Après  lecture de chaque document, répondez aux questions (une seule réponse possible)


Document 1
Pauvreté économique et vulnérabilité sociale selon la situation par rapport à l'emploi :

 

Ensemble des actifs

Population économiquement pauvre (1)

Population socialement vulnérable (2)

  en % effectifs estimés (en millions) en % effectifs estimés (en millions) en % effectifs estimés (en millions)
Emploi stable 51,9 13,0 5,6 0,7 25,8 3,4
Emploi stable menacé 28,4 7,1 12,4 0,9 36,4 2,6
Emploi instable 7,8 1.,.9 19,4 0,4 38,5 0,7
Chômage de moins de 2 ans 6,7 1,7 26,6 0,4 38,5 0,7
Chômage de plus de 2 ans 5,2 1,3 40,2 0,5 49,3 0.6
Ensemble 100,0 25,0 11,8 2,9 32,0 8,0
  1. Personnes actives vivant dans un ménage dont le revenu par unité de consommation est inférieur à 2 700 F par mois.
  2. Personnes actives dont la sociabilité familiale, les possibilités d'être aidées par leur entourage et les liens avec le monde associatif sont dans l'ensemble faibles

*Unité de consommation ; une unité de consommation (UC) est la dépense nécessaire à un adulte vivant seul. Un deuxième adulte entraîne une dépense de 0.7 UC -, un enfant de moins de quinze ans 0,5 UC.

SOURCE: Documents du CERC, 3ème trimestre, 1993.
Enquête INSEE, " Situations défavorisées " 1986-1987.

 Questions sur document 1

1. Un ménage composé de deux adultes et de deux enfants de moins de quinze ans représente :
 a. 4 unités de consommation
 b. 3 unités de consommation
 c. 2,7 unités de consommation

 2. Ce ménage percevant des revenus supérieur à 2700F par mois
 a. Peut être considéré comme pauvre

 b. Ne peut être considéré comme pauvre
 c. On ne peut rien en déduire


3. La population considérée comme économiquement pauvre représente 11,8 % de la population active    totale :
 a. Vrai

 b. Faux


Document 2
Les trois éléments constitutifs d'une intégration par le travail - l'entreprise, le syndicat, la condition salariale - semblent au moins dans le discours, singulièrement remis en cause. Toute la question est de savoir dans quelle mesure ce " modèle " est véritablement ébranlé, s'il constitue une norme ou une exception historiquement déterminée, et s'il peut (et doit) être sauvegardé coûte que coûte. Trois éléments font, aujourd'hui, obstacle à la capacité pour le travail de continuer à être le centre du lien social.
En premier lieu, le rationnement de l'accès au travail. Comment le travail pourrait-il continuer à être considéré comme le vecteur privilégié du lien social si de plus en plus de personnes en sont privées ? En deuxième lieu, la qualité du lien salarial, le travail étant de plus en plus considéré comme un simple facteur de production et le lien comme trop épais, trop chargé. Enfin et surtout, la véritable question est celle-là : ce lien est-il, et a-t-il jamais été suffisant pour fonder et maintenir la société ? Est-il vraiment la figure essentielle du lien social ?

SOURCE : D. MEDA, Sciences humaines, hors série n° 13, mai-juin 1996.

Questions sur le document 2 :

4.  Peut-on affirmer que les trois éléments constitutifs d'une intégration par le travail sont remis en cause ?
 a. Oui, ils sont remis en cause

 b. Nullement
 c. Non on ne peut pas l'affirmer, c'est à relativiser

 

 5. Pour l'auteur, quel rôle joue le travail dans la production du lien social ?
 a. Le travail est suffisant pour fonder et maintenir la société

 b. Il faut tenir compte d'autres institutions qui permettent l'intégration sociale
 c. Le travail ne joue plus du tout son rôle traditionnel


Document 3
Je fais ici la conjecture que notre "Grand Intégrateur", depuis quatre siècles environ, est le travail. Bien entendu, il y a longtemps que les hommes travaillent. Mais il y a moins longtemps que s'est créée et développée une civilisation du travail, c'est-à-dire un ordre humain où toute la société et tous ses composants commencent à s'articuler ou se ré-articuler autour du travail. (... ) L'industrie moderne et le capitalisme pour la première fois dans l'histoire humaine, fondent le pouvoir et la richesse sur la maîtrise directe du travail, des travailleurs, de la production. A partir de ce moment et pour un temps qui est encore un peu le nôtre, le travail est bien le "Grand Intégrateur " de nos petites pensées et actions personnelles et de nos grandes pensées et actions "sociétales ".

SOURCE -. Yves BAREL, "Le Grand Intégrateur", Connexions, n°56, 1990.

Questions sur le document 3 :

 6. Pour l'auteur, quel rôle joue le travail dans la production du lien social ?
 a. Un rôle essentiel avec l'émergence du capitalisme

 b. Il faut tenir compte d'autres institutions qui permettent l'intégration sociale
 c. Le travail a de tout temps jouait un rôle primordial


Document 4

De plus en plus d'emplois précaires (en milliers)

  1983 1991 1992 1993 1994
Population active 23968 24605 24826 24978 25137
Chômeurs (1) 1913 2228 2496 2781 3115
Actifs occupés 22055 22377 22330 22197 22022
Intérimaires 113 215 211 171 210
Contrats à durée déterminée 263 550 576 624 614
Apprentissage 189 189 181 180 185
Stagiaires (2) 71 277 321 399 395
Total emplois précaires 636 1231 1289 1374 1404
en % de la population active 2.6 5,0 5,2 5,5 5,6
Taux de chômage (en %) 8,0 9,1 10,1 11.1 12,4
  1. Au sens du Bureau international du Travail
  2. Stages de Formation professionnelle et contrats d'aide à l'emploi (CES, contrats de qualification ...)

Source : INSEE, enquêtes emploi.

Questions sur le document 4 :

 7. Le taux de chômage en 1994 est de 12,4 %, comment a-t-il été calculé ?
 a. En faisant 3115/25137 X 100

 b. En faisant 3115/22022 X 100
 c. En faisant 25137/3115 X 100

8. De ces deux lignes, laquelle montre le mieux la montée de l'emploi précaire ?

 a. Total des emplois précaires

 b. En % de la population active


Document 5
Qu'ont en commun le chômeur de longue durée, le jeune en quête d'emploi et consommateur de stages, l'adulte isolé qui s'inscrit au RMI, la mère de famille " monoparentale ", le jeune couple étranglé par l'impossibilité de payer traites et loyers ? Je ferai l'hypothèse qu'ils expriment un mode particulier de dissociation du lien social, que j'appellerai la désaffiliation. (...)

En schématisant : être dans la zone d'intégration signifie que l'on dispose des garanties d'un travail permanent et que l'on peut mobiliser des supports relationnels solides : la zone de vulnérabilité associe précarité du travail et fragilité relationnelle : la zone de désaffiliation conjugue absence de travail et isolement social.

SOURCE - Robert CASTEL, "De l'indigence à l'exclusion, la désaffiliation",
in Face à l'exclusion, sous la direction de J. Donzelot, Esprit, 1991.

Question sur le document 5

 9. Parmi ces phrases, laquelle respecte le mieux la pensée de l'auteur ?
 a. C'est parce que l'on ne dispose pas des garanties d'un travail permanent que l'on est isolé socialement.

 b. Ce sont l'absence d'un travail permanent et des relations sociales fragiles qui produisent la dissociation du lien social.
 c. L'isolement social rend difficile l'accès à un travail permanent.

 


Document 6
Comme le rappelle fort justement Castel, le fait de ne plus mentionner, dans les politiques sociales, l'intégration comme concept fondateur de l'ordre social est un signe évident de crise, de rupture, voire d'éclatement du social. Cela marque d'autre part l'abandon de l'objectif politique de lutte contre les inégalités sociales. C'est l'acceptation, de fait, de la société à deux vitesses ! Aujourd'hui en effet, dans le discours public, le terme d'insertion (politiques d'insertion ; revenu minimum d'insertion) a remplacé celui d'intégration. " ... à partir du moment où l'on se met à parler avec insistance d'insertion, cela signifie qu'on n'est plus dans une politique de l'intégration ". Or l'insertion représente un " type d'inscription plus aléatoire et plus fragile dans la société " et qui ne procure que des statuts instables, alors qu'intégration forte (de type durkheimien), supposant une intense structuration sociale, était fondée principalement sur le pilier du travail.

SOURCE . De la non intégration : essais de définition théorique d'un problème social
contemporain,
sous la direction de M.H. Soulet, Editions universitaires de Fribourg, 1994.

 10. Pour l'auteur, L'insertion ... :
 a. Est synonyme d'intégration forte (de type durkheimien)

 b. Comme objectif des politiques sociales, permet l'intégration fondée sur le pilier du travail
 c. Comme objectif des politiques sociales, marque l'abandon de l'objectif de lutte contre les inégalités sociales