Rencontre avec Sylvain Pattieu, auteur de Et que celui qui a soif, vienne le 29 avril 2016

mardi 24 mai 2016
par  Vincent VERNET

Merci à S. Pattieu et à V. Gloeckler de la librairie Lafontaine pour leur venue afin de parler de Et que celui qui a soif, vienne.

Voici quelques notes prises à cette occasion.

- Le projet : rendre contemporain par l’écriture, moderniser un genre : pourquoi écrire un roman de pirates aujourd’hui ? De fait quand on fait de l’art on est toujours marqué par son époque. Mais aussi volonté de résister à l’ordre dominant, à l’autorité, vœu d’avoir plus de solidarité. Donc évocation de ce contexte de la première mondialisation, avec la discipline de fer, les équipages cosmopolites des pirates.
- Au début est raconté un combat de loups mis en parallèle avec la maladie de sa mère, qui impliquait aussi un combat. L’auteur injecte ses préoccupations, sa famille, ses personnages historiques. On casse le récit mais universalise cette histoire de pirates et produit une émotion. Et puis il n’était pas possible de faire un roman sur sa mère, c’était trop douloureux. Mais écrire fait du bien.
- Ton du livre : pas de volonté de faire quelque chose de sombre même si ça l’est parfois. De la légèreté aussi.
- Besoin de recherches pour écrire le livre. Cf. Redicker. Et puis le vocabuaire de la marine est rès beau. Il y a des anachronismes volontaires, et maîtrisés. S. P. aime bien les livres qui font pénétrer dans un univers comme ceux de M. de Kerangal.
- Avant d’écrire S. P. a beaucoup lu. Ses parents n’avaient pas la télé, lire était le seul moyen de s’évader. Il lisait de la littérature de jeunesse, des Agatha Christie. Il a commencé à écrire au CM1. Ses grands-parents avaient même imprimé ses écrits et lui avaient fait croire que c’était publié. Au collège il a lu S. King, des nouvelles… Etudier la littérature l’a un peu bloqué. Il a ensuite fait des lectures d’historiens, de sociologues mais après sa thèse il a recommencé à lire des romans et après trente ans a eu envie d’écrire un roman. Des gens trouvaient ça un peu bizarre maistout le monde a un part créative à libérer.
- S.P. est venu à l’écriture par l’histoire. A commencé par des travaux sur les archives. Dans les deux cas il faut se mettre dans la tête des gens du passé, éviter les jugements moraux anachroniques. (comme disait Marc Bloch, l’historien est comme l’ogre des légendes et se nourrit de vie, de chair).
- Le titre : il vient de la Bible, texte qui a un souffle, des image s poétiques. Les images aident à se faire comprendre. Et ca correspond à l’idée de la littérature de S.P. : celui qui a envie de lire prend ce qui l’intéresse. Ici il y a plusieurs fils narratifs, trois bateaux, des personnages se rejoignent. Une convergence un peu come dans les toasts géorgiens où à force de porte des toasts on revient à son point de départ.
La profusion des personnages permet de donner des points de vue différents : esclave, vitrier, prêtre défroqué, femme soldat…
- S.P. regarde beaucoup de séries ; son écriture est marquée par les images, par une dynamique. Par l’oralité aussi.
- Pirates. Le genre a peut-être un peu découragé des lecteurs qui n’ont pas bien situé le sujet. Dans les salons –le pire pour un écrivain qui voit passer tous ces gens- les femmes pensent que ce n’est pas pour elles, une journaliste ne s’y est pas intéressé pour cette raison, un autre dit que c’est pour son fils élève de collège. Mettre un sous-titre n’était peut-être pas une bonne idée.
- Défauts et qualités d’un auteur : la curiosité. Enfant S.P. posait trop de question, c’est ce qu’on lui faisait comprendre. Même les sujets futiles l’intéressent.


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