Questions de sexe, questions de genre

samedi 26 janvier 2008
par  Lydia COESSENS

Questions de sexe, questions de genre

Sélection sexuelle : macho ou gentleman ?

Dans The Descent of Man (1871), Charles Darwin cherche à expliquer pourquoi il y a parfois de fortes différences morphologiques entre mâle et femelle (dimorphisme sexuel) au sein d’une même espèce : comment se fait-il que les cerfs ont des bois et pas les biches ? Pourquoi le plumage des oiseaux est-il si différent entre mâle et femelles ? Pourquoi, chez les primates, le lion, le babouin, l’orque, le dromadaire, etc., le mâle a-t-il une taille bien supérieure à la femelle ? Cela ne peut être dû à la sélection naturelle, argumente Darwin, puisque cette sélection doit s’exercer de la même façon sur les membres de l’espèce. Il avance un autre mécanisme : la sélection sexuelle.

La sélection sexuelle se manifeste dans le monde animal de deux façons, que l’on peut résumer par la stratégie du « macho », opposée à la stratégie du « gentleman ».

Chez les animaux qui se disputent la femelle par combat (c’est le cas de la plupart des mammifères), les mâles sont dotés d’armes : musculature puissante, bois du cerf, ergots du coq. Sur le plan comportemental, cela se traduit par une agressivité plus forte des mâles. On constate une corrélation entre un fort dimorphisme sexuel (différence de taille entre mâle et femelle) et la structure sociale en « harem », où un mâle dominant s’approprie à l’issue d’un combat un groupe de femelles (cas des lions, des éléphants de mer, des babouins, etc.).

L’autre grande stratégie est celle du gentleman. Elle est surtout adoptée par les oiseaux (souvent monogames). Le mâle cherche à séduire par son chant (chez la plupart des oiseaux, seul le mâle chante), par l’attraction physique (le plumage des mâles chez les paons, perroquets ou paradisiers est nettement plus flamboyant que celui des femelles), par des danses et parades de séduction, des petits cadeaux (le faucon apporte des proies à celle qu’il convoite) ou en construisant un nid pour accueillir la bien-aimée.

Darwin envisageait la sélection sexuelle surtout du point de vue de la stratégie des mâles. Aujourd’hui, les spécialistes s’intéressent de près aux stratégies des femelles, qui sont loin de se comporter en sujet passif subjugué par le premier macho ou courtisan venu.

Filles à la vanille et gars au chocolat...
Quand l’enfant prend-il conscience de son identité sexuelle ? A partir de quand perçoit-il que les individus appartiennent à deux genres différents ? Les psychologues ont mené des études sur la question. Plusieurs étapes ont été identifiées dans cette prise de conscience.

Les nourrissons perçoivent sans doute très tôt des indices de masculinité et de féminité à travers le ton de la voix, la forme des visages... mais sans encore comprendre la signification de cette différence. A partir de 2 ans, les enfants peuvent s’étiqueter correctement garçon ou fille. Un peu plus tard, vers 2 ans et demi ou 3 ans, ils savent assez précisément reconnaître le sexe des autres.

Vers l’âge de 4 ans, les enfants acquièrent l’idée d’une « stabilité du genre » au cours de la vie. C’est-à-dire qu’ils savent que l’on garde le même sexe toute sa vie, puisqu’ils répondent correctement à la question « quand tu seras grand, tu seras un papa ou une maman ? ».

Vers la même époque, l’enfant comprend qu’un individu garde le même sexe, même s’il change d’apparence : un garçon qui se déguise en fille reste un garçon.

Plus tard apparaissent des opinions sur les rôles sexuels des garçons et des filles. Vers l’âge de 5 ans, un enfant commence à dire que les femmes sont « plus gentilles » mais « moins fortes », alors que les hommes sont « plus forts » ou « plus méchants ». Ces jugements sont souvent associés à ce qu’un homme ou une femme « devraient » faire : « Un homme, ça ne doit pas pleurer »...

Vers 9 ans, un enfant commence à être plus mesuré quant aux rôles respectifs de chaque sexe, et il admet qu’un garçon « peut » jouer à la poupée ou une fille au football, même si ce n’est ni courant ni très normal...

Catégorie : « femme »
Claude Cornebise ? C’est une fille, elle est assez jolie d’ailleurs, et s’y connaît très bien en informatique. Claude Cornebise ? Il est très sympa et s’y connaît très bien en informatique...

S’y prend-on de la même manière pour décrire les femmes et les hommes ? Marie-Claude Hurtig et Marie-France Pichevin, toutes deux psychologues au centre de recherche en psychologie cognitive (CNRS), se sont livrées à plusieurs expérimentations sur des étudiants pour analyser la place de l’information relative au sexe dans la perception des individus.

Dans 80 % des cas, le label sexe est le premier indice mentionné, avant l’âge (62 %). Et lorsque le sujet décrit est une femme, le sexe est mentionné en premier lieu.

Par ailleurs, les stratégies de description varient selon le sexe du sujet. Pour les hommes, on utilise des « traits distinctifs et individualisants », des expressions, des mimiques ou des caractéristiques qui peuvent attester de la personnalité... Les femmes en revanche sont décrites par des « appartenances catégorielles » : « C’est une femme, jeune, brune... » Et les traits individualisants, s’ils sont mentionnés, sont liés au sexe : « Elle sourit »...

En conclusion, les femmes mobiliseraient davantage ce que les psychologues appellent des « schémas de genre », alors que les hommes seraient vus comme des individualités, sans que l’on estime nécessaire de spécifier leur sexe. Ces stratégies de description sont d’ailleurs utilisées de manière similaire par les deux sexes...

Égalitarisme, différentialisme, postmodernisme
Pendant les années 1970-1980, deux tendances s’expriment dans le mouvement féministe. Des discussions assez violentes divisent les « égalitaristes » et les « différencialistes ».

Pour les premières, tous les êtres humains sont des individus au même titre, et les différences observées dans la société ne sont que l’effet de rapports de domination. Toute affirmation d’une spécificité féminine risque de donner des gages à la hiérarchisation entre les sexes. C’est la position de Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe) ou d’Elisabeth Badinter (L’un est l’autre).

Pour les « différencialistes » (appelées aussi « essentialistes »), il existe une nature féminine spécifique qui justifie des différences de traitements entre les deux sexes. Certaines d’entre elles réclament de substituer dans la société la perspective phallocentrique par une perspective gynocentrique. La domination masculine s’est approprié l’universel en le tronquant. Cette théorie a souvent été nourrie par la pensée psychanalytique, et particulièrement par celle de Jacques Lacan. Elle a été développée par Luce Irigaray (Speculum. De l’autre femme, 1974) ou Julia Kristeva (Le Temps des femmes, 1974). Ce dernier ouvrage, plusieurs fois republié en anglais mais introuvable en français, souligne la primauté de la différence sexuelle sur toutes les autres formes de différenciation.

Ces clivages se sont aujourd’hui beaucoup atténués. Dans le débat sur la parité en France par exemple, certaines intellectuelles se sont retrouvées à défendre les quotas pour les femmes malgré leur position universaliste. Aux Etats-Unis, une troisième voie a émergé, appelée (un peu indûment) french feminism, car elle s’appuie sur la philosophie déconstructionniste de philosophes comme Jean-François Lyotard, Gilles Deleuze ou Jacques Derrida. Ce féminisme postmoderniste prône un devenir féminin de la pensée et des pratiques. Le « féminin » devient alors une catégorie qui peut être assumée indifféremment par les hommes et par les femmes, et transcende la logique binaire d’opposition entre les sexes, pérennisée par la notion de genre.

Des différences évolutives
Les études psychologiques, menées dans de nombreux pays sur les différences de compétences scolaires entre filles et garçons, offrent des résultats parfois contrastés et dévoilent quelques paradoxes troublants.

- Plusieurs études ont attesté que les garçons étaient meilleurs dans les activités nécessitant des compétences visiospatiales. Cela expliquerait alors leur supériorité dans les matières scientifiques et, en particulier, en mathématiques et en physique. Cependant, cette supériorité ne se manifeste pas pendant dans l’enfance, à l’école maternelle et en primaire. Les évaluations nationales faites en France au CE2 et en sixième, par exemple, attestent de résultats similaires pour les deux sexes en mathématiques. Avant 6 ans, les filles seraient même meilleures. Ce n’est qu’en troisième (vers 15 ans) que les garçons attestent de quelques points de plus dans ce domaine.

- A l’adolescence donc, les choses s’inverseraient... tout au moins chez les jeunes Français. Les résultats de l’enquête Pisa, réalisée dans les pays de l’OCDE, montrent que les scores obtenus dans cinq disciplines mathématiques (algèbre, géométrie, arithmétique, opérations de mesure et statistique) sont meilleurs pour les garçons de six pays, dont la France. Dans cinq autres pays, c’est l’inverse...

- Par ailleurs, des méta-analyses à plusieurs niveaux de la scolarité, compilant les résultats de centaines de recherches, montrent que les différences de compétences entre les deux sexes s’amenuisent régulièrement depuis les années 60... Les filles ne cesseraient de combler leur retard dans les disciplines scientifiques, ce que confirment par ailleurs les analyses sociologiques sur l’accroissement de leur présence dans de nombreuses filières de ce type...

Les oubliées de l’histoire... C’est un phénomène récent qui mérite d’être souligné : les femmes ont existé dans l’histoire aux côtés des hommes, sans pour autant avoir des destins similaires. Et de ceci, les historiens commencent à se soucier.

Voici une trentaine d’années qu’aux Etats-Unis, les premières historiennes féministes ont décidé d’écrire l’histoire des femmes - qu’elles nommèrent l’herstory, dans un jeu de mot typiquement féministe de l’époque ! Ces historiennes estimaient que l’histoire académique, écrite par des hommes, avait totalement gommé celle des femmes. De fait, combien de générations d’écoliers français, jusqu’à il y a peu, ont appris dans les manuels d’histoire que l’avènement du « suffrage universel » datait de 1848, avant que l’on ne commence à mentionner qu’il ne s’agissait que du « suffrage universel masculin » et que les Françaises mettraient un siècle de plus pour accéder à la citoyenneté (1944) ? Et il aura fallu attendre la traduction des publications de l’historienne américaine Joan Scott pour découvrir qu’il avait existé, pendant la Révolution française, une certaine Olympe de Gouges, qui, en 1794, avait rédigé une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ».

En France, si les recherches ont d’abord et logiquement porté sur les premiers combats féministes, aujourd’hui, les travaux se sont émancipés de ce label. Dans la monumentale Histoire des femmes en Occident, parue en 1991-1992, cinq tomes dirigés par Michelle Perrot et Georges Duby, historien du Moyen Age (qui n’omettait jamais d’ailleurs de mentionner la place subalterne des femmes de cette époque), les deux auteurs mentionnaient dans l’introduction que cette histoire se voulait résolument « relationnelle » et interrogeait tout autant l’histoire des hommes. Aujourd’hui, les travaux historiens sont de plus en plus nombreux à intégrer les différences de genre et à montrer que les femmes, après avoir été des « oubliées de l’histoire », sont elles aussi, selon l’expression de M. Perrot, des « actrices de l’histoire ».

Testostérone vs progestérone
La testostérone, hormone mâle produite par les testicules, est-elle responsable de la plus grande agressivité masculine ? Les jeunes mâles en pleine maturation sexuelle ne sont-ils pas ceux qui forment des bandes et se livrent à des actes violents ? Les nombreuses études (publiées notamment dans la revue américaine Aggressive Behavior) montrent bien l’existence d’une corrélation statistique - tant chez les humains que chez les autres espèces - entre testostérone et agressivité. Mais la relation de causalité n’est pas aussi simple et systématique que l’on croit.

Tout d’abord, les véritables bagarres entre garçons sont beaucoup plus fréquentes chez les petits que chez les adolescents, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Et chez ces derniers, seule une petite minorité d’adolescents ont réellement l’occasion de se battre au cours de leur vie. En réalité, la testostérone serait plutôt liée à la domination qu’à l’agressivité.

De plus, la relation entre hormone et comportement n’est pas à sens unique. Le niveau de testostérone des mâles dépend de leurs expériences. Ainsi, chez les singes, une défaite lors d’un combat pour la domination se traduit par une chute considérable du niveau de testostérone ; et la victoire, par une nette élévation.

Inversement, chez les filles, la production de progestérone (classe d’hormones spécifiquement féminines, produites par l’ovaire) est mise en relation avec les comportements maternels. En diminuant ou en augmentant expérimentalement le taux d’oestrogènes chez le rat, on peut stimuler ou inhiber ces conduites maternelles. Mais là encore, les spécialistes de psychobiologie se gardent bien d’établir des relations mécaniques. Le comportement maternel dépend de bien d’autres facteurs que les hormonaux (comme les expériences de l’enfance ou les traditions éducatives) ; et les pratiques maternelles effectives (comme la lactation ou son absence, la relation de proximité ou de non-proximité avec l’enfant) peuvent influencer en retour la production hormonale.

La psychobiologie montre l’influence des hormones sur les conduites, mais elle n’en fait pas une clé explicative unique. Les relations ne sont jamais monocausales, les hommes et les femmes produisent tout les deux des hormones mâles et femelles (en proportions différentes), et les relations hormones-conduites ne sont pas à sens unique...

Sexe, genre et... transgressions
En général, dans nos sociétés, le genre se détermine en fonction du sexe biologique. Pourvu d’organes masculins, le nouveau-né deviendra un garçon et sera élevé comme tel. Il arrive pourtant que ce soit le biologique qui se plie à un vécu psychique (dans le cas par exemple des travestis ou transsexuel(le)s dans les sociétés occidentales par exemple) ou à une norme culturelle.

Chez les Inuits, ce phénomène est lié à la définition même de la personne dans la société. Tout nouveau-né, en effet, est censé faire revivre un ancêtre dont il reçoit le nom et le statut en terme de parenté. Que se passe-t-il alors lorsque le sexe du nouveau-né n’est pas celui de l’ancêtre éponyme ? Lorsque, par exemple, une petite fille est destinée à faire revivre son grand-père ? Dans certaines communautés, on habille et on éduque l’enfant selon le sexe conforme à celui de l’ancêtre : la fille en garçon, ou le garçon en fille si en lui revit une grand-mère : des enfants travestis en quelque sorte... C’est alors le genre qui symbolise le sexe. A la puberté cependant, ces enfants seront invités, par une seconde transgression, à reprendre leur sexe biologique en vue du mariage et de la procréation.

Chez les Berdaches (Indiens d’Amérique du Nord), la transgression du sexe (biologique) par le genre (social) se produisait en général à la suite de rêves, de visions ou de préférences personnelles marquées dès l’enfance. Ces individus, dont la différence était officialisée par la société, étaient généralement dotés de pouvoirs chamaniques et se mariaient avec des personnes de même sexe - mais de genre opposé au leur, ayant donc avec leur époux ou épouse des relations homosexuelles. Selon l’anthropologue Harriet Whitehead, les Berdaches se conformaient donc à une « hétérosexualité sociale plutôt qu’anatomique »...

Les Azandes du Sud-Soudan se mariaient entre hommes, certaines sociétés africaines pratiquaient les mariages entre femmes... Nicole-Claude Mathieu égrène ainsi de multiples exemples qui montrent « la variabilité des agencements cognitifs et la fragilité des frontières établies entre les sexes ».

Autrement dit, on n’a pas toujours le genre de son sexe, on peut avoir le sexe de son genre, ou prendre le genre du sexe de l’autre, ou...

Freud et la différenciation des sexes
Pour Sigmund Freud, la prise de conscience de la différenciation des sexes intervient chez le petit enfant lorsque fortuitement, en voyant les autres enfants tout nus, il découvre que tous ne sont pas tout à fait fabriqués pareil... La petite fille s’aperçoit qu’elle est privée de pénis. Et le petit garçon s’imagine alors que les filles l’ont perdu... D’où le complexe de castration. La prise de conscience de son identité sexuelle s’opérerait donc, selon Freud, sous le signe d’une angoisse fondamentale.

Le modèle freudien, on le voit, accorde un « primat au phallus », puisque la petite fille se définit d’abord par un manque, et le petit garçon, par un risque, celui de perdre son précieux attribut. On reprochera d’ailleurs à Freud de n’avoir défini l’identité féminine et sa sexualité que négativement, par la recherche d’un phallus perdu... Le complexe d’OEdipe est une autre phase dans la différenciation sexuelle, où l’identité sexuelle se forge par identification au père ou à la mère. Après Freud, les psychanalystes ont forgé d’autres modèles de la différenciation sexuelle. Jacques Lacan proposera d’étranges « formules de sexuation », combinant un modèle mathématique à l’idée d’un phallus symbolique, représentant de la loi ; mais on a surtout glosé sur sa formule provocante, « la femme n’existe pas ». Le psychanalyste californien Robert Stoller a introduit la notion de gender identity en psychanalyse : l’identité sexuelle ne dérive pas du sexe biologique. Les réactions féministes ont remis en cause le schéma phallocentrique de l’identité sexuelle. Le psychanalyste français Jean Cournut, en soutenant que les « hommes ont peur des femmes », renverse la perspective qui faisait graviter l’ordre sexuel autour du masculin ; etc.

Jeux d’enfants et ségrégation sexuelle Un des traits marquants des cours de maternelle et primaire est la « ségrégation sexuelle ». Globalement, les garçons sont d’un côté, les filles de l’autre. Plus exactement, les garçons occupent le centre de la cour, ils jouent au ballon, se courent après, se bousculent ; les filles sont en bandes ou en petits groupes, sautent à la corde ou discutent entre elles, jouent à « plouf plouf ». Les échanges entre les garçons et filles existent, mais à cet âge, ils sont largement minoritaires. Bref, dans les cours de récréation des petites classes, la mixité ne va pas de soi.

Les études ont montré que la ségrégation sexuelle suit un cycle qui évolue nettement avec l’âge. Chez les tout-petits, les interactions entre enfants de sexes différents sont banales. Ce n’est que chez les enfants de 2-3 ans qu’une différenciation apparaît : 60 à 65 % des amitiés se nouent alors entre enfants du même sexe.

A partir de l’âge scolaire, la courbe de relations entre membres du même sexe va augmenter considérablement. Les relations existent mais elles ne sont pas neutres : ce sont soit des relations de jeux amoureux, soit des provocations réciproques. Comme le note Helen Bee, « il existe des rituels de violation territoriale entre ces deux groupes lors de jeux typiques comme la poursuite, "tu ne peux pas m’attraper, la la la lère", suivi d’une poursuite accompagnée des cris des filles ». A l’âge de 7 ans, la ségrégation devient presque totale. A l’âge de l’adolescence, les jeunes des deux sexes vont se rapprocher... pour des raisons que l’on connaît bien...

MARTINE FOURNIER ET JEAN-FRANÇOIS DORTIER


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