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Nous saurons dans quelques temps si le séminaire aura donné un peu de fruits.
Si l'on en juge par les nombreux échanges, tant en assemblées plénières qu'au cours de furtifs apartés, temps officieux de l'échange que chaque séminaire sait braconner sur l'officiel, on peut avec satisfaction penser qu'aura été fournie l'occasion de la première rencontre.
Sans doute, mais c'est un défaut du genre, la programmation n'a pas laissé une place suffisante à des prises de parole plus spontanées, plus soucieuses de préoccupations immédiates voire concrètes entre les participants. Les multiples contacts avec les uns et les autres ont cependant fait remonter un certain nombre de besoins.
J'en retiendrai trois : besoin de formation; besoin d'aide matérielle, besoin de reconnaissance dans un travail mené plus collectivement.
Si j'ai tenu à faire figurer dans ces actes l'initiative de Françoise Saghaar-Bessière sous la forme d'une lettre ouverte aux participants, c'est qu'elle m'a paru fournir la synthèse, l'émanation d'un collectif extériorisé par l'un de ses pairs.
J'y vois deux affirmations. Celle d'abord qui consiste à reconnaître que nous contribuons à constituer un patrimoine lié à l'éducation dont nous aimerions qu'il soit davantage pris en compte. L'autre affirmation touche à un déficit de formation et de moyens que nous déplorons d'autant plus que beaucoup d'entre nous ont " appris sur le tas " et sur leur temps libéré. Dès lors l'élaboration d'une charte réunissant quelques idées forces transmises via le Musée National de Rouen à nos tutelles, me semble être une démarche naturelle, simple, loyale, efficace.
Jean-Marc Lévy-Leblond1 préconise que l'histoire des sciences et techniques devienne une composante du bagage professionnel des chercheurs. Trop spécialisés, trop productivistes. On peut appliquer cette préconisation à nos musées qui doivent prendre une plus grande part dans la formation à une histoire de l'éducation. " Il importe de corréler étroitement les collections de patrimoine scolaire à un champ spécifique, l'histoire de l'éducation, dans la pluralité de ses approches : institutionnelle, culturelle, socio-historique, ou ethno-historique ". Dès lors, nos musées deviennent des lieux vivants de formation pour les enseignants, on pense notamment aux élèves- professeurs des IUFM. Là n'est pas sans doute l'essentiel de notre mission, c'est pourtant à partir de là que nous pouvons obtenir les meilleurs effets démultiplicateurs.
Enfin, gardant sans cesse à l'esprit une double préoccupation,
Jean Davallon3 distingue la technologie du musée et la production de connaissances
sur le musée. Ces deux directions, celles menées dans le musée ou utilisées
par lui, et celles menées sur le musée sont fondamentales. Nous devons tendre
à être des muséologues de notre muséographie. En un mot, garder un souci épistémologique,
une distance critique, sans doute celle de l'historien, au regard de tous
nos projets.
Conservateurs nous nous devons d'être des chercheurs : chercheurs dans nos
collections, chercheurs dans nos communications.
Et trouver dans celte double quête personnelle notre identité. Ne pas être un musée sanctuaire mais, reprenant Georges-Henri Rivière, un " musée miroir ". Puis un musée forum, laboratoire d'idées et de formes.
Un musée au service de la société et pour nous, si consubstantiellement liés à l'école, aider par d'autres voies/voix à l'avènement de ces citoyens libres et solidaires dont notre société a grand besoin.
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