Cependant,
en cas d'échec avéré, parents et enseignants se retrouvent
finalement dans la même posture ; ils ne peuvent parvenir
à aucun résultat si l'enfant refuse de se prendre en mains,
nous dit l'auteur.
La
deuxième partie concerne alors ces élèves en difficulté et
l'aide qu'il est possible de leur apporter. En tant que parent
ou en tant qu'enseignant, la question reste entière puisqu'après
avoir proposé l'attitude qui lui semblait la plus pertinente,
l'attitude compréhensive, l'auteur expose l'évolution des
différents courants pédagogiques pour expliquer qu'aujourd'hui
le paradigme dominant est celui de l'individualisation.
Cette
réflexion permet de dégager différentes résolutions possibles
en classe, pour en inférer ce qui est possible à la maison
(p 76). Passer un contrat, amener l'élève à discerner comment
il procède quand il apprend, utiliser s'il le faut les techniques
d'entretien d'explicitation, tout cela relève du professionnalisme
auquel les parents ne peuvent se substituer (p. 99).
La
réflexion s'étend dans la troisième partie à la collaboration
possible entre les parents et l'école. Celle-ci a souvent
exclu les familles populaires, celles qui pourtant sont démunies
devant le fonctionnement scolaire réel, c'est à elle de s'ouvrir
aux parents, et non l'inverse. Or, actuellement, les portes
semblent plutôt se fermer, tandis que les enfants issus de
familles dont les modèles se rapprochent de l'école continuent
à être ceux qui réussissent le mieux.
Au
terme de cet ouvrage la réponse à la question posée pourrait
être la suivante : aider son enfant c'est non pas songer en
termes d'accompagnement scolaire mais en termes d'éducation
familiale, d'une éducation familiale susceptible de ne faire
qu'un avec les qualités intellectuelles que développe l'école
et que s'approprient les enfants qui réussissent (p. 120).
Terminons
cependant sur une interrogation, concernant le destinataire
de ce livre. L'auteur parle alternativement comme parent et
comme enseignant, mais ne s'adresse-t-il pas, de fait, inévitablement,
aux parents qui comprennent les nombreuses références implicites,
donc, en étant rapide, aux parents enseignants, ceux qui ont
les compétences et qui savent déjà que ce sont les enfants
d'enseignants qui réussissent le mieux à l'école et qui, donc,
ont le moins besoin de conseil pour aider leur enfant ? Et
du coup, le livre ne sera-t-il pas utile d'abord aux enseignants,
dans leur pratique et ne devrait-il pas alors s'appeler "
enseignants, comment aider vos élèves " ?
Marie-Christine
Presse.
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:
http://www.cahiers-pedagogiques.com/pages/Liv35.htm