Musées

" L'Ecole de la Troisième République "


Ancienne école de la rue Saint-Jacques
16390 AUBETERRE

II y a plus d'un siècle, Jules Ferry fondait l'école publique française, une école gratuite, laïque et obligatoire.
A cette époque, la France est, pour beaucoup de ses habitants, une inconnue : on voyage peu, on lit peu, on ne dispose pas des grands moyens de diffusion et d' information de notre fin de XXème siècle. Le pays est encore cloisonné par des différences de langue, de coutumes, de mentalités...
Pour la première fois, le "maître d'école" et le "livre d'école" apportent à chaque français une image d'ensemble du pays.
La République, née quelques années plus tôt, est encore fragile. Elle a besoin de se défendre contre ses ennemis de l'intérieur (Royalistes et Bonapartistes), et de l'extérieur (les Prussiens). Elle a également besoin de donner d'elle-même une image idéale.
.Aussi l'ÉCOLE devient-elle le moyen privilégié pour les républicains de donner à l'ensemble de la nation une "certaine idée de la France", au service des ambitions de l'État. Dans la première salle, les panneaux muraux rappellent Ies grands principes qui ont présidé à la mise en place de l'ECOLE ; la deuxième salle est la reconstitution assez fidèle d'une salle de classe d'École Communale avant la guerre de 1914. (On remarquera sur les cartes de géographie que la France y est amputée de l'Alsace-Lorraine) L'école de la RépubliqueLa République veut offrir aux Français une image rassurante : elle se veut populaire, mais non révolutionnaire. Elle recherche le soutien des classes moyennes et des propriétaires (paysans, artisans, commerçants). Elle apporte la liberté au peuple avec le suffrage universel. L'instruction civique est l'occasion d'une propagande militante en faveur d'une république modérée, idéale, rassembleuse de la nation, dispensatrice d'ordre et de paix. La sociétéL'idéal de société proposé aux jeunes Français est largement subordonné aux objectifs politiques et militaires de l'état.
Une société forte est une société hiérarchisée dans laquelle chacun se tient à sa place et chaque classe a le respect des classes supérieures.
Chaque Français doit s'inspirer du modèle des classes dirigeantes dont le mode de vie idéalisé est largement offert en exemple dans les manuels. Bien entendu ceux-ci prônent le retour à ra terre, loin des villes qui corrompent, loin de l'alcoolisme et des revendications. Les valeurs moralesL'école de la république se devait de faire au moins aussi bien que l'Église à laquelle elle tentait d'arracher l'influence sur la jeunesse. L'enseignement moral est donc considéré comme le premier de tous.
La valeur la plus présente dans les manuels est l'obéissance et le respect : obéissance de l'élève à son instituteur, de l'enfant à ses parents, du serviteur à son maître, de l'ouvrier au patron, du soldat à son officier.
Puis vient le patriotisme, fait d' amour du sol natal (présenté comme le plus beau du monde), d'admiration (pour le prestigieux passé militaire, pour les grands savants, pour les artistes prestigieux...) et d'abnégation. Apprendre à lire et à écrire La première salle du musée présente aussi les outils des apprentissages fondamentaux : livres et cahiers, revues pédagogiques, plumes et plumiers, ardoises et crayons... La plume d'oie a été en usage dans les écoles jusqu'au milieu du XIXème siècle. Ce n'est que dans les années 1850 que la plume en acier telle qu'on la connaît est entrée dans le quotidien de nos élèves Leçons de choses et musée scolaire (Grande vitrine) Il faut que l'enfant découvre la nature et les objets qui l'entourent, qu'il ait quelques connaissances rudimentaires en biologie, en physique. L'idée s'est développée de créer des "musées scolaires". On recommandait aux instituteurs de regrouper dans leurs classes un certain nombre d'objets pour que l'enfant puisse étudier par l'observation les choses, coquillages, céréales, différents types d'os et de squelettes, les essences de bois, les plantes (constitution d'herbiers), les roches... La revanche En 1870, la France a perdu la guerre et a dû céder l'Alsace et le nord de la Lorraine aux Allemands. La "revanche" est devenue une véritable obsession nationale. Elle imprègne tout l'enseignement :

La colonisation Nous sommes à l'époque où, comme les autres puissances, la France intensifie sa course aux conquêtes coloniales. Les raisons sont essentiellement stratégiques et commerciales.
L' enseignement, à travers manuels scolaires et panneaux muraux banalise et justif e la brutale soumission des peuples par un pays qui se veut le champion des droits de l'homme. Notre sensibilité actuelle est parfois heurtée par le langage raciste des leçons qui présentent la race blanche comme la plus intelligente et la plus généreuse ! L'économieAlors que le Second Empire fut une période d' industrialisation et d'ouverture de la France sur les marchés extérieurs, la Troisième République, qui se replie sur elle-même, devient protectionniste.
L'image offerte aux enfants est celle d'un pays de petits producteurs manuels, artisans et paysans. L'usine et la production industrielle ne sont que rarement présentes dans les livres d'école. On idéalise l'ouvrage fait main, l'atelier Les illustrations du "Tour de France par deux enfants" sont en ce sens particulièrement significatives. La salle de classe La salle de classe présentée dans cette exposition rassemble du mobilier et du matériel d'enseignement en usage au début du siècle. On remarquera que, dans la même salle, voisinent les grands bancs collectifs et les tables à deux places. Comme en témoignent les annonces dans les revues pédagogiques, ces dernières étaient commercialisées avant 1880. La MarianneLa volonté d'unité républicaine est également exprimée dans l'adoption de la "Marianne" comme image de la République et symbole de la patrie. Comme les écoles religieuses avaient pour symbole le crucifix, la république se devait d'avoir son expression concrète ; elle s'incarna dans ce buste d'une femme, une Marianne qui eut tout naturellement sa place dans les écoles de France. La réalisation du musée a été possible grâce à la Mairie d'Aubeterre qui a rénové les anciens locaux de son école communale et les a mis à la disposition de l'AMEP.
Les documents et le mobilier présentés proviennent de dons faits à l'association par les collectivités ou des particuliers.
L'AMEP (Association du Musée de l'École Publique en Charente) est une association "loi de 1901" qui s'est fixé pour but la création et l'animation d'un musée départemental permanent. Elle assure la collecte et la conservation de tous documents et matériels.
Elle possède une importante bibliothèque d'ouvrages scolaires ou pédagogiques en voie d'installation à La Couronne et peut éventuellement mettre à disposition du matériel destiné à des expositions temporaires. Nos collections peuvent toujours s'enrichir de vos dons, aussi modestes soient-ils et nous vous en remercions.

Pour tous renseignements contacter : Musée de l'École, à Aubeterre
Tél. : 05.45.98.64.66
ou le Centre de Découvertes d'Aubeterre
Tél. : 05.45.98.50.40

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