FREUD (le génie)

mercredi 7 octobre 2009
par  Lydia COESSENS

Présentation de Freud par Christian Godin dans son Dictionnaire de philosophie :

Freud Sigmund (21856-1939) Médecin autrichien fondateur de la psychanalyse.

Par la richesse théorique de son œuvre, qui a pour objet la psyché humaine dans ce qu’elle a de plus obscur et de plus ignoré, par le caractère révolutionnaire de sa pensée, il a eu sur la philosophie un impact considérable.
A l’opposé du matérialisme dominant de la seconde moitié du XIX è siècle, Freud (sans jamais minimiser l’importance du substrat biologique –ce que fera Lacan plus tard) accorde au symbolique et à ses mécanisme propres une force décisive. Les troubles et les dysfonctionnements psychiques dont l’être humain souffre sont l’effet de la contradiction (inévitable) entre l’intensité continue des pulsions et le caractère intermittent et éphémères, aggravé par des obstacles de toutes sortes, des moyens de les satisfaire. En l’absence de la sublimation qui permet de satisfaire les pulsions sur un plan non pulsionnel (par le jeu, le sport, le travail), le refoulement perturbera à la fois les représentations (rêves) et le comportement (actes manqués) de manière plus ou moins accentuée. La psychanalyse ruine définitivement l’espoir d’une sagesse humaine définie depuis l’Antiquité par l’unité du soi et le calme, voire la mise à l’écart, des passions. Le moi est voué à une série de divisions inévitables. Ce pessimisme transparaît dans la conception que Freud se fait de la société et de l’Histoire. Il n’y a pas de culture sans le refoulement qui fait le malheur de l’homme. Aujourd’hui la psychanalyse peut se glorifier d’un grand siècle d’avancées théoriques. Mais sa pratique fondée sur l’acte de la parole est sérieusement menacée par une médecine qui tend à n’accorde sa confiance qu’à la pharmacopée.

Principaux ouvrages : L’interprétation des rêves (1900), Psychopathologie de la vie quotidienne (1904), Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905), Totem et tabou (1913), Introduction à la psychanalyse (1916), Au-delà du principe de plaisir (1920), Malaise dans la civilisation (1930), Moïse et le monothéisme (1939)

****************************************************

FREUD 1856-1939

C’est le 6 mai 1856, à Freiberg, en Moravie (république tchèque) que naît Sigismund Freud (il changea son prénom en Sigmund à 22 ans) (en plus de ce prénom allemand, on lui donna le prénom juif de son grand père Salomon (de Schlomo : le Sage) mort peu avant sa naissance. « Mes parents étaient juifs ; moi-même je suis demeuré juif » La famille de Freud vient s’installer à Vienne en 1860. Malgré la modestie des revenus de ses parents, le jeune Sigmund commence des études de médecine en 1873.

La soif du savoir

Il se tourne vers la médecine, mû « par une sorte de soif de savoir », une soif qu’attise alors pour lui l’interprétation du monde promise par Darwin et qui se porte davantage sur les relations humaines que sur les sciences naturelles. C’est sans doute pourquoi il se montre rapidement attiré par la psychiatrie. Ses premiers travaux concernent toutefois l’anatomie, plus exactement l’étude des tissus du système nerveux. Diplômé de médecine en 1881, il entre comme interne à l’hôpital et poursuit ses recherches sur le cerveau. Son talent pour l’observation et la localisation de l’origine des maladies organiques du système nerveux est vite remarqué. Mais à l’époque, Freud avoue qu’il ne comprend rien aux névroses !

Une vie au service de l’œuvre

En novembre 1882, le docteur Breuer lui fait part du cas d’une jeune fille, Bertha Pappenheim, surnommée par discrétion Anna O., qui présente des symptômes d’hystérie et qu’il soigne grâce à l’hypnose. Cette malade était une amie de Martha Bernays, que Freud s’apprête à épouser. Le cas d’Anna O. a eu sur Freud une influence décisive, au point que celui-ci dira, pour rendre hommage à Breuer, qu’il est la véritable origine de la psychanalyse.
A partir de 1885, il n’est pas abusif de soutenir que la vie de Freud est indissociable de son œuvre : quand il prénomme ses enfants (Mathilde, Anna), c’est toujours en référence à ceux qui comptent pour lui dans le développement de sa théorie (sauf, peut être, en ce qui concerne son fils Olivier né en 1891 et prénommé d’après Cromwell), ses amis (par exemple Wilhelm Fliess ou Ferenczi) sont avant tout des interlocuteurs dans sa réflexion, quand ils ne sont pas ses patients ; ses voyages (à Paris, à Nancy, à Salzbourg, en Italie….) n’ont jamais d’autres mobiles que professionnels ; sa santé est toujours le prétexte à un approfondissement sur la névrose… Bref, en présentant la psychanalyse, c’est Freud que l’on exhibe. Il a lui-même écrit un ouvrage au titre significatif : Ma vie et la psychanalyse. Par ailleurs, l’un de ses meilleurs disciples a publié en trois tomes une excellente biographie intitulée : La vie et l’œuvre de Sigmund Freud (Paris, Ed. PUF, coll. Bibliothèque de psychanalyse, 1988-1992)

Il meurt paisiblement le 23 septembre 1939 après qu’il a demandé à son médecin de lui injecter de la morphine du fait des souffrances insupportables que lui causait son cancer de la mâchoire. Zweig écrira : "Ce fut la sublime conclusion d’une vie sublime, une mort mémorable au milieu de l’hécatombe de cette époque meurtrière. et quand nous, ses amis, fîmes descendre son cercueil, nous savions que nous abandonnions à la terre anglaise ce que notre patrie avait de meilleur"

LA VOIE DE L’INCONSCIENT

Premières découvertes

S’agissant de son œuvre eu égard à la philosophie, notons que Freud s’est d’abord proposé de comprendre les affections psychiques dans le cadre de ce que l’on nommait alors « les sciences de la nature » (Naturwissenschaften) et non pas dans celui des « sciences de l’esprit » (Geistwissenschaften). [1] Au départ, la psychanalyse se voudra une science explicative et elle refusera le dualisme épistémologique en vertu duquel deux méthodes –l’une causaliste, l’autre interprétative- devraient s’appliquer respectivement aux deux objets distincts que seraient le corps et l’âme. Le modèle de scientificité sera toujours incarné, pour Freud, dans la physique et la chimie, dont la psychanalyse voudra s’inspirer.
En 1885, Freud est habilité à enseigner la neuropathologie et il se rend à Paris pour suivre les leçons du célèbre professeur Charcot à la Salpêtrière. Auprès de lui, il fait quelques découvertes bouleversantes : il est confronté à la réalité des phénomènes hystériques, i.e. à ces maladies qui affectent le corps de multiples manières (depuis de simples toux jusqu’aux paralysies les plus spectaculaires) sans qu’on puisse leur imputer quelque cause organique que ce soit. Depuis Hippocrate, on connaissait ces troubles étranges, mais, quand on ne leur prêtait pas une origine diabolique, on les dénonçait comme de vulgaires simulations. Charcot, lui, les range parmi les maladies neurologiques et, à ce titre, les impute à un dysfonctionnement du système nerveux central. Freud sera conduit à les présenter comme des maladies psychiques et c’est en cherchant à en comprendre les mécanismes qu’il fera la plupart de ses découvertes.
A la Salpêtrière, Freud apprend aussi que l’hystérie peut toucher des hommes –ce que la tradition refusait, en l’inscrivant justement sous le signe de l’utérus et en préconisant parfois, pour la soigner, l’ablation du clitoris. Enfin et surtout, grâce à Charcot, Freud constate qu’il est possible de produire, sous hypnose, des paralysies et des contractures hystériques, en tous points identiques à celles éprouvées par les malades dans l’hystérie spontanée. Il sait maintenant qu’on peut produire et supprimer des symptômes que la médecine avait renoncé à traiter. Il en tirera la conclusion que ces symptômes sont provoqués, non par un choc physique, mais par des représentations traumatisantes qui apparaissent alors que les malades se trouvent dans une situation psychique particulière. L’idée que l’hystérie est la traduction dans le corps d’un conflit psychique –qu’elle est donc « une maladie par représentation »- fait peu à peu son chemin.
En 1886, Freud installe son cabinet à Vienne, en qualité de spécialiste des maladies nerveuses. Le 15 octobre, il lit devant la Sociétés des Médecins un rapport intitulé « De l’hystérie masculine », qui décrit le cas d’un ouvrier souffrant d’affections hystériques à la suite d’une chute d’un échafaudage. Son auditoire lui refuse tout crédit, de même qu’il se trouve totalement scandalisé qu’un homme formé à la science veuille utiliser l’hypnose, non seulement pour dicter les comportements, mais également pour faciliter chez le patient l’émergence des souvenirs relatifs à l’apparition des symptômes. Car c’est bien ainsi que Freud s’en sert désormais, fort de sa rencontre avec le docteur Breuer quelques années auparavant. L’hostilité des médecins viennois aux premiers exposés de Freud explique en partie que la psychanalyse se soit durablement tournée vers les non-médecins pour les former à son étrange démarche thérapeutique.

Premières explications

Le traitement par hypnose appliqué par Breuer à Anna O.(jeune fille qui, tout en étant organiquement exempte de toute anomalie, se retrouva, à l’époque où elle soignait son père, affectés de strabisme et de macroscopie, de contracture des membres et de relâchement des muscles du cou, de toux spasmodiques, d’hydrophobie et de dégoût pour toute nourriture…) a été très riche d’enseignement pour Freud. L’hystérie lèse le fonctionnement du corps, mais résulte en fait de chocs affectifs dont le patient peut se délivrer si on lui offre les moyens d’en découvrir l’origine, sinon la logique. L’hypnose facilite cette découverte et justifie l’hypothèse selon laquelle la maladie s’installe à la suite de la répression de pensées ou d’impressions jugées inacceptables par le patient- répression qui, une fois surmontée grâce à la parole qui restitue et décante le souvenir traumatisant, n’a plus lieu d’être, pas plus que les symptômes qui l’accompagnaient. Freud a commenté le cas d’Anna O. et la manière dont « les symptômes disparurent lorsque, sous hypnose, la malade se rappela, avec extériorisation affective, à quelle occasion les symptômes s’étaient produits pour la première fois » [2]Freud abandonnera l’hypnose pour lui substituer une autre technique destinée aussi à débloquer la parole et à provoquer le souvenir. Cette méthode sera baptisée par lui « méthode des associations libres » parce qu’elle consiste à favoriser, dans la parole non entravée par les scrupules de la conscience morale, la levée des interdits qui empêchent le souvenir des conflits psychiques et la libération de l’énergie qui s’y est attachée. Ayant ainsi pris ses distances avec la méthode dite « cathartique » [3] du docteur Breuer, Freud aura bientôt invoqué l’existence de l’inconscient pour justifier d’abord que les souvenirs traumatisants puissent continuer d’agir sur et à l’insu des patients ; il aura émis une théorie du refoulement destinée à expliquer le mécanisme de production de la maladie psychique et aura mis au premier plan la vie sexuelle des individus, en particulier, la réalité de la sexualité infantile ; il aura proposé une description de l’appareil psychique susceptible de rendre compte du jeu des pulsions qui sous-tendent la personnalité ; il aura aussi élaboré sa fameuse théorie du rêve , cette « voie royale » qui mène à l’inconscient et qui fut frayée grâce à son auto-analyse, partiellement décrite en 1899 dans L’Interprétation des rêves. Bref, il aura fondé l’essentiel de la théorie psychanalytique.

Une théorie cohérente

Freud était persuadé que, si on refusait ses thèses, ce n’était pas à cause de leurs difficultés, mais par suite de résistances psychologiques- dont sa théorie peut précisément rendre compte. Freud enseigne le moyen de soigner des troubles nerveux grâce à une investigation de la vie pulsionnelle [4] de l’homme, soit la théorie de la libido. Cette théorie soutient que l’homme est habité de pulsions qui visent sa conservation (pulsions du moi) et d’autres qui concernent la sexualité (libido).
Freud a d’abord fait trois découvertes qui vont engager la théorie et la pratique psychanalytiques : tout d’abord, les névroses sont imputables à des dysfonctionnements de la sexualité, la quantité de libido y apparaissant anormale et difficile à satisfaire ; ensuite, les racines de ces maladies tiennent à l’évolution de la fonction sexuelle qui s’est bloquée en certaines de ses étapes, la libido ayant subi ainsi des fixations ; puis la technique psychanalytique permet de débloquer cette situation et de faire rétrocéder les symptômes névrotiques –la névrose résultant, en effet, d’un déséquilibre entre la sexualité et les exigences du moi, de la réalité, de telle sorte que celui-ci entrave celle-là et que des symptômes surgissent par suite d’un inconfortable compromis entre les deux.
L’objectif premier de la psychanalyse est de rétablir l’équilibre enter ces deux forces pulsionnelles en minimisant la part du refoulement de la libido responsable des symptômes de la maladie. Il s‘agit au fond de réconcilier l’analysant avec sa vie sexuelle. Par là on comprend que le refus des leçons de la psychanalyse puisse être interprété comme la manifestation même du refoulement : les forces du moi ne veulent rien céder ; c’est pourquoi on est disposé à tout faire pour disqualifier Freud et la psychanalyse en les accusant de tout réduire au sexe.
La vie psychique du névrosé est paralysée et, pour guérir celui-ci, il faut lui redonner la disposition de l’énergie qu’il emploie pour bloquer les manifestations de sa libido. Freud présente ce problème en termes d’économie, i.e. de juste répartition des pulsions vitales. Pour en comprendre les données, il a été conduit à faire une autre découverte : la libido obéit normalement à une évolution dont chacune des étapes expose à une fixation caractéristique des différentes formes que peut prendre la maladie. Ainsi elle apparaît d’abord investie sur le moi et elle enferme alors l’individu dans une phase « auto-érotique ». Puis elle se tourne vers le monde extérieur et se sépare du moi : c’est le moment où l’individu atteint une certaine indépendance, où il consent, par exemple, à être psychiquement séparé de sa mère. Mais la libido peut aussi ne pas suivre ce mouvement et demeurera bloquée sur le moi. On parlera alors de narcissisme.
Il est donc évident que les états pathologiques sont d’abord des états vécus normalement par tous les individus : chacun commence par le narcissisme –un narcissisme primaire- marqué par le fait qu’il ignore que le monde extérieur peut être source de satisfaction. Puis vient la révélation du monde des « objets » -celui des autres que soi- et de l’amour objectal. Le narcissisme ne disparaît pas, mais la libido va désormais circuler du moi aux objets. Que cette circulation de l’énergie libidinale soit entravée ou même bloquée, surviennent alors des troubles de l’équilibre psychique qui justifient le traitement psychanalytique.
Ainsi la théorie psychanalytique concerne-t-elle aussi bien la vie dite normale que pathologique. Freud a étendu cette théorie à l’évolution de l’humanité, comme s ‘il y avait (pour reprendre une thèse chère au positivisme) un isomorphisme entre l’ontogenèse, la sociogenèse et la phylogenèse : l’individu (ontos) connaît un développement analogue à celui rencontré par le groupe social (socios) et par l’espèce (phulon). Par exemple, si le narcissisme décrit l’état premier de l’enfant, il est possible de l’imputer à l’homme primitif, et rien n’empêche d’imaginer que les conflits surmontés par l’individu soient également au fondement de la trajectoire qui caractérise la civilisation. C’est la raison qui a conduit Freud à prospecter sur le terrain de la sociologie, de l’historie des religions ou de l’ethnologie.

Freud, penseur du soupçon

En quoi Freud mérite-t-il de figurer parmi les penseurs, les philosophes ?
Si l’on considère qu’une philosophie se présente d’abord comme une conception du monde, organisée autour d’une théorie de la connaissance (fondée sur centaines évidences, comme celle du cogito) et autour de certaines valeurs éthiques (au premier rang desquelles la liberté), alors on comprendra que la psychanalyse ait à voir avec elle. Le fondateur de la psychanalyse a maintes fois eu l’occasion d’exposer l’impact philosophique de ses découvertes.
Si les philosophes formées à l’école de Descartes (Alain ou Sartre) ont manifesté leur refus de la théorie de l’inconscient, Freud a été placé sur le même plan que Nietzsche et Marx, le premier mettant en évidence de façon critique la généalogie des valeurs, l’autre critiquant les idéologies. Avec Freud, la liberté s’expose à devenir un simple préjugé ; les symboles sociaux, les croyances religieuses, les idéaux politiques ou moraux font l’objet du soupçon de couvrir des mobiles pulsionnels, de se réduire à de fragiles travestissements, en tout cas de n’être jamais ce qu’ils prétendent être. Après Freud, les philosophes sont contraints de réviser l’ensemble des principes qui orientaient leur réflexion et conféraient à leur vocation sa grandeur. A moins qu’ils ne soient invités au « décentrement » que provoquent toujours les meilleurs d’entre eux…

La psychanalyse est une entreprise de désillusion, ce qu’aura été la philosophie depuis son origine ; ce qui est en jeu c’est la vérité et la reconnaissance selon laquelle elle n’est que mi-dite (pour reprendre l’expression de Jacques Lacan)


[1L’opposition entre sciences de la nature et sciences de l’esprit a été développée par Wilhelm Dilthey (1833-1911) qui entendait réagir contre le positivisme d’Auguste Comte, suspect à ses yeux de vouloir subordonner l’approche des phénomènes spirituels à la démarche scientifique s’appliquant aux phénomènes naturels. Pour Dilthey, les sciences de la nature (la physique, essentiellement) sont fondées à « expliquer » les objets naturels en les reliant les uns aux autres de manière causale, mais elles sont incapables de « comprendre » les manifestations du sujet humain qui débordent la stricte causalité. Expliquer n’est pas comprendre. La nature n’explique pas l’esprit. A l’oublier, on tombe dans le scientisme.

[2Cinq leçons sur la psychanalyse, Paris, éd. Payot, 1989, p11.

[3Cathartique. Le terme vient du grec catharsis et signifiait chez Aristote l’effet « purgatif » que devait opérer sur les passions le spectacle de la tragédie. La méthode cathartique désigne la stratégie thérapeutique mise au point par le docteur Breuer. Elle consiste à produire chez le patient un « déblocage » de son énergie psychique et, par suite, la suppression des symptômes hystériques. On sait que ce « déblocage » devait être obtenu en mettant le patient sous hypnose. Freud fonde en réalité la psychanalyse en se servant de l’hypnose, non pour suggérer au patient la non-existence de ses symptômes, mais pour l’aider à se remémorer les souvenirs traumatisants ayant entouré leur apparition. A dire vrai, la psychanalyse commence avec l’abandon de l’hypnose et avec l’invention de la « méthode des associations libres » qui permet au patient de prendre conscience du fonctionnement de son appareil psychique et de la genèse de ses troubles. De ce point de vue, il faut considérer que le psychanalyste ne vise pas à « purger » le malade de ses symptômes mais à l’aider à gérer au mieux (entre plaisir et réalité) son énergie psychique.

[4Origine et nature des pulsions : article de wikipédia
Article détaillé : Pulsion.
Le rêve permettrait donc de mettre à jour les mécanismes psychiques qui traduisent un contenu latent en contenu manifeste pour la conscience ; contenu manifeste fruit du travail du rêve, c’est-à-dire le compromis entre désir et interdit. Ces mécanismes supposent que le psychisme est excité par des stimuli divers, dont la source est corporelle mais dont la représentation est psychique : c’est la pulsion. Dans Les Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud explique que c’est un concept limite se trouvant entre le psychique et le somatique. Justement, comment une pulsion existe psychiquement ?
En fait, une pulsion est représentée par une représentation et par un affect, ce qu’on appelle respectivement le représentant-représentation et le représentant-affect. L’essentiel des théories freudiennes de la pulsion est développé dans Pulsions et destins des pulsions.
Dans ce texte nous devons retenir que la pulsion se définit selon quatre modalités :
La source : D’où vient l’excitation corporelle ? De quelle partie du corps ?
La poussée : La pulsion crée une tension constante elle est toujours, quoiqu’il arrive, active ;
Le but : Le but de la pulsion est d’atteindre la satisfaction, ensuite le mode de satisfaction varie ;
L’objet : C’est ce par quoi la pulsion va atteindre son but.
De plus, la pulsion a quatre destins :
Le retournement en son contraire : par exemple l’amour se transforme en haine ;
Le retour contre le moi propre : ce qui est rejeté à l’extérieur revient vers le moi du sujet ;
Le refoulement : la représentation (représentant-représentation) associée à la pulsion devient inconsciente ;
La sublimation : le dépassement du symptôme dans une demande qui peut être satisfaite.


Sites favoris


20 sites référencés dans ce secteur