Observer l’anatomie et les fonctions

des êtres vivants, sans les disséquer !

 

espèces

intérêt

Observation à la loupe binoculaire

Observation au microscope, à faible grossissement

Id. à + fort grossissement

Points des programmes ainsi illustrés*

daphnie

+++++

tube digestif,

mouvements des pattes-branchies,

œufs,

« accouchement »

 et jeunes

contractions du cœur,

digestion des algues,

différents organes, développement embryonnaire…

Contractions péristaltiques,

œil et muscles de l’œil,

détails de la carapace, etc.

circulation digestion,

Reproduction, respiration,

Réseaux alimentaires

Etc.

larve d’éphémère

+++

Réseau trachéen,

trachéobranchies,

organisation d’un insecte,

cerques,

mouvements respiratoires…

Réseau trachéen bien visible,

cils sensibles sur les cerques,

mouvements rythmés du milieu intérieur

idem

Respiration trachéenne

Récepteurs sensoriels

Milieu intérieur

Etc.

Larve de moustique

+

Trachées et siphon

Cils sensibles

idem

 

idem

Hydre

++

Tentacules sensibles

« estomac »

bourgeonnement

idem

 

Digestion

Réseaux alimentaires

Limnée

 

+

pneumostome

-

-

Respiration pulmonaire

Œufs de limnées

 

 

embryon

idem

développement embryonnaire

planaire

+

-

Réseau digestif

-

Distribution des nutriments

Remarque : la législation sur la protection des Amphibiens ne permet pas le prélèvement des œufs dans le milieu naturel.

Disséquer des souris, des grenouilles ou des criquets est sans doute formateur, mais pose des problèmes pratiques évidents (approvisionnement), des problèmes pédagogiques (comment comprendre réellement la vie en observant des organes morts ?) et surtout des problèmes éthiques : respect de la vie, image négative de la discipline (trop souvent associée à des souvenirs de souris éventrée ou d’organes sanguinolents)…

En conséquence, beaucoup d’enseignants de SVT se contentent de dissections filmées, de photos ou de modèles en plastiques.

Pourtant, il est très facile de contourner cet obstacle pédagogique : la petite faune des mares et des étangs comporte de nombreuses espèces d’invertébrés et des  larves de batraciens qui ont un corps en partie ou entièrement transparent !

On peut aisément observer ces animaux à la loupe binoculaire et même au microscope sans sacrifier leur vie : les organes internes apparaissent, on voit le sang circuler, le cœur battre, les muscles se contracter, l’intestin digérer et brasser les aliments, les cellules-œuf se diviser et former un embryon, etc.

 Les élèves peuvent sans difficulté réaliser individuellement ces observations. Une caméra sur flexible et un téléviseur permettront de les guider et d’expliquer « in vivo » les fonctions observées et les détails à représenter sur le croquis d’interprétation.

La beauté et la délicatesse de ces organismes assurent des TP passionnants et mémorables, quel que soit le niveau.

Le plus délicat est la capture de ces animaux : il faut trouver une mare ou un étang non pollué (chercher sur une carte ou demander aux élèves) et utiliser une épuisette fine (genre aquarium) prolongée d’un long manche rigide (les relier avec du fil de fer enroulé par exemple).

Les daphnies se trouvent en toutes saisons dans les eaux libres et claires où on les voit nager par milliers. Les éphémères et les limnées se tiennent sous la végétation : passer l’épuisette en raclant les tiges et feuilles. Les larves de moustiques se récoltent surtout en mars en plaine, plus tard en montagne. Les hydres se tiennent durant la belle saison sur les tiges et feuilles des plantes aquatiques : il faut prélever des plantes entières puis observer les hydres se déplier au contact de l’eau de l’aquarium (ne pas les mélanger avec les têtards, qui les brouteraient). Les planaires se déplacent lentement sur les feuilles et les pierres.

Toutes ces espèces vivent très bien en aquarium, même de petite taille : on peut aérer avec une pompe et un diffuseur; l’eau se conserve propre plusieurs semaines si on évite les surpopulations, et que l’aquarium est maintenu au frais. Il faudra ramener de l’eau de la mare d’origine en raison de leur très grande sensibilité au chlore. L’aquarium devient très vite le centre d’intérêt des élèves et suscite de nombreuses questions. Cependant, pour une séance isolée, on peut parfaitement conserver ces animaux dans une boite plastique ou un cristallisoir.

Pour les observations, aspirer les animaux avec une pipette plastique type Pasteur (recoupée à un diamètre adéquat) et les déposer dans un peu d’eau, soit dans un verre de montre, soit, pour les plus petits (daphnies) dans une lame à concavité : une lamelle bloquera les mouvements de l’animal. Au microscope, compte tenu de l’échauffement, on réduira le temps d’observation.

Je suis à la disposition des collègues intéressés pour tout complément d’information ou suggestion :       

                                    Jean Philippe Delobelle, Collège de Douvaine ou Djp74200@aol.com