L’Amitié

jeudi 2 avril 2009
par  Lydia COESSENS

Amitié

Etym. : latin amicitia, équivalent du grec philia.

Sens ordinaire : lien de sympathie et d ‘affection entre deux (ou plusieurs) personnes, qui ne repose ni sur l’attrait sexuel ni sur la parenté.

Chez Aristote : attachement sélectif entre deux personnes ; bienveillance active et réciproque qui en résulte ; l’amitié parfaite (c’est-à-dire authentique) a pour condition la vertu des amis (Ethique à Nicomaque, livres VIII et IX)

Le mot grec Philia comporte un sens large (sentiment d’attachement et d’affection pour les autres) et un sens étroit auquel Aristote s’est plus particulièrement attaché. L’amitié vraie, qu’il appelle « amitié parfaite », est sélective, rare et recherchée. Elle comporte trois caractéristiques :

1. Elle est une vertu, c’est-à-dire qu’elle n’est ni une puissance (une simple disposition) ni une passion, mais une disposition permanente acquise par habitude et entretenue activement.

2. L’amitié accomplie relève d’un choix libre et d’une décision partagée de bienveillance réciproque.

3. L’autre est aimé pour lui-même et non pour les bénéfices que je peux tirer de cette amitié (amitié utile, amitié plaisante).

Quoique d’inspiration plus chrétienne, la conception kantienne de l’amitié (Doctrine de la vertu)est tout aussi exigeante : réalisant un subtil équilibre entre l’inclination naturelle et le respect, l’ « amitié parfaite » n’est peut-être alors qu’une « pure idée », rarement réalisée dans les faits. Aujourd’hui, la philosophe Paul Ricœur, s’il suit Kant dans son refus de dissocier l’amitié de l’obligation morale, admet en même temps avec Aristote que cette bienveillance partagée est peut-être la forme la plus accomplie de notre humanité. Dès lors, il faut considérer non seulement que l’amitié rend heureux, mais qu’elle est « en un sens, le bonheur même », dont elle partage également la « vulnérabilité ».


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