LE LANGAGE ECRIT

Lire et raconter des histoires, des textes
Pourquoi écrire avant de savoir lire
Privilégier le projet d'écriture
La dictée à l'adulte
L'écriture autonome : des premières traces à l'écriture normée

L'atelier d'écriture :

- Installation de l'atelier d'écriture
- Fonctionnement de l'atelier d'écriture
- Des réponses aux questions que vous vous posez sûrement...

En classe, on construit des outils d'aide :
les référents de lecture-écriture

Le dictionnaire

Des idées de production d'écrits et de projets d'écriture
télécharger le document " des idées… " en PDF
Le guide de lecture du document d'accompagnement
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LIRE ET RACONTER DES HISTOIRES, DES TEXTES

Lire comme raconter exigent d'avoir lu, compris, digéré le texte au préalable. On ne peut pas choisir au dernier moment le texte à lire ou à dire, sauf si on le connaît déjà parfaitement bien sûr. Ce sont cependant deux activités bien distinctes. Lire un conte, un album, un récit, un texte documentaire… implique :
* d'avoir le support sous les yeux.
* de ne pas lire trop vite, de bien articuler et, le cas échéant, de "théatraliser".
* d'oraliser fidèlement ce qui est écrit : on ne remplace pas tel mot par un mot plus simple sous prétexte que les enfants risquent de ne pas le connaître. On n'interrompt pas la lecture par des explications, des compléments. C'est un bain littéraire : les enfants comprendront le sens du texte même si un mot leur est étranger. Bien sûr si trop de mots sont difficiles, ils ne pourront pas comprendre : c'est alors à l'enseignant de choisir soit de raconter, soit de remettre cette lecture à plus tard.
* d'annoncer aux enfants, avant la lecture d'un album, comment on va procéder :
- d'une part, est-ce qu'on va lire d'abord et montrer les illustrations ensuite ? est-ce qu'on va montrer les illustrations et lire ensuite l'histoire ? De toutes façons, on évitera de tronçonner le récit en lisant / montrant page à page.
- d'autre part, est-ce qu'on va avoir, après la lecture, des questions, un entretien (et, dans ce cas, sur quoi) ?
* de laisser quelques secondes aux enfants avant de tourner chaque page : ils peuvent ainsi construire mentalement la signification et la cohérence.

Dire un conte, un récit, un album… implique pour l'enseignant :
* d'avoir bien intégré le texte sous tous ses aspects : sens, atmosphère, sentiments, portraits, actions… pour pouvoir les restituer aux enfants avec ses mots. Donc pas de livre ouvert devant soi, éventuellement pas de lunettes.
* de rendre clair pour les enfants que les mots dits sortent de sa tête.
* de se munir, le cas échéant, de quelques accessoires qui pourront accompagner l'histoire et aider certains enfants à comprendre.
* de parler en articulant bien, à vitesse ralentie, en regardant les enfants, en "théatralisant".
* d'annoncer aux enfants si ensuite, on aura ou non, entretien, questions…

Remarques :
- Bien lire ou raconter en ayant soin d'utiliser le "jeu dramatique", permet aux enfants en difficulté d'accéder à une meilleure compréhension des textes.
- Il est important de lire ou raconter gratuitement, pour le plaisir uniquement.
- Il est essentiel de mener l'une ou l'autre activité quotidiennement, surtout en maternelle mais également en élémentaire.

POURQUOI ECRIRE AVANT DE SAVOIR LIRE

=> L'enfant va rencontrer les problèmes, les spécificités du langage écrit, dans l'action, en menant à bien des projets de communication pour lesquels on a besoin de produire de l'écrit.

=> Il apprendra à lire en ayant déjà une représentation mentale relativement construite du langage écrit.

=> Pourquoi attendre que les enfants sachent produire des lettres en bonne et dûe forme pour les mettre en situation d'écrire ? (Attend-on qu'ils sachent prononcer les mots pour les laisser parler ?)

PRIVILEGIER LE PROJET D'ECRITURE

Cela donne du sens à l'activité de l'enfant. Celui-ci sait pourquoi et pour qui il écrit.

Exemples de projets :
" Ecrire un mot pour les parents ",
" Ecrire une lettre pour inviter une autre classe ",
" Ecrire une comptine apprise pour le fichier de comptines de la classe ",
" Ecrire la suite d'un album : en particulier ceux dont le récit est construit à partir de structures répétitives ".

=> Pour le mener à bien, on mettra souvent en œuvre les 2 grandes situations de production d'écrit :
- la dictée à l'adulte
- l'écriture autonome (écriture inventée + utilisation des mots de la classe)

=> Cela permet de mettre en place des comportements qui resteront valables à long terme :
- penser avant d'écrire
- oser essayer, raturer, réécrire
- lire et relire
- tenir compte des éléments apportés par l'échange avec les autres pour améliorer son écrit
- avoir le goût d'une production finale juste, bien présentée.


" abécédaire pour présenter sa commune aux correspondants "
projet sur un trimestre (MS-GS)

LA DICTEE A L'ADULTE

=> Elle permet la production d'écrits longs, diversifiés. Elle est particulièrement adaptée à la production de récits de fiction à partir d'albums.

=> Elle permet d'écrire, en un temps court, une idée, une légende de dessin, une phrase collective…

=> Elle s'appuie sur le langage oral pour le faire évoluer en "oral écrivable" puis en langage écrit.

=> Le comportement de l'enseignant est primordial :
- il aide à l'amélioration de la formulation en disant clairement aux enfants "ce qui peut se dire mais ne peut pas s'écrire".
- il s'interroge devant les enfants sur l'écriture d'un mot (s'aide de son dictionnaire, des référents de la classe).
- il commente devant les enfants (dans une juste mesure et selon les besoins des enfants) ses gestes, les marques orthographiques...

L'ECRITURE AUTONOME : DES PREMIERES TRACES A L'ECRITURE NORMEE

=> Elle renseigne le maître sur les représentations mentales des enfants à propos des écrits. C'est en les voyant écrire que l'on peut voir si les enfants ont conscience de l'organisation de l'espace, de la séparation du discours en mots (unités spécifiques de l'écrit), de l'importance de l'ordre des mots, de la présence de tous les mots... On pourra se rendre compte également de leurs compétences et de leurs difficultés à former les lettres. Le maître pourra ainsi proposer une réflexion sur la "mise en texte" notamment en organisant des moments de comparaison avec les écrits des autres enfants et avec des écrits sociaux du même type.

=> Elle permet aux enfants d'oser essayer, se tromper, recommencer... Là, le climat de classe et le rôle du maître sont déterminants : mise en confiance, valorisation de l'erreur, encouragement, aide à l'utilisation des référents, mise en place de bons comportements...

=> Elle s'articule autour de :
- l'activité libre au "coin-écrit"
- la conduite d'ateliers dirigés centrés sur un projet de communication

Biblio : Lou P'tiout "production d'écrits" Télécharger " l'atelier d'écriture " en PDF

L'ATELIER D'ECRITURE :

Installation de l'atelier d'écriture

Chaque fois que cela sera possible, on installera dans la classe un espace permanent qui fonctionnera :
- soit en atelier dirigé
- soit en coin libre

On l'aménagera dans un lieu spécifique, calme, convivial, reconnu comme tel et non confondu avec le coin graphisme.
On placera, à la disposition des enfants :

* des supports variés destinés à recevoir de l'écrit :
- papier blanc A4, papier à lettre, enveloppes
- feuilles grand format pour affiches, fiches cartonnées pour recettes ou modes d'emploi...

* des outils scripteurs variés, réservés à l'écriture que l'on n'utilisera que pour écrire et non pour dessiner :
- crayons de papier, stylos, feutres fins
- gros feutres pour affiches... (Dans la classe des petits, supports et feutres seront plus grands car mieux adaptés aux jeunes enfants)
- pas de gomme : on barre et on récrit.

* des casiers, des classeurs, si possible 1 par enfant : pour le rangement des productions écrites de sorte que ces dernières ne soient pas mêlées aux dessins des enfants.

* des référents, tous élaborés avec les enfants ou présentés collectivement :
- documents authentiques : lettres, affiches, emballages, fiches techniques, recettes, carnet d'adresses, n° de tel, photocopie de couvertures d'album, comptines...
- conservés dans des classeurs, des cahiers, des fichiers,
- collés sur des panneaux rigides (pour un rangement plus facile)
- agrandis, réduits si besoin,
- listes de mots regroupés sur un panneau ou dans un classeur faisant apparaître les différentes graphies d'un même son.
N.B. : Ces listes sont à élaborer par l'adulte à la demande des enfants.
- dictionnaire de classe
- abécédaires : ils peuvent être soit fabriqués, soit adaptés à partir de ceux existant dans le commerce.
- albums thématiques : la météo, le jardinage, les recettes de cuisine
- panneaux de référence : prénoms, météo, ingrédients, jouets...


" un panneau-référent à lire : les ingrédients (mots en script saisis à l'ordinateur "

REMARQUE :
Dans ce coin permanent , on peut placer également :
- des jeux de lettres (lettres en bois...)
- des imprimeries Lego - Asco...
- des machines à écrire
- l'ordinateur
- le minitel.

Fonctionnement de l'atelier d'écriture

L'enfant qui vient écrire sait qu'il peut bénéficier d'aides :
- les référents
- ses pairs
- les adultes

Malgré ces aides, il a des manques, des "vides", qu'il lui faut combler. Il le fait en utilisant des stratégies d'invention : les écritures inventées

Déroulement :

Organisation :
- Avec un groupe de 4 à 6 enfants.
- L'enseignant conduit la séance.

Mise en projet : Il aide, à l'oral, à la mise en forme du projet d'écriture de l'enfant ou du groupe d'enfants. Le projet doit correspondre à un besoin :
- écrire un mot aux parents
- écrire une lettre à un correspondant
- relater une sortie de classe, une activité de la classe
- écrire une comptine "à la manière de"...

Production d'écrit : Il est impératif de respecter les phases suivantes :
1ère phase : La production est composée oralement par l'enfant (selon son projet) en réponse à une question de l'adulte : " Qu'est ce que tu veux écrire ?"
2ème phase: L'enfant écrit son premier jet selon ses idées et ses possibilités : appel aux référents, écritures inventées... L'enseignant intervient à la demande.
3ème phase : L'enfant lit son écrit à l'adulte, aux autres enfants du groupe.
4ème phase : L'adulte "écrit" au-dessous, en écriture cursive, le texte normé, en le commentant éventuellement. A aucun moment, il ne doit LEURRER l'enfant et lui laisser croire que sa production non normée est correcte.

REMARQUES :
- Entre la phase 3 et la phase 4, il arrive que l'enfant demande à récrire son texte, essentiellement en GS.
- Les interactions enfants/enfants servent d'aide au producteur du message et mettent à plat les stratégies employées par les uns et par les autres.
- On peut envisager une réécriture collective.

Production finale : Il est important qu'elle soit valorisée et communiquée : on aura prévu au départ la forme finale et le(s) destinataire(s).

Rôle de l'adulte

Quand on fonctionne en "atelier", l'adulte reste avec les enfants.
- Il aide à la demande,
- Il valorise, encourage,
- Il surveille la tenue du stylo, la position de la feuille, le sens de l'écriture,
- Il écrit devant l'enfant, en cursive, le message normé en l'oralisant et en le commentant.

Quand on fonctionne en "coin", l'adulte est absent du coin.
- Il veille à ce que les productions soient conservées, placées dans un lieu où il pourra les trouver plus tard
- Il reprend les écrits avec leur auteur et procède à l'écriture normée du texte de l'enfant.

Dans tous les cas, l'enseignant informe les parents, en insistant sur l'intérêt pédagogique de cette pratique.
Il explique :
- que la production d'écrit des enfants évolue progressivement vers la "norme", en passant par différentes phases (Cf plus haut).
- qu'ils doivent, pour préserver cet apprentissage, éviter tout jugement négatif.

Des réponses aux questions que vous vous posez sûrement...

Et si l'enfant se bloque, dit : "Je ne sais pas écrire!" ou bien : "Je ne connais pas les lettres !"
Vous le rassurez, le sécurisez en lui disant : "C'est normal, je suis là pour t'aider et je sais que tu connais déjà des choses. J'aimerais beaucoup les voir."
Vous l'amenez à prendre des risques : "Ecris un morceau du mot !" "Est-ce que ça ne ressemble pas à un mot qu'on connaît déjà ?"

Et si l'enfant, par manque de confiance, copie les référents ou la production du voisin ?
Vous proposerez des situations d'écriture qui utiliseront des mots connus ou fortement repérables (les fêtes du calendrier ) ou des structures de phrases de textes lus.

Et si l'enfant n'utilise pas ou utilise mal les référents ?
Vous mettez vous-même l'enfant en relation avec les outils et les référents de la classe. Par vos questions vous l'amenez à faire les démarches de recherche. " Où peux-tu trouver ce mot ?" ...

Et si l'enfant oublie ce qu'il veut écrire ?
Vous lui faites dire puis reformuler ce qu'il veut écrire, avant et même pendant la phase de production. "Te rappelles-tu ce que tu veux écrire ? Redis-le moi."

Et si l'habileté graphique de l'enfant est si déficiente qu'elle ne lui pemet pas d'être disponible pour l'organisation et la réalisation du texte ?
Vous lui proposez l'ordinateur, l'imprimerie LEGO ou ASCO.

Et si l'enfant est tellement lent qu'il met un temps fou à "s'y mettre"?
Vous pouvez très bien lui écrire le début de la phrase.

Et si l'enfant sollicite sans arrêt votre aide ?
Vous cherchez à savoir quelles sont les causes de cette dépendance et vous tombez sûrement sur un des problèmes évoqués plus haut...

La dictée à l'adulte, partielle ou totale est un excellent moyen pour aider l'enfant à vaincre ces difficultés.
Votre rôle consiste surtout à placer l'enfant dans un climat de confiance et de réussite par l'aide orale de votre part ou lors d'échanges entre enfants, mais aussi par la mise à sa disposition de supports, de situations, d'outils.

EN CLASSE, ON CONSTRUIT DES OUTILS D'AIDE : LES REFERENTS DE LECTURE-ECRITURE

Biblio : Lou P'tiout consacré entièrement aux "référents de lecture-écriture".

=> Pour être "référent", un écrit doit être maîtrisé par tous les enfants et doit contenir la réponse aux problèmes de lecture-écriture des enfants : = mot + illustration = phrase ou petit texte où les mots-référents sont accompagnés d'une petite illustration = parfois, un mot sans illustration : lorsque celui-ci est toujours écrit à la même place par exemple.

=> Exemples de référents :
- le dictionnaire de classe (télécharger doc " le dictionnaire à l'école " en PDF)
- des imagiers du commerce
- des panneaux (coin-cuisine, thème du moment...)
- de petits dossiers ou classeurs (thématiques)
- des dictionnaires partiels pour une activité.

=> Rôle de l'enseignant : Primordial, ce rôle va consister à apprendre aux enfants à se servir de ces référents, à développer des comportements de recherche d'informations. Il consistera également à faire vivre ces référents par des activités d'animation, afin que les enfants soient bien familiarisés avec leur contenu et leur organisation.

" Qu'est-ce qu'un référent ? A quoi sert-il ? " télécharger doc " réf lou p'tiout" en PDF