Epinal

Les ateliers de l’Imagerie d’Epinal furent fondés en 1796 par Jean-Charles Pellerin.

D’autres centres imagiers ont pu concurrencer l’Imagerie d’Epinal (Chartres, Rouen, Lille, Wissenbourg) sans toutefois lui faire perdre le quasi monopole de la production d’images à bon marché. La " dynastie " Pellerin règne jusqu’en 1914.

L’imagerie populaire doit son succès à l’iconographie religieuse diffusée dans les campagnes par les colporteurs.

Mais Jean-Charles Pellerin sut adapter sa production au goût du jour après la révolution. Elle s’ouvrit à des sujets profanes : " Crédit est mort " les " Quatre vérités du siècle d’aujourd’hui ".

Le vrai démarrage de l’entreprise se situe vers 1810 grâce à Francis Georgin qui réalisa, en l’honneur de Napoléon 1er, soixante bois de grands formats (35 x 56 cm). L’arrivée de Charles Pinot, remplaçant de Georgin donne une nouvelle orientation à l’entreprise par l’introduction de la lithographie.

Il va véritablement être le diffuseur de l’imagerie enfantine et des scènes traitées en bandes dessinées.

L’enseignement n’est exclu, l’Imagerie vend 10 à 15 millions d’images par an de 1870 à 1914 (abécédaires, leçons de choses, histoire de France, contes moraux)

La production se diversifie encore : théâtre de papier, découpages, devinettes, chansons, planches de soldats par milliers.

Une nouvelle usine est construite en 1897 (locaux actuels) pour abriter 180 ouvriers, 10 presses verticales, 12 presses lithographiques et une dizaine de machines à colorier.

1914 annonce la fin de cette aventure.
Sources : Trésors des Images d’Epinal, René Perrout

Chromolithographie

A partir de 1880, les chromos suscitent une véritable passion auprès des enfants. Chargés de promouvoir une marque industrielle ou un grand magasin, leur succès sera considérable jusqu’en 1914.

Aristide Boucicaut, un précurseur

Le fondateur du magasin " Au bon marché ", innove dans différents domaines de la vente. Notamment en proposant aux enfants de ses clientes des images cartonnées, souvent éditées par série de 6, et renouvelées chaque jeudi.

Le succès est considérable, Boucicaut engendrera beaucoup d’imitateurs.

On peut estimer que chaque image a été tirée entre 300 000 et 400 000 exemplaires.

L’exemple de Liebig

Au milieu du 19ème siècle, la société Liebig exploite d’immenses élevages de bovins dans les vastes étendues du sud de l’Argentine pour en extraire du jus de viande. Dès 1872, elle fait connaître ses produits par 2 séries de vignettes en chromolithographie montrant des vues de son usine et des procédés de fabrication. Au verso, on trouve un rappel des principales qualités du produit et des médailles gagnées aux différentes expositions, ainsi qu’un texte qui, sous ses différentes variantes et traductions, devait durer plusieurs décennies : " L’extrait de viande Liebig doit sa supériorité à son extrême pureté. Il est contrôlé une première fois à l’usine par le chimiste de l’établissement ; il l’est une seconde fois à son arrivée à Anvers par le délégué du baron Liebig, et de ses successeurs et n’est livré au commerce que lorsqu’il remplit les conditions d’une fabrication parfaite.La grande économie qui résulte de l’emploi de l’Extrait de viande Liebig se comprend quand on songe que quarante cinq livres de viande de bœuf sont exigées pour la fabrication d’une livre d’extrait Liebig. Pour produire cette même quantité en France, au prix de la viande de première qualité, il faudrait dépenser plus de quarante-cinq francs pour la viande seule, sans compter les frais de fabrication " !

Plus d’un million d’images

Pour faire bonne mesure, ce texte se termine par " Se méfier des substitutions et des imitations et exiger la signature de l’inventeur, baron Liebig, en encre bleue, en travers de l’étiquette ".

Très rapidement les chromos de Liebig s’affranchissent des vues industrielles, peu propices au rêve, pour montrer de charmants bambins, puis des sujets les plus divers. En un peu plus d’un siècle, entre 1872 et 1974, pas moins de 1800 séries de six images seront diffusées par la société en différentes langues (français, anglais, allemand, espagnol, hollandais, hongrois, danois, tchèque, suédois).

Un rapide calcul aboutit sur plus d’un million d’images différentes (toutes éditions confondues) !

Source : la vie du collectionneur n°116


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