Un remarquable travail d’analyse portant sur l’allégorie de la caverne par Sahra AMROUCHE (TSTG1)

Qu’elle soit vivement remerciée de nous permettre de lire son travail, de le transmettre.
jeudi 12 novembre 2009
par  Lydia COESSENS

L’allégorie de la caverne, Platon, La République, livre VII

Platon est né à Athènes en 427 avant J.-C. Après avoir rencontré Socrate en 408, Platon renonce à sa carrière politique pour se consacrer à la philosophie...

1. Qu’est-ce qu’une allégorie ?

Une allégorie est une forme de représentation indirecte qui emploie une chose (une personne, un être animé ou inanimé, une action) comme signe d’une autre chose, cette dernière étant souvent une idée abstraite ou une notion morale difficile à représenter directement.

En littérature, c’est une figure rhétorique qui consiste à exprimer une idée en utilisant une histoire ou une représentation qui doit servir de support comparatif.

Sa signification étymologique est une autre manière de dire au moyen d’une image figurative ou figurée.
Ici, il s’agit de rendre compte des étapes permettant de passer de l’ignorance au savoir, du sensible à l’intelligible.

3. Les prisonniers de la caverne se sentent-ils prisonniers ? Dans quelle illusion vivent-ils ?

Les prisonniers de la caverne ne se sentent pas prisonniers. Ils pensent détenir la "vérité". Ces derniers vivent dans une illusion de liberté. Platon veut nous faire comprendre que notre rapport à la vérité n’est qu’illusoire. En effet, il nous démontre ici qu’il est "contrôlé" par des habitudes (langage, lieu où l’on réside, etc.) En outre, les apparences peuvent être trompeuses. Ce n’est pas forcément ce que l’on voit ou entend qui est réel. La preuve lorsque les hommes entendent des échos, voient des ombres, ils sont persuadés que c’est cela la réalité alors qu’ils n’ont accès qu’à une infime partie de ce qu’elle est vraiment. La source de leurs perceptions se trouve au-delà de ceux-ci. Les êtres humains vivent dans l’illusion constante. Ils vivent sur la base de qui est ou ce qui semble être. Même si des choses meilleures, plus concrètes, plus vraies, se trouvent ailleurs,ils refusent de s’y confronter car ils ne croient que ce qu’ils connaissent. Ils n’ont également pas toujours le courage de s’extirper de leurs habitudes de ce à quoi ils sont accoutumés. Peut-être est-ce une sorte de lâcheté, peur de la part de l’humanité face à l’inconnu...

4. La délivrance de l’un d’entre eux apparaît-elle comme une vraie délivrance ?

La délivrance de l’un d’entre eux n’apparaît pas comme une vraie délivrance. Car, étant certain de "détenir" la vérité, le prisonnier vit plutôt cela comme une épreuve. En confrontant le prisonnier qui a connu une même vie, des mêmes habitudes depuis son enfance, à de nouvelles choses, qui d ’ailleurs se trouvent être , d’après Platon, la symbolique de la réelle connaissance, l’homme est un peu réticent. Mais , par la suite, ce dernier comprend que c’est à l’extérieur que se trouve la source de tout ce qu’il voit (ombres), entend (échos). Il comprend que les souffrances subies lui ont en fin de compte permis de découvrir, de contempler les choses réelles. En effet, au début, l’homme souffre en découvrant ce "nouveau monde", par la suite il souffre en quittant ce monde, lorsqu’il retourne à son environnement initial. L’homme se rend compte qu’il est parvenu au sommet lorsqu’il contemple la cause de tout ce qui est, à savoir le Soleil, le Bien ; il se réjouit, son âme s’accomplit, il atteint le bonheur suprême. Je pense que Platon représente l’humanité comme étant prisonnière et Socrate comme étant l’être ayant eu accès à la vérité et voulant transmettre son savoir au monde "inconscient". Mais le monde refuse de croire ce qu’il n’a pas vu.

Puisque Platon s’est consacré à la philosophie suite à sa rencontre avec Socrate. Socrate est donc pour lui la personne qui détient le savoir. la connaissance est libératrice. c’est en ayant eu accès au savoir que notre âme a accès à la liberté. Même si cela demande du temps, une souffrance, c’est justement l’intérêt qui est de souffrir pour atteindre un but plutôt que d’avoir accès à cette dernière directement sans étapes, car alors on ne la saisit pas, on ne la comprend pas.

5.Décrivez précisément les étapes de la découverte du monde extérieur. pourquoi cette découverte demande-t-elle du temps ?

Tout d’abord le prisonnier est délivré de ses chaînes, on le force à se lever, tourner le cou, marcher, lever les yeux vers la lumière. Ensuite, il doit dire ce que sont les objets. Puis on le force à regarder la lumière elle-même. Il établit alors le lien entre ce qu’il voyait et ce qu’il voit : les marionnettes, les objets fabriqués, cela grâce à la lumière du feu, et ceci grâce à sa faculté de raisonner. L’homme est ensuite ébloui, il souffre, alors il est fortement attiré par le fait de retourner à ce qu’il peut regarder. Puis on lui fait gravir la montée rude et escarpée ; on le traîne jusqu’à l’extérieur, à la lumière du soleil. Ses yeux sont éblouis face à l’éclat du Soleil. C’est ce par quoi s’achève son ascension. L’homme commence par regarder les ombres, les images des hommes et d’autres objets reflétés dans les eaux, les objets eux-mêmes, puis il élève son regard vers la lumière des astres et de la lune, il regarde les constellations et le firmament, puis il finit par contempler le Soleil lui-même dans son propre séjour. Il entame ensuite une réflexion sur sa première demeure, la science qu’on y possède, ses compagnons en captivité. Puis il finit par se féliciter du changement et prendre en pitié ses camarades.

Cette découverte demande du temps car tout changement demande un temps d ’adaptation. L’homme a connu depuis son enfance une vie de captivité, il est donc persuadé, au début, que sa vie est la vie, c’est-à-dire que c’est lui qui détient la vérité et que la connaissance ne se trouve en point d’autre lieu que dans la caverne. Mais en prenant le temps de réfléchir, de tout observer, de juger et donc d’établir des liens, des connexions, il se rend alors compte de l’illusion, l’éphémère dans lequel il vit depuis toujours. Cette découverte s’avère être longue car avant de détenir, un long processus est enclenché. C’est en passant par la souffrance, en analysant toutes les choses qu’on l’oblige à voir que l’homme commence à prendre conscience de ce qui est la réelle notion de liberté, d’accès à la vérité et ce en quoi consiste les étapes de la liberté.

6.Le soleil, réalité suprême, a deux fonctions essentielles : lesquelles ?

Le soleil produit les saisons, les années, il gouverne tout le monde visible, il est en quelque manière la cause de toutes les choses que les prisonniers voient dans la caverne. Il correspond au Bien dans la philosophie des Formes.

7. Ceux qui sont restés ont-ils les moyens de croire celui qui est revenu ?

Ceux qui sont restés n’ont pas les moyens de le croire. Car eux, n’ont pas eu accès à cette découverte et surtout n’ont pas pu parcourir les étapes, les degrés du savoir. Ils croient que ce qu’ils connaissant est la vérité. Ils ne veulent pas entendre parler des connaissances se trouvant ailleurs. Pour ces hommes, la réalité se trouve à l’intérieur de la caverne.

Avec cette allégorie, Platon veut faire comprendre que les hommes vivent dans une illusion constante ; qu’ils refusent toute ouverture, émancipation vers la vérité, se tourner vers l’inconnu. En effet, il démontre ici l’illusion dans laquelle les hommes sont constamment ainsi que le fait que l’on puisse facilement se plaire dans l’ignorance. L’intérieur de la caverne représente notre quotidien, l’extérieur représente l"inconnu, le monde inexploré des hommes. D’après cette théorie, Platon affirme que les humains ne sont pas libres, que seul le savoir a le pouvoir de libérer. On peut le voir lorsqu’il représente l’humanité, c’est-à-dire, nous, enchaînés, incapables de voir ce qui les entoure. L’extérieur de la caverne représente la vie, la liberté, la connaissance, l’accès à une vérité suprême tandis que l’intérieur est la symbolique de l’emprisonnement, de la non-ouverture d’esprit car les prisonniers restés à l’intérieur refusent d’écouter et de croire les dires du "libéré". Face à l’inconnu, les humains se braquent, refusent de se remettre en question. Est ici démontrée la sur-estimation que les hommes ont à leur propre égard. Ce n’est pas parce que l’on croit en quelque chose, que l’on a connu une chose toute sa vie, que tout le monde nous assure que c’est ce qui est, que cette chose s’avère être une vérité...

Pour finir, je dirais même que l’on peut aborder l’idée selon laquelle cela sert certains que de maintenir les gens dans l’ignorance (les manipulateurs, les prestidigitateurs). L’illusion se trouve peut-être être une notion rassurante pour ces personnes qui se voient déstabilisées face à la vérité et qui en fin de compte ne s’assument pas totalement.


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