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ATELIERS
DE PHILOSOPHIE
Des moments pour se construire
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Une pratique :
Dans notre
classe, les moments philosophiques sont inscrits à l'emploi
du temps à raison d'une séance de 15 à
20 minutes par semaine.
Chaque question est abordée en deux séances différentes
:
·
Lors de la première, nous allons dans la BCD, nous asseoir
en cercle. L'enseignant prépare le magnétophone
puis prend le micro. Il énonce la question au début
de l'enregistrement. Puis chaque élève s'exprime
sur celle-ci, à tour de rôle. Lorsque ce tour est
terminé, l'enseignant (toujours silencieux) dirige le
micro vers ceux qui lèvent la main. Notre enregistrement
dure 7 à 8 minutes. La première partie oblige
chacun à s'engager dans la problématique, la seconde
est l'amorce d'un débat. Cette séance est terminée
à la fin de l'enregistrement nous n'y ajoutons plus rien.
· La deuxième séance a lieu une semaine
plus tard. Elle débute par l'écoute de l'enregistrement.
Un espace est alors ouvert pour continuer le débat engagé
dans la première séance. L'enseignant est plus
actif à ce moment, demandant précisions , reformulations,
tentant une synthèse des idées énoncées.
Les
suites :
Elles sont
diverses. A l'issue de la deuxième séance il peut
y avoir :
- Rien.
- un texte synthétique écrit par l'enseignant
à partir des notes prises lors du débat.
- un texte individuel écrit par les enfants.
- un texte en petits groupes.
- deux phrases répondant à : une idée que
j'ai donnée, une idée que j'ai entendue.
Les cassettes enregistrées peuvent circuler dans les
familles.
D'où
viennent les questions ?
Devant une
classe qui n'a jamais pratiqué d'atelier philosophique
on peut proposer d'abord deux ou trois sujets, rapidement les
élèves posent des questions et on peut à
partir de là en établir une liste. Nous choisissons
en réunion de classe le sujet philo de la semaine suivante.
Il est important qu'il soit présenté sous la forme
d'une question quelque peu polémique ou du moins provocatrice
(Pourquoi doit-on mentir ?).
Des exemples
de questions :
- le racisme, qu'est ce que c'est ?
- quand peut-on désobéir (a-t-on le droit de désobéir
?)
- l'amitié, qu'est ce que c'est ?
- le courage, qu'est ce que c'est ?
- la violence, qu'est ce que c'est ?
- la liberté, qu'est ce que c'est ?
Des questions inventées par une classe :
Etre amoureux, quand peut-on mentir ?, la violence, la honte,
le racisme, la vie et la mort, être accepté / être
rejeté, la beauté, l'intelligence,
.
Des
objectifs :
Tout d'abord,
ce sont ceux des instructions officielles : utiliser l'argumentation,
exposer une idée et prendre part à un débat,
respecter son tour de parole, poser des questions précises
et y répondre, exprimer et défendre une opinion.
Il s'agit surtout de compétences dans le domaine de la
langue orale, indispensables à la qualité des
débats.
L'orientation
que nous voulons aussi donner à ces ateliers est celle
de la parole pour la construction de soi. Dans la pratique de
ces moments philosophiques, nous avons observé que :
·-
Les enfants sont à égalité dans ces débats
; l'absence de prépondérance de l'écrit
libère l'activité des enfants en difficulté
et le milieu culturel influe peu sur la profondeur des réflexions
des élèves. Ce qui compte surtout, c'est ce que
l'on a vécu et l'image que l'on a de ce que doit être
la vie.
·- Les questions que proposent les enfants sont régulièrement
les " grandes questions ", objets habituels des pensées
philosophiques, c'est la recherche des interrogations universelles
( la mort, la vie, l'intelligence, la vérité,
)
·- Les interventions des enfants sont en résonance
avec leur vécu (aussi difficile soit-il). Le débat
qu'engage la classe interroge aussi la pensée intime
qu'a construit l'enfant, il apporte dans les échanges
les questions que lui pose le sujet abordé par le groupe.
·- Par le débat, les enfants se nourrissent des
expériences de leurs pairs ainsi que de leurs différents
points de vue, les comparant ainsi à leur propre vision
des problèmes posés.
·- Ces ateliers philosophiques sont l'occasion de participer
à l'activité d'une communauté de chercheurs
que constituent les enfants de la classe, favorisant l'émergence
d'une pensée collective et d'une culture commune.
Jacques Lévine a beaucoup influencé nos travaux
et dans son travail il avait montré l'existence de quatre
langages de l'intelligence ( cognitif, réalisationnel,
relationnel et exercice des talents personnels).
Par l'exercice des ateliers philosophiques (qu'il qualifie de
cinquième langage), il pense (et nous aussi) que l'enfant
en difficulté scolaire regagne de la confiance, rejoue
son image auprès de la classe, se remet en position de
réussir à nouveau.
Dans les
ateliers philosophiques, les élèves se construisent,
par rapport aux sujets abordés, aux apports des autres
enfants, à la pensée élaborée collectivement.
En réfléchissant ensemble ils apprennent à
mieux comprendre le monde : ils grandissent.
Frédéric
Arsac
Ecole élémentaire Célestin Freinet
Ecole coopérative témoin de l'OCCE
70, rue Jean Vilar
26000 VALENCE
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