REVISIONS BACCALAUREAT PHILOSOPHIE AVEC FRANCE -CULTURE

mercredi 12 juin 2013
par  Lydia COESSENS

[ http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-bac-philo-deuxieme-edition-14-explication-de-texte-
- > http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-bac-philo-deuxieme-edition-14-explication-de-texte-

"Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les hommes vont à la guerre et que les autres n’y vont pas est ce même désir qui est dans tous les deux accompagné de différentes vues. La volonté ne fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre. Et cependant depuis un si grand nombre d’années jamais personne n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement. Tous se plaignent, princes, sujets, nobles, roturiers, vieux, jeunes, forts, faibles, savants, ignorants, sains, malades, de tous pays, de tous temps, de tous âges et de toutes conditions. Une épreuve, si continuelle et si uniforme devrait bien nous convaincre de notre impuissance d’arriver au bien par nos efforts. Mais l’exemple nous instruit peu. Il n’est jamais si parfaitement semblable qu’il n’y ait quelque délicate différence, et c’est de là que nous attendons que notre attente ne sera pas déçue en cette occasion comme en l’autre ; et ainsi le présent ne nous satisfaisant jamais, l’expérience nous pipe, et de malheur en malheur nous mène jusqu’à la mort qui en est le comble éternel. Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance, sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide, et qu’il essaie inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant dans les choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables, parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu lui même."

Pascal, Pensées (Pensée 138, édition Michel Le Guern).

Introduction

Le texte a pour objet le bonheur, et la thèse de Pascal consiste à poser que les hommes ne peuvent être heureux que par Dieu.

Les enjeux sont doubles. Il s’agit d’abord montrer qu’aucun athéisme ne peut être véritablement heureux. L’athée libertin peut bien se moquer de Dieu, mais c’est pour s’être rendu aveugle à la détresse de sa condition. En ce sens, sa quête de jouissances relève d’une insouciance coupable et d’une indifférence déraisonnable plus que d’un véritable bonheur. Mais il s’agit également de penser le remède à la détresse des hommes, qui ne peut résider que dans la foi. C’est là la dimension apologétique du texte, dont la finalité n’est pas seulement de faire penser mais de convertir.

Le texte se découpe en trois moments : dans une première partie, Pascal décrit la condition humaine, qui s’identifie à une condition essentiellement malheureuse. Dans la seconde, il explique pourquoi toute l’histoire n’a pas suffit à instruire les hommes de leur condition. Dans la dernière, il rend compte de cette condition et pose la nécessité de sa résolution en Dieu.

Première partie : la contradiction de la condition humaine (lignes 1 à 9)

a. Le désir universel d’être heureux (lignes 1 à 5)

Le texte s’ouvre sur l’affirmation d’un désir universel d’être heureux. Dans ce cadre, la diversité infinie des moyens d’y parvenir est moins signifiante que l’universalité de la fin poursuivie : si les hommes empruntent une infinité de chemins, tous visent la même destination.

b. L’impuissance universelle à le devenir (lignes 6 à 9)

Il y a cependant une contradiction entre un désir universel de bonheur et une impuissance toute aussi universelle à l’atteindre. Cette contradiction constitue le fond de la condition humaine, et aucune condition particulière, de la plus basse à la plus haute, ne parvient à la résoudre. Toutes les conditions particulières sont englobées dans l’universelle condition humaine, qui est une condition essentiellement malheureuse.

Deuxième partie : le cours aveugle de la vie (lignes 10 à 14)

a. L’expérience nous instruit peu (lignes 10 à 12)

Une si longue expérience du malheur aurait dû nous instruire de la vanité des biens terrestres et de l’impossibilité de parvenir au bonheur par nos seules forces : si ces biens n’ont jamais garanti à quiconque le bonheur, pourquoi perdons-nous encore notre vie à les acquérir ? L’expérience nous instruit peu, nous dit Pascal, et il convient alors de comprendre pourquoi nous demeurons sourds à ses leçons.

b. La mort comme sanction de l’échec (lignes 12 à 14)

C’est alors la mort, et non le bonheur, qui vient clore cette existence d’efforts aveugles et infructueux.

Troisième partie : le désir de Dieu (lignes 14 à 19)

a. Le désir comme trace (lignes 14 à 18)

Il s’agit enfin de résoudre la contradiction constatée, en repartant de son point de départ. Si les hommes cherchent à être heureux, c’est faute de l’être, mais s’ils peuvent chercher à l’être, c’est parce qu’ils savent ce qu’ils cherchent. Autrement dit, les hommes ne peuvent désirer le bonheur que parce qu’ils l’ont déjà connu.

b. Le Dieu perdu (lignes 18 à 19)

C’est alors le désir lui-même qui nous éclaire sur la nature de ce bonheur tant cherché : si le désir est l’expérience d’un manque infini, c’est qu’il ne peut être comblé que par un être lui-même infini. Ainsi les hommes, à travers tous les objets de leurs désirs, ne désirent jamais rien d’autre que Dieu.

***

FAUT-IL AIMER SON TRAVAIL ?

Plan

I. Non ! Le travail n’est pas aimable

1) Définition du travail

Ÿ Définition classique du travail : le travail est une servitude naturelle.

Ÿ Le travail est une activité pénible et contrainte

Ÿ Le travail est l’activité que les hommes déploient pour subvenir à leurs besoins

Ÿ Une activité répétitive

2) Le travail n’est pas une activité aimable

Ÿ Donc il n’y a aucune nécessité d’aimer son travail en ce sens que le travail n’est pas aimable.

Ÿ Ou alors l’amour du travail relève d’un amour de la servitude. Sous l’effet de l’habitude, on peut être amené à aimer son travail. Accepter sa condition, même humiliante, fatigante, etc.

Ÿ Ou encore l’injonction d’ « aimer son travail » relève d’une moralisation cynique du travailleur qui vise à en améliorer l’efficacité ou à s’assurer de sa sujétion. S’il « faut » aimer son travail ce serait en ce sens que cet amour relèverait d’une obligation, c’est-à-dire d’une contrainte à laquelle le travailleur doit se soumettre de lui-même. Comme le relève Kant, cela est absurde dans la mesure où l’amour ne peut être l’objet d’un devoir. Dès lors il « faut aimer son travail » précisément parce qu’il n’est pas aimable.

3) Pause, repos, trajet, oisiveté

Ÿ Définitions des concepts.

Ÿ Travail versus liberté.

Ÿ L’utopie : en finir avec le travail.

II. Si ! Le travail est aimable

1) Redéfinition moderne du travail : une activité humaine

Ÿ On pourra objecter qu’il est des métiers passionnants et que le travail pourrait être une activité positive, aimable.

Ÿ Le travail peut au contraire être compris comme une activité positive. C’est le propre de la modernité que de proposer de multiples conceptions positives du travail.

Ÿ Une activité productrice

Ÿ Une activité réfléchie et consciente

Ÿ Une activité volontaire

Ÿ Travail et effort

Ÿ Travail et satisfaction

2°) Redéfinition moderne du travail : une activité qui humanise

Ÿ Une activité formatrice

Ÿ Le travail est formateur. Il faut distinguer le travail comme activité et comme résultat ; ici l’activité est en elle-même positive.

Ÿ Le rapport temporel à la satisfaction fournit le fondement d’une valorisation du travail.

Ÿ Freud : principe de réalité et travail.

Ÿ Le travail est avant tout une occupation, qui prend un certain temps, temps pendant lequel le travailleur ne peut pas faire autre chose.

3°) Travail et culture

Ÿ Hegel considère que le travail est l’activité qui permet à l’homme de se révéler à lui-même. Dès lors le travail est l’activité libre par excellence et elle est à la source de la culture et de l’humanité. Le travail est aimable par définition.

III. Le travail, quel travail ?

1°) Division du travail

Ÿ Marx : critique de la notion abstraite de travail. Il renvoie dos à dos les deux conceptions précédentes (antique et moderne) comme étant abstraites et incomplètes.

Ÿ Définition de la division du travail.

2°) La double aliénation économique et humaine du travail aliéné

Ÿ Définition du travail aliéné dans les conditions capitalistes de productions.

Ÿ Refus de considérer le travail de manière abstraite (le Travail) et donc refus de la forme de la question.

Ÿ Dès lors la réflexion doit prendre au sérieux le « son », le possessif. Il témoigne de la pluralité des tâches que nous accomplissons et que nous appelons « travail ».

3°) Qu’est-ce qu’un travail aimable ? De l’aliénation à la reconnaissance

Ÿ Définition d’un travail aimable

Ÿ La reconnaissance par le travail.

Élément d’introduction/de problématique

Le travail appartient à la quotidienneté triviale. Comme tel il a longtemps été négligé par la réflexion philosophique. Il a fallut attendre la modernité pour trouver une réflexion sur le travail qui accompagne le développement du capitalisme, qui en propose d’ailleurs une conception positive, au point d’ailleurs de concevoir qu’on puisse « aimer son travail ». Entre l’utopie qui espère « en finir » avec le travail et l’ « amour du travail bien fait », se pose la question de la valeur du travail. Quelle est la réelle valeur du travail ? Le travail est-il une activité libre permettant de développer notre humanité ou une activité contrainte, pénible et haïssable ? Le travail est-il aimable ou bien, au contraire, l’amour du travail ressort-elle d’une idéologie qui vise à enchaîner un peu le travailleur en transformant sa contrainte en obligation morale ?

Bibliographie :

- Hannah Arendt, La Condition humaine, chapitre 3 « le travail ».

- Jacques Rancière, La nuit des prolétaires, Fayard, 1981.

- Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Éditions du Seuil, 1993.

- Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1995.


Sites favoris


20 sites référencés dans ce secteur