Un peu de théorie

Réflexions sur une définition de l'art

Quelques mots qu’on utilise souvent

imagination : capacité de créer une ou des images mentales originales à partir d’images déjà existantes et engrangées dans la conscience ou l’inconscient.

imaginaire: s’oppose au réel. créativité  capacité à produire des œuvres originales, nouvelles dans le champ de l’art.

création : c’est l’œuvre de l’artiste.

esthétique : au sens étymologique du terme : explorer le monde à l’aide de tous ses sens avec émotion, intelligence et sensibilité.

le beau :
- au sens originel, en rapport avec la philosophie grecque qui regroupe le Beau, la Sagesse, l’Equilibre et l’Harmonie. Le Beau a des normes (les canons de la beauté) et par-là même une certaine rigidité. Cette manière de voir a perduré des siècles et provoque encore des blocages pour s’en affranchir. On vit encore de cet héritage au demeurant plus rassurant, et que l’on est en droit d’admirer mais qui ne correspond pas forcément à notre époque.
- aujourdhui, s’apparente à l’esthétique (cf ci-dessus) c’est-à-dire par rapport à l’individu et donc au subjectif (l’art par nature n’est pas objectif). Le Beau n’est plus le seul critère pour une œuvre d’art : la créativité l’a remplacé avec comme support le rôle de l’inconscient, l’équilibre, le déséquilibre, l’absurde, la dérision, la provocation...

Et si nous parlions des artistes avant de parler de l'art ?

Des artistes qui, de la terre ocre recrachée sur les murs des cavernes aux oeuvres les plus contemporaines, redonnent à voir une réalité que chaque spectateur, qu'il soit simple observateur, adorateur, dénigreur ou analyseur, recompose à sa manière en suivant sa sensibilité et sa culture.
L'art, c'est établir ou inscrire dans la matière et dans l'espace la vision intérieure d'un individu : vision qu'il a du monde réel qui l'entoure, vision de sa vie intime spirituelle, toutes choses qu'il transcende et nous donne à voir.
L'art n'est pas le monde réel ni la tentative de représenter le réel.
L'art, c'est l'expression et la communication. L'art c'est l'imagination qui en est à la source.
L'art ne vaut que s'il y a création : s'il imite, s'il répète, l'artiste ne produit plus qu'illusion, désillusion et dérision.
L'art n'existe que s'il y a un spectateur qui réagit à l'incitation du créateur.

Finalement, l'art est déjà dans le regard du spectateur.

Des repères historiques :

 

L'art a un rôle d'intermédiaire entre une réalité permanente : la réalité extérieure qui reste sensiblement la même à travers le temps et l'espace et une réalité intérieure qui, elle, est diverse, instable, changeante. Elle diffère selon les individus, leur caractère, leurs tendances propres ; elle varie aussi selon les collectivités auxquelles appartiennent ces individus, puisque les collectivités, par l'éducation, l'action du milieu qu'elles constituent, impriment leur marque et leur conception sur les individus qui leur appartiennent. Dès lors, il devient naturel et inévitable que, non seulement chaque société, chaque époque, chaque groupe humain et chaque génération, mais également chaque individu, propose une version différente des mêmes objets. Elle se traduira dans les moyens de transcription, en premier lieu dans l'interprétation de la forme, puisque c'est par elle que l'esprit humain appréhende et rend intelligible le spectacle enregistré par les yeux. C'est la fonction même de l'art.

L'art, l'artiste dans la société :
L'art existe depuis que l'homme existe même s'il n'a pas toujours été l'objet d'une prise de conscience égale. Il a quelques fois, au cours des âges, été confondu avec la technique de l'artisan en particulier lorsque l'artiste n'était considéré que comme l'exécutant, la main d'un Dieu-créateur qui lui seul avait le génie. C'est la pensée grecque qui donne à l'art sa première dignité réelle qu'il reperdra au Moyen- Age.
C'est au XVème siècle en Italie, lors de l'avènement de l'Humanisme que l'on reprendra conscience de la supériorité de l'artiste et de l'homme tout simplement. Ainsi, dans une Cène rebaptisé par lui-même " Le repas chez Lévi ", Véronèse se représente dans un per-sonnage au centre du tableau, devant Jésus ; ainsi, Charles Quint ramasse le pinceau que Titien a laissé Choir !

Et les contrats passés entre les commanditaires des tableaux et l'artiste tiennent compte, non seulement des matériaux utilisés (bleu de lapis-lazuli, feuilles d'or) mais de plus en plus de la bella maniera, c'est-à-dire du savoir-faire, du talent, du génie de l'artiste.
Beaucoup plus tard, au XIXème siècle, la montée de la bourgeoisie et du matérialisme donnera plus ou moins de considération aux artistes qui vendent ou qui ne vendent pas, et comme ce sont les oeuvres académiques et conventionnelles qui ont du succès auprès de ces nouveaux riches peu cultivés... l'artiste n'est plus reconnu par rapport à l'acte de création lui-même.

Aujourd'hui, l'oeuvre d'art n'échappe pas, comme tant de domaines, à l'emprise de l'argent, en étant aussi un objet de spéculation.

Un survol :


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