l’Histoire en fiche

dimanche 11 mars 2007
par  Lydia COESSENS

L’HISTOIRE

Deux sens du mot « histoire » :

1. Le récit des événements passés : le problème qui se pose est épistémologique :
-  comment écrire l’histoire,
-  à quelles conditions l’histoire peut-elle être science du passé ?

2. L’ensemble des événements passés, le devenir de l’humanité
Le problème est alors philosophique :
-  quel est le cours de l’histoire ?
-  l’histoire de l’humanité a-t-elle un ordre, une orientation, un sens ?

Ceci dit, ces deux problèmes sont liés, le passé humain étant « conservé » dans et par les historiens.

Les premiers historiens sont Grecs ; ils interrompent la tradition du récit légendaire ou mythique. Hérodote (485-420 av. J.-C.) a mené une enquête sur les guerres Médiques (contre les Perses) dont il a fait le récit. C’est une source d’informations très riche mais c’est Thucydide (470-401 av. J.-C.) qui réalise avec L’Histoire de la guerre du Péloponnèse (entre Athènes et Sparte) un véritable modèle du genre : il s’efforce de dégager un principe d’intelligibilité et est soucieux de l’exactitude et de la documentation approfondie =souci d’objectivité.
L’objectivité est effectivement la question essentielle : il ne s’agit pas de la question de l’impartialité mais de celle de la conformité aux événements. Mais, et là est la difficulté, l’histoire doit tenter de saisir, de comprendre une réalité humaine et donc des comportements porteurs de sens, d’intentions souvent obscures et cachées qu’il s’agit de déchiffrer. Du coup, ne faut-il pas inclure la subjectivité en histoire ? (au sens où il s’agit de tenter de saisir l’individualité, l’intériorité des acteurs de l’histoire)

Mais, autre problème, quel est l’objet de l’histoire ? La réalité révolue qu’est le passé est multiple ; l’historien doit donc sélectionner, trier les « faits », établir de grandes séries (économiques, politiques, …) Le fait historique est donc –comme le fait scientifique- élaboré, construit par l’historien et ne doit pas être assimilé à l’événement (qui donne l’impulsion, le sens mais est très difficilement cernable).
Cela nous conduit au problème de la causalité en histoire, c’est-à-dire de la légitimité et de la valeur de l’ordre instauré par l’historien. Il semble difficile de distinguer les différentes causes d’un « événement » et de décider de leur importance : faut-il accorder la priorité aux incidents apparemment fortuits (un rhume de cerveau de l’empereur) qui sont les antécédents immédiats d’une suite d’événements importants, ou aux « raisons » profondes qui l’ont déterminé ? Les « séries » ne sont-elles pas arbitrairement isolées ? Plus encore, admettre la causalité, la force déterminante des grands ensembles historiques régis par des lois rigoureuses, c’est restreindre l’invention et la liberté des individus et des peuples.

D’où la question du sens : qui fait l’histoire ? A-t-elle un sens ? Comment expliquer le désordre apparent des événements répondant à une multiplicité d’intentions individuelles et l’ordre qui semble se dégager de l’ensemble ?
-  croyance à l’idée de destin : force impersonnelle ayant déterminé le cours général des événements et contre laquelle toute intervention humaine serait impuissante.
-  Idée de Providence : puissance personnelle , bienveillante qui oriente l’histoire humaine en la faisant progresser : le Salut.

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HEGEL

Pour lui, l’histoire n’est ni un chaos informe, ni le produit du hasard ou du destin. Elle n’est pas non plus une simple récollection de faits passés dont l’assemblage est privé de sens. L’histoire nous apparaît certes comme l’univers du négatif, de la violence, du mal. Mais, selon Hegel, « la raison gouverne le monde », l’ « histoire universelle est rationnelle » (la raison comme raison divine, absolue). Ce qui apparaît en surface de l’histoire sont les actions des hommes mus par leurs intérêts et leurs passions : « rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion » in La raison dans l’histoire. Mais cela n’est que le ressort de l’histoire, non sa vérité. La raison divine se sert de nos buts limités, de nos passions pour parvenir à des fins propres, dont les acteurs humains n’ont pas conscience : telle est la « ruse de la raison ». Les peuples sont les instruments inconscients de l’Esprit du monde ainsi que les grands hommes qui ont su concrétiser l’esprit d’un peuple, les aspirations inconscientes des individus. Idée de progrès dans l’histoire :
-  monde oriental : seul le maître est libre
-  monde antique : quelques-uns sont libres
-  monde chrétien : tous les hommes sont libres.

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MARX

Selon lui, les hommes font l’histoire sur la base des conditions économiques dites matérielles, déterminées (non choisies) qui animent leurs luttes, dont ils ne peuvent faire abstraction.
« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de la lutte des classes » Manifeste du parti communiste.
Il analyse l’histoire de la Monarchie de Juillet et de la II è République comme une lutte entre la bourgeoisie financière et foncière, la bourgeoisie industrielle, la petite bourgeoisie, le prolétariat et les paysans. Il définit l’Etat en termes de luttes de classes : « Le pouvoir politique à proprement parler est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre » La classe sociale qui a la propriété des moyens de production va tendre à figer les rapports sociaux de production dont elle tire profit. Elle va donc se doter d’un appareil de contrôle, de pression, de représentation (idéologie) qui vise à assujettir ceux qui pâtissent de ce mode d’extorsion de sur-travail. Cet appareil, c’est l’Etat.
Une révolution n’est pas la prise de l’appareil d’Etat mais le bris de cet appareil et son remplacement par un nouveau = lutte des classes=conflit pour la maîtrise de l’appareil d’Etat.
Ce conflit essentiel durera jusqu’à l’avènement de la société sans classes (communisme)

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Importance de la réflexion sur l’histoire

 :
donner du sens et suivre un idéal, former des valeurs, lutter pour elles :
La Révolution française : le droit plutôt que la force
La liberté égale pour tous
L’écriture de l’histoire, la réflexion sur l’histoire est le mouvement par lequel l’homme prend conscience de lui-même au-delà de son présent immédiat, dans une largeur d’horizon nécessaire à l’appréhension de son humanité.


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