Lexique Platon, ou comment apprendre le vocabulaire et prendre connaissance de sa philosophie en même temps

mercredi 14 janvier 2009
par  Lydia COESSENS

LEXIQUE

Allégorie : récit ou image censés exprimer une idée déjà exprimée par des concepts (à la différence du mythe).

Âme (psukhê ) La nature de l’âme est d’être principe (arkhê) de mouvement. Eternellement mobile, et de ce fait immortelle, elle est aussi la cause première de tous les mouvements : des mouvements physiques, qu’il s’agisse de ceux des éléments ou de ceux, volontaires, des êtres vivants ; et des mouvements proprement psychiques que sont la sensation et la réflexion (l’intellection). Cette primauté naturelle de l’âme la rend toutefois difficile à connaître : de cette réalité intermédiaire entre le sensible et l’intelligible, on ne peut guère donner qu’une représentation. Comme cause du mouvement et sujet de la connaissance, l’âme exerce un certain nombre de fonctions. Dès lors qu’elle est incarnée, l’âme doit en effet animer le corps auquel elle est liée : elle doit le mouvoir et le connaître, c’est-à-dire le gouverner. Le dualisme platonicien n’implique pas une hétérogénéité et une séparation des fonctions corporelles et psychiques, mais au contraire leur complémentarité ; l’âme permet l’animation du vivant, c’est-à-dire la conservation et le développement du corps auquel elle donne vie.

Analogie : proportion mathématique (par ex. , a/b =c/d). Par extension : similitude, ressemblance.

Anhypothétique : terme choisi par Platon pour désigner l’objet de la connaissance suprême, par opposition au raisonnement mathématique qui procède par hypothèse.

Aporie, aporétique : du grec « aporia », l’aporie désigne, au sens propre, l’absence de passage et, par extension, l’état d’embarras dans lequel se trouve celui qui rencontre un obstacle dans la recherche de la vérité.

Artefact : construction artificielle destinée à rendre une question intelligible.

Bien (idée du) : l’idée du bien a une prééminence sur les autres formes intelligibles, étant à la fois source de leur être et condition de possibilité de leur intelligibilité à la manière dont le soleil est condition de la visibilité des réalités sensibles. Dans la République, Socrate déclare que l’idée du bien est l’objet d’étude le plus important des philosophes-gouvernants. Toutefois Socrate concède qu’il ne sait pas ce qu’est le bien et admet n’en avoir que de faibles opinions (506 b à e)
Dans la tradition grecque, le bien (to agathon) est ce dont la possession procure le bonheur (eudaimonia), qui est la fin ultime poursuivie par tout être humain. Aussi, pour définir le bien, convient-il de rappeler que, pour Platon, un être humain est un vivant, qui se définit comme l’association provisoire d’une âme avec un corps. Dans cette perspective, autres seront les biens pour le corps, et autres les biens pour l’âme. Et, puisque l’âme et le corps n’ont pas les mêmes fonctions, un ordre de priorité est établi entre ces biens : le bien de l’âme doit prévaloir.
Pour le corps, le bien réside dans le fait d’être, d’avoir et de faire ce que l’on a désiré être (en bonne santé), avoir(des richesses) et faire (se gouverner soi-même et gouverner les autres).
La doctrine de Platon a connu une évolution quant à la question de savoir en quoi consiste le bien pour l’âme. Jusqu’à la République, on note une tendance à admettre une conception moniste de l’âme. Parce qu’une action vertueuse est censée se justifier elle-même par le bien qu’elle apporte à l’âme de l’agent, il n’est jamais meilleur ni avantageux pour l’agent de se comporter mal, car se serait agir de façon honteuse, d’une façon intrinsèquement laide et ferait un tort réel à la meilleure partie de l’homme, c’est-à-dire à son âme. Montrer qu’une vertu confère à l’âme un bien, qu’elle lui est avantageuse, est le meilleur critère de sa supériorité. Et comme nul ne veut s’infliger à soi-même un mal, nul ne peut vouloir commettre le mal. Mais, à partir de la République, la situation devient plus complexe dans la mesure où l’âme présente désormais trois fonctions ou espèces (intellect, ardeur, désir)(cf. tripartition de l’âme), dans une disposition hiérarchique où l’intellect doit tenir la première place. Pour l’âme, le bien consiste alors dans le maintien d’une véritable harmonie entre ces trois espèces, et surtout dans la contemplation de l’intelligible par l’intellect. D’où une doctrine des vertus ou qualités de l’âme, qui trouvent leur répondant sur le plan politique, dans la tripartition des groupes fonctionnels de la cité (les dirigeants, les gardiens et les producteurs). La tempérance (sôphrosunê), la maîtrise de soi, des plaisirs et des comportements excessifs, est la vertu de l’âme tout entière et de la société dans son ensemble : elle permet l’accord et l’harmonie entre les espèces de l’âme et les groupes de la cité. Le courage (andreia) qui est la vertu des gardiens, vise à maintenir en l’âme et dans la cité une juste évaluation de ce qui est un vrai bien et un vrai mal, un danger ou non, un ennemi ou un ami. La sagesse (sophia) est la vertu de la partie rationnelle de l’âme capable d’appréhender les Formes et, par-dessus tout, le Bien. Enfin, la justice(dikaiosunê) permet de maintenir en l’âme et dans la cité un ordre véritable, elle est l’harmonie des trois autres vertus.
La réflexion morale d’inspiration socratique se prolonge chez Platon sous la forme d’une réflexion ontologique(de on, ontos, « être ») sur la nature de l’âme et de l’intelligible. Guidée par la philosophie, l’âme prend le divin pour but, afin de connaître ce qui lui est apparenté. Le divin doit être considéré comme l’un des intermédiaires qui, avec les démons et les formes intelligibles, permettent à l’âme de remonter vers le Bien, conçu comme une réalité intelligible indépendante de l’homme, vers laquelle l’âme juste est attirée. En d’autres termes, même si les biens sont multiples, cette multiplicité se rapporte à une seule forme, celle du Bien, dont il est dit dans la République « qu’elle est au-delà de l’être en dignité et en puissance ». Tout comme le bonheur qui est la fin ultime de l’homme dépend du bien, de même dans l’intelligible, l’existence de telle ou telle réalité se trouve justifiée par son rapport au Bien, qui constitue le foyer vers lequel convergent toutes les Formes.

Cause : la connaissance d’une chose, quelle qu’elle soit, suppose qu’on puisse lui attribuer une cause, dont la définition permettra non seulement d’expliquer pourquoi cette chose est ce qu’elle est, mais encore de comprendre pourquoi cette chose est, sa raison d’être(cause finale). La seule cause digne de ce nom et de cette double fonction est celle dont la définition permettra de comprendre ce qu’est une chose quelconque.

Conceptualisme : Cf. Universaux

Connaissance : la connaissance est le processus psychique par lequel une âme, percevant un objet, est en mesure de dire ce qu’il est. Dans la mesure où cette perception peut être plus ou moins exacte, on distinguera différents modes de connaissance, dont chacun, selon la puissance qui lui est propre, a un objet spécifique : l’ignorance pure et simple porte sur le non-être, l’opinion sur ce qui semble, l’intelligence sur ce qui est.

Démonique : relatif au « démon », « daïmôn ». Les démons étaient des êtres intermédiaires entre les dieux et les hommes, comprenant notamment ces sortes d’anges gardiens qu’étaient les démons personnels comme le démon de Socrate.

Détour : c’est l’un des aspects de la démarche platonicienne dans les dialogues dits « achevées », par opposition aux dialogues « aporétiques », que de procéder par « détours ». Ainsi les livres centraux de la République sont-ils présentés comme un « grand détour » (504 c), le détour par une route plus longue constituant aux yeux de Platon une voie plus sûre pour atteindre le vrai.

Dialectique : terme philosophique fondamental, désignant l’art du dialogue ou « art d’interroger et de répondre », la méthode philosophique par excellence. Même en se limitant aux acceptions platoniciennes, il est toutefois difficile de donner un sens univoque au terme de « dialectique » Dans la République, il désigne le degré le plus haut de l’éducation philosophique.
La dialectique est d’abord définie comme une technique, celle des questions et des réponses qui constituent un entretien oral, et qui définit son technicien comme « dialecticien », « celui qui sait interroger et répondre ». Cette technique doit atteindre la connaissance de ce qu’est l’objet dont on parle ; elle doit permettre à ceux qui dialoguent de « saisir la raison de ce qu’est chaque chose »(République, VII, 532 a). C’est donc à travers le discours, la rationalité discursive(le logos), et par le moyen du discours(dia-logou), que la pensée peut atteindre la connaissance de ce que sont les choses. En ce sens, la dialectique est le savoir, la connaissance vraie. Elle est le raisonnement discursif à la faveur duquel la pensée et l’être des choses se rencontrent. La dialectique se distingue ainsi des autres usages du discours, au premier rang desquels le procédé rhétorique dont Platon fait la critique au motif qu’il ne porte guère que sur la diversité sensible et qu’il ne permet d’atteindre aucune connaissance réelle.
Contre l’usage rhétorique ou éristique du discours, qui cherche simplement à persuader, la dialectique oppose donc une science de la discussion, fondée sur une méthode heuristique(une méthode de recherche, de découvert et d’enseignement). Ou plutôt plusieurs méthodes, que les dialogues définissent avant d’en faire usage. Dans le Phèdre, le Sophiste et le Politique, Platon insiste surtout sur la méthode de la division (la diairesis) et de rassemblement (ou d’unification, sunagôgê), qui doit permettre soit de définir la spécificité d’un objet, soit de rapporter une multiplicité d’éléments à une forme unique, en suivant l’ordre et les articulations du réel. S’agissant de la division, elle doit, partant d’une notion générique, du genre où l’on croit pouvoir situer l’objet qui nous préoccupe, le diviser progressivement en espèces distinctes, jusqu’au point où l’on atteint la différence en-deçà de laquelle aucune division n’est plus possible. La division procède ainsi par dichotomie successives, l’ensemble de la recherche prenant l’aspect d’une arborescence plus ou moins longue.
Mais la dialectique, même si elle utilise abondamment la division et le rassemblement, peut aussi bien se servir d’autres formes de discours, de comparaisons, d’analogies, de paradigmes(le paradigme consiste à mettre en parallèle un objet connu et un objet recherché, pour que les caractéristiques du premier éclairent par analogie celles du second) et même les fictions ou récits. En ce sens, la dialectique ne peut être confondue avec l’une ou l’autre de sa double méthode, et elle ne peut être simplement identifiée aux mathématiques auxquelles elle emprunte toutefois l’instrument de la démonstration rigoureuse (comme c’est notamment le cas avec la réfutation qui consiste à prendre pour hypothèses les arguments de l’interlocuteur, puis à en déduire les conséquences jusqu’à faire apparaître une contradiction). Dans le programme éducatif que décrit le livre VII de la République, la dialectique achève et accomplit le cursus des études philosophiques par son aptitude à libérer la pensée de l’examen des seuls objets sensibles et de la figuration, dont toutes les autres sciences sont peu ou prou tributaires, mais aussi du caractère « hypothétique » qui est celui de toutes ces sciences, au premier rang desquelles les mathématiques. Là où les sciences déduisent leurs propositions et leurs connaissances d’hypothèses ou d’axiomes, la dialectique atteint un objet « anhypothétique », que Platon désigne comme la Forme du bien. Elle se distingue alors sous deux aspects des autres modes de connaissance : quant à son objet et quant à sa mise en œuvre. En premier lieu, elle seule permet la connaissance de l’essence de chaque chose (son ousia dit la République, VII, 534 b). Celle-ci, i.e la réalité dans son ensemble, ne saurait donc être que pensée, et cela au moyen d’un exercice discursif de la pensée. La perception intuitive de la réalité d’une chose n’est que la conséquence d’une médiation progressive qui procède discursivement par la démonstration des intermédiaires. En second lieu, la dialectique peut être qualifiée de science véritable au motif, non pas qu’elle serait la meilleure, mais que, supprimant les hypothèses, elle s’appuie sur des thèses : la nécessité de sa démonstration n’est plus simplement logique mais réelle. Elle est ainsi la connaissance intégrale qui, à partir d’un principe fondé, peut déduire l’ensemble des savoirs : la dialectique a une puissance « synoptique ». Et dans la République, c’est précisément parce qu’il possède une telle aptitude synoptique -« une vue synoptique de la parenté des enseignements les uns avec les autres, et avec la nature de ce qui est réellement »(Rép., VII, 537 c)- que le philosophe devra gouverner la cité.

Eikasia  : mot grec signifiant « image », « représentation », mais qui, selon Platon, désigne plus précisément un des degrés de la démarche philosophique, celle qui connaît tout ce qui est de l’ordre de l’image et de l’imitation, aussi bien les images dans les eaux ou dans les miroirs que les productions de la peinture ou de la sculpture.

En soi : une des expressions désignant, selon Platon, un certain niveau de l’être ; ainsi l’idée ou forme intelligible existe en elle-même et par elle-même, contrairement aux réalités sensibles.

Eschatologique : qui a trait aux fins ultimes de l’homme et du monde.

Forme, en grec eidos qui vient du verbe voir, et signifie « forme, aspect, apparence » ; de là le mot a pris le sens de « caractère propre d’une chose », « nature d’une chose » ; idée. La forme chez Platon, désigne une entité intelligible (non sensible) qui existe en soi, qui est éternelle, pure et sans mélange, et qui entretient avec les réalités particulières un rapport de participation ou d’image. La République est considérée comme l’un des ouvrages développant ce qu’on a coutume d’appeler « la théorie des formes ». Toutefois cette notion est à manier avec précaution, l’expression, pas plus que celle de « monde intelligible », ne figurant expressément dans l’œuvre de Platon.

Idée : l’idée platonicienne, autre nom de la forme, désigne l’essence intelligible, immuable des choses.

Irrationnel (alogos) : chez Platon, désigne à la fois le nombre qui ne peut être mis sous la forme d’un rapport entre deux nombres entiers et ce dont on ne peut « rendre raison ».

Loi (nomos) Nomos signifie « loi » ou simplement « coutume, règle » ; fondamentalement, le mot a le sens de « convention ». C’est ainsi que les Grecs, en particulier les Sophistes, opposaient nomos à phusis, la convention à la nature. Le mot nomos est de la même famille que le verbe nomizesthai, « admettre que, estimer, trouver », au sens de « s’accorder à penser que... »

Métaphysique : à l’origine, nom donné par l’éditeur Andronicos de Rhodes (1er siècle av. J. - C.) aux traités d’Aristote relevant de la philosophie première, discipline concernant la nature de ce qui est au-delà du sensible. Par la suite le terme prend un sens plus général et tend à se confondre avec la philosophie lorsque celle-ci traite les questions du fondement ultime de la réalité, de la nature des causes premières, de la liberté humaine.

Musique : le mot grec « mousiké » désigne à la fois la musique au sens moderne, l’acoustique et le culte des Muses, comprenant non seulement les discours en vers, mais aussi la mélodie et la danse.

Mythe : histoire qui est censée exprimer ce qui ne peut être traduit en concepts.

Nominalisme : Cf. universaux

Oligarchie : gouvernement de l’État par une minorité (qui n’est pas forcément composée des meilleurs citoyens)- à la différence de l’aristocratie.

Ontologie : du grec on, ontos, participe présent de einai, « être » et logos, « discours ». Discours qui prend pour objet non pas telle catégorie particulière d’être mais « l’être en tant qu’être », selon la formule d’Aristote. C’est l’étude de l’essence de l’être, de ce qui fait qu’un être est ; elle est l’étude du fondement de l’ordre des choses.

Opinion : l’opinion, en grec doxa, désigne le jugement qu’une personne (ou un groupe de personnes) a sur un sujet donné. Pour Platon, l’opinion doit être critiquée et mise à l’épreuve afin d’examiner s avaleur. C’est aussi, dans la République, un degré de connaissance qui s’en tient au niveau de l’apparence (cf. le verbe grec dokeïn sur lequel est formé le substantif doxa et qui signifie « paraître »).

Opinion droite : l’opinion droite (orthodoxa) ou opinion vraie se distingue de la science véritable, laquelle sait pourquoi et en quoi elle est vraie. L’opinion droite, bien que n’étant pas une connaissance fondée en raison, permet de guider l’action.

Pensée médiane : traduit le grec dianoia et désigne la connaissance intellectuelle correspondant aux raisonnements mathématiques.

Philosophie : le terme de philosophie désignait, chez beaucoup d’auteurs du IV è siècle, le goût pour les choses de l’esprit. Avec Platon, la notion prend divers sens : elle désigne un « naturel », une exigence, une éducation, une doctrine, etc.

Pistis  : mot grec signifiant « croyance » ou « conviction », mais que, dans la République, désigne plus précisément un des degrés de la démarche philosophique correspondant à la « certitude sensible »

Présocratiques : nom donné à certains penseurs dont la plupart sont chronologiquement antérieurs à Socrate et dont les rares textes qui nous sont parvenus n’ont pas la forme philosophique classique.

Pythagoriciens : disciples du penseur plus ou moins mythique connu sous le nom de Pythagore. On attribue à ce dernier une doctrine originale de l’immortalité de l’âme et de sa transmigration. Platon était, au moins à l’origine, assez proche des pythagoriciens.

Réalisme : cf. universaux

Sagesse, phronèsis  : à ne pas confondre avec sophia (la science). Phronèsis est généralement traduit par « sagesse », « intelligence », par « prudence » chez Aristote. La phronèsis se rapproche davantage du sens moderne de sagesse que sophia. Elle désigne cette qualité intellectuelle qui distingue un homme d’expérience, de jugement, de mesure. Chez Platon, elle est, au même titre que la sophia, une qualité du philosophe. Aristote les distinguera davantage, l’une désignant la qualité de l’intelligence pratique et l’autre la qualité de l’intelligence théorique)

Science : le mot grec epistèmè désigne bien, dans la République, notamment lorsqu’il est qualifié par l’adjectif « dialectique », la connaissance suprême, mais il est aussi souvent pris dans une acception plus large, comme synonyme de technè, pour désigner tout savoir et toute compétence efficace.

Sophisme : raisonnement faux et paradoxal, ayant l’apparence du vrai.

Sophistes : du grec sophistès, de la même famille que sophia, signifie « celui qui est habile ». Personnages de la société grecque des IV è et V è siècles av. J.-C., qui faisaient profession de manier l’art de parler, la rhétorique, prétendant pouvoir répondre à toute question, et de raisonner dans une perspective qui sera vivement critiquée par Platon. Ce sont des orateurs publics qui eurent l’idée de vendre leur compétence auprès des particuliers.

Stéréométrie : branche des mathématiques grecques se rapprochant un peu de ce que nous nommons « géométrie dans l’espace »

Timocratie : mode de gouvernement des États fondés sur la recherche et l’amour de l’honneur.

Transcendant : qui est au-delà du sensible.

Transcendantal : terme technique de la philosophie kantienne qui s’oppose à l’adjectif empirique (« qui relève de l’expérience ») et qui renvoie aux conditions de possibilité de l’expérience.

Tripartition de l’âme : célèbre théorie platonicienne distinguant trois niveaux dans l’âme humaine : l’epithumétikon, ensemble des bas désirs, qui sera logé dans le bas ventre ; le thumos, cœur, colère ou courage, principe de l’indignation, qui aura son siège dans la poitrine, il a une fonction intermédiaire(cf. livre IV 439 e à 440 a) ; le noûs, esprit, intelligence ou raison, qui sera localisé dans la tête.

Tyrannie : forme monarchique de gouvernement. La notion, qui originellement n’a rien de péjoratif, le devient notamment dans le livre IX de la République.

Universaux (querelle des) : nom donné, au Moyen Age, à la question de savoir à quoi correspondent les termes généraux (par ex. le « lit » dont parle Platon au livre X de la République :
· Pour le « réalisme » (doctrine traditionnellement attribuée à Platon), ils correspondent à des « réalités » suprasensibles ;
· Pour le « conceptualisme » (attribué à Aristote), ils correspondent à quelque chose dans l’esprit humain ;
· Pour le « nominalisme », ils n’ont de réalités que dans l’ordre du langage.

Vertu : la notion grecque d’arétè ne désigne pas, en premier lieu, une vertu morale, mais ce qui fait qu’une chose (homme, animal, objet quelconque) est ce qu’elle doit être, remplit bien sa fonction, son rôle. Ainsi peut-on parler de l’arétè d’un manteau, au sens où il remplit bien sa fonction de protéger du froid et des intempéries. La vertu de l’homme, c’est d’être un homme accompli. En ce sens le courage, la justice la tempérance, la prudence sont des vertus dans la mesure où elles contribuent à l’excellence, à la vertu d’un individu. Le but de l’éducation est d’acquérir la vertu, c’est-à-dire d’exceller dans la vie publique comme dans la vie privée.


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