Construire la dissertation philosophique

sujet : la mort abolit-elle le sens de l’existence ?
dimanche 28 octobre 2007
par  Lydia COESSENS

Construction de la dissertation

Le plan.

Le plan détaillé fournit des articulations générales et des niveaux possibles d’étude, de réflexion et de signification. Il reprend les différentes questions et le problème, en ne négligeant jamais le passage d’un niveau à un autre. Ce plan est inséparable d’une culture et d’une utilisation très souple des connaissances. Ce plan, enfin, s’appuie sur des arguments. Sans éléments de raisonnement et sans preuves rigoureuses, le plan ne correspond pas au cheminement de pensée philosophique.

Comment construire le plan ?
Deux types de plan : dialectique et progressif.

*Le plan dialectique utilise les contradictions inhérentes aux énoncés ou aux problèmes philosophiques. Il comprend trois parties :
• La thèse expose un point de vue
• L’antithèse expose le point de vue adverse
• La synthèse unit les contradictions de la thèse et de l’antithèse.

La synthèse ne constitue pas un juste milieu, c’est une unité créatrice, une unification de la thèse et de l’antithèse au sein d’une catégorie supérieure. La synthèse naît d’une contradiction interne à l’antithèse.
La dialectique désigne le mouvement rationnel supérieur, dans lequel des termes en apparence tout à fait séparés passent l’un dans l’autre, par le fait même de ce qu’ils sont. Exemple extrait des textes de Hegel qui a mis au point ce processus d’analyse du réel : l’homme est mortel, dit-on ; l’on considère alors que le fait de mourir comme quelque chose qui n’a sa raison d’être que dans des circonstances extérieures. Or, c’est la vie comme telle qui porte en elle le germe de la mort. Cette unité est dialectique. Il n’y a rien dans le ciel et sur la terre qui ne contiennent à la fois la vie et la mort.
Un bon devoir peut donc s’inspirer de l’approche dialectique : la pensée s’y affirme en s’opposant à quelque chose, qu’elle nie et qu’elle intègre. Au terme de la démarche dialectique, les contradictions ont été surmontées par intégration dans un terme nouveau qui dépasse chacun des termes contradictoires.

Exemple : la mort abolit-elle le sens de notre existence ?Reformulation du sujet : lire l’article "préparer la dissertation philosophique"sur ce même site

Problème : l’existence a-t-elle réellement un sens ? Le néant de toute vie ne s’impose-t-il pas à la réflexion et à l’analyse ?

Thèse : la mort abolit le sens de notre existence

Point de départ : tout est détruit par la mort

Premier argument : la mort, par sa destruction universelle, conduit au non-sens. Nous construisons une vie dont le sens s’abîme finalement dans le Rien. La mort conduit donc à la pensée du vide.

Deuxième argument : la mort est inscrite dans la vie. La mort n’est pas seulement une limite finale mais une structure fondamentale de la vie. L’omniprésence de la mort, structure informant chaque instant, rend l’action inutile.

Transition : toutefois, peut-on en demeurer à un morne « A quoi bon » ? Ne faut-il pas « dépasser » la pensée du vide ? N’y a-t-il pas une « force vitale » qui surmonte à chaque instant la mort ?

Antithèse : La mort ne peut abolir le sens de notre existence

Premier argument : je suis source du sens, auquel la mort est étrangère. Sens de mon existence, d’une part, et mort, d’autre part, constituent deux sphères rigoureusement étrangères l’une à l’autre.

Deuxième argument : le sens de mon existence ne se sépare pas de celui de l’espèce, puisqu’il se produit une intégration du sens personnel de l’existence au sein de l’élan vital global. Si le sens de ma vie se désagrège, l’aventure spirituelle de l’espèce peut apparaître salvatrice.

Transition : toutefois, le second argument laisse la subjectivité démunie. C’est mon « moi » que je veux sauver, mon individualité. Sans ce salut, la pensée du néant s’impose à la réflexion.

Synthèse : La mort, aiguillon de l’action, est régulatrice de notre vie et donatrice de sens.

Argument : la mort signifie la finitude de la vie. Or la finitude appelle l’urgence de l’acte : la mort, paradoxalement, doit se faire signe du sens de notre action, au sein d’une existence se temporalisant de manière finie. Ici, la finitude, le caractère de l’homme en tant que mortel sachant qu’il est mortel, appelle l’action et le sens. Donc, la mort est ce à partir de quoi notre vie va acquérir un sens.

*Le plan progressif consiste à construire et à produire, à partir de points de vue différents, des définitions successives de la notion envisagée, définitions de plus en plus complexes et riches, de manière à mieux dégager l’essence du terme qui doit être analysé.
Pour le sujet précédent :
Première partie : l’aspect biologique objectif
Deuxième partie : la mort « pour moi », sous son aspect subjectif
Troisième partie : la mort de l’Autre.

L’INTRODUCTION

 :

• Elle énonce clairement le sens de l’intitulé du sujet
• Elle pose le problème à partir de la problématique : à partir du questionnement général et des questions organisées
• Elle fait apparaître(souvent) l’enjeu philosophique, c’est-à-dire ce que la thèse peut nous faire gagner ou perdre sur le plan spéculatif, théorique et pratique.
• Elle doit être relativement concise, bien exprimée et précise. Efforcez-vous de la rendre vivante en mettant en scène le sujet à partir d’une situation historique, d’un exemple parlant à tous.
• Il s’agit de donner à voir le problème, de mettre en évidence ce qui ne va pas de soi, ce qui peut paraître paradoxal, voire contradictoire. L’introduction pose une question radicale.

LE DEVELOPPEMENT

 :

Trois parties ; chaque partie est composée de plusieurs paragraphes structurés, chacun, par une idée fondamentale. Dans le passage d’un paragraphe au suivant, il doit apparaître une progression logique.
La discussion à travers les parties et les paragraphes, examine le problème et s’efforce d’apporter une réponse à la question posée.
Vous devez en permanence argumenter, présenter des raisonnements destinés à prouver ou à réfuter une proposition.

Illustrez votre pensée par quelques exemples (les exemples ne sont pas des arguments)

Ecrivez lisiblement. N’hésitez pas à annoncer la démonstration que vous allez conduire : vous montrez ainsi que vous maîtrisez votre pensée.

Montrez que vous maîtrisez le vocabulaire philosophique, que vous connaissez le sens des termes (définitions)

Utilisez tous les signes de ponctuation ; respectez les règles de syntaxe, de grammaire et l’orthographe. Privilégiez les phrases courtes.

Détachez les arguments et soulignez les enchaînements. Utilisez les mots spécialisés pour cela (mais, or, donc, par conséquent…)

Laissez une marge plus importante pour manifester les transitions d’une partie à une autre.

Laissez globalement une marge suffisante pour les annotations du professeur.

LA CONCLUSION

 :

Elle répond au problème soulevé et traité dans la discussion, ainsi qu’à la question initiale de l’intitulé. Vous avez posé un ensemble de questions dans le cours du développement, il s’agit maintenant d’y apporter une réponse même si elle n’est pas définitive.
La conclusion forme le bilan de la réflexion. Elle est relativement courte.

Votre dissertation aura entre six et dix pages, selon les sujets.


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