Réponses à des questions portant sur l’allégorie de la caverne par une belle sensibilité de TSTG1

jeudi 12 novembre 2009
par  Lydia COESSENS

PHILOSOPHIE

« L’allégorie de la caverne »

Qu’est-ce qu’une allégorie ?

Nom féminin 
(latin allegoria, du grec allêgorein, parler par images)

Une allégorie, c’est une représentation métaphorique d’une idée ou d’une qualité morale.
C’est-à-dire qu’il utilise des images, des figures de style pour faire passer un message très important.
A travers l’allégorie de la caverne, Platon cherche à transmettre un message. Il veut nous faire prendre conscience qu’il ne faut pas prendre pour vraies les données de nos sens et les préjugés qui sont formés par l’habitude. C’est-à-dire la difficulté pour l’Homme de pouvoir changer la conception qu’il a des choses et la difficulté à accepter le changement, l’emprise des idées reçues.
Pour accepter un changement il faut passer par un apprentissage découvrir peu à peu les choses par étapes progressives. Dans « L’allégorie de la caverne » on remarque ces étapes là. D’abord l’homme se dresse, tourne le cou, marche, lève les yeux vers la lumière, voit les objets, a du mal à accepter la réalité, voit le soleil, les astres, etc. et finit par accepter le changement.
Cette progression est décrite lentement pour nous faire comprendre ce temps d’acceptation au changement, l’apprentissage progressif et nécessaire à l’Homme.
On pourrait comparer cela à l’éducation.

Les prisonniers de la caverne se sentent-ils prisonniers ? Dans quelle illusion vivent-ils ?

Non les prisonniers de la caverne ne se sentent pas prisonniers, ils pensent que leur mode de vie est la vraie vie, ce qu’ils voient pour eux c’est réel c’est-à-dire que pour eux les ombres sont réelles. Cela s’explique par le fait qu’ils ne peuvent sortir de leur illusion car ils ne peuvent tourner la tête et par ce fait mettre en relation ce qu’ils voient au mur (les ombres) avec les marionnettes, le feu etc. Les prisonniers ne peuvent pas exercer leur propre jugement.

Platon imagine des prisonniers enchaînés au fond d’une caverne sombre. Cette caverne symbolise le monde sensible, celui dans lequel nous vivons et les prisonniers, c’est nous.
Ces prisonniers prennent pour le réel ce qui n’est que le reflet d’une image (les marionnettes). Ils sont dans l’illusion totale.

La délivrance de l’un d’entre eux apparaît-elle comme une vraie délivrance ?

La délivrance de l’un des prisonniers apparaît comme une délivrance « réelle » par la découverte de la vérité, le prisonnier une fois délivré il accède à la jouissance totale, au plein accomplissement de son âme.
Mais cette délivrance n’apparaît pas comme telle car de lui-même par devoir il retourne dans la caverne auprès de ses camarades pour leur transmettre cette vérité, cette délivrance qu’ils ont du mal à accepter, a croire.

Il faut donc ici distinguer « Être » et « Apparaître » :

Être, du fait d’être délivré, c’est quelque chose de concret, de réel.

Apparaître, du fait de donner l’impression qu’au fond nous sommes délivrés, que nous nous sentons délivrés.

Au sens philosophie :

Être, mot indéfinissable, car l’opposition de l’être et du non-être n’est autre chose que le principe de contradiction, et on ne défini pas les notions fondamentales.
On distingue l’être en soi ou la substance, ce que pour être n’a pas besoin d’être en autre chose, ce qui n’est pas attribut, mais toujours et nécessairement sujet.
L’être par soi, ce qui non seulement est en soi, mais ne tient pas son existence d’un autre être. L’opposition, puis la conciliation de l’Etre et du Devenir est la question principale de la philosophie, de Parménide à Aristote.
L’Etre pur est l’être considéré indépendamment de tous ses modes ou phénomènes.
L’Etre logique ou l’Etre intelligible, c’est l’essence ; on disait aussi dans le même sens être de raison. Aujourd’hui, on appelle être de raison une idée abstraite considérée à tort comme une chose réelle.

Décrivez précisément les étapes de la découverte du monde extérieur. Pourquoi cette découverte demande-t-elle du temps ?

Au premier acte, c’est la libération forcée d’un prisonnier qu’on contraint à se mouvoir.

Le prisonnier se dresse, tourne le cou, marche, lève les yeux vers la lumière. Les mouvements le font souffrir, l’éblouissement l’empêche de regarder les objets dont il voyait les ombres.
Il voit les objets plus justes, réels. On l’oblige à dire ce que sont ces objets. Les objets d’avant, ceux de la caverne (les ombres) lui paraissent plus véritables.
Il regarde la lumière, les yeux lui font mal. Il préfère retourner aux choses qu’il peut regarder qui lui paraissent plus véritables.
Trainé à la lumière du soleil, il ne voit plus les objets.

Au second acte, c’est la lente et progressive accoutumance à l’extérieur de la caverne, à la lumière du jour.

Il doit s’habituer à la lumière au monde supérieur, c’est-à-dire les ombres, l’image des hommes et des objets reflétés dans les eaux, les objets eux-mêmes, la lumière des astres et de la lune, les constellations, le soleil.

Au troisième acte, c’est le retour dans la caverne pour délivrer les autres prisonniers afin de les mener à la vérité.

Le prisonnier se félicite du changement et prend les autres prisonniers en pitié.
Il à les yeux offusqués par les ténèbres, en venant brusquement du soleil.
Il doit accoutumer ses yeux à l’obscurité, ce qui met beaucoup de temps.

Cette découverte demande du temps car ce texte symbolise l’apprentissage, l’éducation. Le passage de la période où l’on « croit » à la période où l’on « sait ». Le récit progresse de manière à montrer le changement de point de vu du prisonnier qui a été délivré. Le déroulement, c’est le drame de la condition humaine par opposition aux étapes de l’éducation véritable.

Le prisonnier délivré se plaint en raison du passage brutal de son univers familier et donc rassurant, à celui de l’inconnu, de la réalité et de la vérité. Il est attaché à son monde familier et connu.
Il subit deux sortes de violence : la première est physique, on le contraint à se mouvoir. Il est tout ankylosé et ses membres sont douloureux. Il subit des éblouissements successifs, obscurité de la caverne, puis luminosité du feu, puis luminosité de l’extérieur, et enfin, contemplation des sources lumineuses directement. La seconde violence est celle qu’il subit en comprenant que ce qu’il a toujours tenu pour réel est une copie de la réalité, que ce qu’il a tenu pour vrai est un faux-semblant, une illusion.

Le soleil, réalité suprême, a deux fonctions essentielles : lesquelles ?

Le soleil représente le monde intelligible, c’est-à-dire qu’il représente la connaissance, les idées.
Le soleil a pour fonction de nous donner l’idée de « Bien », chez Platon l’idée de « Bien » c’est la cause de tout ce qui est. C’est le point ontologique le plus élevé, celui qui permet à l’âme de s’accomplir, celui qui nous permet d’accéder au bonheur suprême.
Pour cela, pour atteindre le bonheur suprême nous devons chercher la source de toute luminosité, on doit effectuer une conversion de notre regard pour sortir de l’illusion et accéder enfin à la vérité.
Cela va nécessiter une rupture totale voire violente et d’un éblouissement tel qu’il nous ferait croire que nous sommes aveugles alors que nous nous trouvons face à la vérité.

Ceux qui sont restés ont-ils les moyens de croire celui qui est revenu ?

Non, ceux qui sont restés n’ont pas les moyens de croire celui qui est revenu, pour eux les réponses qu’il apporte du monde supérieur sont des paroles violentes, dures à écouter et a croire. Ils ont toujours cru que ce qu’ils avaient devant les yeux est la vérité. Cela remettrait en question toute leur existence.
Cette révélation les perturbe, donc au lieu de l’écouter raconter ce qu’il sait, ce qu’il a vu, ils vont préférer le tuer pour rester dans leurs habitudes, dans leur petite bulle qui leur parait plus réelle.


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