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La
Fontaine des Éléphants

La Fontaine des Éléphants
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La
Fontaine des Éléphants est un monument commémoratif
célébrant le Général de Boigne.
Originaire de Chambéry, Benoît le Borgne va connaître
un extraordinaire destin. Il naît en 1751, dans une famille
de « gantiers pelletiers » qui habite et tient une
boutique sur la place Saint-Léger. Dans ce milieu de
la petite bourgeoisie, Benoît coule une jeunesse dorée.
Commence alors sa carrière militaire lorsque sa mère
lui achète un brevet d’enseigne au Régiment
de Clare, brigade irlandaise. Après avoir appris le métier
des armes, il devient très vite officier (sous-lieutenant)
et est envoyé à l’Île-de-France (Madagascar).
Puis à 22 ans, il rejoint l’unité du comte
Orloff, commandant des forces russes dans l’archipel des
Balkans; il est affecté comme capitaine russe dans un
régiment grec...
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Benoît
Le Borgne parvient aux Indes en 1778, et rêve alors de
richesses indiennes et musulmanes. Il est d’abord au service
de Lord Hastings gouverneur général, puis en 1783
à Delhi, le chef marathe Sindhia lui propose de le prendre
à son service. C’est alors que débute sa
grande épopée militaire indienne, à la
tête de bataillons de cipayes épaulés d’européens.
Les victoires ne tardent pas. Sindhia alors très puissant,
verse des récompenses considérables à Le
Borgne. En 1793 il est à la tête de 26.000 hommes,
il reçoit une province en fief, le Dowab, source de revenus
considérable. Le Borgne se tourne aussi vers le commerce:
l’indigo, l’or, l’argent, le cuivre, la soie,
la toile... font aussi sa richesse. C’est alors qu’il
remplace son nom, trop roturier, par le nom de « de Boigne
». Cette modification lui permet de signer de la même
manière, car seules deux lettres changent...
En 1794, Sindhia meurt empoisonné, le général
de Boigne prend conscience que son temps est terminé,
il quitte les Indes en 1796. Il débarque en Angleterre
où il rencontre la jeune Adélaïde d’Osmond
qu’il épouse.
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Éléphant Ganesh
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De
retour à Chambéry en 1804, le couple s’installe
magnifiquement au domaine de Buisson-Rond, que de Boigne achète,
et dans l’ancien hôtel des Comtes de Montjoie (place
Saint-Léger) qu’il prolongera d’un très
grand bâtiment vers la place du château dans les
années 1824-1830.
En 1816, le roi Victor-Emmanuel Ier de Savoie lui décerne
le titre de Comte.
Il lègue à partir de 1817 une grande partie de
sa fortune à des fondations charitables de Chambéry
(asile Saint-Benoît, maison de Sainte-Hélène…),
ainsi qu’à la ville elle-même, Collège
Royal, construction d’un théâtre... La réalisation
la plus marquante de son mécénat reste la percée
de l’actuelle rue de Boigne, bordée d’arcades
dans sa partie médiane.
Le Général Comte de Boigne meurt en 1831. Il est
enterré à l’église Saint-Pierre de
Lémenc où l’on peut voir encore aujourd’hui
son tombeau monumental.
Après la mort du Général, la Ville de Chambéry
décide d’élever un monument pour perpétuer
le souvenir et les bienfaits de l’illustre personnage.
Le Conseil de Ville a porté son choix sur le projet du
grenoblois Pierre-Victor Sappey, pour son originalité
et son faible coût! Le monument est inauguré le
10 décembre 1838.
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L’ensemble,
haut de 17.65 mètres, est une habile superposition de
trois monuments: une fontaine, une colonne et une statue. La
fontaine présente dans son plan la croix de Savoie. Quatre
éléphants réunis par la croupe, réalisés
en fonte de fer, jettent l’eau par la trompe dans un bassin
de forme octogonale. Ils portent chacun une tour de combat surmontée
d’un bas-relief ou d’une inscription. Au-dessus
se trouvent une grande variété de trophées:
« Des armes persanes, mogholes, indoues; divers objets
rappelant les moeurs, les arts et la civilisation des peuples
que le général de Boigne a combattus ou gouvernés,
composent les trophées ». Extrait de la plaquette
imprimée en 1838 par l’Imprimerie Prudhomme de
Grenoble.
La grande colonne est symbolisée par un tronc de palmier,
elle porte en son sommet la statue du Général.
Il est représenté avec le costume de lieutenant
général de S.M. le roi de Sardaigne.
Épargnée par le bombardement de mai 1944, la statue
trône fièrement dans la perspective de la rue de
Boigne et reste encore aujourd’hui un emblème fort
de la ville. |
La staue du Général de
Boigne |
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Texte :
© Catherine Frioll, service Ville d'Art et d'Histoire
Photos :
© Gilles Garofolin, Ville de Chambéry
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