Un coin est un espace de classe, aménagé de façon durable si ce n'est permanente, où les enfants utilisent le matériel mis à leur disposition tout à fait librement, sans intervention pédagogique de l'adulte.
- Les coins développent la socialisation et l'autonomie :
* Ce sont les enfants qui choisissent le coin où ils veulent aller.
* Ils y ont accès à tout moment hormis pendant les temps de regroupement.
* Ils s'y organisent en petits groupes.
- Le rôle de l'enseignant :
* Il aménage les coins de manière organisée avec du matériel
en bon état, de taille proche de la réalité (éviter
les dînettes miniatures
) et en nombre raisonnable.
* Il fait évoluer le contenu de ces coins au cours de l'année.
* Il gère les flux, les conflits, il régule.
Les coins à visée symbolique doivent occuper un espace important dans la classe des TPS / PS.
Articulation "ateliers / coins" :
* L'enfant qui a terminé son activité en atelier va dans le coin de son choix : celui-ci sert de délestage.
L'intérêt porté par les enseignants de maternelle sur les
coins-jeux de la classe révèle bien toute la place occupée
par la pédagogie par le jeu au cycle 1. C'est entre autres au sein de
ces espaces que le jeune enfant va " découvrir que l'apprentissage
est dorénavant un horizon naturel de sa vie. Ils (les apprentissages
premiers) lui permettent d'entrer dans une articulation entre jeux et activités
par laquelle il deviendra progressivement un écolier qui aime apprendre,
qui a pris conscience qu'il existe des chemins qui mènent a des savoir-faire
inédits, à des connaissances toujours neuves " .extrait des
IO . 2002
Sont compris dans l'appellation " coins-jeux " les aménagements
permettant
- les jeux symboliques (identification -par imitation- aux adultes : cuisine,
poupées, santé-beauté, déguisement, épicerie,
marionnettes, fermes, mise en scène de petites figurines ; personnages
ou animaux, dans maquettes
)
- les manipulations (eau, graines, pinces, cadenas
bricolage, voitures,
circuits
)
- les constructions (matériaux de tailles variées : cubes, kapla
)
- les activités motrices en PS (porteurs, trotteurs, tunnels
)
- les jeux sensoriels en PS (mur, boîtes ou sacs à toucher, parcours
tactile
)
Certains coins de la classe, tels l'espace écriture, la bibliothèque,
le coin-musique ou le coin- écoute ne sont pas considérés
comme des coins-jeux.
Ils présentent tous la particularité de permettre aux enfants,
de manière ludique et expérimentale, de :
- dialoguer avec les autres élèves, de les écouter
- respecter les autres, les accepter
- s'organiser avec eux
- prendre des initiatives
- acquérir davantage d'autonomie
- développer leur imaginaire, inventer
- construire leur personnalité (par la relation et par l'emprunt de rôles
au cours des jeux symboliques)
- distinguer le vrai du faux
- planifier, prévoir des actions (langage d'évocation)
- réinvestir un lexique apporté par l'adulte ou les autres enfants
- découvrir les différents registres de langage
- développer des compétences sensori-motrices
- utiliser des symboles (grâce aux codes de rangement notamment)
- partager, associer, et parfois dénombrer (distributions, rangement)
Utiliser un matériel bien connu mais interdit à la maison, et qui se distingue du jouet, constitue une motivation pour entrer en action et en communication verbale avec les autres.
La question du degré d'autonomie des élèves à l'intérieur
de ces coins-jeux est fréquemment posée: Quelle place pour la
consigne, la liberté, l'enseignant durant ce type d'activités
?
Nos pouvons convenir que si les activités de ces espaces sont le plus
souvent libres, laissant toute leur place à l'esprit d'initiative, aux
interactions entre enfants et à l'acquisition d'une plus grande autonomie,
l'enseignant y joue cependant un rôle plus ou moins direct mais toujours
crucial . C'est lui qui veillera précisément à un équilibre
correct entre les activités spontanées et celles qui sont provoquées.
Par ses questionnements, l'apport de matériaux riches et variés,
la mise en place de règles précises
il sera le garant d'apprentissages
dans le plaisir.
En dosant ses interventions en début (commande passée au petit
groupe) ou en cours de jeu (régulation, apport de variantes, relance
d'échanges, d'expérimentations, de découvertes
),
l'adulte va en effet directement influer sur le déroulement et les apports
de ces activités en coins-jeux.
Cette question nous amène à une autre tout aussi récurrente : Quelle progression envisager au sein de ces coins-jeux ?
A condition que l'enseignant mette à disposition le matériel adéquat et prévoit ses conditions d'utilisation, une progression peut être possible, tant dans le courant de l'année qu'au long du cycle :
- les manipulations deviennent peu à peu plus fines,
- les rôles sociaux empruntés par les enfants de plus en plus élaborés,
- les identifications portent, de la part des enfants, vers des personnages
de plus en plus divers, sortant de l'univers familial pour entrer par exemple
de celui des héros
- les organisations se font plus collectives
- les fabrications et constructions suivent de plus en plus souvent des modèles,
des fiches techniques
- elles sont de plus en plus abouties, les enfants plus âgés désirant
réellement fabriquer, mener à bout leurs réalisations et
non plus simplement manipuler.
C'est ainsi que ces coins-jeux feront de plus en plus souvent l'objet d'activités dirigées, en GS notamment, avec des apports de l'enseignant de plus en plus présents, tendant vers des situations d'apprentissages plus précises (ce sera par exemple le cas du coin manipulation d'eau, de graines qui deviendra le lieu d'ateliers accompagnés et structurés).