JEAN-PAUL SARTRE PAR JACQUELINE RUSS

Biographie. Oeuvres principales
lundi 7 septembre 2009
par  Lydia COESSENS

Jean-Paul SARTRE (1905-1980)

Biographie. Oeuvres principales

Jean-Paul Sartre (1905-1980), orphelin de père, a été élevé par sa mère. Il entre, en 1924, à l’Ecole normale supérieure, où ses amis se nomment Raymond Aron, Paul Nizan.

Il est reçu premier, en 1929, à l’agrégation de philosophie. Sa première publication philosophique (L’Imagination, 1936) précède les écrits littéraires (La Nausée, 1938, et Le Mur, 1939). En 1943, Les Mouches connaissent un grand retentissement et Sartre, à la Libération, va devenir un écrivain célèbre, bien que sa grande œuvre philosophique L’Etre et le Néant (1943), n’ait connu que peu de succès.

Sartre quitte l’enseignement en 1945. Il se consacre à l’écriture et fonde, avec Simone de Beauvoir, sa compagne, et Maurice Merleau-Ponty, la revue des Temps Modernes, politiquement très engagée. Ses pièces de théâtre (Huis-clos, 1945 , Morts sans sépulture. 1946 ; Les mains sales, 1948), mais aussi ses romans (Les chemins de la liberté, 1945), ainsi que ses essais (Baudelaire, 1947 ; Qu’est-ce que la littérature ?, 1947 : Réflexions sur la question juive, 1947) lui valent une immense réputation et provoquent parfois le scandale.

A partir de 1950, Sartre se rapproche du Parti communiste dont il est un " compagnon de route " critique et avec lequel il rompra totalement en 1968, lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie. De 1950 aux années 60, Sartre approfondit remarquablement la théorie marxiste (Critique de la raison dialectique, 1960). Les mots (1964) lui vaudront le Prix Nobel, qu’il refusera. Avec son ouvrage sur Flaubert (L’Idiot de la famille, 3 tomes, 1971-1972), il semble se rapprocher de la psychanalyse. Atteint de cécité, il continue néanmoins à travailler et à militer. Il meurt, en 1980, ayant mené une vie engagée, qui force souvent l’admiration (Sartre était profondément désintéressé et indifférent à l’argent).

Racines et apports

1. Les racines

La réflexion de Sartre s’est nourrie d’influences complexes et souvent contradictoires :

• d’abord celle de la philosophie allemande : il faut mentionner ici Hegel (tout particulièrement avec sa dialectique de la négativité), Marx (théorie du travail humain et de l’ histoire), Husserl (idée d’intentionnalité ) et Heidegger (sa notion de Dasein, d’être-dans-le-monde, influencera Sartre qui, néanmoins, se séparera de lui par son humanisme) ;

• mais Sartre hérite également de la philosophie de Descartes : le cogito transparent à lui même est au centre de sa réflexion ;

• enfin, il faut mentionner l’influence sur Sartre du philosophe danois Sören Kierkegaard, influence paradoxale puisque Kierkegaard fut violemment anti-hégélien.

2. Les apports conceptuels

Sartre, dans toute son œuvre, est le philosophe de la liberté. Récusant la fatalité, il a peint l’homme, dans tous ses écrits, comme un existant maître de ses valeurs et de l’ histoire.

Les concepts fondamentaux de la philosophie de Sartre sont les suivants :

• le pour-soi, manière d’être de l’existant humain, qui secrète du néant et ne peut coïncider avec lui-même. Le pour-soi est inséparable de la conscience : " la loi d’être du pour-soi, comme fondement ontologique de la conscience, c’est d’être lui-même sous la forme de présence à soi " (L’Etre et le Néant, lle partie) ; - à articuler au pour-autrui ...

• l’être-en-situation caractérise le pour-soi en tant qu’il est responsable de sa manière d’être, ce qui résulte du fait concret qu’il est un existant au milieu d’autres existants. Cette situation est historique et varie pour chaque homme. "Ce qui ne varie pas, c’est la nécessité pour lui d’être dans le monde, d’y être au travail, d’y être au milieu des autres et d’y être mortel".

• la conscience, mouvement de transcendance vers le monde et les choses, mouvement fondamentalement transparent à lui-même ;

• l’ existence : exister, c’est être-là, surgir dans le monde et s’y forger ; "l’existence précède l’essence " : l’homme est d’abord dans l’univers où il imprime sa marque et se construit ainsi librement ;

• l’angoisse : sentiment et saisie de l’imprévisibilité de notre liberté, lorsque la conscience appréhende son avenir, devant lequel elle est totalement libre , l’angoisse est " la saisie réflexive de la liberté " (L’Etre et le Néant) et se distingue de la peur, qui a un objet déterminé ;

• la liberté, pouvoir que détient la conscience de se soustraire à la chaîne des causes et d’échapper aux déterminations naturelles ,

• le projet : l’homme est pro-jet , sa conscience se jette en avant d’elle-même vers l’avenir.

Il est fondamentalement liberté et transcendance.

Cf. J. Russ, Les chemins de la pensée, Bordas p. 486-487


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