lexique ART par le musée des Beaux-Arts de lyon

mercredi 11 février 2009
par  Lydia COESSENS

Abstraction-Création
Association fondée le 15 février 1931 par Georges Vantongerloo et Auguste Herbin, qui a publié de 1932 à 1936 la revue Abstraction-Création (cinq numéros). De nombreux artistes européens actifs dans le champ de l’abstraction y ont collaboré. L’association (de plus de 400 membres européens et américains) a organisé les conférences et les expositions de tous ceux qui, en renonçant à la représentation de l’objet, « retrouvent la parole et la liberté créatrice ». Cette association, préparée par le groupe Cercle et Carré et par l’Art Concret de Théo Van Doesburg, a fait de Paris un pôle de création important dans le domaine de l’abstraction.
Par exemple, les artistes Arp, Albert Gleizes, Piet Mondrian ont collaboré à l’association Abstraction-Création.

Abstraction lyrique
L’abstraction lyrique est un mouvement artistique qui se développe à Paris après la Seconde Guerre mondiale.
À cette époque, regroupés sous la bannière de l’École de Paris, des artistes comme Hans Hartung, Jean Bazaine, Roger Bissière, Pierre Soulages, Nicolas de Staël appliquent les premiers, les leçons de Vassily Kandinsky. Nourris de l’art de ce dernier considéré comme l’un des pères de l’abstraction, ils découvrent la liberté et l’émotion qu’ils opposent à l’abstraction géométrique.

Action painting
(de l’anglais, signifiant « peinture d’action »)
Terme proposé en 1951 par le théoricien Harold Rosenberg, s’appliquant aux peintres de l’Expressionisme abstrait, et plus particulièrement à la pratique de Jackson Pollock.
L’action painting met en avant l’acte physique de peindre et la gestuelle de l’artiste, qui semble entrer en action avec le tableau, en lutte avec le support. L’œuvre devient ainsi le témoin de la chorégraphie que l’artiste a effectuée. Il illustre les pulsions de l’artiste au moment de son travail créateur. La technique du dripping répond donc à cet objectif puisqu’elle permet de traduire l’énergie de celui qui crée.

All-over
(De l’anglais, signifiant « intégral »)
Principe pictural et procédé de composition où les éléments picturaux sont répartis également sur toute la surface, paraissant même pouvoir s’étendre au-delà du tableau. La perception est ainsi décentrée, l’œil n’étant plus dirigé dans une direction définie.
Ce terme a servi à caractériser la démarche de Jackson Pollock au cours des années 1940.

Aquarelle
Technique de peinture à l’eau qui consiste à diluer abondamment les pigments.

Art abstrait
Courant majeur qui apparaît au début du 20ème siècle. Les artistes de ce courant ne cherchent plus à représenter ou à copier une réalité. L’utilisation de formes géométriques simples en relève.

Art brut
Terme qui apparaît en 1945. Il désigne selon le peintre Jean Dubuffet les œuvres spontanées immédiates, brutes, fortement influencées par l’art primitif, les dessins d’enfants, ou ceux d’aliénés mentaux, qu’il appelle « des singuliers de l’art ».

Art figuratif
Art qui s’attache à la représentation d’un objet.
C’est depuis la naissance de l’art abstrait que le terme « art figuratif » est apparu pour se référer à toute forme d’art maintenant des références au monde matériel (paysage, figure humaine, objet, etc.), en opposition à l’art abstrait.

Art informel
C’est en 1951 que le critique d’art Michel Tapié organise à Paris une exposition intitulée « Véhémences confrontées » et qui rassemble entre autres des artistes tels que Camille Bryen, Hans Hartung, Wols, Georges Mathieu, Jackson Pollock, Willem de Kooning, Jean-Paul Riopelle. Les œuvres exposées sont non figuratives et privilégient matières, traces et tâches de couleurs au détriment de la forme.
Tapié organisera très vite d’autres manifestations comme « Signifiants de l’informel » retenant plus particulièrement le travail sur la matière de Jean Dubuffet, Jean Fautrier, ou encore d’Antoni Tàpies.

Art roman
De la fin du 10ème siècle à la première moitié du 12ème siècle, l’art roman se développe au sein de l’occident chrétien. Il se caractérise par la prédominance de l’architecture religieuse (plan basilical, voûte), le développement de la sculpture au niveau des tympans et des chapiteaux, et par la variété régionale des styles.

Automatisme
Ce procédé a été particulièrement utilisé par les surréalistes d’abord pour l’écriture puis pour le dessin et la peinture. Il consiste à laisser à la main et au corps une autonomie de mouvement telle que l’intervention ou le contrôle de la conscience devienne le plus mince possible.

Avant-garde
Le terme avant-garde est emprunté au vocabulaire militaire et désigne les troupes envoyées en avant de la progression d’une armée.
Ce terme est aussi utilisé à partir du 20ème siècle pour désigner des artistes ou des œuvres qui manifestent une volonté de rompre radicalement avec des traditions, des conventions, des écoles établies.

Brou de noix
Teinture brune faite à partir de l’enveloppe recouvrant la coque des noix.

Color field (US) ou Colour field (GB)
(De l’anglais, signifiant « champ coloré »)
Pratique picturale qui privilégie la couleur et qui consiste à peindre de grandes plages chromatiques posées en aplats, modulées par des effets de matière et ou de dégradés de couleurs.
Les œuvres, souvent monumentales, excluent toute forme de figuration, et peuvent mener à une phase méditative. Tout ceci permet d’intensifier la présence de la couleur ainsi que ses qualités formelles (luminosité, expressivité, réalité physique). Les œuvres color field donnent ainsi une sensation d’enveloppement du spectateur, et créent un rapport fort et émotionnel avec lui.

Dripping
(De l’anglais « to drip », « goutter »)
Technique picturale consistant à appliquer la peinture sur le support par projection, coulure ou égouttement, à l’aide d’un bâton ou d’un pinceau, sans contact direct avec ce dernier. Le dripping reproduit ainsi la gestuelle de l’artiste et matérialise son énergie à travers le geste. Le support est généralement posé à l’horizontale afin que l’artiste puisse mieux contrôler son action.
Jackson Pollock a expérimenté le dripping dès 1936, dans l’atelier du peintre mexicain David Alfaro Siqueiros. D’autres artistes comme André Masson, Max Ernst ou Hans Hoffmann s’y étaient déjà employés, mais personne avant Jackson Pollock n’avait créé de tableau entièrement réalisé dans cette technique.

Expressionnisme
Mouvement artistique européen de la fin du 19e siècle, privilégiant l’expression d’une émotion ou d’une angoisse. Les compositions sont simplifiées, les couleurs très vives, le geste du peintre très présent. Les artistes s’éloignent des préoccupations purement plastiques et rejettent la représentation insouciante de la réalité, provoquant parfois chez le spectateur un certain malaise, renforcé par des sujets inquiétants.
La tendance expressionniste se manifestera au 20e siècle dans deux groupes célèbres : l’association Die Brücke (« le Pont »), fondée à Dresde en 1905 et dissoute en 1913, puis la Neue Künstlervereinigung (« la Nouvelle association d’artistes ») qui prendra le nom de Blaue Reiter (« Cavalier bleu ») à Munich en 1911.

Expressionnisme abstrait
Mouvement artistique américain apparaissant dans les années 1940, appelé également École de New York.
Les œuvres des expressionnistes abstraits se caractérisent par l’importance accordée à la gestualité. S’éloignant du cubisme et du surréalisme, ils s’intéressent à la réalité de la vie américaine (et notamment aux problèmes sociaux et économiques liés à la crise de 1929), aux bouleversements dus à la Seconde Guerre mondiale, à la présence d’artistes européens réfugiés à New York pour fuir la menace du nazisme (comme par exemple, Piet Mondrian ou Joan Miró).
L’expressionnisme abstrait regroupe plusieurs tendances, comme l’action painting et le color field. Certains artistes s’expriment en conservant des traces de figuration, d’autres les éliminent complètement.
La première génération d’expressionnistes abstraits (1942-1957) regroupe des artistes comme Jackson Pollock, Mark Rothko, Arshile Gorky ou Willem de Kooning. Les artistes de la seconde génération comme Joan Mitchell ou Morris Louis diffuseront leur art en Europe à partir de 1964.

Glacis
Technique picturale qui consiste à superposer de fines couches de couleurs transparentes sur une couche de peinture opaque, afin d’en modifier la couleur tout en la laissant apparaître en-dessous.

Maroufler
Technique qui consiste à coller un support sur un autre support pour renforcer sa solidité.
On peut également maroufler une toile peinte sur un mur.

Minimalisme
Mouvement artistique apparaissant à la fin des années 1950 aux Etats-Unis. Les formes représentées sont simplifiées à l’extrême, aussi bien en peinture qu’en sculpture, obligeant le spectateur à se concentrer sur les plus petites modifications dans les moyens employés. Les artistes semblent s’impliquer le moins possible dans leurs œuvres et prennent de la distance par rapport à leurs créations.

Mise au carreau
La mise au carreau est un procédé permettant de reproduire une image à une échelle différente, en respectant rigoureusement les proportions. Un quadrillage du dessin, de la photographie ou de la peinture initiale permet de créer des points de repère. Ce quadrillage est reporté à une échelle plus grande ou plus réduite sur le support final directement ou par le biais d’un calque et les points constituant l’image sont également reportés.

Monochrome
Mot désignant une œuvre non-figurative se réduisant à une surface ou un relief exécuté en une seule couleur.

Muralisme mexicain
Mouvement artistique apparu au Mexique vers 1921, après la révolution. Le ministre de l’Education, José Vasconcelos, met alors en place une politique de commandes publiques monumentales, ayant pour objectif de contribuer à l’éducation du peuple mexicain.
Les grandes compositions murales décrivent la vie du peuple, le folklore et les moments emblématiques de l’histoire mexicaine jusqu’à la révolution. Les artistes puisent leur inspiration dans la peinture murale précolombienne, et renforcent l’expression par l’inspiration de l’art occidental (classicisme, maniérisme italien, expressionnisme, futurisme).
À partir des années 1930, les peintres muralistes mexicains acquièrent une réputation internationale, répondant à des commandes dans le monde entier. Leur influence est particulièrement sensible aux Etats-Unis entre 1931 et 1941. Par exemple, l’artiste David Alfaro Siqueiros crée une école à New York. Jackson Pollock sera l’un de ses élèves.
Le muralisme se poursuivra au Mexique jusque dans les années 1950.

Novecento
(De l’italien, désignant « 20e siècle »)
Groupe artistique formé à partir de 1922 par la critique Margherita Sarfatti. Une revue artistique et littéraire trimestrielle paraîtra de 1926 à 1929.
Le groupe expose pour la première fois à la galerie Pesaro à Milan en mars 1923. Il devient officiellement un mouvement en 1926, sous le nom de « Novecento italiano ».
Le Novecento est opposé à la notion d’Avant-garde et au Futurisme, se devant « d’être populaire et d’attirer le public ». Il n’est pas défini par une doctrine esthétique rigide, et renoue souvent avec l’art classique et Renaissance (monumentalité, technique de la fresque…).
À la fin des années 1920, le Novecento est récupéré par le gouvernement de Mussolini et devient malgré lui le faire-valoir des valeurs fascistes : la famille, le travail, la nation, le sport, le courage. Achille Funi et Mario Sironi sont alors les figures les plus actives du mouvement, qui disparaîtra en 1933.

Pouring
(De l’anglais « to pour », « verser »)
Technique picturale consistant à appliquer la peinture sur le support, sans l’aide d’aucun instrument, en la laissant s’écouler directement du pot (dont le fond a été préalablement percé). On peut déceler dans cette technique la gestuelle de l’artiste, la coulée de peinture elle-même, ainsi que les accidents survenus au moment où la peinture touche le support (taches, giclées, éclaboussures, gouttelettes…).

Rites chamaniques
Le chamanisme est un système de croyances et de rituels très répandu chez les indiens d’Amérique.
Le chaman (signifiant « celui qui danse, qui bondit, qui s’agite ») est une sorte de prêtre-sorcier, à la fois devin et thérapeute, agissant pour le bien de la communauté. Il fait le lien entre les hommes et les esprits de la nature.
Pendant les cérémonies rituelles, il est capable d’entrer dans ce que l’on nomme des « extases » ou des « transes » : ce sont des états comme le rêve ou les visions, qui lui permettent de sentir les forces de la nature ou de communiquer avec elles.
Dans les œuvres de Jackson Pollock, fasciné par les Amérindiens, le mouvement créé par les lignes entrecroisées pourrait être une manière de transcrire l’idée de renouveau chère au chamanisme.

Surréalisme
C’est en 1924, qu’André Breton donne naissance à ce mouvement littéraire et artistique qui réunit de très nombreux artistes. Dans le Manifeste du Surréalisme (1924) il énonce : " SURRÉALISME n.m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en dehors de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. " Il ajoute : " Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. " Il définit la peinture surréaliste comme " la représentation intérieure de l’image présente à l’esprit. " (Le Surréalisme et la Peinture, 1928). En accord avec ces principes, les artistes surréalistes pratiquent l’écriture ou le dessin automatiques, le cadavre exquis, créent des décalcomanies, des collages, des frottages, des sculptures, des objets à fonctionnement symbolique, etc.
En décembre 1924, publication de la première revue surréaliste : La Révolution surréaliste (1924-1928). D’autres suivront, comme Le Surréalisme au service de la révolution, créée en 1930 ou comme Le Minotaure en 1933.
La première exposition du groupe, la Peinture surréaliste, a lieu en 1925 à Paris. Elle est suivie de nombreuses autres. De 1927, date de l’adhésion de Breton au parti communiste français, à 1935, le groupe surréaliste se désunit. Si certains de ses membres prônent un engagement politique, d’autres s’opposent à cette inflexion du mouvement. En 1935, Breton fait volte-face, il rompt avec le parti communiste français et avec le stalinisme.
Entre 1933 et le début de la Seconde Guerre mondiale, l’audience du mouvement s’internationalise (Belgique, Tchécoslovaquie, Suisse, Angleterre, Japon, etc.). La première exposition internationale se tient à Londres en 1936. Une autre rassemble à Paris en 1938 les principaux tenants du Surréalisme dans le monde.
Pendant la guerre, nombre de surréalistes s’exilent aux États-Unis. Leur influence sera déterminante pour la peinture américaine. Après la guerre, l’histoire du mouvement surréaliste se poursuit jusqu’en 1969 avec son cortège de ruptures, d’exclusions.


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