histoire, préhistoire, femmes et sexualité

samedi 26 janvier 2008
par  Lydia COESSENS

Difficile certes de reconstituer les pratiques, organisations sociales des sociétés de la préhistoire ; difficile aussi de se déprendre de représentations profondément inscrites en nos esprits ; pourtant les études anthropologiques permettent de remettre en question des schémas devenus consensuels : du fait de la faiblesse constitutive de l’espèce humaine, l’homme de la préhistoire est d’abord un charognard ; nul besoin alors d’une force physique ; c’est la femme qui assure principalement l’alimentation. Elle n’est pas limitée à l’activité maternelle : répartition des tâches en fonction des âges, limitation des naissances (les femmes sont celles qui récoltent les herbes, les semences). Quelles données sur l’histoire de la contraception et la référence à un site...

http://www.hominides.com/html/dossiers/femme_prehistoire.html

Tous les enfants ont vu ces images de semi-humains, à peine dressés sur leurs pattes de derrière qui, il y a deux millions d’années, auraient commencé à chasser pour se nourrir. Le fait de tailler des pierres, de s’armer de gourdins, et d’apprendre à chasser, aurait fourni à nos lointains ancêtres une alimentation plus riche en protéines et leur aurait ainsi donné l’élan dont ils avaient besoin pour conquérir le monde.
Pas si vite, contestent de plus en plus d’anthropologues. Certes, les restes de repas découverts sur de multiples sites ont démontré depuis quatre décennies que les australopithèques d’il y a deux à trois millions d’années, suivis par les Homo Erectus du dernier million d’années, ont mangé davantage de viande que leurs ancêtres, alimentation à laquelle se sont progressivement adaptées leurs mâchoires et leurs dents. Qui plus est, ce scénario s’ajuste bien à celui de la famille nucléaire, où l’homme chasse tandis que la femme ramasse des fruits et s’occupe des enfants.
Mais on n’est plus aussi sûr que le mâle ait appris à chasser aussi vite et avec une pareille efficacité. Les sites archéologiques des Homo Erectus où on a retrouvé des restes d’animaux et d’armes révèlent trop souvent une proie qui aurait été dépecée sur place, et non pas ramenée "à la maison". Dans la dernière édition du Journal of Human Evolution, James O’Connell, anthropologue à l’Université de l’Utah, donne en exemple de tels restes retrouvés à proximité d’une rivière, lieu de passage de dangereux prédateurs comme les lions : certainement pas un endroit où une famille nucléaire aurait envie de passer la nuit...
C’est plus probablement un lieu où un groupe se serait rassemblé autour d’une proie déjà morte. Tuée, justement par un lion. Les humains se seraient pointés après le départ du lion, et se seraient partagés les restes. Scénario moins glorieux, mais plus vraisemblable, au regard des observations de tribus africaines de chasseurs.
Et ce n’est pas tout, souligne le New Scientist. Avec un tel scénario, comme le révèle l’observation de tribus modernes comme celle des Hadza, on ne peut pas nourrir un grand groupe. Les "restes" laissés par les prédateurs et les charognards ne sont pas si nombreux et surtout, sont trop aléatoires. En conséquence, il faut trouver autre chose pour se nourrir, et c’est là, écrit O’Connell, qu’interviennent les femmes. Si les pères ne pouvaient pas apporter de la viande pour nourrir les enfants, les mères ont dû se débrouiller pour trouver de la nourriture, en faisant la cueillette de fruits, de feuilles et de racines.
Les mères, et plus encore, les grands-mères, puisqu’il fallait bien que quelqu’un le fasse pendant que les mères étaient enceintes : dans cette optique de "partage des tâches", l’évolution aurait donc favorisé un accroissement de l’espérance de vie, lequel entraîne un accroissement de la période d’enfance -période pendant laquelle le petit est dépendant de ses parents. Et voilà comment une bonne partie de l’évolution qui a conduit jusqu’à nous pourrait s’expliquer non par le talent du chasseur, mais par le talent de la cueilleuse...

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LA CONTRACEPTION AU FIL DES

Depuis les temsp les plus anciens, l’humain tente de contrôler les naissances. Après plusieurs siècles de décoctions, d’incantations et de manoeuvres douteuses, nous avons finalement accès aujourd’hui à toute une panoplie de méthodes sécuritaires ! Autres époques, autres moeurs…

La Préhistoire

Déjà à l’âge de pierre, plusieurs femmes connaissent les propriétés des plantes stérilisantes. Les femmes qui ne veulent pas enfanter, doivent boire un mélange fabriqué à partir de ces plantes. Cette mixture peut provoquer un avortement dans les premiers jours de son utilisation. Vers la fin de l’ère paléolithique, le rôle de l’homme pendant le coït demeure inconnu, c’est donc pour cette raison que les plantes contraceptives doivent agir sur la femme. Encore aujourd’hui, plusieurs sociétés traditionnelles utilisent le pouvoir abortif des plantes.

L’Égypte ancienne

La méthode la plus courante à cette époque consiste à introduire au fond du vagin une plaquette faite d’excréments séchés de crocodile ou des excréments d’éléphant, plus acides que ceux du crocodile. D’autres techniques sont aussi proposées, comme les potions à base d’huile d’olive, de vin, d’ail et de fenouil que la femme doit utiliser après le coït au moment de sa douche.

L’Antiquité grecque

Les femmes de cette époque utilisent des pessaires (petits tampons fabriqués avec de la vieille toile) faits de figue, de cèdre, de carbonate de soude et de miel. Ces ancêtres du stérilet sont souvent utilisées par les femmes soumises à l’esclavage, par celles vivant en concubinage et par les prostituées. Parmi les ingrédients contraceptifs utilisés par la magie médicale, une place importante est attribuée aux animaux stériles. On fait ainsi, avec une partie de leurs corps, des talismans. Voici quelques autres techniques utilisées : asperger de sang menstruel des amulettes que la femme porterait sur elle ; boire diverses potions composées d’extraits de plantes ; asperger les organes génitaux des deux sexes avec des onguents spéciaux. Les sorciers préparent des breuvages de stérilité qui sont le plus souvent condamnés puisqu’ils conduisent fréquemment à la mort de l’utilisatrice.
Quant au coït, lorsque l’homme éjacule, on conseille à la femme de retenir son souffle afin que la semence ne soit pas portée dans la cavité utérine. Sans tarder, elle doit se lever et, reposant sur les genoux, s’évertuer à éternuer. Il est également possible d’appliquer sur le col utérin du miel, de l’huile de cèdre ou de céruse mêlée à de la cire de myrte liquide ou d’alun liquide. On reconnaît facilement ici l’effet barrière tant recherché !

Le Moyen-Age

Voici quelques-uns des rituels suggérés à la femme à cette époque : cracher trois fois dans la bouche d’un crapaud ; manger des abeilles ; prendre de nombreuses potions ; mettre sur son cou la patte d’une belette femelle ; garder du blé dans la main gauche. On peut également suspendre à son cou un testicule de belette. Le testicule doit être coupé lorsque la lune est décroissante, il ne faut conserver que le gauche (le droit étant fécondant), laisser partir la belette vivante (pour qu’elle emporte la fécondité) et lier l’organe dans une peau de mule (animal stérile) sur laquelle on écrit une formule magique. Le Moyen Age fait également confiance à des pierres contraceptives. On utilise à l’époque un préservatif masculin, fabriqué de toile et décrit comme tel : « un vêtement anglais qui met l’âme en repos » ! Il est conseillé aux femmes fortunées d’appliquer des morceaux d’or dans leur cavité vaginale.

Les Temps Modernes

Avant la découverte des spermatozoïdes au 17e siècle, on croit que la totalité de l’éjaculat est nécessaire pour tomber enceinte. Des procédés comme se lever immédiatement après l’acte, sauter, courir, descendre des escaliers, même parler ou tousser ont longtemps été utilisés afin d’expulser la semence. On sait aujourd’hui qu’un seul spermatozoïde, qu’aucun mouvement ne peut expulser lorsqu’il a pénétré dans l’utérus, suffit à la fécondation. Les préservatifs masculins sont utilisés abondamment aux 16e et 17e siècles pour lutter contre les maladies vénériennes de l’époque. C’est à partir d’animaux que les premiers préservatifs sont confectionnés : peaux d’animaux, vessie de mouton, intestin de boeuf. La soie est également utilisée. En Amérique du Sud, on utilise fréquemment des enveloppes végétales comme préservatif. Aux 17e et 18e siècles, les produits spermicides apparaissent. Ils sont fabriqués avec de l’eau et du vinaigre, deux ingrédients actifs qui diminuent considérablement le nombre de spermatozoïdes. Les préservatifs en caoutchouc eux, apparaissent au 19e siècle. Leur qualité resta médiocre tant que la technique du caoutchouc ne s’améliora pas.
En Europe au 18e siècle, les femmes s’introduisent un demi-citron qu’elles fixent près du col de l’utérus. Les douches vaginales sont populaires aussi grâce aux bains, bidets, cuvettes et seringues. Aujourd’hui, cette méthode n’est plus recommandée. En 1838, un Allemand du nom de Frédérick Adolphe Wilde inventa « un moule en cire » du col de l’utérus et fabriqua une cape en
caoutchouc, version moderne du diaphragme. Quant au stérilet, dans sa conception actuelle, il est apparu vers la fin du 19e siècle.
Pendant longtemps, on conseille d’avoir des rapports dans la période la plus éloignée des règles (donc, en fait, la période d’ovulation !) pour assurer la stérilité. Ce n’est que sporadiquement au 19e siècle, et surtout à partir des années 1930, que l’on remet en question cette pratique.

De nos jours

Grâce aux découvertes des hormones appelées folliculine et progestérone, les médecins comprennent qu’une ovulation ne peut se produire de façon générale qu’une seule fois pendant un cycle menstruel. En 1956, les femmes ont maintenant un contraceptif oral permettant l’inhibition de l’activité ovulaire. Aujourd’hui on estime à plus de quatre-vingts millions les femmes dans le monde qui utilisent la pilule contraceptive. D’autres méthodes contraceptives, que nous connaissons bien, furent mises sur le marché par la suite.
Certaines des méthodes citées peuvent paraître étonnantes ou faire rire, car aujourd’hui il n’y a rien de plus facile que de se procurer un moyen contraceptif. Cependant, des femmes et des familles ont bel et bien dû passer par ces méthodes pour essayer de contrôler le nombre de naissance. La quantité de moyens utilisés, certains fort compliqués, voire dangereux, montre d’autre part, l’importance du problème.

Sources :
Banque de données de l’Université Laval
Farrah Bissamby, Co-Propriétaire La 8e


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