos tenus par les employés, et ne comprend pas cette nouvelle haine à son égard.
Le lendemain matin, à l'heure où débute le travail, Mouloud arrive sereinement et commence son labeur avec enthousiasme. En effet, les incidents de la veille sont oubliés, car il se rappelle une phrase prononcée par un journaliste algérien qui signifiait tout est bien dans le meilleur des mondes. C'est pour cela que Mouloud considère les paroles des employés juste comme un avertissement de la difficulté du travail.
La journée se passe dans les meilleures conditions possibles et maintenant la nuit fait son apparition, donc Mouloud décide de rentrer. Sur le chemin du retour, il rencontre Leïla et tous deux vont flâner dans Paris. Mouloud profite de cet instant de calme pour annoncer à Leïla, son désir de trouver un appartement où il serait enfin chez lui. Leïla, ne pouvant l'empêcher, lui propose de l'aider dans ses démarches.
Quelques jours après, Leïla obtient, par téléphone, un rendez-vous pour visiter un appartement ; satisfaite elle annonce la nouvelle à Mouloud. Le soir, ils vont chez le propriétaire pour examiner les lieux et lorsque la porte du domicile s'ouvre, un homme salue aimablement Leïla et l'invite à rentrer ; mais au moment où Mouloud s'apprête lui aussi à entrer, l'homme d'une voix rauque déclare avoir déjà loué la demeure. Mouloud surpris par la réaction du propriétaire demande des explications sur cette location subite, mais cet homme s'exclame ne pas peut avoir de compte à rendre à un étranger, de plus il lui dit d’un ton menaçant qu’il ne voulait pas voir la police arriver dans son immeuble si respectable.
Enervé d'être considéré par certaines personnes comme un indésirable, Mouloud semble abattu. Suite à un long entretien avec Leïla, il comprend maintenant la source de ses difficultés.
En effet, la couleur de sa peau, la montée du chômage, ainsi qu'une différence culturelle pousse la montée du racisme envers les étrangers.
Mouloud croyant venir dans un pays magnifique est déçu par la réalité qu'il vient de découvrir et il décide donc de s'envoler pour les Etats-Unis, synonymes de richesses et de facilité d'intégration.
En effet, il vient d'être frappé par le plus grand rêve de l'homme, celui du rêve américain.

Sébastien Besançon, Michaël Dass et Gilles Pauchon

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CHAPITRE CINQUIEME Ce que Mouloud découvre en Amérique

 Mouloud débarque la nuit tombée dans un quartier isolé loin de la ville. Il avait tellement entendu parler des Etats-Unis, le pays multiracial, c’était comme le rêve pour lui. Enfin, il ne subirait plus l’exclusion à cause de sa couleur café, de son accent...
Mouloud marcha le long d’un trottoir. Il est dix heures. Mouloud marche depuis déjà une heure. Il entre dans toutes les boutiques sur son chemin afin de trouver un petit hôtel pas trop cher pour pouvoir dormir et par la même occasion un petit boulot car s’il devait rester ici, il fallait bien qu’il gagne un peu d’argent pour subvenir à ses besoins. Le quartier lui semblait bien grand. Pourtant les rues sont étroites, sombres et on distingue à peine deux ou trois lampadaires. Mouloud aperçut un restaurant Italien. Il entra et dit: " Bonjour "
Un vieux derrière le comptoir le fixa attentivement.
"- Bonjour, que désirez-vous?  répliqua le vieux monsieur.
- Je ne veux pas vous déranger, mais j’aurais besoin de quelques renseignements. Savez-vous où je pourrais trouver un petit hôtel où dormir ce soir, s’il vous plaît ?
- Ah! Cher jeune homme, vous ne trouverez rien ici! Vous n’êtes pas du quartier et ça se voit! Vous ne trouverez rien du tout... "
Au loin surgirent des voix:
"Oh! je vais te buter! Ah! Ah! Smith! Je vais te buter! "
" Mais qu’est-ce ... Oh! C’est encore la bande, ces voyous! Désolé, mais je vais fermer. Si j’étais vous, je partirais tout de suite! "
Ce vieux monsieur semblait apeuré. Mouloud sort du magasin: il voit six hommes s’attaquant à un jeune noir, maigre et le visage en sang. Mouloud accourut et se mêla à la bagarre.
Des hurlements et des coups pouvaient s’entendre. Le bruit de la sirène résonna. La police. En quelques secondes les loubards s’étaient enfuis en criant:
" Je te retrouverai et te tuerai, Smith, je te tuerai Demba Smith! "
Le jeune noir prit Mouloud par le bras et ils coururent très vite. Ils s’arrêtèrent dans un petit coin sombre.
" c’est bon la voie est libre, dit le jeune noir. Salut, moi c’est Demba, Demba Smith, tu peux m’appeler Dem’s. Et toi ?
_Moi c’est Mouloud.
_T’es un drôle toi! T’aurais pas du venir à mon secours! ah!
_C’est normal, tu étais en danger et tu avais besoins d’aide.
_Ah!Tu n’es pas du quartier!
ah! Ah! Ah! T’es complètement fou mais tu vas me plaire graine de café! "
Ils reprirent leur chemin à deux et firent connaissance.Demba, jeune noir africain était arrivé en Amérique à l’âge de dix ans avec son père, sa mère et ses huit frères et soeurs. Son père mourut dans un accident de voiture avec ses deux plus jeunes soeurs. Peu âpres sa mère se prostitua pour nourrir ses enfants, mais elle mourut à son tour un an plus tard, laissant derrière elle Demba, ses deux grands frères ainsi que ses trois dernières petites soeurs. Il se retrouva orphelin à l’âge de quatorze ans, sans domicile et sans aucune situation.
" _ Viens on vas se bouffer un truc! J’ai trop la dalle!
_ Ouais mais j’ai pas grand chose, répond-il
_ T’inquiète c’est moi qui casque. Apres on ira voir un match.
_ Du football ?
_ Non! un combat.
_ De la boxe! J’ai entendu parler de la boxe aux Etats-Unis, il parait que c’est génial.
Ah! Ah! Dans le quartier, tu ne verras pas de boxe! Ici il y a des combats de pitt-bulls ! Et si tu aimes le sang et l’argent et bien tu vas être servi!
_ Des pitt-bulls ? Mais vous faites des combats de chiens ! Ce n’est pas interdit ?
_ Oh! mais ma parole! D’où tu sors, pépère ! Ici la justice ne fais pas survivre ! Si tu veux manger et te faire du fric, c’est pas en suivant le droit chemin mon pote ! "
Tout à coup, il s’arrête. Il sortit un billet de sa poche.
" Mais qu’est ce que tu fais !
_ Et bien regarde! ce pauvre clochard. Je vais lui donner de quoi manger pour ce soir.
_ Ici c’est chacun pour soi et Dieu pour tous! Telle est la devise ici et avance au lieu de raconter n’importe quoi! "
A leur arrivée, les chiens se battaient. Tout le monde criait. L’un des chiens arracha la tête de l’autre chien. Le sang gicle de partout et une foule de loubards, habillés en jean troués, riaient. Mouloud est choqué. Comment pouvait-on aimer voir cela? Voir ces pauvres bêtes s’entre-tuer sous la menace de leurs maîtres. Mouloud est mal, mais Demba semble sérieux.
" _ Eh! Mouloud ! Viens avec moi, on vas se faire du fric!
_ Ah bon! "
Demba court vers un buisson et en sort une sorte de gros savon marron. Il prend un couteau dans sa poche et le coupe en petits morceaux. Il s’absente pendant trente minutes. Mouloud doit surveiller. Demba revient:
" _ Allez viens on va se faire une virée ! Regarde ça, c’est le bonheur! "
Il lui montre une liasse de billets!
" _ Mais qu’est ce que c’est ?
_ C’est mon business! Vendre de la drogue pour me faire du fric! Tiens voilà la moitié pour avoir surveillé! Et maintenant viens, on va s’amuser!
- Allez Mouloud choisis les trois plus belles voitures.
_ Eh bien celle ci , la Mercedes et la BMW "
A peine a-t-il fini sa phrase que quatre loubards volent les voitures et pour couronner le tout, ils mettent le feu.
" _ Mais vous êtes fous ! Comment vont faire ces pauvres personnes pour aller travailler demain ?
_ T’inquiètes pas, ils sont plein au As et en plus il y a l’assurance et franchement il est trop magnifique ce feu ? "
Mouloud ne comprend pas, quel plaisir y a-t-il à faire brûler des voitures ? Il se sent de plus en plus mal.
" _ Allez Mouloud on va faire un Rodéo !
_ Ah! comme à la télé, avec les cow-boys...
_ Mais non! C’est une course de voitures et si tu aimes ça , tu vas être servi comme un chef. "
La course est spectaculaire, Mouloud n’avait jamais vu ça , mais lorsqu’il voit qu’il n’y a aucune règle de sécurité, il a un malaise. Et si la police arrivait, il se sent comme un hors la loi. La course terminée, ils se rassemblent dans une rue et ils parlent de tout et de rien, Mouloud est étonné de leur façon de s’emporter si rapidement. Soudain on entend:
" _ J’en ai marre de vous entendre discuter sous ma fenêtre! "
Tout le monde leva la tête, et là, le vieil homme du restaurant Italien, se mit à tirer dans le tas avec son fusil de chasse. Mouloud a juste eu le temps de réaliser qu’il est dans la ligne de mire que Demba le bouscule.
" _ Merde, j’ai plein de sang sur moi. Qu’est ce qui m’arrive ? s’écrie Mouloud "
Il baisse les yeux et voit Demba, allongé près de lui, sans bouger.
" _ Dem’s ça va, t’as rien! Oh! réponds moi ! Ca ne me fait pas rire! "
Demba ne répond pas. Mouloud éprouve une sensation terrible. Il le prend dans ses bras et la Demba lui dit:
" N’oublie pas ce que je t’avais dit : c’est chacun pour soi et Dieu pour tous, dans les quartiers. Demba meurt dans les bras de Mouloud qui se met à crier et pousse des gémissements.
Mouloud part , il veut marcher pour oublier, oublier que Demba est mort, le seul ami qu’il avait dans ces quartiers. Il se retrouve au milieu de nulle part , dans une ruelle étroite et sombre. Il pleure , jamais il n’avait tant pleuré. " Mais qu’est ce qui s’est passé? Pourquoi est-t-il mort?C’est injuste, il n’avait rien de quelqu’un de dangereux. Mais qu’est-ce que je vais devenir. Je ne m’attendais pas du tout à ce genre de vie, ici. Il faut que je parte, je ne peux pas vivre ici, c’est impossible. "
Il se remet à pleurer, quand soudain, dans la nuit, il aperçoit une ombre qui s’avance vers lui. Il distingue une silhouette avec de longs cheveux. Il se demande qui ce peut bien etre . Il entend une voix:
" _Mouloud!
_Leila! Leila!!
_Mais qu’est-ce que tu fais là, que t’est - il arrivé? "
Et il lui raconte tout :Demba, les loubard,s, les voitures et l’accident.
" Ce n’est pas une vie pour toi Mouloud, viens. on part des quartiers. "
On voit deux silhouettes s’effacer dans la nuit.

 

Sihem Abdelmoula, Hyacinthe M'Bon et Sonia Benazouze

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CHAPITRE SIXIEME Comment Mouloud écoute un doux dingue et ce qui en résulte

Mouloud et Lëila séjournent toujours aux Etats-Unis à quelques kilomètres de New-York dans une petite chambre d'hôtel peu accueillante et dénuée de chaleur humaine. Cet après-midi, Mouloud et Lëila flânent dans les rues de New-York. Un homme, vêtu d'un pantalon kaki et d'une veste dans les mêmes tons avec les cheveux en bataille, les aborde, un petit sourire aux lèvres, accompagné d'un reniflement peu distingué. Il leur parle d'un pays lointain où il vivait naguère et où se succédaient de nombreuses fêtes accompagnées de splendides feux d'artifice; suivies de longues parties de cache-cache dans la forêt, qui se terminaient par une danse où le but était de toucher les autres personnes qui tombaient et qui faisaient semblant de dormir, mais bizarrement elles ne se réveillaient plus. Ces mots font rêver Mouloud . le regard dans le vague, il écoute l'homme attentivement, jusqu'à ce que ce dernier mentionne le nom de ce pays merveilleux : "le Viêt-nam". Ce nom résonne dans la tête de Mouloud comme un appel au voyage.
Sans hésiter, ils font leurs bagages et prennent le premier avion en partance pour Saïgon, la capitale du Viêt-nam,où ils atterrissent seize heures plus tard.
A la sortie de l'aéroport, la stupeur s'installa sur leur visage. Les routes de terre battue rappelaient l'Algérie, comme la saleté des rues, la pauvreté et les dégâts probablement laissés par une guerre. Pensant trouver mieux à l'écart de cette grande ville marquée par le passé , Mouloud et Lëila prennent un petit chemin les conduisant le long d'un fleuve. A plusieurs kilomètres, ils découvrent, après avoir traversé un pont de bois, des panneaux de chaque côté du chemin indiquant : "DANGER MINES !". Ils continuent leur route en ne déviant pas du chemin.
Lëila voit un objet qui brille au milieu des fourrés. Elle s'éloigne laissant Mouloud seul sur le chemin. Elle se penche et soudain un énorme fracas, Mouloud se retourne, ne voit plus Lëila mais entend un gémissement. IL se rapproche et trouve Lëila au sol gisant dans une mare de sang. Alors Mouloud dans un élan de désespoir attrape Lëila et court du plus vite qu'il peut en direction du village. Dès son arrivée, il demande de l'aide. On lui indique un grand bâtiment blanc qui a l'air d'un immeuble abandonné plutôt que d'un hôpital.
Quand il entre dans le bâtiment en question, Lëila dans ses bras, il découvre une trentaine d'enfants, d'hommes et de femmes alignés les uns à côté des autres. La plupart sont amputés, ils tremblent à demi-morts.
Voyant Lëila couverte de sang , une femme toute de blanc vêtue se précipite vers Mouloud. Elle désigne un endroit à l'écart pour y déposer Lëila. On tente de la soigner mais celle-ci n'est pas tout à fait sauvée.
Les instruments opératoires ne sont pas stériles et les compétences des médecins limités, Lëila s'en sort avec quelques séquelles, pouvant s'aggraver par la suite; mais le pire est passé. La chance fut avec elle car un petit garçon victime d'une mine succomba de ses blessures peu de temps après l'opération qu'il avait subie en même temps que Lëila. Mouloud est touché par cette mère qui pleure son enfant. Tout en pensant, il s'écrie :
" C'est toujours les innocents qui sont victmes. Les fabricants de ces monstres ne sauteront jamais dessus ! Qui fabrique ces horreurs ? Les responsables savent-ils le nombre d'innocentes victimes des mines ?".
Tant de question et si peu de réponses. Mouloud veut faire quelque chose mais quoi, à qui doit-il s'adresser ? Anéantis par le désastre qui se dessine devant leurs yeux, Lëila et Mouloud décident de partir se réfugier dans un endroit où tout est calme, où rien ne viendra les atteindre. C'est alors qu'ils s'envolent pour le Canada. Pays réputé pour avoir des associations où la sagesse et le repos sont maîtres.

Estelle Callegari, Nadège Dussert et Audrey Marangoni

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CHAPITRE SEPTIEME Paradis ou enfer ?

Mouloud et Léila arrivent à l’aéroport de Montréal. Ils ne tardent pas à gagner les rues de la ville en quête d’un hôtel où passer la nuit. Dans la rue, un homme étrange, distribuant des prospectus, leur remet une brochure annonçant une conférence ayant lieu le soir même à propos de la paix dans le monde.
Le couple passe la journée à découvrir la ville et en oublie de chercher un hôtel. Le soir tombe, ils repensent à cette conférence et, curieux, décident de s’y rendre. Là, ils rencontrent Jean-Baptiste, un homme très chaleureux. Celui-ci sympathise vite avec eux et, la réunion terminée, les invite à passer la nuit chez lui. Mouloud et sa compagne, n’ayant nul endroit où aller, acceptent et suivent leur nouvel ami hors de la ville. Après un quart d’heure de route, ils arrivent devant un imposant portail accédant à une superbe villa. Le jeune couple, agréablement surpris par cette immense propriété, commence à questionner Jean-Baptiste :
" Tout cela t’appartient ? Tu dois être très riche !
- Tout cela n’est pas à moi mais à la communauté Uiracocha.
- C’est quoi cette communauté ? " rétorque Mouloud.
Agacé, leur hôte répond simplement : " Ecoutez, il est tard, je vous expliquerai tout demain et vous présenterai aux membres de notre association. En attendant suivez-moi, je vais vous conduire à votre chambre ". Le jour se lève, Jean-Baptiste vient réveiller Mouloud et Léila et les conduit jusqu’à la salle à manger. Là, ils prennent place autour d’une immense table couverte de nourriture où une douzaine d’autres personnes sont attablées et mangent en silence. Jean-Baptiste s’assoit également et, comme convenu, présente les nouveaux venus et leur explique le fonctionnement de la dite association : "  Vous voyez, ici tout ce que nous mangeons et sain et naturel, tous nos produits sont issus de nos cultures et de nos propres animaux. La vie est harmonieuse, chacun est libre mais tout le monde se soutient. Nous avons nommé notre communauté Uiracocha en l’honneur d’un dieu Inca qui était le Dieu du Soleil et des astres divinisés. Nous pensons qu’il symbolise parfaitement les valeurs de notre groupe. En effet, nous vivons en symbiose avec la nature, seules les divinités astrales nous guident dans l’absolu. En outre, la civilisation précolombienne était culturellement très évoluée et demeure à nos yeux un véritable modèle. "
Un homme vêtu d’une toge blanche se lève et prend la parole. Tous les membres l’écoutent solennellement : " Bienvenue à vous Mouloud et Léila. Je suis Paul, le souverain de cette assemblée. Je dirige le groupe, c’est pourquoi vous ne devez rien me cacher. En cas de problème, c’est à moi seul que vous vous adressez. Il faut que vous sachiez qu’à Uiracocha nous avons une mission. En effet, notre but est de réunir un maximum d’argent afin de l’envoyer en Afrique où nous sauvons ainsi des enfants victimes de la guerre. Chacun exécute donc une tâche précise et me confie ensuite le fruit de son travail. Si vous restez parmi nous, vous devrez travailler. Alors, que savez-vous faire ? " Mouloud répond : " Je n’ai pas de métier mais j’ai appris quelques notions de poterie dans les souks de Blida. " Paul leur dit alors : " C’est parfait, nous avons justement un atelier de céramique et personne n’y travaille. Je te propose d’y exercer tes talents avec ta compagne. Vous vendrez ensuite vos poteries chaque dimanche au marché de Montréal et me remettrez l’argent de vos ventes... Pour la bonne cause bien sûr ! " Mouloud avoue alors : " Vous savez, Paul, je fus moi-même une victime de la guerre, ma famille a été massacrée en Algérie. Jusqu’à ce jour, je n’avais plus de but mais aujourd’hui, grâce à vous, tout est plus clair. J’ai déjà vu nombre de malheurs au cours de mes voyages et si maintenant je peux me dévouer corps et âme à des enfants victimes, alors je le fais sans hésiter. " Léila approuve son compagnon.
L’après-midi même, une cérémonie est donnée en l’honneur des nouveaux venus qui sont officiellement déclarés membres de l’ordre Uiracocha. Paul les initie au rite de la prière quotidienne. Celle-ci dure une heure et se déroule selon des conditions particulières. En effet, la salle des prières est un endroit clos et sombre. On s’y rend avec une bougie que l’on allume en symbole de l’amour porté aux enfants victimes, puis on se recueille en silence pour eux.
Après cela, Paul fait visiter la villa aux nouveaux membres. Le domaine Uiracocha est splendide. On y trouve des fontaines d’eau claire et fraîche, des bassins scintillants de pureté, des parterres de fleurs splendides et parfumées, et les animaux évoluent en liberté dans un immense parc verdoyant. Chaque membre est occupé. Certains jardinent, d’autres s’occupent des bêtes, d’autres encore taillent des haies. Tout semble tellement harmonieux que le jeune couple se sent valorisé et pense enfin avoir trouvé l’Eldorado...
Comme convenu, les nouveaux adhérents oeuvrent donc à l’atelier. Ainsi, les semaines passent et les journées se déroulent suivant un emploi du temps toujours plus difficile à assumer. Mouloud et Léila se lèvent à l’aube et se couchent de plus en plus tard. Paul les encourage à travailler et à prier davantage. Le couple reste cloîtré à Uiracocha et ne sort que le dimanche. Leurs gestes deviennent automatiques, ils sont devenus de vrais zombis amaigris et livides. La vision d’Eldorado devient utopique, cependant, ils continuent pour les enfants.
Un dimanche, à Montréal, il pleut averse mais Mouloud refuse de se mettre à l’abri. Léila lui demande de quitter le marché, mais il ne l’écoute pas, ne pensant qu’à gagner toujours plus d’argent pour les enfants. Trop faible et manquant de sommeil, il ne tarde pas à s’écrouler sur le goudron mouillé. Léila le porte dans la camionnette et rentre à Uiracocha. Là-bas, on l’installe dans son lit où il reprend connaissance. Son état est inquiétant : sa fièvre ne cesse d’augmenter, il est pris de convulsions et grelotte. Léila reconnaît les symptômes de la pneumonie. Cette maladie avait failli emporter sa mère, c’est pourquoi elle sait que l’état de Mouloud est grave et qu’il faut le soigner. Paul, étant guérisseur, lui prescrit des bouillons aux plantes et le fait jeûner. Un soir Léila va prier. Ayant oublié sa bougie, elle retourne dans sa chambre et surprend Paul parlant à Mouloud : " Petit, je dois t’avouer que nous manquons d’argent pour les enfants. Tous les membres de Uiracocha ont décidé de faire don de leurs économies et de leurs biens personnels. Es-tu d’accord pour, toi aussi, nous confier ton argent ? " Mouloud lui répond machinalement : " Evidemment, je donnerais ma vie pour les enfants. " Léila est révoltée. Elle réalise que Uiracocha est une secte et que Paul n’a rien d’un guérisseur. Il ne fait qu’affaiblir son compagnon dans le seul but de lui soustraire tout son argent. Ainsi elle s’interroge : " Peut-être même le drogue-t-il ? " A Montréal, certaines personnes avaient déjà tenté de lui dire que Uiracocha était une secte mais elle ne voulut rien croire.
Aujourd’hui, tout est limpide : elle ne va pas laisser mourir l’homme de sa vie. Le choc de le voir au bord de la mort lui a ouvert les yeux. Elle décide d’en savoir plus et, pour cela, s’introduit dans le bureau de Paul. Elle espère y trouver quelque chose pouvant confirmer ses pensées. C’est alors que Paul arrive. Elle se cache et attend. Paul téléphone : " Allo, Jean-Baptiste? c’est paul... Ca y’est, le pigeon va bientôt craquer. On aura son fric dès demain... " Léila écoute tout attentivement. Maintenant elle connait la vérité.
Le soir venu, elle court répéter à Mouloud tout ce qu’elle vient d’apprendre dans le bureau de Paul : " Mon amour, il faut partir d’ici, cet endroit est malsain. Paul et Jean-Baptiste ne sont que des escrocs ! Ils n’envoient pas notre argent en Afrique mais se le gardent. Uiracocha n’est qu’une secte ! Tu comprends ? " Mais Mouloud est trop faible pour écouter Léila s’évanouit. Celle-ci décide alors de s’enfuir coûte-que-coûte. La nuit venue, elle s’empare d’une voiture et y installe son compagnon. Ensemble, ils partent de Uiracocha en direction d’un hôpital à Montréal, Mouloud doit être soigné au plus vite...
Une semaine plus tard, il est sauvé mais assez traumatisé par cette expérience. Léila et lui décident de quitter définitivement le Canada pour une contrée plus accueillante : la Hollande.

Carole Di Poï, Géraldine Forestier et Aurélie Rignon

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CHAPITRE HUITIEME Comment Mouloud découvre ce qu’est une overdose ?

Amsterdam est une ville magnifique et c’est surtout une ville côtière. Elle possède donc un port. Ce port est une immense plaque tournante où se croise tous les jours énormément de monde. C’est surtout pour cela que Mouloud et Léïla ont choisi cette destination. En effet dans un grand port comme celui-ci beaucoup de cultures et de races se côtoient sans les moindres querelles. Et après l’incident de la France, Mouloud désirait un pays qui ne le rejetterait pas. Ils s’envolent alors, direction les Pays-Bas.
Le voyage se passe très bien. Mouloud et Léïla sont maintenant dans le Hall d’arrivé de l’aéroport.
" - Il faut maintenant trouver quelque part où dormir ce soir, dit Mouloud, et il ne nous reste pas beaucoup d’argent... juste de quoi dormir pour une petite semaine et je ne te parle même pas de ce que l’on va manger! Il va falloir que nous trouvions vite un travail.
- Ne t’inquiètes pas pour cela, répond Léïla, dans l’avion, ils distribuaient des journaux et j’en ai profité pour regarder les petites annonces.
- Et alors qu’as-tu trouvé?
- EH bien? un bar recherche deux nouveaux serveurs à plein temps, alors après avoir trouvé un endroit où dormir ce soir, moi j’irai me renseigner pour ce job. "
Mouloud et Léïla prennent un taxi qui les emmène à un hôtel qui se trouve à quelques minutes de marche du bar. Ils louent une chambre et vont au bar.
Le bar a un très bon aspect vu de l’extérieur et ils entrent sans hésitation. Mouloud avance jusqu’au bar et demande au barman:
" - Est-ce que vous recherchez toujours deux serveurs ?
Le barman leur répond "oui" et il appelle un autre homme:
- Franck, dit-il, viens voir, on a trouvé nos deux serveurs...  "
Là arrive un homme plutôt souriant qui inspire tout de suite confiance à Mouloud et Léïla.
" - Bonjour, dit-il, bienvenuE au Mexico Bar... vous allez bien, j’espère que oui. Alors comme ça vous cherchez un boulot comme serveur ?
- Oui, répondent-ils.
- Et bien vous l’avez... Vous êtes engagés et vous commencerez dès demain. "
Après cet entretien plutôt rapide, Mouloud et Léïla rentrent à leur hôtel.
" - Il m’a paru plutôt louche ce type en fin de compte, dit Léïla.
- Mais non, réplique Mouloud, tu te fais toujours des idées, allez, dors maintenant! "
Le lendemain matin, ils se rendent tous deux au bar et débutent leur première journée de travail sans aucun problème.
Les jours défilent lentement et déjà Mouloud remarque que Léïla a des fréquentations plutôt bizarres. Elle ne reste plus avec lui et parfois elle ne rentre même pas le soir ou alors très tard.
De plus, la réserve d’argent devant servir à payer leur propre logement se vide mystérieusement. Mouloud remarque aussi qu’elle devient de plus en plus agressive: dès qu’il veut lui parler, elle lui répond sèchement qu’elle n’a pas le temps et qu’elle doit aller voir ses amis.
Un jour, Mouloud rentre à hôtel et il surprend Léïla en train d’aspirer par le nez une sorte de poudre blanche semblable à de la farine. Alors il rentre et lui demande:
" - Qu’est ce que c’est ça ?
- C’est de... de la vitamine... de la vitamine en poudre, répond-elle en bégayant.
- Ah! Et je pourrais en avoir un peu s’il te plaît ?
- Non, réplique-t-elle rapidement, c’est très cher et il ne faut en prendre que lorsqu’on en a besoin.
- Bon et bien tant pis... Au fait, tu fais quoi ce soir... On pourrait aller au resto ?
- Euh! Ce soir je ne peux pas... Je... J’ai rendez-vous avec les potes
- Et je peux venir ?
- Non et d’ailleurs je suis pressée, ils m’attendent, allez bonne nuit, dit-elle en sortant.
- C’est bizarre, que peut elle bien faire a une heure si tardive ? " pense-t-il.
Mouloud la suit secrètement. Elle entre au Mexico Bar et va s’asseoir a une table au fond du bar. Mouloud ne s’assoit pas très loin et l’observe. Peu après, un homme va s’asseoir à côté d’elle. Elle sort alors une énorme liasse de billets et lui donne en échange de la "vitamine en poudre". "Voilà où va notre argent alors ", pense-t-il. Puis elle sort du bar et va dans un parc non loin d’ici. Elle s’assoit à une table. Il est alors une heure du matin. Elle sort alors cette poudre blanche et recommence comme la dernière fois. Elle utilise tout le paquet cette fois. Et tout a coup elle commence à gesticuler, se lève, commence à marcher puis s’écroule sur le sol. Mouloud court vers elle, la prend dans ses bras et lui dit:
" - Ca ne va pas... Je vais t’emmener a l’hôpital et...
- Non ne fais pas ça... Ca va aller... ramène-moi a hôtel et ça ira mieux.
Arrivée à l’hôpital, Léïla est prise en charge par un médecin. Un quart d’heure plus tard, un médecin lui dit que ce n’est pas très grave mais qu’elle a fait une overdose.
- Une overdose, c’est quoi une overdose ? dit Mouloud.
- Vous ne savez pas ce que c’est ?
- Non pourquoi, je devrais ?
- Bien vous n’aurez qu’à demander à votre amie lorsqu’elle se réveillera "
Une semaine plus tard, Mouloud vient chercher Léïla à l’hôpital avec deux billets d’avions et lui dit:
" - Je ne veux pas rester dans un pays qui a failli coûter la vie de la personne qui compte le plus pour moi.
- Moi aussi, je veux quitter tout cela... Mais où allons nous ?
- A Bruxelles.
L’embarquement se passe bien et alors qu’ils sont en plein vol Mouloud demande à Léïla:
- Au fait... C’est quoi une overdose ?
- Une overdose ? Et bien c’est quand on a pris trop de drogue.
- De quoi? demande Mouloud.
- De la drogue, répond Léïla, C’est quelque chose qui fait du bien pendant un court instant mais qui détruit toute une vie, mais grâce à toi ma vie ne sera pas détruite. "

 

Jean-LoïcAllier, Romain Fernandez, Quentin Guégan et Philippe Noguès

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CHAPITRE NEUVIEME Comment Mouloud retrouve son ami journaliste

 La première journée à Bruxelles se déroula agréablement pour Mouloud. Il visita les endroits les plus réputés de cette belle ville.
Le lendemain il s’arrêta devant un marchand de journaux, stupéfait. Ses yeux étaient attirés par un gros titre: " L’affaire DUTROUX: un scandale ", qui faisait la une de tous les quotidiens. Curieux, Mouloud s’empara de l’un d’eux et le dévora des yeux. Beaucoup de passages le choquèrent: " 6 enfants furent déterrés de son jardin " ou bien encore : " le pédophile belge en est à sa treizième victime ". Après avoir lu la double page consacrée à l’affaire DUTROUX, plusieurs sentiments l’envahirent en même temps: l’étonnement, la haine et la curiosité d’en savoir plus. Après un choc effroyable, le jeune Algérien se questionna à haute voix: " Mais? n’est ce pas une histoire qui date de plusieurs années déjà? ", " Pourquoi cette histoire envahit-elle soudainement l’esprit d tant de journalistes? ".Alors, pour satisfaire sa curiosité, Mouloud importuna un vieil homme qui était assis paisiblement sur l’un des bancs du square pour feuilleter son magazine. Il engagea la conversation en remarquant son indifférence envers cet évènement. Le vieil homme rétorqua: " Ah! Cette histoire, elle n’est pas récente! Mais pourtant elle existait, et ce n’est que maintenant qu’elle éclate; enfin! "Désespéré de n’avoir point soulageé son immense curiosité, il se leva et marcha quelques instants.
Il s’arrêta dans un café où il commanda un soda et s’assit.Il entendit subitement une voix qui lui semblait familière, qui l’appelait: " Mouloud! Mon frère! ". C’était David, son ami journaliste. Il s’assit près de lui et lui demanda: " As-tu aimé mon fabuleux article dans le journal de ce matin ? ". Mais , Mouloud, intrigué, l’interrogea: " Où un homme trouve-t-il le courage de causer autant de mal à de pauvres innocents? C’est abominable! ", puis il continua: " Et les enfants, comment s’en sortent-ils? "  " Encore plus horrible: les parents qui espèrent revoir leurs chers bambins... ". Le journaliste perdu, ne put lui fournir qu’une partie des réponses. Tout à coup, une sirène de police retentit. Les deux hommes, assoiffés d’informations, sautèrent de leur chaise, et en oubliant de payer, allèrent voir ce scoop: de l’autre coté de la rue, un homme s’est froidement suicidé. le journaliste, tout content, interrogea l’un des policiers. Celui-ci lui expliqua qu’il avait sauté du huitième étage et que le pauvre était malheureusement professeur dans une école primaire. Pendant que le jeune homme notait vivement ces informations, Mouloud voulut en savoir davantage: " Pourquoi aurait-il fait cela? " Son ami lui répondit: " Cet homme était recherché par la police; il avait abusé de l’un de ses élèves! ". Mouloud resta quelques minutes perplexe. Puis il reprit: " Mais pourquoi ne s’est-il pas expliqueé? Et... " son ami répondit sèchement: " La honte, mon cher Mouloud, la peur d’être envahi par cette honte! ".
Sur le chemin du retour, les deux jeunes hommes ne dirent plus un mot. Mais chacun pour deux raisons différentes. En effet, l’un, indifférent, était absorbé par son superbe article, alors que l’autre, semblait choqué de l’existence d’une telle réalité. Brusquement, des flashs défilèrent devant ses yeux: un enfant innocent, les mains contre le mur, le pantalon baissé et près de lui un homme au regard terrifiant. Mouloud comprit le rapprochement entre les flashs qui lui remémorent son enfance et ce terrible drame.
Le lendemain, Mouloud décida de quitter cette effroyable ville, et de rechercher de nouveaux horizons.

Doria Affif, Ratiba Atmani, Aline Bationo et Cécile Lanièce

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CHAPITRE DIXIEME Ce qui arrive à Mouloud en Afrique

Après la Belgique et tout ce qu’il y a vu, Mouloud décide de retourner sur le continent africain. Il prend l’avion et atterrit dans un pays appelé Niger ; il prend le bus sans trop savoir où il va. Puis il s’arrête dans un petit pays qu’il ne connaît pas : le Togo.
Au bout de quelques heures de marche, Mouloud arrive dans la rue principale de Lomé, où se trouve le marché. Il observait les moindres mouvements de chacun : commerçants, femmes, enfants. Tout à coup son regard se pose sur une jeune femme qui est seule et que tout le monde semble éviter. Au bout de quelques minutes, un homme s’approche d’elle. Visiblement Mouloud assiste du regard à une dispute. Tout à coup le jeune femme effleure de sa main le bras de l’homme ; celui-ci semble prendre peur et met fin rapidement à la conversation.
Le lendemain il revoit cette femme à la mosquée. Il se décide à l’aborder. Il lui demande : " On ne s’est pas déjà vus quelque part ?"La réponse de la jeune fille est sèche et sa voix cassante : "Non je ne crois pas ."Puis elle s’éloigne rapidement. Mouloud têtu et acharné, la rattrape et lui demanda son prénom. Mais elle le repousse : "Laissez moi tranquille, vous me parlez alors que vous ne me connaissez pas. Vous voyez vous êtes gentil mais quand vous saurez vous me rejetterez, comme tous les autres ! " En disant ces mots elle se met à pleurer. Mouloud lui demande pourquoi il la repoussera. Elle lui répond entre deux hoquets : "J’ai le SIDA ". En entendant ces mots, Mouloud ne sait que dire, il est comme pétrifié. Son premier réflexe aurait été de fuir, mais cela n’aurait servi à rien. Pourquoi fuir ? Cette fille est comme les autres, oui, mais elle a le SIDA. Mouloud a souvent entendu parler de cette maladie, mais jamais il n’a vu un malade du SIDA. Même si il a entendu dire que cette maladie ne se transmet pas facilement, Mouloud a quand même peur de fréquenter cette fille. Et puis comment a-t-elle attrapé le virus ? C’est peut être une droguée, comme les gens qu’il a rencontrés en Hollande. Mais cette pauvre fille n’a pas d’amis. Elle en a sûrement eu, beaucoup peut-être, mais tous l’ont exclue à l’annonce de sa maladie. Mouloud pense que cette fille doit peut-être être encore plus malade en se voyant rejetée ainsi par tout le monde. Il se décide donc à passer un petit moment avec elle, si cela peut lui faire oublier quelques instant sa maladie. Quand il va lui proposer d’aller marcher un petit peu avec lui, il s’aperçoit qu’elle a disparu. Elle a profité du moment où il était plongé dans ses réflexions pour fuir. Toute l’après midi Mouloud la cherche dans toute la ville. Il ne la trouve pas. Tout en la cherchant, Mouloud se pose des questions : " Comment ses amis avaient pu l’abandonner ? On n’abandonne pas ainsi ses amis même s’ils sont malades ! Et sa famille ? Etait-elle restée indifférente à cette détresse ? Mais lui que devait il faire ? Devait-il la chercher, essayer de l’aider ou la laisser tranquille car dans ces moments elle préférait peut-être être seule ? "Mouloud ne dort pas beaucoup cette nuit là.
Comme il pense toujours à cette jeune fille, un jour en traversant une rue, il ne fait pas attention aux voitures et il se fait renverser. Il se retrouve sur un lit d’hôpital voisin de celui de la jeune fille. Son état a empiré d’une façon importante durant ces deux jours. Elle semblait vulnérable et fébrile. Il s’excuse immédiatement du comportement qu’il a eu. C’est alors qu’elle éclate en sanglots et se confie à Mouloud qui l’écoute d’une oreille attentive : "comme je te l’ai dit l’autre jour je suis séropositive depuis mes 12 ans environ. J’ai été contaminée lors de mon mariage " organisé " avec Mustaffa. En Afrique, plus les hommes sont riches plus ils ont de femmes. Mustaffa qui a beaucoup d’argent, a 5 femmes. Une d’entres elles était séropositive et par conséquent toutes ses femmes et lui ont eu le virus. Au Togo, les moyens pour nous informer du SIDA et pour se procurer des préservatifs sont beaucoup moins importants qu’en Europe. En lisant les journaux, je me suis aperçu qu’en Europe, les recherches pour lutter contre cette maladie avançaient à grands pas alors qu’ici en Afrique il faut parcourir trois pharmacies pour arriver à trouver un préservatif correct. Alors, je ne te parle pas des médicaments pour prolonger un peu notre vie et minimiser nos souffrances lorsque la maladie se déclare. Il y a 2 ans lorsque je suis tombée malade, j’ai appris que la seule façon de contrer cette maladie était d’acheter des médicaments. Je n’avais pas d’argent et mon mari refusait de m’aider. Lorsqu’il a appris ma maladie, il m’a renvoyée. Je n’avais plus de famille. Il ne me restait que mon petit frère, Pépito, que je gardais depuis la mort de mes parents. Pour essayer de me sauver je l’ai vendu. Il est maintenant au Pakistan et travaille pour essayer de survivre. Plus je sens que la mort s’approche, plus j’ai honte et je regrette la terrible faute que j’ai commise par égoïsme. "
Mouloud touché par ses paroles décide que sa prochaine destination sera le Pakistan : "
_Ecoute, euh... ?
_Ouganda, je m’appelle Ouganda.
_Je voudrais justement aller visiter le Pakistan, si tu veux je partirais la semaine prochaine retrouver ton petit frère et je te le ramènerais dans 15 jours
_C’est tellement rare de rencontrer des gens qui se soucient du malheur des autres. Ce que tu me dis là est la seule raison qui me pousse à lutter contre la mort. "
Mouloud revient tous les jours, l’état d’Ouganda s’aggrave. Un jour lorsqu’il arrive à l’hôpital on lui annonçe la mort de son amie. Devant le lit vide de son amie, profondément touché par sa disparition, il décide de partir quand même au Pakistan.

 

Noémie Audren, Gwenola Justeau, Marion Landru et Cécile Policand

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CHAPITRE ONZIEME Quand les enfants ne sont plus des enfants

C'est en compagnie de son ami journaliste et de Leila qu'il prend l'avion ; il n'a plus envie de se retrouver seul mais arrivé à Karachi son rôle de détective lui impose la discrétion. Il parcourt les ruelles d'un bidonville surpeuplé et avise un enfant de l'age de Pépito ; celui-ci prend ses jambes à son cou et mouloud lui court après ; ce n'est pas difficile de le rattraper tellement il est chétif !
- N'aie pas peur ! je n'irai pas te dénoncer à l'école !
- A l'école ? Vous n'y pensez pas ! c'est la fabrique que j'ai fuie il y a deux jours...
Et l'enfant d'expliquer qu'il travaillait de 5 heures du matin à 6 heures du soir et que le fruit de son travail de couture servait à nourrir sa famille. L'école, il ne savait pas ce que c'était mais les coups et les privations , il connaissait :
-C'est à ce prix que vous jouez au foot en Europe ! conclut-il.
Mouloud lui explique l'objet de sa recherche et l'enfant accepte volontiers de le guider.
Après un long moment de marche et de discussion, ils arrivent devant un gigantesque hangar où se dégage une atmosphère déplaisante et inquiétante. Tout autour de ce bâtiment, des grillages surmontés de barbelés empêchent quiconque d’y entrer ou d’en sortir. Mouloud stupéfié crut d’abord qu’il s’agissait d’une prison. L’ enfant lui répond que c’est malheureusement bien la fabrique. Il emmène Mouloud devant un mince trou se trouvant au bas du grillage, "Pourquoi ne passe-t-on pas par la porte ? " lui demande Mouloud, "mais tu n’y penses pas, ici tous les enfants doivent travailler, alors si les gardes nous trouvent, ils pourraient nous tuer. Tu vois, c’est pire qu’une prison " lui répond le petit. Les deux jeunes se faufilent discrètement dans le hangar et là, Mouloud est stupéfié de voir tant d’enfants travailler. Le Pakistanais, apercevant Pépito, court vers celui-ci et le tire par le bras. Pépito, ne comprenant pas ce qui lui arrive, se met à hurler. Le Pakistanais, pour le calmer, lui dit "viens, il faut que nous te parlions de ta sœur ! " Pépito confiant le suit.
En entendant les gardes arriver, Mouloud, le jeune Pakistanais et Pépito s’enfuient. Ils se sauvent dans les ruelles et après une longue course, ils arrivent enfin au port. L’enfant, essoufflé, leur dit "montez vite dans le bateau, les gardes ne vont pas tarder à arriver. " Mouloud le remercie et lui fait ses adieux, les larmes aux yeux.
Une fois dans le bateau Mouloud et Pépito vont rejoindre Leila et leur ami journaliste. Pépito questionne Mouloud qui lui explique qu’il avait promis à sa sœur, avant qu’elle ne meure, de prendre soin de son petit frère.
Les quatre voyageurs partent alors le plus loin possible de cet enfer pour commencer une nouvelle vie : ce sera l’Australie, un pays peu connu dont ils ont entendu tant de bien.

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 CHAPITRE DOUZIEME Conclusion

 

Le bateau accoste. Le voyage avait été silencieux. Mouloud, Leila, Pépito et David pensaient à l’Australie ce pays "neuf" où ils espéraient être enfin Heureux. A la sortie du port, surpris par la chaleur, ils se réfugient dans le bar le plus proche. Ils font le point. Il ne leur reste pas beaucoup d’argent. Pépito récupère discrètement le journal oublié à la table d’à coté. David le feuillette. Tout à coup son visage s’illumine. Il vient de trouver leur bonheur : une petite maison à Eden, au bord de la mer. Il va demander comment on peut s'y rendre au patron du bar qui lui désigne un chauffeur de taxi assis un peu plus loin. Cinq minutes plus tard ils sont partis. Ils arrivent à Eden assez rapidement. C’est un petit village où on trouve de tout. La maison est parfaite et ils l’obtiennent à un prix abordable. Ils vivent quelques temps sur leurs économies mais ils commencent à s’ennuyer de ne rien faire de toute la journée. David se met à ranger ses affaires et tombe sur les vieux carnets où il avait noté tout ce qui leur était arrivé. Il les rassemble et les tend à Mouloud, Leila et Pépito. Il leur dit : << Nous allons raconter notre histoire. >> Les autres sont surpris mais David précise son idée. Ils vont réfléchir à travers ce livre aux problèmes qu’ils ont rencontrés, peut-être que cela ferait avancer les choses. Tout le petit monde est ravi et ils se mettent à l’ouvrage. Ils travaillent ensemble et chacun apporte des éléments que les autres n’ont pas vus. Ils sont assez fiers d’eux et après une dernière lecture ils le portent à une agence renommée de Sydney. L’éditeur décide de le publier car il apprécie leur approche sous forme de questions. Mais la petite famille doute tout à coup. Ils sont vite rassurés. Une semaine à peine après la sortie du livre, ils sont assaillis de lettres de personnes qui les félicitent. Les journalistes arrivent de partout pour en savoir plus car le livre a été traduit en différentes langues. Les choses bougent. En effet chacun se retrouve dans leurs interrogations. Ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus seuls et veulent maintenant de vraies réponses. L’idée du film fait petit à petit son chemin dans l’esprit de l’éditeur. Il pense que le film rendrait les choses encore plus concrètes. C’est le cas. Mouloud, Leila, Pépito et David ont joué leurs propres rôles. Ils forment maintenant une vraie famille. Ils sont riches et célèbres mais surtout ils ont un but : ils ont créé avec l’appui de leur éditeur une maison de production qu'ils dirigent. Ils accueillent les gens qui comme eux ont "beaucoup vu " et qui veulent faire passer leurs interrogations. Ils permettent ainsi à une avancée concrète de se produire.
Leur slogan ? Voyagez, vous comprendrez !

 Amélie Champier, Julie Dupont, Lydie Guillon, Natacha Licina, Coralie Maurel

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A votre clavier !

Le roman de Voltaire comporte 30 chapîtres ; nous en avons écrit 12 ; vous pouvez faire voyager nos héros ailleurs, inventer d'autres personnages et malheureusement dénoncer d'autres maux de notre société.

Il vous suffira d'intercaler votre chapitre où vous voulez en respectant un minimum la cohérence du récit. A bientôt donc sur Intranet...

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