Les trésors de Jacques DUPIN

mercredi 27 mars 2013
par  Lydia COESSENS

« Dans le mouvement de son écriture, l’écrivain qui a buté contre l’étrangeté de l’inscription, se la réapproprie. Il pénètre ces signes pétrifiés, leur incorpore son temps, sa subjectivité. Il déchiffre des traces en arrière qui passent en filigrane dans les signes qu’il invente en avant. Pour ce passe-murailles, le mur couvert de lettres est un obstacle qui s’entrouvre : ″le poète, écrit Dupin, c’est-à-dire personne, devant le mur qui nous arrête et qu’il traverse, continue d’écrire sur le sable et la poussière... Il maintient l’espace ouvert″ »

Jacques Dupin, (cité par Jean Claude Mathieu, in Écrire Inscrire, José Corti, 2010, p.41), M’introduire dans ton histoire, P.O.L., 2007, ″la difficulté du soleil″ (p. 44)

« DUPIN Jacques (né en 1927). Cofondateur en 1966 de la revue L’Ephémère avec Yves Bonnefoy, Paul Celan, Louis-René des Forêts, André du Bouchet, Michel Leiris et Gaëtan Picon, Jacques Dupin occupe une place majeure dans la poésie contemporaine dont son œuvre reflète depuis un demi-siècle les questionnements et les métamorphoses. Son écriture, d’une intensité souvent éprouvante et déconcertante, apparaît dominée par toutes les déclinaisons de la rupture. »

Valéry Hugotte, extrait de l’article du Dictionnaire des écrivains de langue française (Larousse, 2001).

***

A Pierre Reverdy

j’adhère à cette plaque de foyer
je rends ton enfant à la vague
je tourne le dos à la mer.

reconquise sur le tumulte et le silence
également hostiles,
la parole mal équarrie mais assaillante
brusquement se soulève
et troue l’air assombri par un vol compact
de chimères.
le tirant d’obscurité du poème
redresse la route effacée.

il neige au-dessus des mots.
après tant de voyages violents
entre la table et la fenêtre ouverte,
toutes choses et ta soif devinrent transparence
et profonde allégresse obscure...
il neige au-dessus de nous :
ce que tu taisais, je l’entends

Jacques Dupin, M’introduire dans ton histoire, P.O.L., 2007, p. 45

***

le réel en retour, offre toutes ses faces,
ensemble, à ta seule étreinte fixe,
nulle prise tenue, retenue, mais l’excavation blanche,
la lettre volée, le rapt éclairant,

un chavirement de l’étendue dans la lumière,
seule à répercuter
l’embolie du ciel

à donner espace à ce bleu désuni qui s’allège
ce bleu de fonte, béant, de substance musicale,
comme d’un mur de terre et de fleurs

s’écroulant contre nos genoux

et resurgissant, lavé, bleu, sans nom

Jacques Dupin, Contumace, in Ballast, Poésie/Gallimard, 2009, p. 101.

***

Une traduction de Lichen par Paul Auster :
http://remue.net/spip.php?article337

Des extraits d’Echancré : http://flipbook.cantook.net/?d=http://www.edenlivres.fr/flipbook/publications/7010.js&oid=16&c=&m=&l=fr&r=http://www.pol-editeur.com
Quelques extraits de sa poésie :
http://users.swing.be/paul-malvaux/dupin.html


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