La LIBERTE et ses MOTS (révisions BAC)

Les termes (ou mots-clés) relatifs au concept de LIBERTE
jeudi 26 mars 2009
par  Lydia COESSENS

A. LIBERTE ET DETERMINISME

Associer à la notion complexe de liberté des concepts qui lui sont associés tant en ce qui concerne les conflits entre l’homme et le monde qu’entre l’homme et lui-même.

Déterminisme/Fatalisme

Déterminisme : principe qui pose une nécessité dans une chaîne de causes.

*sous sa forme métaphysique, il conduit à une doctrine qui affirme que l’ensemble du réel est un système de causes et d’effets nécessaires. Si on s’en tient à ce sens, qu’on peut qualifier d’absolu, la liberté humaine est illusoire. Mais à la différence du fatalisme, la nécessite concerne des relations de causalité.

*sous sa forme scientifique, le principe est plus modeste : si tel est le point de départ, alors tel le point d’arrivée.La nécessité est ici relative : ce n’est pas l’événement qui est nécessaire, mais une chaîne limitée d’événements. Aussi, en changeant le point de départ, l’homme peut changer le point d’arrivée. Pris en ce sens, le déterminisme, qu’on peut qualifier de conditionnel, n’est pas l’adversaire de la liberté ; il est au contraire le fondement de l’action humaine : car c’est en comprenant la nécessité des choses que je peux agir sur elles.

Fatalisme : croyance selon laquelle les événements futurs sont déjà écrits ; que toute chose devait se passer comme elle s’est passée. la nécessité est ici absolue : cela devait arriver quoi qu’on fasse. Le fatalisme est ainsi une nécessité sans causes.

Nécessaire/Aléatoire/Possible/Probable/Contingent

Nécessaire : c’est ce qui ne peut pas ne pas arriver et ne peut arriver autrement. Ce qui ne peut pas ne pas être ; ce dont le contraire impliquerait contradiction.

Aléatoire : Qualifie tout ce dont l’existence ou la nature ne peut être prévue. A la différence du hasardeux avec lequel il est souvent identifié, l’aléatoire est l’objet d’un calcul (le calcul des probabilités). Alors que le hasardeux concerne l’imprévu de manière empirique et intuitive, l’aléatoire, qualifiez un grand nombre de concepts et d’opérations mathématiques(fonction aléatoire, grandeur aléatoire..)

Hasard (de l’arabe az-zahr, jeu de dés) 1. Primitivement, jeu de dés et le coup heureux à ce jeu (le six). D’où l’expression de "jeu de hasard", qui est aussi compris génériquement. 2. Dans le sens classique, danger, risque, malheur imprévu, spécialement à la guerre. 3. Dans son acception moderne, événement imprévu. Hypostasié en cause fictive des événements imprévus. D’abord synonyme de sort et de fortune, puis extrait de ces composantes mythologiques et métaphysiques, finit par signifier événement imprévisible soit par l’insuffisance des connaissances humaines (indétermination) soit par la multiplicité et l’enchevêtrement des causes (surdétermination comme en météorologie), soit par l’absence de déterminisme (indéterminisme comme en mécanique quantique).

Possible:Tout ce qui peut arriver, tout ce qui n’est pas contradictoire.
Qualifie la possibilité dans les trois sens différenciés : La possibilité eut être logique, réelle(physique) ou encore morale. 1. Ce qui n’implique pas contradiction. 2. ce qui, sans être, n’est pourtant pas non-être. La possibilité (dont le concept dérive de l’idée aristotélicienne de puissance) s’inscrit entre l’existence et l’inexistence. Chez l’être vivant, elle équivaut au pouvoir de faire. Voisine de la contingence avec laquelle elle est volontiers confondue (la possibilité est essentielle, la contingence accidentelle), la possibilité exclut à la fois la nécessité et l’impossibilité. Elle peut être l’objet d’un calcul mathématique (les probabilités). 3. ce qui est moralement ou juridiquement autorisé.

Probable 1. Considéré comme réel ou comme vrai, sans certitude. Qui peut être approuvé sans être prouvé. 2. Qui a de bonnes chances de se produire dans l’avenir.

Contingent 1. Qui peut être ou n’être pas, qui peut être tel ou autre qu’il n’est. Ce dont l’essence n’enveloppe pas l’existence. Ce dont l’opposé n’implique pas contradiction. Contraire de nécessaire. 2. Qualifie en logique la proposition dont la vérité ou la fausseté est connue par l’expérience seule, et non par la raison déductive.

Affects/Sentiments/Passions

Affects:1. Tout ce qui, chez l’être humain, touche le corps et l’âme et trouble sa quiétude au point d’altérer sa raison et sa liberté d’action. Tout ce qui touche la part non rationnelle de l’individu humain peut être appelé affect : les émotions (la peur, la joie, la colère), les désirs, les sentiments (l’amour, la tristesse), les sensations (le plaisir, la douleur), les passions , les fantasmes. 2. Affect corresponde au grec pathos. Presque toutes les doctrines morales de la Grèce ancienne ont défini la sagesse comme le contrôle, voire l’élimination des affects qui troublent l’âme en la plongeant dans les vaines terreurs et les espérances folles. Aussi l’apathéia (d’où nous avons tiré apathie) représente-t-elle la fin de ce travail sur soi qui définit le sage. L’adiaphorie sceptique désigne l’indifférence de la pensée à l’égard des affects. 3. Spinoza(1632- 1677) entend par affect (affectus) d’une part les affections (affectio) du corps par lesquelles la puissance d’agir de celui-ci est augmentée ou diminuée et d’autre part les idées de ces affections. Les affects reproduisent dans l’ordre de la pensée les affections du corps et, de même que que toute affection de notre corps en augmente ou en diminue la puissance d’agir, de même l’affect correspondant augmentera ou diminuera notre puissance de penser. A la différence des passions de Descartes, les affects chez Spinoza ne sont pas tous passifs : ils sont les indicateurs des variations de la puissance polarisée entre la joie (passage d’une moindre à une plus grande perfection) et la tristesse(passage d’une plus grande à une moindre perfection). Les affects passifs nous asservissent, les affects actifs nous libèrent. 4. Chez Freud (1856-1939), l’affect est déterminé du point de vue quantitatif par une certaine quantité d’énergie pulsionnelle (quantum d’affect) et du point de vue qualitatif par le passage de la pulsion organique au sentiment spécifié. L’affect peut se covergirl (hystérie de conversion), se déplacer (l’obsession) ou se transformer (la névrose d’angoisse, la mélancolie).

sentiment :(du latin sentire, percevoir par les sens ou l’intelligence) 1. dans la langue classique, le terme a un sens physiologique : faculté d’éprouver des impressions physiques, sensibilité physique. A l’âge classique, "sentiment" et "sensation" sont identifiés. Condillac (1715-1780) définit le sentiment comme état senti passivement : les sensations actuelles du goût, de l’ouïe, de la vue et de l’odorat ne sont que des sentiments, lorsque ces sens n’ont pas encore été instruits par le toucher, parce que l’âme ne peut alors les prendre que pour des modifications d’elle -même. Mais si ces sentiments n’existent que dans la mémoire qui les rappelle, ils deviennent alors des idées. 2. Au sens psychologique et intellectuel : a) connaissance immédiate plus ou moins claire d’une réalité quelconque ; b) opinion, avis non raisonné que l’on a sur quelque chose. "Sentence" a la même origine étymologique. 3. au sens affectif et moral : a) état affectif (sentiment de fierté, de tristesse), provenant d’une idée et non d’impressions organiques. Comme la passion, le sentiment est durable mais a une intensité bien moindre ;b) penchant, disposition générale ; c) disposition à être aisément touché ; d) affection, tendresse, amour.

Passion : 1. Au sens classique, ce qui, par opposition à l’action, à la raison et à la volonté est subi par l’âme (pathos en grec). la passion est considérée comme l’effet d’une force venant de l’extérieur par opposition à l’action dont le principe est intérieur au sujet. Chez Descartes1596-1650), la passion vient du corps (le mouvement des esprits animaux) et fait suite à une perception. La passion et l’action sont une même chose considérée tantôt du point de vue du patient tantôt du point de vue de l’agent. En ce sens, on use volontiers du pluriel. 2. Affect particulièrement intense et exclusif.

Nos affects... sont de courte durée sont de longue durée
Ils nous construisent, ils nous forment sensations (plaisir, douceur..) sentiments (tendresse, amitié...)
Nous mettent hors de nous Émotions (peur, colère, envie...) Passions (angoisse, jalousie, ambition...)

Besoins/Désirs

besoin : les besoins relèvent d’un manque précis qu’on peut combler (par ex. manque de calcium pour l’organisme, manque d’une voiture pour aller au travail)
1. Ce sans la satisfaction de quoi la vie ou la survie de l’individu est menacée. Subjectivement, le besoin est éprouvé comme un état de mal-être (faim, fatigue). Objectivement, il renvoie à un bien susceptible de mettre un terme à cet état -ce qui est proprement la satisfaction du besoin. 2. En un sens élargi, peut être appelé besoin tout ce quie st nécessaire à l’accomplissement de l’essence de l’être humain. Kant (1724-1804) parle de besoin de la raison (Bedürfnis der Vernunft)

Désir (du latin desiderare "cesser de contempler l’étoile", d’où moralemnt, "constater l’absence de, regretter"
1. Action d’aspirer à la possession d’un bien dont on croit qu’il nous donnera une jouisance. Epicure (342-270) distingue les désirs naturels et les désirs vides : les désirs naturels sont soit nécessaires, soit non nécessaires. 2. par métonymie, ce bien même. 3. Plus sépacialement, l’appétit sensuel, et singulièrement sexuel. Tenance consciente de son objet ou appétit conscient (Spinoza), le désir, à cause de sa dimension psychologique prévalente, se distingue du besoin physiologique et de la volonté (parce que celle-ci inclut une dimensuin intellectuelle et rationelle que le désir n’a pas). Chez Freud(1856-1939), le désir (Wunsch) n’est pas la visée d’un objet réel externe mais d’une sorte d’hallucination interne, celle d’une satisfaction originaire ayant laissé dans le psychisme une trace mnésique.
Le désir a une dimension ontologique : ce qui se joue dans le désir, c’est mon identité ; je ne désire pas l’objet pour lui-même mais pour ce qu’il représente, ce qu’il signifie (dimension symbolique)
Le désir a pour enjeu l’être alors que le besoin se rattache à l’avoir.

Conscience/Inconscient

Conscience : au sens psychologique, capacité de se rendre compte de ce qui se passe hors de nous et en nous. Lorsque la conscience fait retour sur elle-même pour examiner ses pensées et ses états d’âme, on parle de conscience de soi.
La cosncience psychologique se distingue de la conscience morale. la conscience morale est la capacité de se donner à soi-mêmes des règles morales (autonomie), de juger ses propres conduites, de se punir sous la forme de remords ou de sentiment de culpabilité.

Inconcient : l’inconscient frezudien ne se réduit pas à ce qui n’est pas conscient, il a un sens plus profond. C’est ce qui ne peut devenir conscient parce qu’une force en nous-même s’y oppose (la censure du Surmoi) Le désir est alors refoulé mais n’est pas supprimé pour autant, il continue à agir sur le sujet en prenant des voies détournées.

B. FAIT ET DROIT

Jugement de fait/jugement de valeur

Jugement de fait : c’est un constat sur ce qui est. Il décrit une réalité. Un jugement de fait peut être vrai ou faux.

Jugement de valeur : il tranche par rapport à ce qui devrait être. Il marque un écart par apport à une norme, un idéal que je porte en moi (le bien, le juste, le beau, l’agréable...) Un jugement de valeur peut être sincère ou non sincère, de bon ou de mauvais goût, authentique ou inauthentique, original ou vulgaire..

En droit/En fait Droit/Devoir

En droit : ce qui doit être
En fait : ce qui est.
Droit : ce que nous autorisés à faire.
Devoir : ce que nous sommes obligés de faire.

Obéissance/soumission

Obéissance : obéir n’est pas nécessairement se soumettre, dès lors qu’on obéit à la loi qui correspond à notre volonté ou à notre intérêt. Dans le cadre de la loi, si j’obéis à un supérieur, ce n’est pas à l’individu que j’obéis mais au pouvoir qu’il représente, et dans les limites de ce pouvoir. L’obéissance peut être un acte volontaire et libre.

Soumission : elle se fait sous la contrainte, par la force.

Nécessité/Obligation

Ces deux expressions sont souvent prises l’ue pour l’autre, or, non seulement ce n’est pas la même chose, amsi encore y at-il contradiction : si l’on dit que c’est nécessaire alors ce ne peut être obligatoire et inversement.
La nécessité s’impose à moi, sans faire intervenir un choix de ma part, tandis que l’obligation se présente comme un devoir, que je suis libre ou non d’accepter.

Vengeance/Punition

Vengeance : elle repose sur ce sentiment subjectif que l’on nous doit réparation lorsque nous avons été attteints dans notre corps ou dans celui de nos proches, dans nos biens, dans notre honneur. Par la vengeance, l’offensé se donne le droit de se faire justice lui-même, en édictant sa loi, en se faisant lui-même juge, en appliquant lui-même la peine. Comme la peine de cet homme est subjectivement infinie, il voudra infliger une peine objectivement infinie. la vengeance n’a donc pas de limites dans son intensité. Elle n’a pas non plus de limites dans le temps : la vengeance appelle la vengeance dans une spirale qui n’a pas de fin (la vendetta)

Punition : contrairement à la vengeance, la punition suppose une loi extérieure et antérieure au jugement, et un jugement établi par un arbitre neutre. elle peut être d’ordre moral ou juridique.
Une punition morale peut venir de la société (des moeurs) ou de soi-même (de sa conscience morale). la société punit par le rire, la moquerie, le blâme, l’isolement, l’exclusion. La conscience punit par le remords, la mauvaise conscience.
Les punitions juridiques sont isncrites dans le code pénal. il s’agit de mettre en place une échelle quantitative (tant d’argent, tant de temps de prison) pour des réalités qualitatives : la diversités des atteintes et des blessures. Ce qui est important, c’est de comprendre que trois logiques sont en jeu dans la punition, qui quelque fois peuvent s’unir, quelque fois se contredire : logiques répressive, réparatrice, préventive.

logique répressivelogique réparatrice logique préventive
concerne l’acte passé concerne la situation présente concerne le futur
une infraction a été commise un dommage est à réparer de nouveaux abus devront être évités
c’est la loi qui est atteinte c’est un individu qui a été blessé c’est la société en général qui peut être mise en danger
c’est la gravité de l’acte lui-même qu’il fait juger quelles qu’en soient les conséquences ce sont les conséquences de l’acte qu’il faut peser quelle qu’en soit la gravité ce sont les risques de récidives ou d’incitations qu’il faut envisager

C. DROIT /MORALE

Morale/droit

Morale : la sphère mroale définit des devoirs, qui ne sont pas des obligations au regard de la société. En effet, ces devoirs ne s’accompagnent pas de droits symétriques chez autrui : si j’ai le devoir d’aider autrui, les autres n’ont pas le droit en retrour de m’obliger à les aider.
Le devoir moral ne consiste pas seulement à agir conformément à la loi mais de le faire avec une intention bonne (volonté bonne chez Kant)

Droit : en revanche, le droit pose des obligations : une obligation juridique trouve son symétrique dans le droit qu’ont les autres de m’imposer le respect de mes obligations.

présentation plus approfondies de ces deux concepts :
Morale : du latin morales, relatif aux moeurs.
Cicéron (106-43) inventeur du mot, appelle morale la partie de la philosophie qui a trait aux mœurs (mores en latin) et qui traduit l’éthos grec d’où est venue notre éthique. Moral est un adjectif substantivé. 1. Partie de la philosophie qui a pour objet les lois et les règles de l’action bonne et qui a une prétention à l’universalité. La morale définit le bien et le mal, ainsi que les moyens d’y parvenir. Elle délimite les champs respectifs de l’obligatoire, du permis et du défendu. Identiques à l’origine (morale dit en latin ce qu’éthique dit en grec), éthique et morale se sont séparées selon deux lignes de partage : a) l’éthique est une morale rationnelle, réfléchie, spéculative. Elle ne se contente pas d’exposer les règles, elles les déduit. b) alors que la morale prétend légiférer pour l’ensemble des êtres raisonnables, l’éthique se particularise en points de vue (l’éthique stoïcienne n’est pas l’éthique épicurienne), en domaines d’activité (l’éthique sexuelle, l’éthique professionnelle). La substitution de l’éthique à la morale qui entraîne le remplacement du bien par le bon témoigne du triomphe de l’individualisme contemporain. 2. Par métonymie, traité relatif aux lois et aux règles du bien. 3. Conduite conforme aux règles établies du bien. 4. ensemble de règles, normes et valeurs pratiques propres à une société donnée (la morale chrétienne, la morale confucéenne). 5 Leçon dégagée par une oeuvre (la morale de La Cigale et La Fourmi)

Droit (latin directus, sans courbure, direct ; d’où, au sens figuré, "juste")
La métaphore géométrique (droit, droite) se retrouve en de nombreuses langues. 1. Ensemble des règles et des lois devant gouvernenr les rapports entre les hommes dans une société donnée. La définition positiviste -ensemble des règles et des lois gouvernant les rapports entre les hommes -est problématique : une organisation mafieuse a aussi des règles et des lois, or celles-ci ne font pas partie du droit de la société dont elle fait partie. Les juristes distinguent quatre sources formelles du droit (fontes juris) : la loi, la coutume, la jurisprudence des tribunaux et la doctrine des auteurs. 2. Discipline intellectuelle ayant pour objet cet ensemble. 3. capacité accordée et garantie par la loi à un sujet d’agir, de jouir, de disposer ou d’exiger. On parle en ce sens de droit subjectif.

Droit positif/ Droit naturel

Droit positif : il concerne els systèmes des dlois tels qu’ils se sont historiquement établies dans les sociétés. Ce sont les lois qui ont existé, ou qui existent encore et qui sont valables pour une société déterminée. Elle définissent la légalité.

Droit naturel : il représente une tentative théorique de dire non pas ce que sont réellement les lois , mais ce qu’elles devraient être. Elles fondent l’idéal de légitimité rationnelle supérieure. C’est dans cette optique que s’inscrivent les Déclarations des droits de l’homme.

Le droit naturel est l’ensemble des principes censés dériver de la nature des hommes et de leurs rapports mutuels indépendamment de et antérieurement à toute convention particulière. Universel et nécessaire , le droit naturel s’oppose au droit positif particulier et contingent. On appelle jusnaturalisme la théorie du droit naturel qui donne à celui-ci une supériorité théorique et axiologique sur le droit positif, et jusnaturalistes les théoriciens et partisans du jusnaturalisme. L’état de nature peut signifier deux choses contradictoires selon que l’on conçoit la société (réelle ou idéale) en continuité ou en rupture avec lui. Avec l’hypothèse de l’état de nature dans lequel l’homme aurait vécu antérieurement à toute constitution sociale et politique, l’expression de droit naturel souffre d’une équivoque. C’est pour écarter celle-ci que Kant distingue le naturliches Recht, droit de l’homme à l’état de nature et le Naturrecht, le droit naturel proprement dit.

D.SOCIETE/ETAT/NATION

Société/Etat/Nation

Société : c’est le forme la plus ancienne des groupements humains. elle suppose une organisation culturelle. toutes les sociétés ne sont pas des Etats. Ainsi les sociétés dites primitives reposent sur des formes de pouvoir et de solidarité qui ne sont pas étatiques.

Etat : L’Etat est d’abord, historiquement, un appareil de domination (gouvernement, armée, administration, impôt, religion). Avec l’apparition des démocraties, l’Etat s’identifie au peuple, il en est le représentant sous formes d’institutions stables permaenntes, légitimes. Les gouvernements passent, l’Etat demeure.

Nation : C’est une réalité plus complexe, fondée sur un sentiment d’appartenance à une même communauté forgée par l’histoire. Ce sentiment s’appuie sur des réalités diverses : langue, religion, géographie, événements historiques fondateurs, symboles forts. Certaines nations se sont formées en même temps que l’Etat (France, Angleterre), d’autres avec un décalage (l’Allemagne et l’Italie ne se constituent comme Etats qu’à la fin du XIX è siècle) On parlera ici d’Etats-nations. Beaucoup d’Etats actuels -surtout après la décolonisation- ne coïncident pas avec un sentiment d’unité nationale. De là des conflits et les tentations de séparatisme.

Société civile : a) chez les penseurs du droit anturel et du contrat social (Hobbes, Locke, Rousseau), l’association politique telle qu’elle est fondée sur le contrat, transposition de la communauté politique d’Aristote ; b) à partir de Hegel (1770-1831), l’ensemble des individus dans leur activité économique et leur sphère privée par opposition à la puissance publique de l’Etat ; c)type d’association régie par le droit civil et constituée par un objectif commun à ses membres ; d) dans un sens marxiste, l’ensemble des forces qui se déterminent par opposition au pouvoir de l’Etat et du marché. A. Gramsci (1891-1937) oppose la société "politique", qui comprend les organes de gouvernement exerçant de façon coercitive une domination directe, à la société "civile" qui a pour vocation, à travers les institutions par lesquelles elle s’exprime, d’être productrice d’une orientation commune du sentiment public. Lorsqu’un tel consensus adhère à l’action de la société politique, peut alors prendre corps ce que Gramsci appelle un bloc hégémonique. Alors que pour Lénine (1870-1924) l’objectif premier de la révolution est de s’emparer de l’appareil d’Etat, Gramsci estimait que pour aboutir à la révolution il convenait tout d’abord de fomenter dans la société civile (conçue comme une structure multiclasse) un élan idéologique et culturel sur lequel l’autorité de la société politique n’aurait ensuite qu’à venir se greffer. Par ce biais, Gramsci accrode aux intellectuels une fonction organique que le marxisme classique ne leur reconnaissait pas.

Autorité/Pouvoir/Force

Autorité : c’est le pouvoir en tant qu’il est en droit de se faire obéir. Au sens le plus profond, l’autorité s’oppose à ce qui est autoritaire. L’autorité est ce qui s’impose, non par la contrainte, mais par la force du respect, de la confiance, d’une supériorité morale ou intellectuelle.

(du latin auctoritas) 1. Pouvoir légitime de se faire obéir. Forme de pouvoir qui n’a pas besoin de la force pour s’exercer. S’oppose en ce sens à domination. 2. Personne ou institution détentrices de ce pouvoir. Souvent utilisé au pluriel en ces sens. 3. A Rome, l’autorité (auctoritas) est opposé au pouvoir (potestas) et considérée comme plus haute que lui. Cicéron (106-43) dit que si la potestas revient au peuple, l’auctoritas appartient au Sénat. La distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, avec la subordination du pouvoir à l’autorité qu’elle implique, vient de cette source. 4. Max Weber (1864-1920) voit dans l’autorité une forme de domination (Herrschaft) opposée à la puissance (Macht). Hannah Arendt (1906-1975), à l’inverse, sépare autorité et domination.

Pouvoir : par contraste, le pouvoir est un terme plus vaste. C’est la capacité d’agir sur les autres, voire sur tout un peuple, en imposant sa volonté, soit par force et contrainte, soit par persuasion et autorité.

Force : c’est le moyen d’agir sur les autres par la contrainte.

Démocratie : sens ancien/sens moderne

Du grec dêmokratia , de dêmos, "peuple" et kratos, "autorité"

Régime politique qui, par opposition à la monarchie et à l’aristocratie, tire du peuple la source de sa souveraineté et de sa légitimité. La démocratie est de tous les régimes celui qui donne le sens le plus fort à la liberté conçue au niveau collectif en même temps que celui qui élimine le mieux la violence comme moyen d’accès au pouvoir.

Au sens ancien, la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple (Athènes, Vè siècle av. J.-C.). Le peuple participait au pouvoir législatif, exécutif, judiciaire, ces trois pouvoirs n’étant pas formellement distingués. Une telle organisation ne pouvait avoir lieu que dans une Cité composée d’une population réduite. Il faut noter que cette démocratie excluait les non-citoyens (esclaves, étrangers, femmes)

Au sens moderne : la démocratie est fondée" sur l’idée de souveraineté populaire. le pouvoir est toujours issu, directement ou indirectement, du peuple. Le peuple n’exerce plus directement le pouvoir, mais il en est la source.

Anarchie/Désordre

Anarchie : du grec a, préfixe privatif et arkhê, "commandement"

Anarchie : il est bon de garder au mot anarchie son sens premier et de ne pas confondre, comme on le fait dan le langage ordinaire, avec désordre. Le désordre politique conduit à l’absence de règles et de pouvoir. L’anarchie est un courant de pensée politique qui rejette l’autorité traditionnelle des Etats et des religions ("Ni Dieu, ni maître"), mais propose à la place une organisation fondée sur d’autres bases:associations libres, autogérées (mutuelles, coopératives...) sans l’appareil d’État (armée, police...).

Tyrannie/Despotisme/Dictature/Totalitarisme


Tyrannie : le tyran est celui qui s’empare du pouvoir et gouverne de façon absolue, sans se soucier des lois.

Despotisme : de nos jours, le sens courant de tyrannie le rapproche de despotisme : le despotisme est un pouvoir absolu et illimité exercé par un seul homme. A ne pas confondre avec la monarchie, où le pouvoir royal, même s’il est absolu en principe, est délimité en fait par des lois fondamentales, une classe intermédiaire (la noblesse), des corps judiciaires...

Dictature : c’est également un pouvoir absolu, fondé sur la force. Mais ce pouvoir n’est pas nécessairement aux mains d’un seul homme : dictature d’une junte militaire, d’une assemblée, d’un parti.

Totalitarisme : c’est un phénomène plus complexe, étroitement lié aux sociétés du XXe siècle. Un régime totalitaire est un régime à parti unique, n’admettant aucune opposition organisée, dans lequel le pouvoir politique tend à contrôler la totalité des activités de la société qu’il domine. C’est ce dernier point qui est essentiel, et qui distingue le totalitarisme de la dictature. Régime totalitaire à même d’encadrer toutes les activités individuelles, toutes les formes associtaives, afin de les mettre au service de l’État : monde du travail, syndicats, sport, arts, musique, éducation, loisirs, mouvements de jeunesse... Une telle entreprise suppose des moyens économiques (prestations sociales, contrôles administratifs, policiers, médicaux...) et techniques (la presse, la radio) qui n’existent essentiellement que dans les sociétés contemporaines.

Autarcie/Indépendance/Autonomie

Autarcie : qui se suffit à soi-même : représente une situation économique où l’État assure ses propres ressources agricoles et industrielles, sans avoir besoin d’échanger avec l’extérieur. Un tel idéal ne semble guère possible ni souhaitable. Appliqué à l’individu, l’autarcie représenterait un état d’auto-suffisance.

Indépendance : c’est le fait de s’affranchir de toute tutelle, de ne pas être soumis à un pouvoir extérieur. Cette indépendance, dans toute société, est relative. Par exemple, si un adolescent devenu adulte acquiert son indépendance, c’est par rapport à sa famille, mais sans doute pas par rapport au marché du travail. Il faut donc préciser, à chaque fois, de quelle indépendance il s’agit.

Autonomie : du grec autos, "soi-même" et nomos, "loi". L’autonomie ajoute à l’idée d’indépendance le fait de pouvoir se commander soi-même, de se donner à soi-même ses propres lois. C’est une définition fondamentale de la liberté morale : obéir à sa propre raison, pour ne pas obéir aux raisons des autres, ou à ses propres passions et impulsions irréfléchies.

E. BONHEUR / PLAISIR

Le bonheur est le but que tous les hommes désirent atteindre. C’est aussi la fin que se fixent un grand nombre de philosophies morales, qui font du bonheur le Souverain bien, i.e. le bien suprême qui commande tous les autres.

Du latin bonum augurum, bonne fortune. 1. Au sens étymologique, bonne fortune, chance. En grec, le bonheur, eudaïmonia, renvoie au daïmon, donc à un principe extérieur. L’idée de hasard existe aussi en anglais : happiness vient de happen, arriver au hasard.2. État de contentement total, stable et durable qui représente un optimum existentiel pour la vie terrestre.

Béatitude :c’est une forme de bonheur d’une grande intensité. C’est un état permanent, auquel rien ne peut manquer et dont jouissent les "élus" au Paradis.

Félicité : c’est également une forme de bonheur sans mélange, durable, infini. Alors que la béatitude indique un débordement de vie venu de l’intérieur, la félicité est davantage liée aux circonstances, à la situation.

Contentement : c’est l’état profond et durable de celui qui ne désire rien de plus, rien de mieux que ce qu’il a.

Plaisir/Joie

Plaisir : une sensation, un état, voire un principe. En tant que sensation, il s’oppose à la douleur. Le plaisir est le signe qu’un besoin ou un désir a été satisfait, sur un plan physique ou moral. Quand ce n’est plus seulement une sensation mais un état prolongé d’équilibre, il s’oppose à l’insatisfaction. Un tel état de plaisir est recherché par l’individu humain comme par tout être vivant. Cette recherche devient alors une force, une tendance naturelle qui oriente l’activité : le plaisir devient une fin, et sa recherche, un principe.

Le principe de plaisir cherche à donner satisfaction aux désirs et à mettre fin aux manques. Il se heurte à un autre principe : le principe de réalité. En effet, pour s’adapter à la réalité, pour se développer, pour s’ouvrir à d’autres formes de plaisirs, l’individu doit renoncer à de nombreux plaisirs immédiats, ou bien les remettre à plus tard, les différer.

Chez Freud : le principe de plaisir stipule que l’activité psychique tend naturellement à l’évitement du déplaisir et à la recherche active du plaisir. Les pulsions tendent automatiquement vers leur débouché qui, dans le meilleur des cas, suscitera chez l’individu une sensation de plaisir. Freud est parti de la notion de principe de déplaisir puis de celle de déplaisir-plaisir : le plaisir (au contraire de la jouissance) consiste en un abaissement de la tension. L’individu recherche sa satisfaction plutôt que son plaisir, celui-ci n’étant qu’une modalité de celui-là. Freud interprète le principe de réalité comme une modification du principe de plaisir et comme régulateur de celui-ci.

Joie : c’est une émotion. Une émotion n’est pas une simple sensation, c’est un mouvement qui nous fait sortir hors de nous-même.
Spinoza (1632-1677) en fait l’un des deux affects fondamentaux, opposé à la tristesse, et la définit comme le passage à un perfection plus grande, comme augmentation de notre puissance d’agir accompagnée de conscience.

Volupté/Extase/Nirvana : manifestations non ordinaires du bonheur= expériences limites.

Volupté : vif plaisir des sens que l’on goûte pleinement. Le mot insiste sur l’aspect charnel, physique du plaisir.

Extase : ce terme, d’usage essentiellement religieux, se dit d’un moment exceptionnel où l’âme , coupée de tout ce qui l’entoure, a le sentiment de communiquer avec une réalité surnaturelle : Dieu, la Nature, la Beauté...

Nirvâna : moment également exceptionnel, mais dans un autre contexte culturel. Le nirvana est le but ultime du sage bouddhiste. le mot veut dire "extinction". L’état de perfection que peu de personnes peuvent atteindre signifie l’extinction totale de tous les désirs, de tous les mouvements du corps et de l’âme qui nous attachent à cette vie.

Dans le bouddhisme, la finalité de toute existence définie comme extinction définitive de la souffrance (duhkha), libération de la transmigration (samsâra). En même qu’il en constitue la prise de conscience, l’éveil (bodhi) est un avant-goût de nirvâna. Sur le contenu propre de celui-ci, Bouddha (v. 565- v. 486 av. J.-C.) a toujours refusé de se prononcer. Les textes ultérieurs distinguent le nirvâna et le nirvâna parfait (parinirvâna). 2. Schopenhauer (1788-1860) reprend le terme pour désigner le renoncement au vouloir-vivre et la sérénité qui découle de ce renoncement (le suicide étant condamné par lui comme un ultime sursaut du vouloir-vivre).
Principe de nirvâna:expression originellement utilisée par Freud pour désigner la tendance de l’appareil psychique à supprimer toutes les tensions en vue d’atteindre la constance parfaite comme plaisir dernier. Freud lie ce principe à la pulsion de mort.

Apathie/Ataraxie

Ce sont des idéaux philosophiques.

Ataraxie : chez les Stoïciens et chez les Épicuriens, l’ataraxie est l’absence de trouble de l’âme. C’est un état d’équilibre où l’être humain, après avoir trié et maîtrisé ses désirs, n’est plus troublé par aucun manque. Il peut se rendre alors disponible au simple plaisir de vivre.

Apathie : dans le stoïcisme, c’est l’absence de passions. Les passions sont les maladies de l’âme. Elles nous mettent hors de nous et nous font souffrir. L’absence de passion n’est pas l’absence de vie, de curiosité, de dynamisme, bien au contraire. Tout ce qui nous ramène à nous-même est bon. Puisque les passions sont ici synonymes de maladies (pathos= "passions" = "maladie"), elles représentent tout ce qui nous éloigne de nous-mêmes.

Eudémonisme/Hédonisme/Utilitarisme

Eudémonisme (eudaïmon, "heureux") : c’est un ensemble de doctrines philosophiques qui ont en commun de faire du bonheur le but suprême de la vie sur Terre. la plupart des philosophes antiques et classiques sont eudémonistes. Ce n’est pas le cas, au contraire, d’un grand nombre de courants religieux qui mettent au premier plan le bonheur dans une vie future, au prix d’un renoncement au bonheur dans cette vie-ci.

Hédonisme (du grec hêdonê, "plaisir") :à l’intérieur du courant eudémoniste, c’est une doctrine qui identifie le bonheur au plaisir. La recherche du plaisir, ainsi que l’évitement de la souffrance sont conçues comme les deux axes symétriques de toute vie naturelle. C’est un principe que l’on retrouve chez es animaux. En ce qui concerne les hommes, il convient d’ajouter que tous les plaisirs ne sont pas à rechercher (certains à court ou à moyen terme amènent souffrances et maladies), ni toutes les souffrances à éviter aller chez le dentiste est gage d’une tranquillité future). Puisque l’homme peut prévoir, il doit calculer : quels plaisirs apporteront quelles souffrances ? quelles souffrances momentanées permettront quels plaisirs futurs ?

Utilitarisme : pour l’utilitarisme, le bonheur nets pas seulement le but d’une vie morale, c’est aussi le critère qui permet de définir un acte comme moral : on peut appeler moral tout acte qui favorise "le plus grand bonheur du plus grand nombre". Le devoir de chacun est en effet de favoriser le bonheur du plus grand nombre, et l’on suppose qu’en cherchant le bonheur des autres, on construit en même temps son propre bonheur.

Ascétisme/Rigorisme


En opposition aux doctrines qui défendent un bonheur terrestre, certaines attitudes nient que la vie humaine ait comme but le bonheur ici-bas.

Ascétisme : l’ascétisme prône une vie de privation, de refus de tous les plaisirs des sens, en vue d’une vie supérieure.

Rigorisme : de même, le rigorisme défend un respect très strict, parfois exagéré des règles de la religion et des principes de la morale. dans ces conceptions, la vie n’est pas donnée à l’homme pour être heureux sur Terre, mais pour obtenir le salut de son âme.


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