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 Danse et Sciences  


Très vite, la danse s'est emparée des outils que les technologies numériques mettent à sa disposition.
De nombreux chorégraphes utilisent les outils numériques et exploitent le dialogue corps-machine au niveau des sensations; les technologies numériques ouvrent la voie à l'enrichissement des processus de composition, à l'évolution de l'espace scénique et expérimentent les stratégies d'improvisation face à l'interactivité technologique.

Voici des propositions de travail liées aux différents thèmes scientifiques abordées précédemment. Ce sont des pistes possibles d'exploration du travail du corps, qui ne sauraient être exhaustives ni comprises ainsi…






L'espace et les quatre éléments : eau, air, feu et terre

comment représenter les différents états de l'eau ?
comment toucher l'air ?
- varier les éléments constitutifs de l'espace :
   ..les directions : avant/ arrière…
   ..les orientations : côté droit, côté gauche, face, dos… par rapport à un point de repère (spectateurs, mur…)
   ..les niveaux : positions du corps : niveau haut (en l'air), niveau moyen, niveau bas (au sol)
   ..les tracés :sous forme de lignes droites, courbes, angulaires, sinueuses…
   ..les dimensions :grand espace, petit espace à parcourir
et puis travailler sur les qualités de mouvement : par exemple l'eau permet de travailler sur la fluidité, la résistance, le jaillissement… mais aussi le mouvement des vagues, évocations poétiques liées à cet élément…


Le déplacement et le monde vivant

après l'observation d'insectes…
comment ça se passe dans une fourmilière ?
- rechercher des occupations d'espace multiples, des mobilisations du corps variés pour construire progressivement un désordre organisé.
- varier les positions du corps (en l'air, au sol, ..) pour ramper, voler…


Le corps comme objet et matériau

être un objet, fabriqué, monté et démonté
machines et robots (seul, à deux puis en petits groupes)
- jouer sur la variété des surfaces d'appui offertes : mains, dos, pieds...
- jouer sur les tensions : tonique/ relâché
- jouer sur la répétitivité, la régularité et la coordination


Le regard et la lumière

comment je perçois la lumière ?
les jeux de lumières
- avec le regard de l'autre: " quand je suis regardé je bouge , et l'inverse "
- avec une lampe de poche, jouer avec l'ombre projetée


le corps de l'autre et l'énergie

quand deux aimants se rencontrent...
- jouer sur les différentes actions pour mobiliser le corps du partenaire : repousser , tirer, pousser…
- mouvement fort / faible-mouvement rapide/ lent


De l'ordre au désordre, du statique au mouvement

chaos, atomes,…
- en variant les rythmes, les contacts, les trajectoires, les déplacements vers la convergence de combinaisons multiples.
- à partir d'un jeu de cartes (avec des propositions rythmes, contact et trajectoire pour aller vers un aléatoire : par exemple, piocher une carte " rythme lent "+ " contact main " + " trajectoire en zig zag " et " déplacement arrière ")




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Du côté des artistes rhône alpins


Quel univers des chorégraphes peuvent créer autour du questionnement entre l'individu et les sciences ?

La compagnie Michel Hallet Eghayan de danse contemporaine a travaillé autour du thème des origines de l'homme, (création "En attendant l'autre"), travail chorégraphique à partir du mythe de Gilgamesh.

La Compagnie 47.49 (François Veyrunes) s'intéresse à la notion d'entropie.
" En physique, il existe une fonction qui permet de mesurer le niveau de désordre d'un système : l'entropie.(…) Le temps conduit tout un chacun, de façon inéluctable et irréversible vers le chaos et la mort. Par ailleurs, le temps ne peut en aucun cas altérer la force de l'imaginaire, le rêve et la poésie de tous ceux qui sont ouverts à ces dynamiques créatives. (…) j'ai envie d'interroger l'homme face à cette dualité. La force de vie qui foisonne, la mort qui guette. " (François Veyrunes) .
Entropie, c'est " du faux désordre construit " .

La Compagnie Scalène / Youtci Erdos, Manuel Chabanis et Dominique Rauly (enseignant chercheur) interroge le champ scientifique à l'aune du mouvement dansé.
Dans la création " Grands froids et corps en mouvement ", il y a un échange sur les imaginaires respectifs des chorégraphes et du scientifique. Les uns utilisent le langage du corps comme médiateur de leur perception du monde, l'autre cherche une interprétation scientifique de l'univers des " corps " solides et froids qui lui sont extérieurs ; l'expérience du corps créant une formulation innovante de la physique, et cette dernière devenant un vecteur de sensations nouvelles au sein du corps.
Que fait naître un texte scientifique (sur l'infiniment petit à très basse température !) dans l'esprit et le corps des danseurs.
Inversement, quel va être le discours scientifique , en lecture instantanée d'une chorégraphie ?
Deux formes d'imaginaires se croisent et donnent chacun une lecture différente de son propre univers.



Propositions :

- Relever dans des textes scientifiques des mots incitateurs (exemples : densité, corps, magnétisme, énergie, aimant, équilibre …) et danser sur la musique de ces mots.

- Définir les sens possibles de mots scientifiques et jouer avec leurs évocations (images)


Et demain ?

Des chercheurs japonais ont révélé mercredi avoir mis au point HRP-2 Promet, un robot humanoïde à même de pratiquer la danse traditionnelle japonaise. Haut de 1,5 mètre et ressemblant à un robot issu d'un manga, HRP-2 a été créé en 2003 par l'Institut National des Sciences industrielles et technologiques avancées et par le grand fabricant Kawada.
Ce robot arrive à maîtriser la danse traditionnelle japonaise grâce à un ordinateur qui a mémorisé les gestes d'un grand danseur.
"Comme dans les films d'animation d'Hollywood, nous avons enregistré les mouvements d'un maître de la danse et les avons mis dans le robot", explique Katsushi Ikeuchi, professeur en ingénierie à l'Université de Tokyo."C'était assez dur. Le robot peut facilement se renverser en imitant les mouvements humains", précise M. Ikeuchi. A méditer…

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