Proposition de corrigé :


TRAVAIL ET COHESION SOCIALE

INTRODUCTION :

Le terme de cohésion sociale que l'on a entendu dans le discours public tend à faire référence à une réalité plurielle, assez difficile à définir on peut le rapprocher de la notion d'intégration sociale qui renvoie à l'idée d'une société à la fois relativement consensuelle,mais où par ailleurs l'absence de conflit majeur ne signifie pas une atomisation de la société avec un repli excessif de l'individu sur soi.

Pour assurer cette cohésion sociale on peut alors voir quel est le rôle du travail : est-il une simple activité économique ou peut-il avoir d'autres fonctions ? Notamment en ce qui concerne l'intégration sociale ? On doit ensuite se demander dans quelle mesure la crise actuelle remet en cause cette situation ?

S'agit-il d'une situation pathologique plus ou moins passagère ou alors doit-on aller plus loin dans la remise en cause du travail comme moyen d'intégration sociale ?

Nous verrons d'abord en quoi le travail a pu historiquement constituer le lieu central de l'intégration sociale puis nous considérerons la remise en cause liée à la crise actuelle.

I- DANS NOS SOCIETES INDUSTRIELLES OCCIDENTALES LE TRAVAIL CONSTITUE UN PILIER ESSENTIEL DE L'INTEGRATION SOCIALE.

A) Selon une approche durkheimienne, la division du travail n'a pas qu'une fonction technique mais aussi sociale.

Pour Smith la division du travail permet d'augmenter la productivité et donc les richesse disponibles pour la population.

Pour Durkheim elle contribue à développer une solidarité de type organique au sein de la société.

B) Cette intégration s'est produite de façon relativement favorable depuis l'avènement de la société industrielle. Le développement du salariat et du syndicalisme qui en découle a permis une intégration conflictuelle "des classes laborieuses" du XIXème siècle.

Le développement de l'état-providence est étroitement lié au mouvement de salarisation de la population active . Le salariat devient progressivement porteur de droits sociaux et non plus seulement une condition marquée par la subordination à l'égard de l'employeur.

pour des catégories "nouvelles" (femmes, immigrés...) sur le marché du travail ce processus d'intégration s'est aussi produit dans les décennies de la croissance (doc3).


II- MAIS CE PILIER APPARAIT DE PLUS EN PLUS FRAGILISE, CE QUI MET EN PERIL LA COHESION SOCIALE.

A) La dégradation de la situation du marché du travail a remis en cause cette logique intégratrice.

On observe depuis 20 ans un développement continu du chômage et la précarité des salariés (doc4).

On observe aussi une faiblesse croissante du syndicalisme qui ne peut plus être entre le lieu d'intégration des nouveaux venus sur le marché du travail (doc2). On peut ajouter que lorsque pèse la menace de licenciement la référence au modèle corporatiste, à l'émergence d'une culture d’entreprise n'a guère de sens.

B) On peut analyser cette réalité comme une "pathologie" plus ou moins durable de nos sociétés.

Cette situation de "pathologie de la division du travail" avec les bouleversements liés à l'industrialisation avait déjà été observée par Durkheim qui utilisait alors le concept d'anomie.

De nos jours c'est cette société industrielle née au XIXème siècle qui apparaît bouleversée, ce que l'on peut analyser comme Robert Castel en termes de désaffiliation (perte d'insertion professionnelle combinée aux difficultés relationnelles) (doc 5 et doc 1).

Mais on peut aller plus loin et envisager le recul définitif du travail comme vecteur d'intégration sociale (doc2). La recherche de la productivité maximale conduit à exclure une fraction croissante des travailleurs potentiels.

CONCLUSION :

Nous avons vu que le travail a pu remplir durant des décennies un rôle croissant dans la cohésion sociale.
Mais depuis la crise le mécanisme semble fonctionner de moins en moins bien. On peut alors se demander, si la fonction économique du travail ne tend pas à "écraser" sa fonction sociale.

La question que l'on peut se poser pour l'avenir c'est celle des institutions (famille, école...) qui pourront remplacer le travail afin d'assurer un certain lien social

 

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