Indigénes - 20 -

Thomas.
lundi 20 novembre 2006
par Thomas Ditrani
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Critique du film

Le nouveau film de Rachid Bouracheb intitulé « Indigènes » est sorti en septembre 2006. Il retrace la vie de quatre soldats algériens, Saïd (Jamel Debbouze), Messaoud (Roschdy Zem), Abdelkader (Sami Bouajila), Yassir (Samy Naceri) et de leur sergent Martinez (Bernard Blancan). L’histoire commence en Algérie, où les autochtones sont enrolés pour se conclure en France, dans un village Alsacien dans lequel seul Abdelkader survit. Entre les deux, on assiste à l’avancée des soldats en Europe ainsi qu’à quelques rares scènes de batailles toutefois magnifiquement exposées. Ce long métrage a l’avantage de présenter les inégalités entre indigènes et français au niveau, par exemple, des permissions, des promotions ou encore des repas. Il permet également de bien se rendre compte de l’énorme travail réalisé par les soldats venus des colonies et, notamment de l’Algérie. De plus, l’alternance français/arabe permet de mettre en opposition deux pays, deux civilisations, deux cultures assez éloignées en apparence mais finalement rapprochées par un objectif commun : libérer la « mère patrie » de l’envahisseur nazi.

On regrette néanmoins la présence de longueurs qui ne nuisent partiellement à la crédibilité du film ; on remarque spécialement le moment où saïd va chercher une mule en fuite, moment qui n’a aucun intérêt historique, ni même cinématographique. Il est aussi possible d’être déçu par le manque de scènes de batailles. Bien que ce ne soit pas le sujet du film, le scénario se déroule durant la seconde guerre mondiale, on s’attend donc a un peu plus d’action.

Finalement, « Indigènes » est un bon film qui permet de s’informer sur les agissements des autochtones tout en se divertissant. Ce film a en outre permis une juste et nécessaire revalorisation des pensions des anciens combattants des colonies. Il est toutefois à déconseiller aux personnes recherchant de longues scènes de guerres comme dans « Windtalkers » ou encore « We were soldiers ».

Imaginez la vie d’Abdelkader entre 1945 et 2006

Le caporal Abdelkader survécut, contrairement à ces compagnons, à l’attaque allemande du bastion alsacien grâce à l’intervention des forces alliées. Après s’être fait brièvement soigné, il alla récupérer les dépouilles de ses camarades morts au combat pour les ramener à leur famille respective.

A la fin de la guerre, bien qu’ils aient été des héros, aucune décoration ne leur fut accordée. Toutefois, leurs homologues métropolitains furent, quant à eux, allégrement félicités et récompensés par le haut commandement français. L’officier algérien ramena les cadavres des autres indigènes dans leur foyer (dans le film ils sont enterrés e Alsace) et présenta des condoléances à chaque famille. Dès son retour en France, il eut droit à une maigre pension, en comparaison avec le travail accompli. Abdelkader fut donc forcé de trouver un emploi pour espérer continuer à vivre décemment. Il devint livreur de journaux, car ce fut le seul poste où l’on voulait bien de lui puisqu’il n’avait aucune qualification. Même en additionnant sa pension militaire et son salaire, il ne pouvait se payer un appartement correct. Il devait loger dans un petit studio miteux situé dans un quartier répugnant.

Pour passer le temps, il avait rejoint une association d’anciens combattants indigènes, ils se racontaient leurs souvenirs de guerre, leurs souvenirs du pays ... Toutefois, l’ex caporal se devait de ne pas publier ses amis morts au combat, ses amis morts pour la France. En conséquence, il se rendait chaque année sur les monuments érigés en l’honneur des soldats décédés pour la patrie afin de perpétuer le souvenir des ses compères de bataille. Finalement, Abdelkader avait une vie indigne d’un héros de guerre ; il avait une vie qu’il ne méritait pas. S’il avait été métropolitain, tout cela aurait été différent mais aux yeux du pays, il n’était qu’un autochtone parmi d’autres.


La critique est intéressante et bien construite.

Le récit est plausible mais présnete une grosse faille : quid de la guerre d’Algérie ? C’est bien dommage...

Note : 6,5/10


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