Accueillir les deux ans à l'école maternelle

Ces tout petits qui sont encore des bébés et deviendront des enfants vers l'âge de 30 mois


1 - MIEUX CONNAITRE LE PETIT ENFANT DE DEUX ANS

2 - REUSSIR LA SEPARATION D'AVEC LA FAMILLE

3 - ADAPTER L' ORGANISATION PEDAGOGIQUE DE SA CLASSE

4 - UN AUXILIAIRE PRECIEUX : L'A.T.S.E.M.

5 - DEUX EXEMPLES DE PROJETS

6 - BIBLIOGRAPHIE

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1 - MIEUX CONNAITRE LE PETIT ENFANT DE DEUX ANS

(Anna Pinelli - directrice de crêche et spécialiste de la petite enfance)

" A 2 ans c'est un bébé, pas un enfant " nous dit le Dr Julien Cohen Solal. C'est un être immature neurophysiologiquement (changement vers 30 mois), en totale dépendance par rapport à l'adulte.
Mais c'est un élève... il est donc important de savoir comment il fonctionne pour savoir ce que l'école doit lui apporter.

a / LES COMPOSANTES DE LA PREDETERMINATION GENETIQUE
b / L'ADULTE ET LE "BEBE" DE DEUX ANS
c / L'ETRE BIOLOGIQUE
d / L'ETRE PSYCHOLOGIQUE
e / L'ETRE SOCIAL
f / LA MATURATION SENSORIELLE

 

1-a / LA PREDETERMINATION GENETIQUE :

CE QUI EST CONTENU DANS LES GENES DE TOUT ETRE HUMAIN
- Le fait que le bébé d'homme deviendra bien un humain.
- Les caractéristiques, révélées par le test d'APGAR : le cri, la couleur de la peau (la respiration, l'oxygénation du sang), la succion, la déglutition (manger, boire, parler)
- Le "grasping" (agrippement) qui détermine le "holding-handing", c'est-à-dire le "porté" (être porté pour être contenu, sécurisé) : le jeune enfant s'agrippe à l'adulte pour que celui-ci le sécurise en le portant, en l'enveloppant…
- La marche

--> Tout ce qui va aller contre cette prédétermination va amener l'enfant à une dépense d'énergie négative.

LA MATURATION DU CERVEAU
Elle se stabilise vers l'âge de 15 ans. La maturation définitive a lieu vers 30 ans. Le cerveau de l'être humain est formé de trois parties : cerveau sensoriel / cortex / néo-cortex C'est le cerveau sensoriel (pulsionnel, mouvements incoordonnés) qui est essentiellement en fonction jusque vers 3 ans environ, âge vers lequel il se stabilise, sans cependant disparaître.

LA MATURATION DU LANGAGE d'après " Le développement du cerveau " de Sir J. Ecclès
Elle se traduit à 4 niveaux :
- fonction expressive
- fonction de signal
- fonction descriptive (très fréquente chez l'adulte)
- pensée réflexive (assez rare, même chez l'adulte) le plus haut niveau d'intégration

1-b / LE "BEBE" DE 2 A 3 ANS

- Il est immature physiologiquement.
- Il fonctionne essentiellement avec son cerveau sensoriel et le cortex, c'est-à-dire par pulsions, avec ses 5 sens et plutôt dans l'ordre suivant : TOUCHER-ODORAT- GOUT-OUIE-VUE.
- Il teste la coordination de ses mouvements.
- Il commence à utiliser la fonction descriptive pour ce qui l'entoure.

LA RELATION BEBE - ADULTE
Nous, les adultes, nous fonctionnons avec nos 3 cerveaux : le cortex, le néocortex et le cerveau sensoriel. Mais, spontanément, lorsque nous nous trouvons avec un enfant, c'est notre cerveau sensoriel (nous sommes "enfants") qui se met en route :
- Nos réactions sont pulsionnelles ! Il faut alors mettre en route notre cortex et notre néocortex pour nous maîtriser.
L'enfant, lui, ne vit qu'avec ses pulsions, il a besoin de quelqu'un qui va le structurer, le stabiliser et lui permettre de dépasser ce stade en lui donnant l'accès au langage. --> Ne pas être qu'"enfant", mais aussi "adulte" (attention aux "ne fais pas ceci - ne va pas là…" qui rendent l'enfant rebelle). Nous devons répondre au besoin de structuration de l'enfant en lui donnant un cadre.

1-c / L'ETRE BIOLOGIQUE

QUELLES CONDITIONS POUR UN BON FONCTIONNEMENT MINIMUM DU CERVEAU SENSORIEL ?

--> Satisfaire les 4 besoins fondamentaux primaires que sont : respirer, manger-boire-éliminer, dormir, être contenu.
Le non-respect de ces besoins entraîne le "grasping", signe d'insécurité qui conduit à la dépendance.
--> Respecter l'échelle des besoins de l'individu (Cf les travaux de Maslow) :
n°1 : besoins physiologiques de base
n°2 : besoin de sécurité
n°3 : besoin d'appartenir à un groupe
n°4 : besoin de considération
n°5 : besoin de réalisation et de dépassement de soi
Les 4 premiers visent à combler un manque et le 5e vise la réalisation de soi.
Important : l'évolution vers un besoin supérieur ne peut se faire pleinement que lorsque les besoins inférieurs sont satisfaits !

--> Se rappeler que l'homme est programmé pour apprendre.

COMMENT RESPECTER CES ELEMENTS DE LA DIMENSION BIOLOGIQUE ?

Respirer
L'enfant de 2 ans ne peut pas respirer par la bouche ! Un nez bouché entraîne des troubles fonctionnels. Il est donc primordial de toujours dégager le nez des petits (moucher en entrant en classe puis chaque fois que nécessaire).

Boire et manger
Petit-déjeuner avant de démarrer la journée.
-- chocos, kinder et autres gâteaux --> Se méfier de l'hypoglycémie mais aussi de l'hyperglycémie : celle-ci entraîne une hypercortisonémie, cause d'agressivité, ainsi qu'une déshydratation.
--> Le petit enfant ne sait pas qu'il a soif mais s'il voit de l'eau, il boira spontanément : en classe, mettre de l'eau partout.
--> Un bon goûter en classe sera celui qui sera donné en début de matinée et qui contiendra du lait et des céréales sans sucre.
Attention : quand un tout petit dit "J'ai faim !", il a faim tout de suite.
Les aliments les meilleurs pour une bonne croissance sont les féculents. On veillera à les servir en premier pour être sûr que le petit les mangera. Les légumes verts servent essentiellement au transit et aux vitamines.

Eliminer
Chez les tout petits et les petits, le passage aux toilettes collectif n'est pas indiqué. Il faut que chaque enfant puisse y aller quand il a envie.

Se mouvoir
Les tout-petits ne peuvent pas rester plus de 10 mn sur une chaise. 20 mn pour le repas, c'est un maximum.

Dormir et se reposer
-- Les parents qui travaillent veulent profiter de leur enfant le soir : du coup, celui-ci manque de sommeil et devient agressif, voire violent.
Le manque de sommeil entraîne l'agressivité, la folie… la mort !
En classe, il faut pouvoir permettre aux petits de se coucher quand ils le veulent. Le vendredi, il faut prévoir des activités plus relaxantes.
Pour s'endormir, le bébé a besoin d'être "contenu" (cf besoins biologiques fondamentaux)
A la sieste penser à organiser les lits pour recréer la nidification (arrière-tête + dos couverts).
++ : Pour aider les enfants excités à s'endormir, on leur immobilisera doucement leurs jambes.

Se vêtir / se dévêtir
Beaucoup d'enfants se roulent par terre lorsqu'on les oblige à poser manteau, chaussures… c'est normal !
++ Le vêtement a une fonction contenante. Il faut donc éviter le déshabillage "forcé".

1-d / L'ETRE PSYCHOLOGIQUE

- Si l'on en reste à la satisfaction des besoins biologiques du petit, l'inné ne devient pas acquis. L'être humain est un être de relation pour qui l'aspect psychologique, relationnel est indispensable, notamment dans ses apprentissages.
--> Ne jamais entrer en relation avec l'enfant autrement qu'en face à face ("relation-miroir"). Quand on pose sa main sur le corps de l'enfant, c'est toujours agressif.
-->L'enfant n'est pas un objet que nous pouvons manipuler à notre guise.

+ La "relation-miroir" est primordiale pour le développement du petit enfant : il faut le regarder, il grandit dans notre regard. Cette relation est trop peu présente, elle est à développer et à privilégier.Par la voix, on appelle d'abord le regard et ensuite on pose un geste. Soit on monte l'enfant, soit on s'accroupit, ensuite seulement on nomme l'enfant.

+ Il faut penser "l'enfant dans sa famille" : il arrive à l'école avec une "forme" bien précise (appelée "forme parentale"), insérée dans le puzzle familial. Si on fait modifier cette forme, on fait éclater le puzzle familial.

1-e / L'ETRE SOCIAL

"Le bébé sans sa mère n'existe pas." (Winnicot)
- Le petit enfant arrive à l'école, nu et en danger. Il est primordial pour son avenir de réussir la séparation, l'accueil, les retrouvailles.
--> On ne peut accueillir le petit sans ses parents. C'est normal que la séparation soit dramatique. Il faut tout faire pour la réussir. Par exemple, on sera souple sur la présence des parents en début de scolarisation, on ne le déshabillera pas de force, on demandera des nouvelles de sa famille, on fera apporter des photos, on peut lui faire porter un vêtement de sa maman, on acceptera un objet transitionnel…

TOUT DEVELOPPEMENT REUSSI EST PSYCHO-SENSORI-MOTEUR

- Le corps image est construit à partir du corps vécu et du corps réel.
Le corps vécu (avant 3 ans) se construit à travers des expériences motrices, sensorielles et narcissiques. Le rôle de l'adulte est de dire : "oui, je vais t'aider". Le corps image (schéma corporel) se construit dans le cerveau à travers le corps vécu (exemple : dans notre tête on vit avec des mains à 3 doigts).
- Sensorialité --> motricité --> langage : Si l'organe sensoriel n'est pas stimulé (avant 3 ans), il y a une déperdition totale et définitive de la fonction correspondante. On pourra avoir au mieux de la récupération. Ce déficit peut être dû à un trouble physiologique ou un environnement pauvre en stimulations.

1-f / LA MATURATION SENSORIELLE

Le toucher : maturation complète dès la naissance

L'odorat : hyperdéveloppé chez le nouveau-né et chez le jeune enfant puis baisse après 3 ans.

Le goût : idem L'ouïe : maturation complète vers 12 ans

La vue : idem N.B. : Ce n'est que vers 12 ans qu'il y a prise de conscience d'une mort irréversible.

- Aujourd'hui, il y a surstimulation sensorielle : le bébé n'a pas la possibilité de dire "stop !". Que penser de l'adolescent qui ferme ses trous sensoriels avec casque stéréo, console de jeux et cigarette… !
L'acquis est un dialogue permanent entre l'inné et l'environnement : un environnement sûr et riche en expériences sensori-motrices.

QUELLES CONDITIONS POUR UN BON FONCTIONNEMENT MINIMUM DU CERVEAU SENSORIEL ?

--> Satisfaire les 4 besoins fondamentaux primaires que sont : respirer, manger-boire-éliminer, dormir, être contenu.
Le non-respect de ces besoins entraîne le "grasping", signe d'insécurité qui conduit à la dépendance.

--> Respecter l'échelle des besoins de l'individu (Cf les travaux de Maslow) :
n°1 : besoins physiologiques de base
n°2 : besoin de sécurité
n°3 : besoin d'appartenir à un groupe
n°4 : besoin de considération
n°5 : besoin de réalisation et de dépassement de soi

Les 4 premiers visent à combler un manque et le 5e vise la réalisation de soi.
Important : l'évolution vers un besoin supérieur ne peut se faire pleinement que lorsque les besoins inférieurs sont satisfaits !

--> Se rappeler que l'homme est programmé pour apprendre.


2 - REUSSIR LA SEPARATION D'AVEC LA FAMILLE

a / DES IDEES QUI ONT FAIT LEURS PREUVES DANS LES CLASSES D'APPLICATION DE BOURG EN BRESSE
b / NOS PROPOSITIONS
UN EXEMPLE DE "FICHE DE RENSEIGNEMENTS" A REMPLIR PAR LES FAMILLES EN DEBUT D'ANNEE (télécharger le fichier pdf)
c / UN EXEMPLE D'ORGANISATION DE RENCONTRES ENSEIGNANT - FAMILLES
2-a / DES IDEES QUI ONT FAIT LEURS PREUVES dans les classes d'application de Bourg en Bresse
stage national "maternelle" BOURG en BRESSE - janvier 1999
entretien avec Mmes Ferrand, IEN et Sangla, IMF maternelle

- Encourager les parents à venir passer du temps à l'école au cours du 3ème trimestre de l'année précédente : accueillir parents et enfants dans la classe le samedi matin (horaires décidés en commun) au moins deux fois. La maîtresse observe leur comportement mutuel et éventuellement donne quelques conseils comme, par exemple, créer d'ici la rentrée des petits temps de séparation mère-enfant au cours desquels on ne leurrera jamais l'enfant. Lui dire plutôt : " Au-revoir, je m'en vais, je vais faire ceci et cela et ensuite je reviendrai te chercher ". L'enfant doit pouvoir " avoir dans sa tête " des images : il peut se représenter sa maman absente. - Faire une réunion de parents le soir de la pré-rentrée.
- Pratiquer une rentrée échelonnée sur la semaine, en commençant par ceux qui sont venus en Juin avec leurs parents.
- Mettre toutes "les forces de l'école" sur la classe des deux ans le jour de la rentrée en mobilisant aussi les collègues du RASED et les T.R. disponibles.
Remarque : On voit une grande différence entre les enfants qui ont passé un moment avec la maîtresse avant d'être scolarisés et les autres.
- Il est important également de rassurer les mamans en leur disant notamment que l'on n'est que la maîtresse, pas la maman ni la nounou, que la maman est irremplaçable et cela même si on a une relation "maternante" avec les enfants.
- L'ATSEM participe aussi à la réussite de cette rupture avec le milieu familial: certains enfants vont spontanément vers elle plutôt que vers la maîtresse : c'est normal.
- La maîtresse compose un livret d'accueil pour les parents.
- Les G.S. de l'année précédant la rentrée font un "petit cadeau" pour chacun des deux ans qui le reçoivent à la rentrée (petit album cartonné de 4 pages illustré et écrit par les GS).
- Chaque jour, trois G.S., à tour de rôle, vont aider à l'habillage des deux ans.
- Les deux ans sortent en récréation en même temps que les G.S. : ça se passe très bien, ces derniers jouant le rôle de "grands frères / grandes sœurs".

GERER LA PRESENCE DES PARENTS : Etre souple sans se laisser "envahir"

* Organiser la semaine de la rentrée : cf plus haut.
* Individualiser (ou presque) le temps de présence : accepter que des parents n'amènent leur enfant que pour un petit moment de la journée, si celui-ci est très perturbé.
* Organiser l'entrée et la sortie des enfants : chaque jour, les parents amènent les enfants à la porte de la classe après les avoir déshabillés et emmenés aux toilettes. A la sortie, ils viennent également les chercher à la porte de la classe.

2-b / NOS PROPOSITIONS :

* Anticiper en accueillant nouveaux parents et nouveaux élèves au cours du 3e trimestre précédent : Donner aux enfants qui seront scolarisés en septembre pour la première fois, l'opportunité de découvrir le cadre scolaire et de participer momentanément à la vie de l'école.
Cette participation peut s'effectuer sous 2 formes :
- Liaison avec la halte-garderie --> invitation à participer à une matinée de classe, à des moments de jeux, à un spectacle, à un goûter, à une fête (exemple : carnaval)…
- Sensibilisation scolaire :
--> matinée sur rendez-vous
--> séquence de deux heures
--> séquence d'1/2 heure (période récréative)
--> invitation pendant les fêtes scolaires, les jeunes frères et sœurs des élèves
--> permission pour les frères et sœurs de se "promener" dans la classe lors des heures d'entrées et de sorties.

PRECAUTIONS :
- Penser à demander aux parents des enfants qui participent à cette sensibilisation si ceux-ci sont assurés.
- Présence obligatoire des parents des enfants qui n'ont pas deux ans révolus lors de ces visites de l'école.

* Réunir les meilleures conditions d'accueil au moment de la rentrée
* Continuer la communication tout au long de l'année :
- L'enseignant se doit de maintenir un contact régulier avec les parents pour :
--> entretenir un climat de confiance mutuelle
--> alerter sur un problème
--> renseigner sur les progrès de l'enfant.

2-c / UN EXEMPLE D'ORGANISATION DE RENCONTRES ENSEIGNANT - FAMILLES

1 - Calendrier de ces rencontres

- Elles ont lieu en février / mars afin d'avoir une efficacité préventive optimale.
- Les horaires sont adaptés au rythme de travail des familles (à 17 h après la classe ou très tôt en début d'après-midi).
- Durée approximative de chaque entretien : ½ heure environ.

2 - Contenu de ces rencontres

- Supports :
. le questionnaire rempli par les familles au 1er trimestre
. les grilles d'évaluation du comportement complétées entre septembre et janvier.

- L'entretien peut s'articuler autour d'axes différents selon que le jeune élève vit ou non dans un milieu :
. informé, respectant les besoins et les rythmes de vie de leur enfant
. stimulant (maîtrisant le langage) ayant une communication satisfaisante avec l'enfant : langage narratif, descriptif et pas seulement "donnant des ordres" ("Va te coucher ! Viens manger !"…)

3 - Objectifs des rencontres avec les parents

- Etablir des liens de confiance entre parents et école
- Valoriser le vécu scolaire de l'enfant
- Mettre en place des actions de dépistage, de prévention, d'accompagnement, de remédiation, en accord avec la famille et toute l'équipe éducative.

A l'issue de ces entretiens, il arrive que l'on envisage :

- une consultation avec un spécialiste (problèmes physiologiques, visuels, auditifs ou phonologiques).
- un accompagnement de l'enfant ou de la famille par une équipe médico-pédagogique ou le psychologue scolaire
- une remédiation pédagogique au sein de la classe

Claire Montmayeur
Ecole maternelle Pasteur - Chambéry

3 - ADAPTER L'ORGANISATION PEDAGOGIQUE DE SA CLASSE

a / REUSSIR AU QUOTIDIEN
b / ZOOM SUR LES ELEMENTS-CLES DE LA JOURNEE
c / RESPECTER LE RYTHME DE VIE ET LES CAPACITES DES PETITS
d / A PROPOS DE LA SIESTE
e / DES REPERES VISUELS OU AUDITIFS POUR ACCOMPAGNER CERTAINES CONSIGNES
f / ET L'EVALUATION ?
g / ADAPTER L'ORGANISATION DE L'ESPACE
h / DU MATERIEL JUDICIEUX
i / DES QUESTIONS, DES REPONSES ET DES POINTS DE VUE
3-a / REUSSIR AU QUOTIDIEN
(entretien avec Mme Ferrand - IEN à Bourg en Bresse)

" Le rôle de l'enseignant est de proposer des situations qui stimulent, qui invitent les enfants à faire, tout en leur laissant le temps. "
ACCUEILLIR - STIMULER - LAISSER DU TEMPS

- L'organisation matérielle et pédagogique de la classe va jouer sur :
* des lieux aménagés pour des activités en autonomie (notamment les "coins")
* un atelier organisé, qui reviendra pendant assez longtemps (par ex. 3 semaines) où la maîtresse travaille d'abord avec ceux qui veulent puis va chercher, inviter les autres sans les forcer. Tous finiront par venir si on leur en laisse le temps.
N.B. : Ceux qui n'ont pas été stimulés chez eux ont beaucoup de mal à participer, c'est normal. Pour cet atelier dirigé, la maîtresse a, bien sûr, des objectifs : la situation que je propose permet de travailler quoi ? Comment verrai-je si les enfants ont progressé ?
* en permanence, des "lieux pour agir" (taper, rouler, malaxer…)

- L'aménagement de l'espace-classe comprendra les éléments suivants :
* une grande table pour l'atelier dirigé
* un espace-regroupement suffisamment vaste
* des coins
* de la place pour déambuler = utiliser tous les espaces possibles
* un coin-coussins (certains ont besoin d'une petite sieste vers 10h30 / 11h)
* un espace moteur : le dortoir peut tout à fait convenir
-- Attention, il est nécessaire de revoir les "structures bricolées" pour les mettre aux normes actuelles de sécurité !
- L'aménagement de la salle de jeux est l'affaire de toute l'équipe pédagogique : Il est important de se demander comment l'installation pour les deux ans peut être modifiée, complétée… pour permettre l'évolution des G.S.
Il faut noter que la structure "Asco" verte que l'on voit beaucoup est adaptée aux petits seulement.
Plusieurs écoles se sont regroupées pour acheter le matériel de "grande motricité" qui "tourne" avant chaque période de vacances scolaires.

3-b / ZOOM SUR LES ELEMENTS-CLES DE LA JOURNEE
L'accueil
Le goûter
Les regroupements
Les ateliers
Les coins
La motricité

Les jeux

L'accueil :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

- durée : de 15 à 30 mn

- lieu : dans la classe

- le parent aide son enfant à se déshabiller à passer aux toilettes et à retrouver son prénom.

- activités : ateliers libres (pâte à modeler, perles, graphisme sur tableau, jeux de construction, coin-lecture, déplacements avec porteurs, structure de jeux…)

- appel : les enfants repèrent leur étiquette-prénom (référent avec photos, aide du parent)et la placent sur le tableau réservé à cet effet.

Nos propositions :

- Evoluer au cours de l'année :

--> A la rentrée, accueillir les 2 ans 2 jours après les autres, faire l'accueil du matin jusqu'à 9h30

--> Progressivement, resserrer le temps pour arriver à la ½ heure

++ : traiter au cas par cas, il est important que le petit soit bien à l'école, pour certains la matinée est trop longue

--> proposer de venir les chercher à 11h tant que c'est nécessaire

- Des idées intéressantes selon les configurations d'écoles :
--> Un groupe de GS peut venir (à tour de rôle) aider les TPS et les PS à s'habiller.
--> On peut organiser des récréations 2 ans / GS : ceux-ci se comportant comme des grands frères ou grandes sœurs.
--> Privilégier les contacts entre parents et enseignant aux contacts entre parents et ATSEM.

Le goûter :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

- Plusieurs formules existent :

--> Selon un tour de rôle et un menu établis par l'enseignant, ce sont les enfants qui apportent le goûter (cf C.R. de collègues)

--> Les parents donnent une participation et c'est l'école qui achète les goûters

--> Sa place est située à différents horaires compris entre 9h et 10h.

Nos propositions :

- Les pédiatres pensent que ce goûter n'a pas lieu d'être si tous les enfants ont déjeuné avant de venir à l'école.

--> il est donc important de le placer tôt afin qu'il joue le rôle d'un petit-déjeuner pour les enfants qui n'ont pas mangé (parce que ce sont des "lève-tard"). On dira donc qu'après 9h30 c'est trop tard et que plus il est près de 9h , mieux c'est.

- On veillera à en faire un moment convivial et éducatif :
--> varier les aliments afin d'élargir la palette des goûts, éviter le "tout sucré", favoriser un bon équilibre entre les classes d'aliments.
--> ne pas oublier la boisson (chez les 2 ans il est de plus important de tenir à la portée des enfants de l'eau, toute la journée)
--> inviter les enfants à prendre de bonnes habitudes : politesse, autonomie, lavage des mains…)
--> profiter de ce moment pour travailler en langage collectif mais aussi dual, faire préparer le goûter par un groupe d'enfants plus grands (élément du projet d'école)

Les regroupements :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

- Rituels :

--> les prénoms sont cités dans toutes les réponses.
Une pratique intéressante apparaît : les étiquettes-prénoms ont été posées à l'accueil par chaque enfant avec l'aide de ses parents ou de l'enseignant ; en regroupement on vérifie ce travail en nommant les présents et les absents.

--> la date et la météo sont présentes dans toutes les réponses

- Comptines / jeux de doigts :

--> On les trouve soit au 1er regroupement avec les rituels, soit au 2ème regroupement après les ateliers.

- Lire ou raconter unehistoire (conte, récit sur album) :

--> cité dans toutes les réponses, mais pas toujours tous les jours

Nos propositions :

- 2 regroupements dans la matinée sont conseillés.

- Le coin regroupement comportera unemplacement mural pour la dictée à l'adulte.

- Pour l'activité autour des prénoms on pourra se renouveler en lisant le Lou P'tiout sur les référents.

- Il n'est pas utile de s'occuper de la météo tous les jours : on la consignera aux changements de saison, lorsqu'il y a des phénomènes remarquables…

- On utilisera du matériel, une organisation qui permettent aux enfants de manipuler.

- On fera évoluer la manière de s'y prendre au cours de l'année.

- Il est important de prendre son temps pour dire et redire les comptines, cela plaît toujours aux enfants.

- Ne pas hésiter à en placer à chaque regroupement.

- Mettre en place un système permettant la reconnaissance des comptines --> exemple :
* créer un fichier comptines
* réunir des objets symbolisant telle comptine
* utiliser une marionnette

- Il est primordial que ce soit un moment quotidien : tous les spécialistes s'accordent pour dire qu'écouter des histoires très tôt dans sa vie contribue fortement à la formation de l'esprit.

- Cette activité, conduite en grand groupe, sera plus profitable à chacun si elle est reprise en atelier par la suite.

- Ne pas poser systématiquement des questions.

- Ne pas hésiter à lire et relire les mêmes textes.

- Dans des conditions très précises, il est possible de confier à des parents la conduite d'un atelier lecture d'histoire.!!!

Bien faire la différence entre "lire" et "raconter"

Les ateliers :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

 

- Toutes les réponses mentionnent une séance ateliers dans la matinée.

- Durée : 1/2h à ¾ h (environ 10 mn / atelier)

- Activités proposées :
* peinture,
* découpage-collage,
* modelage,
* bricolage,
* graphisme…

Nos propositions :

- Définition générale :
L'atelier est un lieu où l'on propose une activité précise avec consigne, un apprentissage, un exercice, une activité qui peut s'insérer dans un projet de classe.
Il faut différencier atelier et coin-jeu.
Il existe deux sortes d'ateliers : l'atelier dirigé ou atelier d'apprentissage, où l'enseignant est présent et l'atelier-satellite où les enfants travaillent en autonomie (toujours passer voir à la fin, ce qui s'est fait dans chaque atelier)

- Le tout-petit, un cas particulier : l'enfant de toute petite section acquiert progressivement une autonomie et les activités en ateliers ne lui sont pas adaptées les premières semaines. L'organisation en coins lui convient mieux.
Les premiers ateliers qui lui sont proposés sont les ateliers de dessin, peinture et jeux divers (puzzles, tris…)
De plus l'enseignant n'est pas tenu de rester uniquement sur l'atelier dirigé. Il circule dans les différents ateliers, tous les enfants plus ou moins autonomes ont besoin de sa présence.

- Il faut pas que la durée globale permette de faire tourner les enfants sur plusieurs ateliers.

- Les coins peuvent tout à fait être utilisés en ateliers pour peu qu'on donne une tâche à faire aux enfants (habiller les poupées pour telle circonstance, mettre le couvert…)

- La conduite de la séance et le rôle de l'enseignant sont primordiaux :
L'enseignant propose un certain nombre d'ateliers.
Les enfants choisissent seuls et l'enseignant gère les flux, suscite, encourage un enfant à participer... Il coche sur une feuille les ateliers fréquentés par les enfants et peut ainsi orienter son intervention pour amener peu à peu chacun à aller vers l'ensemble des ateliers.


Les coins :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

- Toutes les réponses mentionnent la présence de coins dans la classe :
* un coin-regroupement où se passent les rituels, où l'on discute, où l'on dit les comptines, où l'on écoute une histoire…
* des coins à visée symbolique : cuisine, chambre, garage, téléphone…
* des coins "didactiques" : coin-lecture, coin- graphisme, coin-peinture, coin-techno…
* des coins originaux : coin-cabane, coin-déguisement, coin-marionnettes…

Nos propositions :

- Définition : un coin est un espace de classe, aménagé de façon durable si ce n'est permanente, où les enfants utilisent le matériel mis à leur disposition tout à fait librement, sans intervention pédagogique de l'adulte.

- Les coins développent la socialisation et l'autonomie :
* ce sont les enfants qui choisissent le coin où ils veulent aller
* ils y ont accès à tout moment hormis les temps de regroupement
* ils s'y organisent en petits groupes.

- Le rôle de l'enseignant :
* il aménage les coins de manière organisée avec du matériel en bon état,de taille proche de la réalité (éviter les dînettes miniatures…) et en nombre raisonnable.
* il fait évoluer le contenu de ces coins au cours de l'année
* il gère les flux, les conflits, il régule.

!!!!! Les coins à visée symbolique doivent occuper un espace important dans la classe des TPS / PS.

Articulation "ateliers / coins"

* L'enfant qui a terminé son activité en atelier va dans le coin de son choix : celui-ci sert de délestage.
* Jusqu'en février en général, les tout-petits qui ne veulent pas participer à l'atelier vont dans le coin de leur choix (idem pour des P.S. en première scolarisation mais jusqu'à Toussaint environ).

La motricité :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

- Les réponses contiennent toutes ½ h de motricité le matin (aucune l'après-midi)

- Horaire : milieu de matinée,
* soit 9h30 - 10h
* soit 10h - 10h30

- La présence de structures de motricité est majoritaire.

Nos propositions :

- Il serait bien de programmer 2 séances de motricité par jour.

- Penser à sortir si les conditions le permettent

- Prévenir les familles pour que les enfants aient des vêtements adaptés au mouvement.

- Les rondes ne sont guère possibles avec les 2/3 ans.

- Le rôle de l'enseignant :
* sécuriser, aménager, proposer, ne pas forcer
* amener l'enfant à une prise de risque mesurée, en sécurité
* donner à boire après la séance

Les jeux :

(synthèse de l'enquête : vos pratiques)

Rien de spécifique pour les deux ans sauf peut-être les gros jeux qui sont plus appropriés par leur taille

- Jeux d'extérieur :
* pelles et seaux - tricycles - trottinettes engins de chantier
- Gros jeux :
* gros garage - volumes d'Asco - gros cubes à encastrer - maison en bois (cabane) - briques pour construire - maison à grimper (Bass et Bass) - mousses de Golbey - toboggan - champignons - balançoires en forme de baleine, de crocodile, de poney… - circuit de chemin de fer avec son environnement - véhicules …
- Jeux de construction :
* duplos - clipos - kapla - babysticks
- Jeux d'encadrements :
* en volume (anneaux, cubes…) et à plat- Puzzles
- Jeux magnétiques
- Jeux d'assemblages, de tris - abaques - lotos - tobobilles…

Nos propositions :

Les jeux de grande motricité :

* Il est indispensable de mettre à la disposition des enfants de deux ans de gros jeux permettant les expériences motrices : porteurs, sauteurs, structures à grimper, balançoires…Sont également indispensables les jeux à tirer, pousser, rouler, les structures pour se cacher.
* On distinguera les jeux de la salle de motricité des jeux de la cour afin de varier et aussi pour des raisons d'hygiène.

Les jeux de petite motricité :

* On privilégiera les jeux d'encastrement, d'empilement, d'assemblage.

" Les deux ans sont des déménageurs."

L'utilisation d'une marionnette ou d'une peluche de classe :

cité dans quelques réponses, avec pour certaines la possibilité de l'emmener à la maison.

C'est très motivant pour les petits et c'est un médiateur intéressant pédagogiquement. Peut être l'élément-clé d'un des projets de l'année… à condition que l'enseignant soit à l'aise dans cette pratique.

3-c / RESPECTER LE RYTHME DE VIE ET LES CAPACITES DES PETITS

* Penser aux "pauses-parkings" nécessaires au cours de la matinée : beaucoup d'enfants ont besoin de se reposer, certains le font en jouant calmement et librement avec un objet, d'autres vont jusqu'à s'allonger, s'asseoir sans rien faire… Il faut le respecter et aménager un endroit dans la classe à cet effet.

* Avant 3 ans, ne pas imposer les activités en ateliers. La philosophie est d'offrir un "ensemble de possibles" parmi lesquels l'enfant peut choisir. On tiendra à jour les activités faites par chaque enfant à l'aide d'un tableau à double entrée. Progressivement, on amènera l'enfant à aller d'une activité à l'autre, afin qu'au cours de la semaine, il prenne part à l'ensemble des activités.

* De même qu'on dispose des coussins qui invitent l'enfant au repos, on placera à l'endroit adéquat un plateau avec de l'eau et des verres. L'enfant ne sait pas exprimer son besoin de boire mais s'il voit l'eau et qu'il a besoin de boire, il le fera. Penser également à donner à boire systématiquement après les activités de motricité.

* Comme à tous les âges, on pensera à enlever les gros pulls au début d'une activité motrice et à les remettre à la fin de celle-ci.

* Il est important de toujours moucher les enfants enrhumés : les tout-petits ne savent encore pas respirer par la bouche ! (voir page … l'article sur A.Pinelli)

3-d / A PROPOS DE LA SIESTE

* La commencer le plus tôt possible

* Respecter une hygiène optimale

* Utiliser des matelas ou des couchettes

* Supprimer les oreillers (sécurité)

* Plusieurs pratiques sont possibles pour les draps :
- On demande un drap-housse aux familles en début d'année. Ces draps sont ensuite lavés à l'école chaque semaine.
- Chaque enfant apporte son drap et le remporte en fin de semaine pour qu'il soit lavé à la maison.

* L'espace-sieste doit être ventilé, au minimum ombré. L'obscurité totale n'est pas souhaitable.

* On accepte, voire on encourage la présence des "doudous", sucettes… selon les habitudes des enfants.

* L'endormissement est effectué par la maîtresse assistée ou non de l'ATSEM. Deux choses peuvent le favoriser :
- une petite musique douce durant les premières minutes
- le placement de l'adulte à l'arrière des enfants Un conseil : pour favoriser encore plus l'endormissement des enfants agités, nous pouvons les "contenir" en les entourant avec nos bras au niveau des épaules et, s'ils bougent beaucoup, également au niveau des jambes.

* Une fois endormis, les enfants peuvent être sous la surveillance de l'ATSEM

* La durée de la sieste est d'environ un cycle de sommeil (1h à 1h30)
Il est souhaitable de laisser les enfants s'éveiller à leur rythme et de leur proposer des activités calmes au fur et à mesure qu'ils se lèvent.

3-e / DES REPERES VISUELS OU AUDITIFS POUR ACCOMPAGNER CERTAINES CONSIGNES

* Des repères inspirés de la vie sociale : les panneaux " sens interdit ", " feu vert ", feu rouge ". Il suffit de les représenter sur une grande feuille cartonnée (format réel) et de les faire peindre par les enfants.

* Des repères visuels construits ou adoptés après familiarisation :
- A base de couleurs : brassard pour l'enfant et panneau ou drapeau ou fleur de papier pour l'atelier. L'enfant va à l'atelier dont le drapeau est de la même couleur que son brassard. " Je porte un brassard rouge donc je vais à l'atelier dont le drapeau est rouge ".
- A base de représentations d'objets, de fleurs, d'animaux, de formes géométriques… L'enfant qui a un brassard ou un collier avec telle forme représentée dessus va à l'atelier dont l'emblème est la même forme.

* Des repères auditifs :
- sonnette, flûte, appeaux… On utilisera toujours le même son pour indiquer un même déplacement, un même changement d'activité.
- musique :la même œuvre sera toujours associée au même changement d'activité.

* Pour un déplacement un peu long, on pourra utiliser une grande corde : la maîtresse tient la corde en première place, l'ATSEM en dernière place et les enfants la saisissent les uns derrière les autres.
N.B. : - Afin que chaque enfant garde bien sa place on pourra matérialiser un repère visuel. Par exemple, on peut entourer de toile adhésive de couleur chaque endroit de la corde qui sera saisi par un enfant.
- Si on veut que deux enfants tiennent la corde côte à côte, il suffit d'insérer un petit bâton (manche à balai scié en morceaux d'une trentaine de centimètres) en "détoronnant" la corde tous les soixante centimètres environ.

Un " médiateur " qui interpelle les sens, ici l'ouïe, la vue et le toucher, sera bien plus efficace que la consigne dite par l'enseignant surtout avec les tout petits…

3-f / ET L'EVALUATION ?

Au sein du groupe, nous ne sommes pas favorables à une évaluation sur le modèle officiel pour des enfants de deux à trois ans.

Il nous paraît bien plus constructif et même primordial de demander des précisions aux parents et de donner son avis de manière régulière et fréquente sur des aspects pertinents du comportement de l'enfant.
C'est le devoir de l'enseignant d'alerter au plus tôt tout en restant prudent, s'il a constaté des troubles au niveau du langage, de la vue, de l'ouïe…

Télécharger au format PDF deux exemples de fiches d'évaluation par observation continue

3-g / ADAPTER L'ORGANISATION DE L'ESPACE

DES REGLES GENERALES :

* Etablir des repères fixes pour sécuriser les enfants et privilégier leur appropriation du lieu.

* Disposer les meubles, les différents coins de manière à faciliter les déplacements des enfants. Les petits ont besoin de beaucoup bouger et doivent pouvoir le faire sans déranger ceux qui sont occupés.

* Etablir des règles de vie : progressivement mais dès le début de l'année. Elles contribuent fortement à la socialisation des petits. Elles doivent être simples, peu nombreuses et fonctionnelles : le petit ne se considère pas comme membre du groupe-classe mais peut comprendre des règles qui vont lui permettre d'agir tout en respectant les autres.

* Eviter le "trop de mobilier" : penser que des activités peuvent être faites par terre, assis sur des coussins ou debout. Eviter également le "trop de matériel" pour chaque coin.

* Penser à faire évoluer ces espaces : ne pas tout installer pour toute l'année au risque de "scléroser" les activités des enfants et de ne plus susciter leur intérêt.

* Disposer à la hauteur des enfants tout ce qui est amené à être manipulé par eux et réserver les parties hautes ou fermées pour le matériel des adultes ou pour les réserves.

DES EMPLACEMENTS JUDICIEUX :

* On placera le coin-peinture à côté d'un point d'eau.

* On placera le coin-lecture près des fenêtres ou dans un endroit bien éclairé, toujours dans le secteur "activités calmes" de la classe. Ce ne doit pas être un lieu de passage. Il doit être confortable (petites banquettes, poufs), attrayant (couleurs, décoration) et en bon état. Il ne contient pas trop de livres, ceux-ci sont placés sur un présentoir.

* Le coin-regroupement sera composé d'un espace au sol bien sûr, mais aussi d'un espace mural qui pourra recevoir des affichages. Les deux espaces seront modulables pour que l'on puisse tout au long de l'année et suivant les thémes abordés, faire évoluer leur contenu. Au sol, il est important de matérialiser, de délimiter le coin lui-même mais aussi les emplacements où s'assoient les enfants : bancs, coussins par exemple. Leur disposition en polygone avec la place de la maîtresse face à l'ensemble est recommandée. Penser à repousser les bancs après le regroupement permettra de gagner une place précieuse pour les autres activités. Au mur, on veillera à ne pas surcharger l'espace. On pensera à des panneaux amovibles, temporaires.

* Le coin de vie, composé au minimum d'une table et d'un panneau d'affichage à hauteur des enfants, recueillera ce que enfants et maîtresse apportent en relation avec le thème ou le projet de la classe.

* Les coins des jeux symboliques :
- On leur accordera une place suffisante
- On aura soin de bien délimiter chaque lieu

* On évitera de placer côte à côte un coin bruyant (garage, gros jeux de construction…) et un coin calme (coin-lecture, coin-graphisme).

* La salle de repos, salle polyvalente : En dehors du temps de sieste, on gagnera à utiliser la salle de repos pour d'autres activités, notamment celles qui demandent un espace relativement vaste ou celles qui doivent se dérouler dans le calme.
--> regroupement de toute la classe pour assister à un "spectacle" de marionnettes présenté par la maîtresse ou par les G.S, pour visionner des diapositives ou un film, pour recevoir une autre classe…
--> activités libres à l'aide de gros jeux, de porteurs… par exemple pendant l'accueil et même au cours de la journée en tant qu'atelier de "délestage".
--> évolutions sur des comptines
--> si on veut considèrer la salle de repos comme lieu symbolisant le calme, on pourra y installer un coin-écoute, on pourra le réserver au moment-conte, lecture d'histoire, écoute musicale…

DES MATERIELS ET DES MATERIAUX ADAPTES POUR LES COINS :

On vise, à terme, l'autonomie des enfants dans l'utilisation et le rangement des matériels et matériaux mis à leur disposition.
Donc, On les disposera à la hauteur des enfants. On placera le meuble de rangement à proximité du lieu de l'activité
On rangera les objets par catégories dans des contenants faciles à utiliser par les enfants (stables, de dimensions adaptées).
On pourra illustrer l'emplacement ou le contenant à l'aide du dessin ou mieux, de la photo des objets à ranger.

3-h / DU MATERIEL JUDICIEUX

* On pensera aux astuces pour ranger, présenter :
Des boîtes ou bocaux en plastique transparent pour les collections comme par exemple "les trésors du mois que l'on peut disposer en regard du "train de l'année".
La desserte à légumes, en promotion en janvier, est intéressante pour son prix modique et ses roulettes.
Les petites corbeilles en plastique ajouré sont plus adaptées que les caisses en même matière : moins grandes, moins lourdes, elles peuvent être transportées par les enfants et peuvent contenir un nombre suffisant d'éléments pour une activité.

* Dans les coins symboliques, on pensera bien à mettre à disposition des enfants tout ce qu'il faut pour qu'il puisse agir "comme à la maison":
Dans le coin-téléphone, on placera une petite table avec un téléphone (un "vrai"), un annuaire, du papier et un crayon (pour "noter les messages") et une chaise.
Dans le coin-cuisine, on veillera à la présence de tous les ustensiles de base pour faire cuire, pour mettre un couvert complet…

3-i / DES QUESTIONS, DES REPONSES ET DES POINTS DE VUE
Entretien avec Mmes Ferrand et Sangla

Comment gérer le passage aux toilettes ?
- Le passage aux toilettes associe les passages collectifs et les passages individuels. Avec des 2 ans c'est la 2ème solution qui est à privilégier, avec des G.S. ce sera surtout la 1ère.

Quel est le meilleur moment pour le goûter ?
- Le goûter doit avoir lieu vers 9h maximum. On veillera à ce qu'il offre un apport diététique valable (plutôt lait-céréales que chocos !).
Il jouera plutôt le rôle d'un petit-déjeuner pour les enfants au réveil tardif. Tous les enfants commenceront ainsi les activités "l'estomac plein".

Quand placer la récréation ?
- On placera la récréation du matin plutôt en fin de matinée pour les TPS, PS, MS (?) et en milieu de matinée pour les GS. Encore que l'essentiel est de bien concevoir le déroulement de la matinée dans une bonne alternance temps collectifs / temps individuels, temps dirigés / temps libres, temps intellectuels en classe / temps de motricité…
- Pas de récréation l'après-midi pour tous ceux qui font la sieste.

Et le langage ?
- Il est primordial d'avoir chaque jour un petit moment de langage individuel avec chaque enfant. On lui fera bien comprendre que pendant quelques instants on ne parle qu'à lui, qu'on est disponible pour lui tout seul.
Profiter pour ce faire de tous les moments de vie quotidienne qui associent le langage à une action naturelle.
Bien sûr, on s'attachera d'abord à parler avec les non (ou moins) parleurs.
Attention, ne pas trop insister dans la correction, la répétition…, éviter de le "raser", d'être négatif.

Quelle attitude avoir avec les doudous, les sucettes ?
- C'est la négociation habile qui va amener l'enfant à laisser ces objets, petit-à-petit, au vestiaire.
Ainsi, le moment des comptines paraît le plus favorable : on ne peut pas chanter avec une sucette…
De plus, les problèmes d'hygiène sont importants, les enfants peuvent s'emprunter des sucettes…
-- Les couches deviennent tellement confortables que les enfants recommencent à être propres plus tardivement.
--> On accepte les 2 ans qui ne sont pas tout-à-fait propres : en général, ils le deviennent assez rapidement pour peu qu'on les laisse un peu dans le "mouillé"…

Pour les classes enfantines, on privilégiera la communication et l'entraide entre les sections. On ménagera un espace spécial-grands, où les petits ne vont pas et où il y a des tables et des chaises pour "travailler". C'est "la maison des grands".


4 - UN AUXILIAIRE PRECIEUX : L'A.T.S.E.M.

Membre de l'équipe éducative, l'A.T.S.E.M. (agent territorial spécialiste des maternelles) est un auxiliaire précieux qui contribue à la qualité de l'accueil et des activités pédagogiques des enfants.

Remarque : Il est souhaitable qu'un poste à temps complet "ATSEM" soit attribué à une classe accueillant des enfants de deux ans.

Rôle spécifique de l'A.T.S.E.M. auprès des enfants de deux ans :

Aide matérielle :
- auprès des enfants : habillage, passage aux toilettes, aide à la préparation de la sieste…
- auprès des enseignants : préparation du matériel pour les diverses activités (ateliers, coins, motricité…)
- entretien du matériel pendant et après la classe (importance d'une hygiène rigoureuse tout au long de la journée car les tout-petits portent tout à la bouche et sont souvent à terre)

Assistance auprès des enseignants :
La responsabilité pédagogique est du ressort de l'enseignant à TOUS MOMENTS de la journée, mais la mise en place d'une pédagogie par ateliers nécessite, surtout en début d'année scolaire, la présence et l'aide de l'ATSEM. Son rôle n'est en aucun cas d'ordre pédagogique. Il est toutefois d'une grande importance dans la gestion du groupe et la surveillance de certaines activités décidées par l'enseignant.
Exemples :
. surveillance de la présence des enfants dans les ateliers choisis
. surveillance plus spécifique d'un atelier : le rôle de l'ATSEM consistera à vérifier que les consignes données sont respectées
. en motricité, aide (précieuse) au bon déroulement de la séance, en évitant notamment que les petits se dispersent dans la salle d'évolution
. aide affective ponctuelle auprès de certains enfants ayant de "gros chagrins", libérant ainsi l'enseignant qui doit se consacrer au groupe.

Entretien des locaux :
Un soin particulier est à apporter à l'entretien des "coins" où les enfants sont tentés de porter à la bouche le matériel utilisé.


5 - DEUX EXEMPLES DE PROJETS

a / PARLER, VIVRE, LIRE AVEC LA PELUCHE "PETIT OURS BRUN"
Classe de 2 / 3 ans de Mireille Chevallet, IMF à Bourg en Bresse
36 inscrits, 25 présents environ
b / PARLER, LIRE, PARTAGER AVEC LES FAMILLES : LE CAHIER DE VIE INDIVIDUEL
5-a / PARLER, VIVRE, LIRE AVEC LA PELUCHE "PETIT OURS BRUN"
Classe de 2 / 3 ans de Mireille Chevallet, IMF à Bourg en Bresse
36 inscrits, 25 présents environ

Pourquoi choisir Petit Ours Brun (P.O.B.) ?
- C'est un personnage très connu des enfants de cet âge.
- Il existe beaucoup de "produits dérivés" : petits albums, cassettes vidéos, jeux

Comment entre-t-on dans ce projet ?
- C'est le Père Noël qui l'apporte dans la classe : il a avec lui un sac de voyage avec une trousse de toilette et des vêtements.
- Les 1ers jours, la peluche est présente dans la classe sans commentaires de la part de la maîtresse.
- Petit à petit, P.O.B. prend part aux activités de la classe…

PHASE 1 : DE LA RENTREE DE JANVIER AUX VACANCES DE FEVRIER
- D'abord les plus grands, puis peu à peu, tous les enfants, veillent à ce que P.O.B. participe aux différents moments de la classe… Il a sa chaise de classe, son tablier de peinture, sa chaise haute à la cantine…
- P.O.B. est un sujet d'échanges, de questionnements très riches et souvent passionnés, pour décider ce qu'il va faire, ce dont il a besoin…
--> P.O.B. devient un élève de plus, on lui fait une place, on lui parle, on lui fait faire les activités…
- C'est pendant cette période que j'organise les jeux dérivés : je construis des jeux à partir de photos :
--> un jeu de photos des vêtements de P.O.B. : chacun à leur tour, les enfants piochent une photo et vont chercher le vêtement réel représenté sur la photo.
--> un jeu de photos de P.O.B. où il est représenté de face, de profil, sur le dos, assis, avec une patte pliée…chaque enfant tire une photo au sort et met P.O.B. dans la position qu'il a sur la photo.
--> un jeu de photos représentant différents lieux et personnes de la classe : P.O.B. est caché quelque part… Les enfants vont le retrouver grâce à la photo donnée par la maîtresse. Ces jeux se font en atelier, d'abord avec les enfants volontaires, puis en petits groupes, puis tous ensemble. N.B. : Je prends des photos bien sûr, mais surtout, je filme. Je me sers ensuite de la cassette vidéo comme support de langage.

PHASE 2 : DE LA RENTREE DE FEVRIER AUX VACANCES DE PAQUES
Les enfants vont pouvoir emmener P.O.B. chez eux : Une liste est faite, du plus âgé au plus jeune. Chacun l'emmènera une seule fois puis il partira en classe de neige et ne reviendra pas : il donnera de ses nouvelles par courrier pendant quelques temps puis les enfants l'oublieront, captivés par un autre épisode de la vie de classe…
- Il a tout ce qu'il faut dans son sac pour aller dans les familles
--> travail sur les vêtements de jour, de nuit, la toilette et ses accessoires.
- En plus, il est accompagné d'un journal de bord sur lequel les parents peuvent noter (ils le font toujours) son emploi du temps, les anecdotes… !!!
En milieu défavorisé, pas de journal mais conversation avec les parents, le grand frère… le lendemain pour savoir ce qui s'est passé et montrer ainsi que cela a de la valeur.
- Quand l'enfant revient avec P.O.B., c'est un moment de langage duel très important : " les affaires sont-elles toutes là ? qu'est-ce qui s'est passé ?… "
Je laisse parler l'enfant et me concentre sur l'analyse de son langage. Le moment collectif sert à dynamiser, à relancer le projet de la classe.
Celui-ci est ensuite repris le plus possible en petits groupes.
Je lis le journal de bord : c'est le grand calme. Des sujets sont cruciaux, par exemple : ce qu'il a mangé, où il a dormi…
Une fois par semaine, je passe une vidéo P.O.B. du commerce : une 1ère fois sans le son, une 2ème fois sans le son mais c'est moi qui raconte l'histoire puis une 3ème fois avec le son.
Excellente motivation pour le langage, c'en est également une pour la lecture : nous avons de nombreux petits albums de P.O.B. et l'enfant en choisit toujours un qu'il va emporter à la maison avec la peluche. Je le lui lis autant de fois qu'il le désire.
A la maison on le lui lira aussi à moins que ce ne soit lui qui "lise" puisqu'il connaît l'histoire par cœur…
J'ai espoir qu'un bon moment sera passé autour de ce livre puis ensuite avec les autres que les enfants continueront à emprunter.

5-b / PARLER, LIRE, PARTAGER AVEC LES FAMILLES : LE CAHIER DE VIE INDIVIDUEL

Présentation du support :
- Il est double : un cahier à pochettes de plastique pour les échanges fréquents et un grand cahier 24x32 où sont collés les éléments du 1er cahier plus toutes les réalisations des enfants, avant chacune des vacances scolaires.

Principe :
- C'est un support d'échanges avec les familles : l'enfant emporte le cahier plastique toutes les semaines, il y a les informations sur la vie de classe et il peut, s'il le veut, ajouter des choses sur la vie à la maison, avec l'aide de ses parents. C'est donc un cahier individualisé.
Il est important que les parents écrivent des commentaires pour aider la maîtresse à comprendre ce qu'a voulu dire l'enfant. J'ai effectué un bilan qui montre que chaque enfant a au moins ajouté une chose une fois dans l'année.

Contenu :
- Au début du cahier, je colle l'emploi du temps détaillé de la journée de classe.
- En fin de chaque période j'insère la synthèse des activités réalisées.
- Au fur et à mesure, y sont placées les informations sur la vie de la classe :
--> la 1ère est le "trombinoscope" de la classe : "Voilà tous les membres de la classe" (les enfants peuvent y ajouter les membres de leur famille)
--> viennent ensuite, les comptines et les chansons, la présentation des adultes de l'école, les recettes, Noël, le planning de Grignotte…
A la veille des vacances, aidée de mon ATSEM, je colle tous ces éléments dans le grand cahier en y ajoutant les productions de l'enfant et celui-ci l'emporte à la maison.
Ce cahier contient donc :
- les infos de la maîtresse
- les apports de la famille
- les réalisations de l'enfant auxquelles j'ai ajouté des explications techniques.

Remarques :
Cette forme d'échanges parents / enfants / école, à l'aide du cahier de vie individuel ne réussit pas dans toutes les écoles.
Dans un quartier en R.E.P. où cette forme de cahier n'a pas réussi, les parents sont devenus très coopérants avec l'imagier personnel de leur enfant. Ils aiment le regarder, répètent les mots avec leur enfant, le montrent aux grands-parents, aux amis.


6 - ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE :

* Comment la parole vient aux enfants - Bénédicte de Boysson Bardies (1996)
De la naissance jusqu'à deux ans - éditions Odile Jacob

* A l'école à deux ans, pourquoi ? - Nicole Pradel - préface de Jacques Lévine (1994)
Pédagogies pour demain - Hachette

* Le temps d'apprivoiser l'école - Luce Dupraz (1995)
Des lieux d'accueil nouveaux pour les 0-6 ans - Editions Fondations de France

* Apprendre par les jeux - S. de Graeves (1996)
Collection Outils pour enseigner - De Boeck

* Les livres, c'est bon pour les bébés - Marie Bonnafé - préface de R.Diatkine (1994)
Calman-Lévy

* Parler ensemble en maternelle. La maîtrise de l'oral, l'accès à l'écrit - Agnès Florin (1995)
Ellipses

* Collection "une année de …" - Nathan pédagogie
7 petits fascicules bien conçus pour débuter avec les tout-petits :
- Dire et faire avec les deux-trois ans
- Traces à la peinture avec les deux-trois ans
- Jeux d'écoute avec les deux-trois ans
- …

* Accueillir les deux ans - Le p'tit journal de la maternelle n° 16
CDDP de l'Ain

* Education Enfantine : n° 977 du 6 février 1996 et n° 1012 du 1er septembre 1999