LE LISEUR de Bernhard Schlinck

Responsabilité,culpabilité, honte, destin, devoir et morale...Lisez le !!!!!
dimanche 23 septembre 2007
par  Cathy MEYLAN

Professeur de droit et de philosophie du droit à l’université, Bernhard Schlinck décrit les errances et les questionnements d’un jeune garçon de 15 ans dont le destin d’Allemand après la 2ème Guerrre Mondiale va bouleverser l’existence.

Bernhard Schlinck

Il débute sa carrière comme écrivain de romans policiers et obtient en 1989 le prix Glauser pour son roman "Die Gordische Schleife" ; le noeud Grodien
En 1995, il publie "Der Vorleser", qui va être traduit en 37 langues et connait un réel succès international. C’est de ce roman précisément que je veux vous parler !

Résumé de l’histoire

A quinze ans, Michael fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une jeune femme de trente cinq ans qui va bouleverser le cours de son existence.
Pendant six mois, il la rejoint chez elle, tous les jours et l’un de leurs rites consiste en ce qu’il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hannah reste mystérieuse et imprévisible, puis elle disparaît du jour au lendemain.

Sept ans plus tard, Michael assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles nazis et reconnait Hannah parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elles se défend très mal et est finalement condamnée à la réclusion à perpétuité.
Sans jamais lui adresser la parole, Michael finit par comprendre le terrible secret dont elle est détentrice et qui, sans l’innocenter, éclaire dramatiquement sa destinée ainsi que cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.

Bien des années plus tard, il la revoit une fois, et se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, son histoire..et il en dit : " Comment pourrait-ce être un réconfort que mon amour pour Hannah soit en quelque sorte le destin de ma génération, que j’aurais moins bien su camoufler que les autres ?"(Quatrième de couverture des éditions folio)

Ma critique

Le contexte historique de ce livre est capital. Il nous présente un des nombreux procès des criminels de guerre nazis, en particulier de gardiennes du camp d’Auschwitz-Birkenau.
Le narrateur découvre l’amour auprès d’une femme dont il ignore tout et à qui il fait la lecture, comme l’indique le titre.
Le roman livre des messages multiples sur lesquels j’ai aimé réfléchir : le sentiment de culpabilité, de faute, sur la justice rendue par rapport à la faute commise..et sur la honte.
Est-il possible d’aimer quelqu’un qui s’est rendu coupable du pire ? Qu’est-ce que le pire ? Y-t-il une gradation dans le mal ?
En plus du contexte tragique, ce roman met en scène l’homme face à sa propre conscience, et tente aussi, sans ne rien excuser, d’éclairer peut être une des facettes de l’atrocité qui poussa des centaines d’êtres humains à en exterminer des milliers d’autres.
Livre capital et absolument utile pour "réparer" certains clichés...
Important :
Captivant du début à la fin ! Chaque détail a son importance et est explicité plusieurs chapitres plus tard..
N’hésitez pas ! Lancez-vous dans la lecture de ce roman et venez nous rejoindre et réagir à ce sujet, nous aider à comprendre les messages délivrés par Bernhard Schlinck et apporter VOTRE éclairage sur cette période de l’histoire qu’il ne faut pas oublier !!!


reportage très intéressant de SAÏDEH PAKRAVAN : http://ecrits-vains.com/littérature etrangere/pakravan05.htm


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