Indigènes : des soldats oubliés de l’histoire.

Cindy, Adrien, Maëva, Romain.
lundi 20 novembre 2006
par Cindy Giroud
popularité : 1%

Critique du film

Indigène film de Rachid Bouchareb, sortie au cinéma le 27 Septembre 2006 nous parle d’une période oubliée de la seconde guerre mondiale. Nous sommes en 1943 lors de l’arrivée des soldats d’Afrique du nord, surnommés « indigènes », pour aider les français.

On retrouve a l’intérieur de ce film un sujet tabou qui n’a jamais vraiment été traité publiquement. En effet, nous suivons à travers tout le film le parcours de quatre hommes : Saïd (Jamel Debbouze), Messaoud (Roschdy Zem), Yassir (Samy Naceri), Abdelkader (Sami Bouajila). Durant ce long métrage, ils sont victimes d’inégalités en raison de leurs origines malgré la devise française « liberté égalité fraternité »qui devrait leur donné les mêmes droits et privilèges que les soldats français. Pourtant nous remarquons de nombreuses différences au niveau des traitements appliqués envers ces soldats, de la nourriture distribué, des permissions, des lieux de repos, de la distribution des missions,... Rachid Bouchareb retrace les combats en Italie, en Provence, dans les Vosges ainsi qu’en Alsace où les soldats indigènes ont vaincus l’ennemi allemand et se sont montrés exemplaire envers « la mère patrie » qui malgré ce dévouement n’a pas reconnu le mérite de ces hommes.Cette mémoire enterrée depuis de nombreuse génération est grâce à ce film sortie de l’ombre. Le gouvernement français reconnaît enfin le courage de ces combattants en s’acquittant pleinement et sans marchander de la dette d’honneur près de soixante ans plus tard.

L’aspect émotionnel de cette œuvre cinématographique nous a particulièrement touché ainsi que l’expression des visages des acteurs qui reflètent le désespoir de leurs situations. L’injustice est le maître mot de cette histoire, le manque de reconnaissance étant flagrant ; il est décevant que la France ait tant tardé à reconnaître ces faits.Ce film n’est pas seulement un film de guerre mais selon nous, il retrace un moment de l’Histoire de France que de nombreuses personnes ignoraient jusqu’à présent. L’aspect réaliste de ce film interprétant des scènes de guerre nous permet de prendre conscience de la violence et de la souffrance d’une telle situation. Ces scènes transmettent par la même occasion de très fortes émotions en raisons du racisme déjà présent à l’époque et qui est dotant plus important dans les rangs de l’armée. C’est cette non reconnaissance qui a engendré l’indépendance de l’Algérie ; ce qui nous a fait prendre conscience de l’importance des actes passés ainsi que des choix du gouvernement souvent ambiguës.

Des soldats oubliés de l’histoire

Le film « INDIGENES » réalisé par Rachid Bouchareb et co-produit par Jamel Debbouze ainsi qu’avec les productions « France-Maroc-Algérie-Belgique » est sortie au cinéma le 27 Septembre. Jamel Debbouze et le réalisateur Rachid Bouchareb attribuent à ce film un rôle de mémoire. En effet Jamel Debbouze est concerné par ce sujet. Son grand père étant un « indigène ». Quand a Rachid Bouchareb il a toujours vécu au milieu de son entourage ayant combattu pour la France (il a aussi vécu la guerre d’Algérie pendant son enfance). Ce film a servi, selon le réalisateur, à mettre au clair les sentiments et les émotions de ses combattants africains. Cela leur sert de témoignage et dénonce la « trahison sentimentale » qu’ils ont ressentie.

Le rôle que tient J.D est très important dans ce film ; ce dernier s’est beaucoup investit dans ce projet en mémoire à son grand père qui se prénommé Saïd et qui était un tirailleur algérien dans le 7eme bataillon du 2eme régiment ; c’est pour cela que J.D s’appelle ainsi dans ce film et se trouve dans le même bataillon que son aîné. Il lui rend donc hommage à travers ses similitudes. L’acteur considère de ce fait que cette histoire est un peu la sienne. Pour être ancré dans le film de la façon la plus réelle possible J.D passe outre son travail habituel (comique) et incarne dans le plus grand sérieux et le plus grand respect un rôle fort auquel le spectateur s’identifie.

Ce film a donc pour rôle principal de faire reculer les préjugés et le racisme. Afin de mener a bien son projet R.B a pu compter sur l’aide de plusieurs participants de sources très diverses tel que le « royaume du Maroc » qui a apporté tous les moyens militaires sans compter avec tout le temps un investissement humain, grâce à Jamel Debbouze ; le soutien du CNC (centre national de la cinématographie) ; de certaines chaînes publiques ; ainsi qu’une aide financière de la part de certaines région de France ce qui montrent le soutien de l’état français pour ce film.

Le film débute par une juxtaposition d’images d’archive concernant les colonies au travail. Le producteur a mis en place cette juxtaposition en début de film pour raviver la mémoire des spectateurs et faire un retour aux sources. Certaine scènes du film sont très représentative de l’injustice dont sont victimes les « indigènes ». Par exemple dans la scène du village alsacien(spécialement rénové pour le tournage), du combat rude entre les quatre héros du film et des soldats allemands ne survie qu’AbdelKader sauvé par une troupe venu en renfort. Lors de son rapatriement le caporal est ignoré de ses supérieur hiérarchique, ces derniers attribuant toute la victoire aux soldats français et laissant de côté les performances des combattants africains qui pour eux n’ont aucuns mérites. Les villageois qui furent sauvés par les indigènes lors de la bataille assistent impuissants aux actions des soldats français qui eux seuls reçoivent les admirations des journalistes en vigueur. Ceux ci retransmettront donc une image glorifiante des soldats français dépossédant les colonies françaises d’Afrique de leur victoire.

Peu après dans le film une scène est consacrée à la vie du caporal A.K soixante ans après. Il se rend dans un cimetière pour prier sur les tombes de ses anciens compagnons de régiment, cela lui rappelle de nombreux souvenirs et lui transmet donc une forte tristesse. Par la suite il se rend dans son HLM en prenant le métro .Cela nous laisse imaginer qu’il avait fait la guerre d’Algérie en réponse à sa déception vis-à-vis des généraux français et à son envie de reconnaissance. Son cadre de vie nous laisse supposer qu’à son retour en France il vécu modestement et dépourvu de toutes admirations. Mais reste en lui un sentiment de mépris pour le gouvernement français lui ayant promis des indemnisations qu’il commence tout juste à obtenir. C’est ainsi que toute une génération a vécu soixante ans dans l’ombre d’une mémoire ignoré de tous.

Cette dernière scène du film nous apporte de nouvelles informations sur la vie des combattants africains une fois la guerre terminée. Ces soldats ont perçus dix à vingt fois moins d’indemnisation que leurs co-équipiers français. Certaines villes ont prit des mesures pour ces combattants en mettant à leur disposition des logements réservés. Ces dans ces lieux qu’ils peuvent donc évoquer leur passé. C’est ainsi que nous apprenons que tous ces vieillards fatigués par l’injustice qu’ils ont subits non pas tous choisit d’être là et pour la plupart n’ont pas choisit de faire la guerre. Ce carton final nous montre ainsi que tout ce peuple a vécu dans un sentiment de non reconnaissance et sans haine ni esprit de vengeance envers la France.

Finalement nous pouvons expliqué, après l’étude précédente, le vide de la mémoire par trois raisons essentielles. Tout d’abord le Général de Gaulle prend en parti en charge la reconstruction de la mémoire en favorisant les américains et en mettant de coté les colonies étrangères. Ensuite la majorité du peuple français pense que la libération de la France est due aux troupes américaines ainsi qu’aux troupes alliées oubliant les troupes africaines car celles-ci étaient absentes lors du débarquement en Normandie. Enfin la France n’ayant pas reconnue la force des colonies durant la guerre, celles-ci ont proclamées leur indépendance ce qui a renforcé leur oublis pour les dirigeants français de l’après guerre.


Une critique intéressante mais un peu trop orientée sur le sujet et moins sur le film lui-même.

Le travail sur le thème est bon (vous avez su bien cherché) et convenablement écrit. C’est bien...

Note : 09/10


Brèves

11 juin 2007 - Anciens projets

Consultez les dossiers de nos anciens projets : la liaison Grenoble-Sisteron ; Indigènes ; (...)

11 juin 2007 - Le projet Ciné_Première

Le travail sur les films en histoire en classe de première continue. A suivre (...)