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Cibles
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| Un objet rituel | Les ancêtres | L'alibi | L'école | L'écolier | L'enfant | Conclusion |
L'utilisation des classeurs à feuilles perforées, le cartonnage pelliculé des couvertures de cahiers (avec ou sans publicité), de nouvelles stratégies publicitaires sonnent le glas des protège-cahiers dont les derniers modèles en matière plastique prolongeront quelques temps l'existence.
A travers une stratégie d'incitation et d'accompagnement à la vente, simple, naïve, pas toujours sotte, on voit bien le regard social porté sur l'enfant nouvel écolier, par la réclame. Ce regard est préfiguratif de celui des publicitaires modernes. Lesquels garderont quelques unes des recettes les mieux rôdées.
On retiendra cependant que du dernier quart du XIXème siècle aux Trente Glorieuses, ce regard a besoin de légitimité. Il la trouve dans le simulacre éducatif.
Michaël B. Miller dans son ouvrage consacré aux magasins "Au Bon Marché" de 1869 à 1920 écrit :"En un sens, le Bon Marché en vint à remplir le même rôle que le système scolaire républicain, du moins pour ceux qui appartenaient à une classe moyenne ou qui y aspiraient. Il devient un instrument bourgeois d'homogénéisation sociale, de diffusion des valeurs et du style de vie de la haute bourgeoisie parisienne au sein de la classe moyenne française. Il montra comment vivaient ceux qui avaient réussi, qui voulaient ou étaient en voie de réussir. Tout ceci venait se fondre dans le moule de la haute bourgeoisie. par ses images et ses étalages, le Bon Marché contribua à l'apparition d'une véritable culture bourgeoise." (A. Colin, 1987)
En proposant un modèle social nouveau, dans une France encore très largement rurale, les cadeaux publicitaires y contribuèrent également, à leur manière.