L’exposition Guillaumon "Ils continuent" par Benoît Ivars, TS1

mercredi 11 février 2009
par  Lydia COESSENS

Vous trouverez la version illustrée et comportant des notes en document joint.

Qu’est-ce qui, dans le travail de Guillaumon vous a intéressé, étonné, amusé...? Justifiez votre réponse.

Au premier abord , l’œuvre de Guillaumon ne m’a pas touché pas , j’avais l’impression de voir défiler une suite de « créations plastiques » sans réel profondeur ni signification , c’est donc sans émotion que j’ai vécu cette visite . En effet , devant ces productions , j’ai eu étrangement beaucoup de mal à situé la part artistique de l’œuvre , je n’ai été que partiellement touché par les techniques de réalisation mais ce n’est pas la technique qui m’intéresse dans l’art mais plutôt l’émotion que le rendu transmet .
Il convient de dire dans un premier temps que selon moi tout art possède une matière première prenant comme socle de bases les impressions sensorielles. Tous les jours nous sommes sujets à une multitude d’impressions sensorielles à travers nos sens qui nous pleuvent sur la tête et c’est la qu’entre en jeu l’artiste : il est là pour ordonner cette masse d’impression ou du moins s’en servir de sorte qu’elle ait du sens. L’artiste transforme le chaos d’impressions en œuvre d’art.
On peut dire que chaque œuvre d’art détermine d’une manière exclusive la sensibilité de l’artiste, de son expérience, de son vécu, de sa pensée... mais il ne faut pas voir là que l’art serait une photocopie de la réalité, il n’en est pas. En théorie donc, l’art se résume pour moi à la différence qu’il existe entre une œuvre d’art et l’objet car tout objet ou produit requiert une notice ; or l’œuvre d’art elle non, elle doit être directement interprétable car il s’agit d’un jeu d’impressions, elle n’est sujette qu’à la capacité d’autrui à interpréter par ses sens des impressions sensorielles. Elle n’est vouée qu’à sensation et réflexion.
De nos jours, on observe l’émergence d’une nouvelle conception de l’art selon laquelle " est artiste celui qui touche par son art un grand nombre de personnes » ; en fait certes il y a dans cette définition une part d’erreur qui ne mérite même pas justification, mais je dirais que malheureusement aujourd’hui on a trop tendance à qualifier d’art ce qui touche à autrui et a fortiori ce qui touche le plus de personnes. L’artiste crée donc dans l’optique de plaire et en oublie son sens véritable, tragédie car on se retrouve dans un cercle vicieux emprunt d’impersonnalité.
[...]L’art est donc à mon propos un pont de sensibilité entre l’artiste et l’amateur ou non, un jeu de sens, un véritable partage de sentiments humains à travers un mode d’expression original qu’est l’art, en d’autres termes un pont d’humanité.
Et pour finir, je terminerais sur cette citation qui pour moi résume ma pensée de manière plus éloquente :

"L’œuvre d’art n’est pas le reflet, l’image du monde ; mais elle est à l’image du monde. " Eugène Ionesco.

Or là, lors de la visite de cette exposition, honnêtement je n’ai rien ressenti, n’entendons pas là que je n’ai pas cherché à ressentir, refusant toute tentative d’ouverture au sens de l’artiste, mais je n’ai pas ressenti l’émotion dans aucune des œuvres présentées. C’est donc ce qui a constitué mon désintéressement consenti tout au long de la visite ou presque , cependant , sens en éveils , j’ai continué à scruter l’émotion dans le travail de Guillaumon , en vain . Je ne sais pas si ma justification en est une en soi , mais j’aurais du mal à justifier mes émotions , c’est une partie de moi que je n’explique pas ou pas encore , je tenais juste à situer ma sensibilité à ce propos .

Une réalisation de JC Guillaumon m’a particulièrement interpellé , celle du jeu de GO par sa justesse imparable en terme de technique artistique mais encore une fois , par moi même je n’ai pas réussi à ressentir ou à comprendre la profondeur de cette œuvre , il est aussi certainement question de degrés de sensibilité bien différent ou pas , je sais ne pas prêcher la parole juste mais je tente de me justifier car pour moi l’œuvre de Guillaumon à mon niveau d’interprétation n’est pas de l’art si ce n’est une dénaturation de l’art par « l’art » … En découle mon étonnement , car qu’est ce qu’un artiste aimerait à procurer chez autrui par une dénaturation de l’art alors que celui-ci se caractérise ou non par la détermination d’artiste ? Est-ce en soi de l’art ça ou seulement une volonté d’originalité ? Je ne vais pas dire que j’ai cru à une blague en voyant l’exposition , loin de là , mais sincèrement je n’ai pas compris le sens de beaucoup de ces travaux .Ainsi son univers qu’est le sien , m’a étonné , au moins , je ne fus pas impassible , emprunt d’originalité , il m’a fait réfléchir sur ce que l’art est ou pas .

Par conclusion , je terminerais donc sur le fait que certes je n’ai pas ressenti l’émotion dans le travail de Guillaumon , je lui reconnais cependant son originalité et sa technique certaine , seul point sur lequel mon intéressement fut consenti et mon étonnement satisfait . Même si au premier abord , l’œuvre de JC Guillaumon ne m’a pas touché , il a réussi grâce au recul à me questionnr sur le sens de l’art et c’est en soi j’acquiesce déjà quelque chose de conséquent n’étant pas friand d’art .

Quels sont les artistes ou mouvements artistiques qui sont cités ou auxquels il se réfère ? Les exposer .

Théâtralement parlant , l’œuvre de Guillaumon est dite proche de la conception défendue par Tadeus Kantor*

(Tadeusz Kantor né en 1915, mort en 1990. Metteur en scène polonais, réalisateur de happenings , peintre, scénographe, écrivain, théoricien de l’art, acteur de ses propres spectacles, défini comme artiste total ), il définit lui même sa conception comme étant « Œuvre qui n’exhale rien, n’exprime rien, n’agit pas ne communique rien, n’est pas un témoignage ni une reproduction, ne se réfère pas, à la réalité, au spectateur, ni à l’auteur qui est imperméable à la pénétration extérieure, qui oppose son opacité à tout essai d’interprétation, tournée vers NULLE PART, vers INCONNU n’étant que le VIDE, un « TROU » dans la réalité, sans destination, et sans lieu, qui est comme la vie passagère, fugitive, évanescente, impossible à fixer et à retenir, qui quitte le terrain sacré qu’on lui a réservé, sans rechercher des arguments en faveur de son utilité.
Qui EST, tout simplement, qui par le seul fait de son AUTO-Existence MET TOUTE RÉALITÉ ENVIRONNANTE DANS UNE SITUATION IRRÉELLE ! (on dirait « artistique »). Quelle fascination extraordinaire dans cette inattendue RÉVERSIBILITÉ ! » . Tout comme Tadeusz Kantor , Guillaumon fréquentait le mouvement fluxus* ( mouvement d’art contemporain des années 60 qui toucha principalement les arts visuels ) et s’accordait avec son idéologie utopique selon laquelle par un humour dévastateur et provocant, faire littéralement exploser les limites de la pratique artistique, abolir les frontières entre les arts et construire un lien définitif entre l’art et la vie.

D’autre part , Guillaumon se réfère à l’art « Action Painting » qui signifie peinture d’action ou gestuelle , c’est un art abstrait créé par Harold Rosenberg pour caractériser l’importance de la gestualité dans le travail de certains artistes expressionnistes abstraits .

Vermeer, la peinture, vers 1666-73

Cézanne, La corbeille de pommes, 1890-1894

Manet
Manet, Olympia, 1863

Chez Guillaumon on retrouve des références à Vermeer, Cézanne et Manet où il ne met pas en valeur ses œuvres mais s’en sert pour dénoncer je cite « cette mimésis que la peinture quelque soit son genre, histoire, mythologie, religion, paysage, nature morte, entretenait à l’égard de la nature : l’illusion du réel, un pouvoir de la représentation où de ce qu’on appelle communément la figuration qui masqua durablement les fins de l’art, réduisant même le travail de l’artiste à sa technique ou à son style » .
Il est ainsi question dans cette optique là de dénonciation de ces œuvres impressionnistes de surimpression , art que pratique Guillaumon .

En quoi son travail permet-il de réfléchir a la question du sujet ( « Je est un autre » , le thème de l’effacement du sujet ...)A argumenter.


Son travail nous permet de nous questionner sur l’identité, sur ce que nous sommes vraiment , ce qui nous différencies d’autrui , le rapport que l’on entretient avec l’autre , l’importance de la relation à autrui pour l’intégrité de sa propre identité tout en suggérant dans l’intégralité de son œuvre que l’on peut être autre à soi même . C’est donc une sorte de remise en cause de la frontière entre identité et altérité qui nous invite à réévaluer le sujet dans sa dimension à autrui. Ce qui me laisse à penser cela c’est que par sa démultiplication du soi par le soi ( c’est comme ça que je caractériserais cet aspect du travail de Guillaumon ) , l’artiste nous invite à prendre conscience que chaque Guillaumon n’est pas une imitation du vrai et qu’il peut s’être autre ce qui nous renvoie ainsi à notre propre personne , et nous invite à réfléchir à son propos , à notre propre identité .
Ainsi on pourrait aussi dire que l’œuvre de Guillaumon nous renvoie à un autre thème , celui de l’effacement du sujet : le « je » disparait comme sujet et laisse place à toutes les possibilités . Le sujet est ainsi distancé , neutralisé . Guillaumon n’imite pas Guillaumon , chaque Guillaumon est un être possible . Les différents Guillaumons expriment les qualités, les défauts , les humeurs et autres caractères humains parfois au seuil même du mythe incarné .


Documents joints

exposition Guillaumon
exposition Guillaumon

Sites favoris


20 sites référencés dans ce secteur