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Catégorisation et développement du lexique
doc IEN Combe de Savoie
R.Bouvier
06/2010

* Résumé : Compte-rendu d'une animation pédagogique proposée en 2009-2010, en Combe de Savoie : plan détaillé de l'animation, conférence de F.Bonthoux, documents de référence et nombreuses productions d'écoles (listes de vocabulaire, par thèmes)

* Documents liés
Lexique et catégorisation (doc IEN Tarentaise - 01/2011 - AM.Legrand-Martiny)

* Ce document est également indexé dans le(s) thème(s) suivant(s) :
Maternelle > Domaines d'apprentissage > Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions > L'oral
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Français > Outils d'aide pour l'organisation pédagogique > Cycle 2



 

 

CATEGORISATION cycle I et début du cycle II

Animation pédagogique 2009-2010

 

Vous trouverez, dans cet article :

1- La conférence de F.Bonthoux et des apports complémentaires sur la catégorisation

2- Lien entre catégorisation et théories de l'apprentissage (d'après M.Zorman)

3- Catégorisation et lexique : relevé des pratiques de classes

4- Apport théorique : le vocabulaire

5- Présentation d'outils : Catégo, Flexi

6- Bibliographie

7- Listes de vocabulaire, par thèmes, élaborées par les enseignants présents

 


 


1) Conférence et apports complémentaires

Conférence :"Catégoriser pour comprendre " F.Bonthoux
Professeur d'Université, ancienne Directrice d'école maternelle.

 

Retour sur la conférence pour définir

  • La catégorisation

  • Son intérêt

  • Sa place dans les programmes

Synthèse des éléments de réponse donnés par les enseignants qui ont participé à  la conférence.


Catégoriser, c'est:

  1. être capable d'opérer des rapprochements thématiques ou sémantiques entre des objets,

  2. classer, ranger, trier les objets ou représentations d'objets selon des caractéristiques communes,

  3. observer, distinguer, discriminer, comparer,

  4. trouver un critère de tri.


Catégoriser, à  quoi ça sert ?

Les activités de catégorisation permettent de:

  • structurer et organiser la pensée,

  • développer le langage, nommer avec précision, communiquer,

  • aider à  mémoriser,

  • enrichir et préciser le lexique,

  • développer la flexibilité pour mieux comprendre le monde, faire des relations entre les objets, relier l'inconnu au connu,

  • développer l'esprit critique,

  • construire et développer la pensée logique, mettre en place des stratégies, organiser le raisonnement,

  • apprendre à  justifier ses choix, à  argumenter,

  • travailler sur le sens des consignes,

  • donner des repères dans les apprentissages (méthodologie),


Schéma heuristique du fonctionnement cognitif :


Informations

Systèmes perceptifs

Filtre attentionnel

Mémoire de travail (activation momentanée des représentations mentales)

Stockage et traitement de l'information (Mémoire à  long terme)

Réseaux sémantiques
(Inclusions entre concepts : Animal, oiseau…)

Schémas de pensée
(objets complexes construits avec des concepts
appartenant à  des réseaux sémantiques différents,
des actions, reliées pour la"circonstance" :
"le petit déjeuner ", «la toilette ","le restaurant ")


Les activités de catégorisation dans les programmes

Les nouveaux programmes de 2008 prennent en compte les recommandations du rapport BENTOLILA (2007). Ce dernier s'appuie sur le constat que les élèves au vocabulaire pauvre sont des élèves qui vont manquer de précision dans leur expression. De ce fait, ils ont une vision floue, banale du monde, ce qui les place dans des situations d'insécurité linguistique.

La difficulté à  mettre sa pensée en mots entraîne une marginalisation culturelle et sociale, une insécurité linguistique et génère des comportements agressifs.

La méfiance des mots inconnus s'installe très tà´t chez les enfants. L'école a donc un rà´le à  jouer pour développer la pensée juste et permettre ainsi que l'acquisition de mots nouveaux s'oppose à  la crainte du ridicule.


Ce même rapport évoque de grandes disparités entre les enfants, dès 7ans (fin de CE1) 

Vocabulaire pauvre
Vocabulaire moyen
Vocabulaire supérieur
3000 mots
6000 mots
8000 mots


Après 7 ans, les enfants acquièrent en moyenne 1000 mots par an. Mais si l'écart initial est de 5000 mots, cela représente mathématiquement environ un retard de 5 années que l'école ne saurait à  elle seule, complètement combler.

Aussi, les nouveaux programmes 2008 rappellent que"l'objectif essentiel de l'école maternelle est l'acquisition d'un langage oral riche, organisé et compréhensible par l'autre ". 


Les activités de catégorisation s'inscrivent alors particulièrement dans les deux paragraphes des programmes ci dessous

  • S'approprier le langage:"Progresser vers la maîtrise de la langue française "

"Chaque jour dans les divers domaines d'activité, et grà¢ce aux histoires que l'enseignant raconte ou lit, les enfants entendent des mots nouveaux, mais cette simple exposition ne suffit pas pour qu'ils les mémorisent. L'acquisition du vocabulaire exige des séquences spécifiques, des activités régulières de classifications, de mémorisation de mots, de réutilisation du vocabulaire acquis, d'interprétation de termes inconnus à  partir de leur contexte. "

  • Découvrir le monde

"Il apprend à  adopter un autre point de vue que le sien propre et sa confrontation avec la pensée logique lui donne le goà»t du raisonnement. Il devient capable de compter, de classer, d'ordonner et de décrire, grà¢ce au langage et à  des formes variées de représentation.

 


2) Mise en lien entre la catégorisation et les théories de l'apprentissage

  • Le développement du langage: quelques remarques selon Michel ZORMAN


Diaporama M.Zorman


* Le langage est une prédisposition génétique de l'espèce (pré-cablage)

-Age et phases de développement sont assez fixes,

-Les performances sont élevées et l'impact social très important.


* Un"module " spécifique des autres capacités cognitives avec semble t-il des aires corticales bien précises.

- certains adultes cérébrolésés,

- Troubles spécifiques du langage oral,


* Une plasticité cérébrale limitée dans le temps

- Période critique, période privilégiée,

- parler des adoptions tardives (Dyumes, 2001),

- Phonologie et Syntaxe (grammaire) ,


* L'acquisition du langage oral s'appuie sur des capacités liées au développement neurobiologique :

- motivation à  communiquer,

- facultés précoces de catégorisations et d'imitation (compétences des bébés),

- mémoire à  court terme,

- Aptitudes à  percevoir et à  produire les sons de la parole.


Des vocalises au babillage (1ère année)

Du babillage aux mots (2e année)

Des mots aux phrases (3e année).


* A 3  ans à  l'entrée en maternelle, il comprend de nombreux mots et en dit également beaucoup. Il est intelligible (Même s'il déforme encore les mots en les simplifiant ("atu " pour"Arthur "). Il peut raconter une petite histoire, avec des mots. Il peut faire des phrases d'au moins quatre mots avec sujet/verbe/complément, utilise le"je " et le "il ", les articles (le, la..), les prépositions (dans, sur…), les relatives (qui, que)


* A 5 ans en GSM, il comprend toutes les consignes.

Il utilise de façon toujours appropriée les articles (le, la..), les prépositions (dans, sur…), les pronoms (je, il…), les relatives."Le garçon prend le livre que maman lui a lu.

Il peut déjà  raconter une histoire, avec des mots tous intelligibles même s'il peut encore déformer certains mots complexes. Les mots courants ne sont plus simplifiés."Je suis tombé parce que j'ai glissé sur la glace "


* Repérer les retards et les troubles (MS):

C'est la durabilité, la persistance qui doit amener l'enseignant à  le signaler au médecin et au psychologue de l'école.


* Vers 4 ans, tout retard sévère est à  repérer, dépister et traiter. Diagnostic: rééducation intensive et pédagogie adaptée.


* Evolution et gravité :

- A 3  ans Il n'est pas possible, de différencier ces deux situations : seule l'évolution permettra cette différenciation.

- A 5-6 ans le diagnostic est possible :


Les critères de gravité:

- l'enfant est inintelligible,

- l'enfant est agrammatique,

- l'enfant présente un trouble important de la compréhension.


  • L'éducation cognitive

De nombreux travaux menés en psychologie soutiennent que le développement cognitif prend naissance dans la formation d'un répertoire de procédures efficaces, de suites organisées d'actions, des plus simples aux plus complexes (comparer, ordonner, trier, catégoriser des objets). L'enfant acquiert ces procédures au fil de ses expériences faites sur le monde et ce sont ces procédures qui vont lui permettre ensuite de réussir un certain nombre de tà¢ches scolaires ou de la vie quotidienne.

Il s'agit donc bien de réduire la complexité du monde en se l'appropriant par des classements structurés.



3) La catégorisation et le lexique : relevé des pratiques dans les classes (Synthèse des échanges entre les enseignants lors de l'animation)


  • Les situations d'apprentissage

La vie de la classe

Les rituels

Les projets

Les sorties

Les activités spécifiques des différents domaines (cuisine, sciences, EPS, etc.)

Les thèmes qui rythment l'année

Les jeux de sons

Les devinettes

Les jeux de mémory

à‰crire à  la manière de

Jeux de tris, jeux de société

Comptines, poésies, chansons

Albums en réseau

Lecture d'images


  • Les démarches adoptées

A partir d'un vécu commun

A partir de supports visuels (ex : les photos d'activités vécues), auditifs (écoute de poésies, comptines)

Imprégnation par répétitions en utilisant tous les moyens possibles (jeux, mise en mots, etc.)

Définir un mot ensemble

La réutilisation des mots

La formulation systématique des actions par l'enseignant

La reformulation des consignes, des histoires par les enfants

La verbalisation des actions pendant les activités

La mise en lien des situations


  • Le lexique étudié

Les noms

Les verbes d'actions

Les adjectifs

Les connecteurs qu'on utilise selon le discours (argumentation, explication, questionnement)


  • Les traces écrites

Le dictionnaire de la classe (classement alphabétique), abécédaires

La boîte à  mots (par thème)

Les affiches, les panneaux collectifs, les référents écrits de la classe

Le cahier de vie (les comptes-rendus dictés à  l'adulte)

Dictée à  l'adulte, écriture inventée

Les photos légendées

Les jeux

Les imagiers


  • Les reprises et les progressions

Réactivation dans des situations similaires mais plus complexes

Faire des liens (exemple : réseau d'albums)

Complexifier la syntaxe en intégrant le vocabulaire étudié

Relire les albums étudiés, faire reformuler les histoires entendues

Faire verbaliser les consignes connues d'un jeu par les élèves



4) Apport théorique : le vocabulaire

La lecture

Acquérir des mots par la lecture est un moyen d'enrichir le lexique mais cela n'est pas suffisant. En effet, l'enfant y parvient s'il est capable d'inférer le sens des mots d'après le contexte. Cependant, si le radical du mot lui est inconnu, la tà¢che devient difficile. Elle le sera d'autant plus pour ceux dont le vocabulaire est pauvre et pour lesquels il y a trop de mots inconnus. L'accès au sens devient impossible et l'enfant décroche. Les écarts risquent alors de se creuser davantage entre les enfants ayant un niveau de vocabulaire faible et ceux qui possèdent plus de lexique.


Les activités spécifiques de vocabulaire

De récents travaux accomplis par Blemiller et Boote (2006) montrent que si les mots sont appris hors contexte, la différence d'acquisition est très faible entre les enfants au vocabulaire réduit et ceux au vocabulaire riche. (cf rapport Bentolila).

Les résultats de ces travaux contribuent alors à  justifier un enseignement spécifique du vocabulaire puisque des activités décrochées permettent aux élèves d'accroître le lexique de façon efficace et plus égale que si ces mêmes enfants doivent inférer le sens de nouveaux mots dans un texte.

Pour cela, il est alors nécessaire de prévoir une progression d'activités qui tienne compte des listes de fréquence des mots les plus employés, les plus courants, selon des champs thématiques, des champs sémantiques.

L'enseignant doit alors mettre en place une programmation rigoureuse qui prévoit:

  • des séquences spécifiques,

  • des activités systématiques,

  • des activités régulières.

 


5) Présentation d'outils

  • "CATEGO "

Sylvie Cèbe (Maître de conférence de sciences de l'éducation à  l'IUFM de Lyon), Jean- Louis Paour (professeur de psychologie à  l'Université de Provence) et de Roland Goigoux (professeur de sciences de l'éducation à  l'IUFM d'Auvergne) s'appuient sur les conclusions des travaux évoqués ci avant pour proposer des activités de catégorisation.

Chez l'enfant et l'adulte, les catégories cohabitent et sont fortement contextualisées en fonction des expériences personnelles et de la culture de chacun.

Aussi, l'école comme les parents se doivent :

-De stimuler les pratiques enfantines (compléter et diversifier les catégories dont dispose l'enfant à  son entrée à  l'école

-De favoriser l'accroissement du degré d'organisation des catégories (mettre en évidences les nombreuses propriétés d'un même objet, élaborer puis respecter et utiliser les règles de catégorisation choisies) - vers l'abstraction, l'acquisition de termes génériques, une vision plus flexible du monde

-De favoriser la prise de conscience par l'enfant des modalités de cette organisation (faire verbaliser, faire expliciter les stratégies, les mécanismes logiques qu'il a utilisé pour arriver à  une catégorie donnée)


"Catégo " est donc un recueil de jeux pour jouer.....pour apprendre

Sa forme ludique vise à :

- faciliter la motivation

- faciliter l'accès à  l'autonomie

- multiplier la quantité d'activités de catégorisation

La réitération des activités réussies est selon les auteurs un préalable à  la prise de conscience des processus de catégorisation.


Au cours des jeux:

L'enfant de 3 ans :

Il réagit d'abord au matériel qu'il connaît, plutà´t qu'à  son organisation. Il planifie mal ses rangements, il ne se fixe pas une règle dès le départ mais il est influencé par ce qu'il voit + facteur affectif.

- Jeux qui visent à  apprendre à  construire des catégories

- Jeux qui visent à  identifier celles que l'enfant à  construit

- Sensibilisation aux procédures efficaces pour atteindre le but recherché


L'enfant de 3-4 ans :

Il joue de façon répétée des parties courtes de jeux dans leur version simple pour se familiariser aux règles des jeux et réussir. Puis l'enseignant complexifie peu à  peu (augmentation du nombre de cartes, modification de la règle du jeu, intrus....)


L'enfant de 5-6 ans :

Après la maîtrise des formes simples des jeux, il accède rapidement à  des formes plus complexes qui vont l'inciter à  réfléchir sur la catégorie, sur la catégorisation avant, pendant et après le jeu, sur les stratégies employées → inventer des nouveaux jeux


Le recueil est organisé en quatre groupes de jeux.

Des jeux pour :

-construire des catégories

-associer des cartes

-transposer des associations et des relations

-catégoriser pour organiser, résoudre et apprendre

Tous les jeux pourront être rendus plus ou moins difficiles en fonction des catégories retenues, en augmentant le nombre de cartes ou en modifiant la règle du jeu (on doit expliquer par exemple comment bien jouer).


  • "FLEXI  MS et GS"

Les auteurs, Josette Nguyen, Yvonne Semanaz, tous deux professeurs des écoles proposent un outil élaboré sur le terrain, permettant de mettre en Å“uvre une pédagogie différenciée pour répondre avec efficacité à  l'hétérogénéité des besoins.

L'ouvrage en forme de chevalet, à  utiliser avec les enfants, propose des activités qui vont aider à  construire des catégories, à  développer la flexibilité catégorielle, à  développer le langage. La démarche propose des temps collectifs et individuels.

L'ouvrage décrit avec précision l'organisation matérielle de la classe et les moyens à  mettre en Å“uvre pour constituer les groupes, mettre les élèves au travail et fonctionner en ateliers.

La démarche est clairement explicitée afin d'aider le maître à  faire progresser tous les élèves. Des éléments de réponse sont apportés pour permettre de différencier en fonction de leurs besoins.

Une aide à  la programmation des apprentissages est proposée.

Enfin, des ressources pour préparer ou prolonger les séances sont proposées ainsi qu'un imagier.

 


6) Bibliographie

Catégo, Apprendre à  catégoriser, Cèbe, Paour, Goigoux, Hatier 2008 + imagier

Flexi MS, GS Situation d'apprentissage pour apprendre à  catégoriser en développant sa flexibilité, Josette Nguyen, Yvonne Semanaz, Ed. La Cigale, 2007.

Cogito MS, GS Situation d'apprentissage pour comprendre et créer des consignes, Josette Nguyen, Yvonne Semanaz, Ed. La Cigale, 2007.

Enseigner la langue orale en maternelle, Philippe Boisseau, Ed. Retz 2005

voir aussi les oralbums, Philippe Boisseau, Ed. Retz

Développer et structurer le langage en maternelle (PS, MS, GS), Anne PopeT et Françoise Picot, Ed. Retz 2008.

 

 


7) Productions d'écoles : liste de vocabulaire, par thèmes


cycle 1

école - thèmes divers : doc1 - doc2 - doc3 - doc4

 

cycles 1 et 2

animaux - couleurs et arts plastiques - école - nourriture - le temps - thèmes divers

 

 

 


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