La Fureur de Vivre, film de Nicolas Ray (1955), séance à l’Amphithéâtre le mardi 5 avril 2016 à 19h

mardi 22 mars 2016
par  Damien MERCADIE

Synopsis et détails

Jim Stark est le petit nouveau au lycée. Un jeune homme accablé de problèmes familiaux et brimé par ses camarades mais qui n’aspire qu’à se faire une place parmi ses camarades. Entraîné malgré lui dans un défi de vitesse face à Buzz, chef d’un groupe un peu rebelle, ce dernier y perdra la vie. Suite à ce drame, Jim est entraîné dans une spirale de violence.

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Arrivé depuis peu dans une petite ville universitaire, Jim, adolescent trop gâté, rêve de devenir un homme.

Au poste de police où il a été conduit après une nuit de beuverie, il encontre Judy, une jeune fille privée d’affection parentale. Pour la conquérir, il affronte jusqu’à un risque mortel la bande de désaxés dont elle est l’égérie. Dans le même temps, il prend sous sa protection Platon, orphelin richissime et angoissé, qui possède un revolver et joue avec l’idée de s’en servir.

Tous trois s’isolent du monde dans une villa fantomatique. Mais tandis que la tendresse de Judy apaise Jim révolté contre ses parents, Platon apprend que la bande cherche à venger la mort accidentelle de son chef. Affolé, il s’enferme dans l’université ; Jim se dévoue pour l’en faire sortir, mais, par erreur, la police abat Platon.

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Ce film consacra la gloire de James Dean mais son personnage, Jim Stark, est un rebelle de circonstance. Le vrai rebelle c’est Platon dont le nom, la position à la périphérie du cadre et les chaussettes dépareillées disent qu’il n’a pas sa place dans le monde.

Le drame humain a pour toile de fond une interrogation cosmique, suggérée par le format Scope qui magnifie la course sur la falaise et la scène du planétarium. Dans celle-ci, c’est la place de l’homme dans l’univers qui est mise en question. La catastrophe aura- t-elle lieu à l’aube comme le pressent Jim ? Cette interrogation cosmique permet à Jim de s’extraire de la servilité et de l’animalité auquel il est contraint par son milieu social. Le petit singe mécanique au générique est un symbole de regression au sein de la famille. Le milieu des étudiants où le jeune chef va prendre la place du plus vieux, où les adolescents assistent en bande à l’épreuve initiatique, est également caractérisé par un comportement grégaire.

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C’est entre chien et loup ou dans la nuit équivoque de la villa, que les personnages rencontrent à la fois leur plus grande inquiétude et leur raison de vivre. Le film s’achève à l’aube sur une happy end ambiguë où Nicholas Ray joue lui-même le professeur qui arrive pour l’ouverture du planétarium. Jim redonne une vraie place à son père. C’est lui qui relève son fils et le ramène à la vie adulte. Il retrouve là la dignité qui lui faisait défaut lorsque, à genou, il ramassait servilement le plateau du déjeuner.

Malgré leurs problèmes, Judy et Jim sont des êtres assez forts pour trouver leur chemin vers le monde adulte. Cette force est symbolisée notamment par leur aisance à porter un costume rouge ; manteau rouge pour Judy dans la scène du commissariat et veste rouge de Jimmy.

Platon n’a droit lui qu’à une seule chaussette de couleur rouge. Le surnom de Platon est d’une ironie mordante. Sans idéal, il a même tué des petits chats, c’est un Platon qui ne supporte pas la lumière et n’est à l’aise que dans l’ombre de la maison, véritable caverne régressive, où il trouve une famille de substitution.

http://www.cineclubdecaen.com/realisat/ray/fureurdevivre.htm

La bande annonce ci-dessous

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19467188&cfilm=1945.html