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Démarches et activités pour favoriser une ambiance calme et sereine en maternelle
doc IEN Tarentaise
C.Eliet, I.Epp-Nicolino
02/2016

* Résumé : Installer de bonnes conditions pour 'vivre ensemble et apprendre ensemble' : des exemples d'activités motrices qui favorisent le calme et la concentration, illustrés de courtes vidéos



le document

 

I – Introduction

Lors de l’animation pédagogique, nous nous sommes interrogés sur les facteurs favorisant le bruit et l’agitation dans une classe de maternelle.

Quelques facteurs souvent retenus :
- le stade de développement de l’enfant qui, en Petite Section, est très centré sur lui-même et qui, en fonction de son rythme de développement mais aussi de son éducation, va, peu à peu, apprendre à vivre avec les autres.
- le fait que des enfants font un travail ou une activité à plusieurs.
- le fait que des enfants se trouvent face à un travail ou une activité qui n'est pas adaptée à leur niveau, à leur capacité du moment : soit trop difficile auquel cas ils "décrochent", soit trop facile et cela les démotive.

Des chercheurs en éducation ont utilisé le terme de "zone proximale de développement" pour parler de ce phénomène : tout enfant, même un enfant dit "hyperactif" ou manquant d'attention, est capable de se concentrer sur une activité, si celle-ci lui plaît, le motive et est proche de sa "zone proximale de développement" (c'est-à-dire une activité ni trop facile ni trop difficile pour son niveau de compréhension).

Au regard de ces facteurs, différents temps de réflexion ont été abordés dans la suite de l’animation.

Catherine Eliet, enseignante à l'école de St Jean de Belleville, en classe de maternelle, a alimenté ces échanges par des apports théoriques et des propositions d’activités et de démarches.

 

II – Installer de bonnes conditions pour vivre ensemble et apprendre ensemble

 

1- Poser le cadre

Dès la mise en place des règles de vie dans la classe, il est important d'insister sur la nécessité du calme en classe pour "pouvoir se concentrer et travailler". Une des règles à instituer est : "je chuchote en classe".

Les enfants sont des éponges, ils ressentent ce que nous ressentons et ils sont très doués pour décrypter le non-dit, le non-verbal. Plus nous sommes énervés, plus nous crions, plus ils seront énervés et crieront. A l'inverse, plus nous sommes posés et calmes, plus l'ambiance a de chances de l'être également.

Les deux maîtres-mots sont : CONFIANCE et BIENVEILLANCE (voir aussi "la bienveillance dans le programme 2015 pour la maternelle")

L'idéal est de s'adresser aux enfants en chuchotant ou à bas volume (que ce soit l'enseignant, l'ATSEM… et autres adultes dans la classe). Le prétexte possible est "la poupée dort"…
Les enseignants ont tous expérimenté, un jour ou l’autre, la situation suivante : le ton monte dans la classe ; pour se faire entendre, on hausse également le ton et c'est l'escalade !
Par contre, si un enseignant qui a l'habitude de parler de manière calme et posée se met à hausser le ton, cela sera tout de suite remarqué par les élèves et cela sera donc efficace.

 

2- Utiliser des instruments et le geste, en substitution de la voix

·  Pour éviter ce débordement et préserver sa voix également, on peut utiliser d'autres moyens : des petits instruments, type carillon ou clochette qui, dès qu'on les actionne, signifient "c'est l'heure de ranger" ou bien "il y a trop de bruit pour travailler"…

· On peut aussi utiliser le geste :
- quand un enfant chahute au coin regroupement, je le prends par la main pour l'asseoir plus loin, il n'y a pas besoin de lui dire quoi que ce soit mais la règle aura été posée auparavant et répétée.
- quand je travaille avec un enfant et qu'un autre vient me solliciter, je fais un geste de la main (dont la signification a été donnée aux enfants) qui lui montre que, pour l'instant, je suis avec tel enfant et qu’il doit attendre. Cela apprend à patienter.
- pour féliciter un enfant, nous utilisons également le geste d'applaudissement des malentendants, moins bruyant que d'applaudir dans les mains !

·  Deux outils proposés par des collègues lors de l’animation pédagogique :
- utiliser la lumière : quand il y a trop de bruit dans une classe, l'enseignant éteint la lumière. Les enfants comprennent très vite ce que cela signifie !
- "les 2 minutes de silence" : pendant deux minutes, les enfants doivent être complétement silencieux et se faire comprendre autrement : gestes, signes...

 

3- Des rituels pour se concentrer

Lorsque j’organise ma journée, je prévois les apprentissages mais aussi des activités qui ont pour objectif d’aider l'enfant à se concentrer ou à se poser :
- marcher sur une ligne avec une clochette qui ne doit pas sonner, ou avec une cuillère contenant un objet, dans la bouche...
- s'il y a du bruit pendant un moment où les enfants sont assis tous ensemble, je fais circuler la clochette de main en main, cela calme tout le monde !
- proposer  un jeu de pêche à la ligne.
- de même, à la fin du temps d'activité physique, les enfants s'allongent et je "réveille", un par un, ceux qui font les "statues" et qui ne parlent pas : c'est le "câlin de la fin".

 

III- Activités motrices qui favorisent le calme et la concentration

Le corps est souvent délaissé et peu pris en compte dans les apprentissages, même s'il est plus présent en maternelle.
Or, la plupart des enfants apprennent d'abord par le corps ! Puis vient ensuite la manipulation, avant de passer à l'abstraction.

 

1- Rituels corporels pour mieux apprendre en classe

Voir le document "des rituels corporels pour mieux apprendre en classe", élaboré par les CPC/CPD du Maine et Loire (doc DSDEN 49)

 

2- Le parachute

Le parachute est un matériel permettant de nombreux jeux coopératifs dans une classe. On peut également l'utiliser pour recentrer et calmer les enfants, après un moment d'excitation :
- "faire la petite vague" : le parachute est à terre, les enfants sont autour et tiennent un bord. Un enfant va envoyer une vague à un copain en face de lui tout en le nommant. Le camarade doit attendre que la vague arrive jusqu'à lui, pour envoyer une autre vague à un autre enfant…
- "le gâteau qui dégonfle" : les enfants sont accroupis autour du parachute et tiennent un bord. L'enseignant compte jusqu'à 3 et les enfants se lèvent et font gonfler le parachute au-dessus de leur tête. Puis ils s'accroupissent et laissent le parachute se dégonfler, petit à petit !
Cela leur apprend la patience aussi !

[Nombreux autres jeux décrits sur internet]

 

3- "Brain gym" (gymnastique du cerveau)

La "brain gym" nous vient des Etats-Unis. C'est un ensemble de mouvements simples, facilement utilisables en classe, favorisant l'apprentissage, la concentration, le centrage.

Certains de ces mouvements font travailler en même temps les 2 hémisphères, favorisant la latéralisation : ils sont très utiles pour des enfants "dys".
D'autres favorisent le lien entre le lobe antérieur et le lobe postérieur, permettant de libérer : ainsi, l'information reçue par le cerveau postérieur comme impression est accessible au cerveau antérieur comme expression. Cela aide tous les enfants qui ont peur d'apprendre ou de s'exprimer.
D'autres mouvements font le lien entre le cervelet et le tronc cérébral, ils permettent de décontracter, de préparer l'enfant à apprendre et traiter les informations, sans recouvrement émotionnel.

Ces mouvements peuvent donc être utiles à tout âge et dans toutes les classes. Néanmoins, en maternelle, lorsqu’ils sont réalisés très lentement, ils permettent surtout de se poser, de tenir compte de son corps, de ramener le calme dans la classe et en soi, que l'on soit enfant ou adulte. Cela permet à chacun de retrouver son self-control, de se recentrer, d'être dans le "ici et maintenant", comme pour la relaxation.

(Différents sites intéressants sur internet)

 

 

 

IV- Des activités de type Montessori

Parce qu'elle a beaucoup observé les enfants, Maria Montessori, médecin pédiatre italienne (1870-1952) s'est rendu compte que les enfants traversaient des périodes sensibles (des points d'intérêt) durant leur développement et qu'ils avaient la capacité à apprendre en "absorbant" jusque vers 6-7 ans.

Elle a émis l'hypothèse "qu'un enfant peut apprendre à lire, écrire et calculer de la même façon naturelle qu'il apprend à marcher et à parler."

Elle a mis en place des activités en laissant chaque enfant expérimenter "l'enthousiasme d'apprendre selon son propre choix" plutôt que par obligation, son choix étant en général dicté par ses intérêts du moment (périodes sensibles) qui évoluent durant son développement : par exemple, une grande sensibilité au rangement, vers 18 mois, 2 ans…

Il ne s'agit pas pour autant de laxisme : l'enseignant a un rôle de "dirigeant" qui peut aiguiller l'enfant sur tel ou tel type d'activité. Il est avant tout "un observateur très attentif des besoins et intérêts individuels de chaque enfant".

Dans ce type d'organisation, un enfant plus lent peut travailler pendant des semaines avec le même outil, sans retarder les autres enfants de la classe. Les enfants plus rapides peuvent aller d'un outil à l'autre très rapidement, en évitant ainsi l'ennui d'avoir à attendre que les autres enfants de la classe les rattrapent.

Les enfants travaillant individuellement et sans compétition sur des ateliers qu'ils ont choisis et qui les motivent, il n'y a pas de chahut dans la classe !

Cette organisation nécessite tout un travail de réflexion sur les ateliers à mettre en place, leur intérêt pédagogique (il ne s'agit pas de faire de l'activisme) et surtout sur la posture de l'enseignant.

L'enseignant n'est plus celui qui apporte le savoir mais celui qui accompagne l'enfant dans sa découverte du savoir.

Sans nécessairement tout révolutionner dans sa classe, si cette organisation vous intéresse, vous pouvez, peu à peu, mettre en place des ateliers que les enfants pourront choisir librement, à des moments définis de la journée.

Voir d'autres exemples de ce type d'ateliers dans les articles "Des ateliers de manipulation et d'expérimentation, en classe" et "Les tiroirs, ateliers libres de manipulation et d'expérimentation".

 

V- Bibliographie, sitographie

- Relaxer les enfants à l’école maternelle, RETZ (mine d’idées et de comptines…)

- Calme et attentif comme une grenouille, Les Arènes (livre et CD pour la relaxation)

- Le mouvement, clé de l’apprentissage, Brain gym, Le souffle d’or (exercices de Brain gym)

- Des ateliers Montessori à l’école, une expérience en maternelle, éd. ESF

- Stretching et yoga pour les enfants, édition Séphora, de Jacques Choque

- Eveil de la conscience par le corps, édition Souffle d'or, de Joan Sala et Aloka Marti ( pour développer l'attention)

- Des rituels corporels pour mieux apprendre en classe (doc CPD et CPC EPS du Maine et Loire)

 

www.braingym.fr

www.recreyoga.fr

 


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