la consigne en arts plastiques

Qu'est-ce qu'une bonne consigne ?

  • C'est une consigne qui donne envie de faire et de s'exprimer.
  • C'est une consigne qui ne doit pas enfermer l’élève dans l’exécution simple d’une idée préconçue par le maître.
  • C'est une consigne qui est à la fois ouverte et constructive.

En effet, une absence de consigne ou une consigne trop vague et imprécise, sous prétexte de liberté, met dans l'embarras l'enfant qui n'a pas les références du travail demandé. Le risque, pour l'enfant, est la pauvreté, la stérilité des productions et le stéréotype. A contrario, l'adulte a des idées qui lui viennent à l'esprit : oeuvres d'art, photos... il a un vécu très important auquel il peut faire appel ; il sait également poser les questions pour demander des explications complémentaires si besoin. Ainsi, contre toute attente, ce qui suscite l'imagination n'est pas la liberté mais... la contrainte.

Bien préparer et formuler précisément la consigne est important.
Ainsi les objectifs visés seront mieux cernés. L'écrire est intéressant : on pourra la redonner à l'enfant si besoin, on pourra aussi la modifier lors d'une proposition analogue au vu des résultats créatifs ou non des productions des élèves.

Des exemples de consigne dont on verra qu'elles induisent une démarche différente :

 

C'est gagné, bravo !

danger ! à éviter

de l'idée, bien !

Consigne-mode d'emploi ou de fabrication :

Elle concerne souvent la fabrication d'objets selon les événements de l'année.
Exemples :

La couronne de Noël à suspendre sur la porte, les guirlandes, le rond de serviette de la fête des mères, la couronne des rois sur le même modèle (ou presque). Le même masque ou déguisement de carnaval... pour toute la classe...
Le père Noël prédécoupé
à colorier ou peindre en rouge (bien sûr), sur lequel on va coller la barbe en coton.
La petite poule de Pâques
Enrouler de la laine autour d'un pot de yaourt, coller une tête et une queue sur le bord.
Cette pratique ne rentre pas dans le cadre des arts plastiques.
 

Consigne-recette :

- Matériel pour chaque enfant :
Support : feuille blanche 50x65cm - Gouache : plusieurs rouges (primaire, carmin, vermillon...), blanc - Pinceau n° 16 - 3 cercles de papier de plusieurs diamètres (entre 10 et 20 cm) - ciseaux, colle.
- Consigne :
Peindre les cercles avec les rouges en lignes concentriques. Laisser sécher.
Plier chaque cercle en 2 parties égales et le découper.
Tracer un axe au milieu de la feuille-support et coller les demi-cercles le long et de chaque coté.
Colorer le fond en rouge et blanc, en suivant les contours des cercles.

On voit, dans ce cas, que tout est prévu à l'avance (matériel précis, format ainsi que toutes les différentes étapes dans un ordre prévu). Pas de surprise, pas de libre arbitre ou peu, pas de possibles, donc pas d'expression personnelle ni de créativité, avec au bout, les réalisations de la classe qui se ressemblent beaucoup trop et qui témoignent de cette erreur.
Consigne de simple savoir-faire ou d'exercices :
  • Fabriquer du vert
  • Remplir toute la surface avec des lignes horizontales et 2 couleurs alternées.
  • Remplir la surface avec l'éponge en tapotant.
 
Ce type de situation peut être un moment d'exercice, une parenthèse pour apprendre ou revenir sur une technique qu'on ne connaît pas ou qu'on a un peu oubliée. Ce peut être le point de départ de situations créatives :
Exemple : Rechercher dans la classe ou dans la cour des surfaces à reproduire par frottage avec une craie grasse...et s'en servir pour un fond ou une création en collage.

Fiche n° 5 : consigne créative

extrait du livret d'accompagnement de la valise-atelier par D. Lagoutte. (Ed. Hachette)

Dans l'atelier d'un artiste, il y a tous ces matériaux ; utilise-les comme tu veux pour réaliser quelque chose.

Matériel possible :

  • supports variés
  • ( format, couleur, matière...)
  • ciseaux, colle.
  • photocopieuse, papier-calque, crayon.
  • mais aussi gouache, feutres, crayons de couleur, encres, pinceaux...

Évaluation (voir également plus loin "Quelle évaluation à l’école maternelle ?")

Les réalisations devront être les plus différentes possibles ; après discussion sur les diverses propositions, les enfants pourront avoir d'autres séances pour créer autre chose.
Les enfants ont pu (mais c'est à eux de trouver !!!) :

  • choisir 1, 2... 6... tous les éléments.
  • les colorier, les relier entre eux...
  • les extraire, en découpant, déchirant, décalquant, photocopiant...
  • multiplier un même élément, plusieurs, en répétant, photocopiant...
  • les transformer en agrandissant, réduisant, coupant, fragmentant, coloriant...
  • les associer entre eux de diverses manières.
  • composer, au centre, en éparpillant, rangeant, accumulant, en rangées, spirales... sur un support à trouver ou à créer.
  • fixer avec de la colle, des gommettes, du scotch de couleur, du sparadrap... en cousant, en agrafant...
  • travailler en volume, sur ou dans une boîte, en mobile...

Tout est possible : on doit rechercher les combinaisons les plus variées et se montrer exigeant.

Télécharger la fiche n° 5 au format pdf


Fiche n° 6 : trouver une ou des consignes créatrives

A partir de "Tête d'homme" de Picasso

Cette oeuvre semble intéressante pour inspirer un travail en arts plastiques.
Comment le faire sans que ce soit une (pâle) copie mais au contraire le point de départ de réalisations... variées et intéressantes ?

Ne pas montrer l'oeuvre au départ.

  • L'enseignant fait, pour lui, une lecture d'image en n'oubliant pas de lire le descriptif.
    On remarque, en particulier, qu'il s'agit d'un dessin à la plume et qu'il y a un morceau de journal.

Consigne :
Sur une feuille (laisser choisir la dimension et la forme), colle un morceau de journal et fait un dessin avec.

  • Observer les productions et relever les différentes propositions : taille et forme du morceau de journal ; est-il découpé ou déchiré ? Est-il collé au milieu, en haut, dans un coin ?
  • Montrer l'image : " Picasso a fait une tête, peut-on faire autre chose ? "
  • Et si on utilisait plusieurs morceaux de journal ?
  • Une autre piste ouvrant des possibilités : un morceau de réel dans la peinture (> voir fiche n° 7), car c'est ce qu'a fait Picasso en introduisant ce morceau de journal.

Télécharger la fiche n° 6 au format pdf.


Fiche n° 7 : un morceau de réel dans la peinture.

L'introduction dans la peinture de matériaux hétérogènes, véritables fragments du monde extérieur et réel s'oppose à l'illusion picturale qu'est l'image. Il n'est plus besoin d'imiter ou de représenter la réalité puisqu'on peut l'incorporer à l'oeuvre. C'est Braque (en1912) et presque en même temps Picasso qui, les premiers, colleront dans la peinture des morceaux de journaux, de papiers peints (à signification métapho-rique) de cannage de chaise, ou y piqueront une aiguille. On cria au scandale à vouloir faire se cotoyer la peinture - matériau noble - avec n'importe quoi !!! Depuis, tout est possible et les ouvertures créatrices sont illimitées.

Des artistes :
G.Braque, Arman, P. Picasso, J. Monory, M. Raysse, K. Schwitters, M. Ernst....

Des livres :
Collages et complicité coll. des peintres à l'école n° 4. (Nathan)
Le collage, art du XXème siècle Françoise Monnin. (Ed. Fleurus)

Propositions de situations

On peut partir d'un morceau de ma-tériau ou d'un véritable objet sachant que cette notion réalité/image est intéressante et pas toujours très claire pour les enfants. De toute façon, c'est amusant et cela sollicite l'imagination.
Partir de l'objet ou du contexte ?
Il semblerait que, pour les enfants, partir de l'objet soit plus porteur d'idées au début... encore que !

Alors en vrac

...et pour donner quelques idées au départ, ensuite les enfants trouveront tout seuls.

  • Vêtements (chaussettes, casquette, slip, petite chemise ou pantalon...)
    => linge à l'étendage, habillement, objet détourné...
  • Une aiguille à coudre + fil =>dessin de la broderie ou de la couture,
  • Une aiguille à tricoter + pelote =>le pull en train d'être tricoté,
  • Un crayon, des pinceaux : qui restent " collés " au bout de la trace de peinture ou de la ligne, sur l'oeuvre (comme Arman),
  • Un morceau de miroir (comme J. Monory), de grillage (comme Miró).
  • Un chapeau, une chaussure (poupée, enfant ou adulte)
  • Une carte postale, un timbre poste, un ticket de cinéma, de bus, de train...
  • Une bouteille, une boîte de coca-cola...
  • Un morceau de sparadrap, une boîte d'aspirine...
    Mais aussi...
  • Des couverts, un gobelet, une assiette en plastique (qui sont déjà eux-mêmes des " copies " ou des imitations voire des fac-similés d'objets réels)
  • Un petit jouet (voiture, poupée, pistolet, avion...)

Il s'agira de dessiner et/ou de peindre le "décor" , la scène, l'histoire qui va autour même si elle s'éloigne ou n'a plus rien à voir avec l'objet de départ.
On peut parfaitement insérer l'objet (ex : de vraies bretelles ou une vraie cravate sur la chemise peinte).
Mais peut-être agir simplement sur la composition et suggérer une idée générale (ex : un ticket de cinéma et des dessins ou collages d'images de films).
Lorsque l'objet ou le morceau de réel s'échappe du tableau et sort du cadre : par exemple, du vrai sable tombe d'une plage peinte et s'étale en-dessous sur le sol du lieu d'exposition ; le chapeau (vrai) de la dame peinte s'envole hors du cadre et s'accroche sur le mur.

Remarques
A contrario, on pourra évoquer et voir des peintures en trompe-l'oeil.
A noter le problème de l'utilisation des reproductions dans le cas de collages : celles-ci ne rendent pas compte des matières et objets et donnent une impression d'image en trompe-l'oeil.
Ce sera le moment de présenter l'oeuvre de René Magritte : Ceci n'est pas une pipe où l'on voit justement une pipe représentée, mais qui n'est que l'image d'une pipe et ouvrir une première réflexion sur l'image et le réel.


Rodolphe (GS)

Télécharger la fiche n° 7 au format pdf.


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