LES OPHIOLITES DU CHENAILLET

Comme pour les ophiolites d’Oman, celles du Chenaillet n’ont pas subi de subduction ; ce qui n’est pas le cas des ophiolites du Viso.

Dans cet exposé, nous mettrons en valeur les caractéristiques de ces ophiolites obduites formant le sommet du Chenaillet visible depuis le col de l’Izoard.

1)    Rappel du log simplifié des Ophiolites d’Oman :

       P = péridotite appauvrie de type Harzburgite.

       G = Gabbros.

       F = complexe filonien.

       B = basalte en coussin ou pillow lava.

Dans ce cas, on trouve en simplifiant sur le Moho, très bien individualisé, une épaisse couche de gabbro, puis un complexe filonien hors chambre magmatique, et enfin les basaltes en pillow, si caractéristique de part leurs formes et leurs nombres. Les sédiments ne reposent jamais directement sur le manteau ; la croûte océanique les sépare du manteau supérieur. La lithosphère océanique représente la plaque formée par l’association du manteau supérieur et de la croûte océanique. (Attention à la photo !).

2)    Le Log  de cet océan alpin varie en fonction du lieu où l’on se trouve.

En effet, on peut trouver des sédiments directement sur le manteau qui est ici très serpentinisé et fissuré.

C’est dans ces fissures que précipite du carbonate de calcium. Curieux à cette profondeur ! C’est par hydrothermalisme que ces dépôts ont pu se réalisés : l’ensemble forme une ophicalcite. (Voir la carrière d’ophicalcite subduite de St Véran). Ces ophicalcites sont visibles sur la photo ci-dessous car elles forment des zones sombres dans le paysage (serpentinisation des olivines).

OPHICALCITE : On voit nettement la péridotite serpentinisée car presque noire et les fissures remplies de carbonate de calcium.

3)    Si le manteau n’est pas découvert ; la croûte océanique est visible. Quelles en sont ses caractéristiques ?

a)    Les gabbros.

Ces gabbros peuvent s’étudier en dessus du col de la Replate, col formé par la serpentinite. Son érosion facile a engendré une dépression, d’où le col.

-         Les gabbros normaux :

C’est dans cette chambre magmatique que les gabbros affleurent.

On peut très facilement reconnaître les minéraux caractéristiques :

-         les plagioclases

-         les pyroxènes

      La taille des pyroxènes est remarquable.

Plagioclase et clinopyroxène : le calcium vient de la fusion partielle des péridotites non appauvries (de base).La fusion partielle est faible, seuls les clinopyroxènes ont partiellement fondus. La péridotite appauvrie est  proche du type Lherzolite.

-         les gabbros ayant subit le métamorphisme océanique.

Les pyroxènes altérés sont de couleur rouille. Sur les bords une auréole plus foncée de hornblende (une amphibole)

Les courbes de métamorphisme montrent qu’il y a eu la réaction suivante :

Plagioclase + pyroxène + eau ………………. Hornblende

Grâce à l’apport d’eau le pyroxène s’est transformé en hornblende : il y a bien eu métamorphisme.

L’or de la distension, le refroidissement de la croûte a été enregistré par cette réaction qui a lieu vers 800°c.

-         Les fumeurs noirs.

On remarque sous le tableau blanc en haut de la photo une zone sombre ; il ne s’agit pas de péridotite car on se trouve dans la chambre, mais une zone de passage de fluides hydrothermaux (futurs fumeurs noirs) qui transforment les minéraux du gabbro. Celui ci devient méconnaissable.

Posé sur le gabbro normal, un gabbro transformé par les eaux du fumeur.

-         Les filons de dolérites dans les gabbros.

Il ne s’agit pas d’un complexe filonien car les filons sont rares et surtout ils ne sont pas en dessus de la chambre puisqu’ils sont à l’intérieur. Ils recoupent le gabbro. Ils sont plus récents que cette chambre, donc postérieur aux gabbros.

Les filons prouvent qu’il y a une autre chambre inférieure à celle où l’on se trouve.

Selon l’endroit où l’on se situe on peut être dans le cas de la coupe A, B, C mais aussi à coté d’une irruption de pillows, cas D, non écrite sur la photo.

Si l’on continue de monter, on débouche dans les pillows lavas qui forment le sommet du Chenaillet.

b)    Les basaltes en pillow.

               Le panorama au sommet du Chenaillet

                      La classe au sommet du Chenaillet

                La descente en direction du Collet Vert

On devine Montgenèvre en bas à droite. Le sentier chemine dans les pillows.

Le col visible en bas montre une zone noire d’ophicalcite et juste derrière un affleurement, dans la pente, de brèches de pillows.

        Le professeur et quelques élèves arrivent bientôt aux ophicalcites.

           Affleurement de brèches de pillows dans la pente.

 Cette photo montre bien qu’il s’agit de brèches et qu’elles se sont déposées par couches inclinées, comme si cette pente actuelle serait celle qui existait au moment de leurs formations.

Si l’on continue en direction du doigt, on devine au fond, derrière les remontées mécaniques, les pillow du Collet Vert.

                               ENFIN LES VOILA !

          Presque aussi beaux que ceux du Géo Times en Oman !

                               Pillows lavas de face

                           Pillows lavas en coupe

Tous les pillows montrent de part leur pédoncule qu’ils sont inclinés de 90°. Pendant longtemps, on a pensé que l’ophiolite entière a été renversée de 90° par la tectonique.

Une autre hypothèse préconise qu’au moment de l’exhumation des gabbros et du manteau, il se forme une sorte de dôme créant ainsi une pente où les pillows et les brèches de pillows auraient dévalés créant ainsi l’inclinaison visualisée sur le mur de pillows.

La topographie du Chenaillet serait donc intacte. (Voir carte de Françoise Chalot-Prat http://francoise.cp.free.fr/geol/  )

                          UNE MERVEILLE DES ALPES