Amérique Latine/ América Latina

GIF - 906 octets Il n’est pas chose aisée d’aborder l’Amérique latine dans sa globalité, tant les caractéristiques culturelles, économiques, ethniques, politiques qu’elle propose sont variées.Vue depuis l’Europe, l’Amérique Latine se résume bien souvent à une poignée de clichés,des indiens en poncho jouant des flûtes en roseau, des danseurs de salsa et de tango,des dictateurs d’opérette et d’autres qui le sont moins, des caricatures de bellâtres gominés à la voix roucoulante etc.

Ce continent, que d’autres nomment le sous-continent, empruntant un terme paraît-il plus exact mais qui nous semble malheureux, est bien plus que cela.Il est avant tout le produit de la rencontre de mondes différents : le monde indien, le monde des conquistadors espagnols et enfin celui des malheureux esclaves africains venus travailler de force sur les plantations du Nouveau Monde.

Chacun de ces mondes offre une grande complexité.Ainsi, si l’on considère le cas du monde indien, on se rend immédiatement compte de sa pluralité.Seul le mot indien,né à la suite d’une confusion, constitue un joker bien commode pour regrouper des peuples qui vivent éloignés parfois de plus de 10000 km.

La culture des indiens de la forêt amazonienne est fort différente de celle des quetchuas de la Cordillère des Andes,et à fortiori de celle des indiens mixtèques de l’état de Oaxaca au Mexique.

Leur origine, elle-même, est source de polémiques. Naguère on les prétendait les descendants de chasseurs nomades venus d’Asie par le Détroit de Béhring. Depuis plus de quarante ans on étudie les peuplements effectués depuis le Pacifique. Possiblement des peuples venus de l’actuelle Chine, et qui, par bonds successifs, auraient commencé à coloniser les îles du Pacifique, avant d’arriver sur les côtes du Pérou et de l’Equateur.

La complexité du monde indien se retrouve aussi dans les milliers de langues et dialectes parlés du nord au sud de l’Amérique Latine.Voilà un aperçu de ce qui attend celui qui prétend comprendre le monde indien.

Mais cette complexité est aussi valable pour les conquistadors espagnols.Ne sont-ils pas eux-mêmes les descendants de juifs, de musulmans et de chrétiens ? L’Espagne n’est elle pas le point de rencontre de nombreux peuples venus du Moyen Orient, d’Afrique du Nord, du Nord et du Sud de l’Europe. N’a t-elle pas été colonisée par les celtes, les romains, les barbares ? Les commerçants phéniciens ne se sont-ils pas installés dans le sud et l’est du pays ? et ne se sont-ils pas heurtés aux populations phocéennes établies dans le nord-est du pays ?

Toutes ces cultures et ces peuples ont créé l’espagnol qui, le 12 octobre 1492 (la même année que la chute de Grenade, la dernière ville espagnole aux mains des musulmans espagnols) entre en contact avec les Taïnos des Caraibes. Ce même espagnol, ensuite, s’emparera du Mexique, du Pérou etc.

Enfin, qui osera nier la complexité du peuplement noir de l’Amérique latine.Les esclaves ne provenaient pas des mêmes régions, ne parlaient pas la même langue. Certains avaient été ennemis. Ils ne seraient pas répartis de manière égale, dans les différents pays qui composent aujourd’hui l’Amérique Latine. Pour comprendre leur importance, rendez vous dans le Chocó colombien, ou sur les Côtes péruviennes et équatoriennes, dans les Yungas de Bolivie, à Cuba, St Domingue, Puerto Rico etc.

Tout ce qui a été dit plus haut nous prouve à quel point la nomenclature pour qualifier cette zone immense est approximative. Ainsi peut-on parler d’Amérique Latine, lorsque l’on parle des pays à forte population indienne (Guatemala, Bolivie etc) ou africaine (Cuba, Santo Domingo) etc ?
Doit-on dire alors, Amérique Indienne lorsque l’on se réfère à des pays à forte population blanche (l’Uruguay par exemple) ?
De même parler de l’Amérique du Sud c’est faire abstraction de l’Amérique Centrale.L’Amérique Centrale, fait partie, pour les géographes, du bloc de l’Amérique du Nord.

Face à la complexité du problème, nous avons plutôt cherché à vous donner des pistes pour mieux comprendre l’Amérique Latine à travers ce qui la rassemble.Sa volonté de vivre, de s’exprimer, de dialoguer au-delà de ses différences ethniques ou autres pour répondre au défi qui est celui de construire une Amérique Latine solidaire oeuvrant pour le bien-être et le développement intellectuel de ses enfants.


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