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Troubles Spécifiques des Apprentissages, définitions
doc DSDEN 73
V.Bacquelé
10/2010

* Résumé : Dyscalculie, dyslexie, dysphasie, dyspraxie, troubles de l'attention... les défintions indispensables pour mieux comprendre les troubles spécifiques des apprentissages et du langage



 

 

DYSCALCULIES

La dyscalculie n’a pas de définition unanimement acceptée ; même le terme est toujours discuté. Toutefois, elle peut se définir par des critères exclusifs : "trouble des compétences numériques et des habiletés arithmétiques qui se manifeste chez des enfants d ’intelligence normale qui ne présentent pas de déficits neurologiques acquis" (Temple, 1992). Il s’agit donc d’un retard dans les activités arithmétiques (retard d’au moins 2 ans par rapport à l’âge et au niveau scolaire) interférant de façon significative avec la réussite scolaire et les activités de la vie courante. On ne retrouve ni déficit intellectuel ni déficit sensoriel. (D’après Dr Mazeau et DSM IV) 6% de la population enfantine globale serait touchée avec autant de filles que de garçons.

La dyscalculie est souvent associée à d’autres troubles : dyslexie, dysphasie, dyspraxie ou troubles de l’attention Les troubles peuvent se situer à différents niveaux :
- procédural (stratégies de résolution d ’opérations simples, activité de dénombrement)
- déclaratif (mise en mémoire des faits arithmétiques, récupération)
- transcodage, lecture-écriture des nombres
- représentation sémantique-analogique des nombres (notion des quantités, ligne numérique)

On parle aussi de dyscalculies visuo-spatiales :
- difficultés dans le dénombrement de collections de points ou d’objets, notamment lorsque la disposition est aléatoire
- problèmes avec l’orientation droite-gauche (< > ; 14 vs 41 ; etc)
- difficultés de maîtrise du système positionnel (201/210)
- alignement des chiffres dans les opérations écrites, géométrie

 

 

DYSLEXIES

La dyslexie est un trouble de l’identification des mots écrits. C’est un déficit durable et significatif qui ne peut s’expliquer par aucun des facteurs suivants :
- une déficience sensorielle
- une déficience mentale
- une déficience motrice
- des lésions cérébrales
- un trouble envahissant du développement
- une carence éducative

Depuis une vingtaine d’années ont été mis en évidence certains mécanismes cognitifs déficitaires chez les enfants présentant une dyslexie développementale :
- la conscience phonologique
- la mémoire phonologique de travail
- la dénomination rapide
- la prise d’information visuelle

La prévalence de la dyslexie dans l’expertise sur les troubles des apprentissages de 2007 est de 3 à 5% vers l’âge de 10 ans dont 1% de cas sévères. Les formes cliniques de la dyslexie varie selon le degré de sévérité du déficit et la présence d’autres troubles. Plusieurs formes de dyslexies ont été mises à jour chez l’enfant :

- les dyslexies visuelles : erreurs de lecture portant sur les graphèmes, la partie initiale ou finale des mots
- les dyslexies phonologiques : erreurs de type phonémique, trouble des capacités métaphonologiques (conscience des sons de la langue et des capacités à pouvoir jouer avec ces sons comme par le biais des rimes, des syllabes)
- les dyslexies de surface : pas de déficit phonologique mais pas de mémorisation de l’orthographe des mots (le répertoire lexicale ne se constitue pas)
- les dyslexies mixtes : dysfonctionnement sur les voies phonologiques et lexicales

 

 

DYSPHASIES

Les dysphasies sont des troubles du langage oral sévères, durables et structurels qui ne s’expriment ni par un trouble sensoriel ou moteur, ni par un déficit sévère de la communication ou du comportement, ni par une déficience intellectuelle.

Pour conclure à un diagnostic de dysphasie, il faut regrouper au moins trois des facteurs de déviance suivants :
- hypospontanéité : langage peu fluent, pauvre et productions verbales réduites
- trouble d’évocation lexicale : manque du mot, lenteur d’évocation
- trouble d’encodage syntaxique : non respect de l’ordre syntaxique, agrammatisme, omission des mots outils …
- trouble d’informativité verbale : incapacité à donner des informations suffisantes en utilisant le seul canal verbal (recours aux gestes, aux mimes…)
- dissociation automatico-volontaire : difficulté à émettre volontairement un mot précis dans une situation linguistique donnée alors que le même mot est bien évoqué dans une autre situation plus spontanée, comme dans le langage conversationnel
- trouble de compréhension verbale : altération des capacités de compréhension et représentation mentale à partir d’une entrée auditive

Plusieurs classifications des dysphasies ont été réalisées, bien que chaque enfant possède un profil particulier. Selon l’importance du trouble au niveau de la programmation phonologique (producation des sons), lexicale (acquisition et utilisation du vocabulaire), syntaxique (construction des phrases) ou de la compréhension, on distingue :
- la dysphasique phonologique-syntaxique
- la dysphasie phonologique
- la dysphasie réceptive
- la dysphasie lexicale-syntaxique
- la dysphasie sémantique-pragmatique

 

 

DYSPRAXIES

La dyspraxie est un trouble spécifique du développement moteur dont la caractéristique essentielle est une altération de la coordination motrice. Elle se manifeste en l’absence de déficience mentale, de trouble psychiatrique, de troubles neuro-moteur, neuro-sensoriel ou neuro-musculaire, alors que l’enfant a été soumis à un apprentissage habituel. L’enfant conçoit bien les gestes mais ne parvient pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse. Un enfant dyspraxique arrive très difficilement à automatiser ses gestes, et doit alors exécuter une succession de mouvements séquentiels tout en exerçant un contrôle volontaire extrêmement coûteux sur le plan attentionnel.

On peut classer les dyspraxies selon :

1. la partie du corps (et geste associé) concernée par les troubles :
- les gestes des jambes ou des mains
- les gestes bucco-phonatoires permettant la parole
- les gestes oculo-moteurs permettant le regard

2. la manifestation de ces troubles :
- lors de la construction d’objets (dyspraxie constructive)
- lors de la manipulation d’objets (dyspraxie idéatoire)
- lors de l’imitation d’un geste (dyspraxie idéo-motrice)

 

 

TROUBLES de l'ATTENTION

Les Troubles Développementaux de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H) touchent environ 5% des enfants d’âge scolaire. Ces troubles d’ordre développemental présentent trois symptômes principaux :
- le déficit de l’attention
- l’hyperactivité
- l’impulsivité

Ces symptômes peuvent être d’intensité variable et un enfant peut présenter un seul, deux ou tous les symptômes réunis.

Les TDA/H entraînent différentes perturbations. On notera spécifiquement :
- les troubles attentionnels : distractibilité, difficultés d’organisation des idées, oublis…
- la désorganisation : difficultés au niveau de la planification des tâches, de leur achèvement
- l’impulsivité : entrée brusque dans les tâches, réponses orales impulsives…
- l’hypersensibilité : difficultés à réguler les émotions

Toutes ces pertubations créent des problèmes dans la vie quotidienne et scolaire et peuvent avoir des répercussions sur l’estime de soi.

 


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