REVISION BAC PHILO : SUJETS DE DISSERTATION (plans)

Traitement de sujets de dissertation en direct sur france -culture(à écouter également en différé ou à podcaster)
samedi 9 juin 2012
par  Lydia COESSENS

http ://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-bac-philo-2eme-session-14-suffit-il-d-expliquer-le-

Bac Philo (2ème session)

Suffit-il d’expliquer le corps pour comprendre l’esprit ?

Plan :

I) De l’homme-machine à l’homme-neuronal. Et inversement.

Idée directrice : il suffit d’expliquer le corps pour comprendre l’esprit car l’esprit n’est qu’une propriété de la matière. Cette option matérialiste forte conduit soit à éliminer du vocabulaire philosophique et scientifique le mot « esprit », soit à faire de l’esprit un épiphénomène des processus neuronaux. On aboutit alors à une naturalisation de l’homme, de la pensée, de la subjectivité dont il convient de mesurer les enjeux.

A) Déterminisme physique et déterminisme psychique

1. Le paradigme de l’explication scientifique

2. Le modèle mécaniste (Descartes)

3. Une physique du désir, la psychanalyse (Freud)

B) L’âme matérielle : des atomes aux neurones

1. Les neurosciences : le cerveau pense

2. L’atomisme antique (Lucrèce)

C) La naturalisation de la pensée et de la subjectivité

1. L’écueil naturaliste et positiviste

2. Le rêve d’un homme naturel et transparent

Transition :
Que l’esprit n’existe pas sans cerveau et qu’il soit le résultat d’un processus évolutif naturel, que les sciences naturelles contribuent, et contribueront encore plus demain, à notre connaissance de ce qu’est l’esprit, est-ce à dire que le corps humain produit sa pensée ? Les phénomènes mentaux n’ont-ils pas leur niveau d’organisation et leur causalité propre, même s’ils sont incompréhensibles en dehors d’un substrat matériel ?

II) Le corps spirituel

Idée directrice : on peut plus facilement comprendre (comprendre, étymologiquement, c’est « prendre avec ») le corps par l’esprit que l’inverse. Le corps présuppose l’activité de l’esprit. La matière est d’abord une production de l’esprit qui confère aux objets le statut de réalité intelligible. La matière est, en ce sens, éminemment spirituelle.

A) L’esprit, entéléchie du corps

1. L’immatérialité de l’âme (Lucrèce derechef)

2. De la puissance à l’acte (Aristote)

B) Le corps, chef-d’œuvre de l’esprit

1. L’esprit sublime le corps (Alain)

2. La perception comme intellection de l’esprit (Descartes derechef)

3. L’énergie spirituelle (Bergson)

C) Le corps pensant

1. Le corps et l’esprit, une seule et même chose

2. Vers un matérialisme faible

Transition : Il ne suffit donc pas d’expliquer le corps pour comprendre l’esprit : sans l’esprit, le corps n’est qu’une matière inerte, indéterminée, impensable. Les événements mentaux sont déterminés par les événements physiques, mais dans un sens large et très approximatif. L’esprit, irréductible à son fonctionnement, est le mouvement d’une subjectivité qui, dans l’extériorité de la matière, tente de de se ressaisir. La pensée jouit ainsi d’une autonomie par rapport au corps eu égard à son pouvoir de réflexivité. Comment alors comprendre l’esprit sans pour autant renoncer à l’expliquer ou à le connaître ?

III) Expliquer plus pour comprendre mieux

Idée directrice : la question se pose maintenant de savoir de quel genre de connaissance relève l’esprit. Savoir objectif et compréhension subjective ne sauraient être confondus, même si compréhension vécue et explication objective peuvent être coordonnées.

A) Connaissance objective et connaissance subjective

1. Causalité et motivation

2. Une herméneutique de l’esprit

B) L’intentionnalité

1. L’expérience vécue et le sens

2. Intentionnalité et liberté

C) Causalité psychique et subjectivité : la psychanalyse derechef

1. Le déterminisme psychique

2. La preuve par la parole

Bibliographie  :

- Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, chapitre 1 et 2 notamment
- Descartes, Méditations métaphysiques, 2ème méditation : le modèle dualiste
- Lucrèce, De la nature III
- Aristote, De l’âme II
- Descartes, Dioptrique, "Vision"
- Bergson, L’énergie spirituelle, "L’âme et le corps"
- Wilhem Dilthey, Introduction aux sciences de l’esprit
- Max Weber, La Sociologie compréhensive
- Freud, Oeuvres complètes  : psychanalyse

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Qui fait l’Histoire ?

Plan :

I. L’histoire nous apparaît si chaotique qu’on n’a pas l’impression, au premier regard, que les hommes la font.

1) Décrire d’abord la manière dont l’histoire apparaît : impression constante d’absurdité, d’échappement à soi des conséquences de nos actions.

2) Nous ne pouvons pas nous empêcher de chercher un sens de l’histoire dans ce chaos

3) Diversité de réponses à cette question d’un sens de l’histoire (dieux, la fortune, la Nature, l’Esprit).

Transition : pourquoi cette diversité de réponses ? Qu’est-ce que cela signifie sur le ou les véritable(s) auteur(s) de l’histoire ?

II. En réalité, toute question sur le sens de l’histoire est en elle-même historique

1) Ainsi, la réponse de Machiavel s’explique par le but politique qu’il se fixe et par les temps mouvementés qu’il traverse (Florence et les Médicis au XVIème siècle).

2) La manière même dont on conçoit l’histoire influe sur l’utilité qu’on lui accorde et la manière dont on demande qu’elle soit écrite – restituée par les historiens.

3) Ce qu’on appelle la conscience historique n’a pas toujours été identique : elle est elle-même historique.

Transition : Pourquoi est-ce si difficile de répondre que ce sont les hommes qui font l’histoire ? Pourquoi l’histoire ne permet-elle toujours pas, au XIXe siècle, de faire cette réponse ?

III. C’est la nature même de l’histoire qui rend si difficile de penser les hommes comme auteur de l’histoire

1) Notre 1er réflexe est de penser l’histoire comme si elle nous était extérieure
Référence : Sartre, Critique de la raison dialectique, II, p 331-337 : exemple du martien.

2) Ce sont les hommes qui font l’histoire « sur la base de conditions antérieures » (Sartre, Critique de la raison dialectique, I, p 154). Autre référence de Sartre : CRD, I, p 553 : exemple du match de foot

3) Dernier exemple que donne Sartre pour comprendre la complexité d’une action historique : CRD, I, p 455-465 : sur les jours précédents la prise de la Bastille

Bibliographie  :
- Machiavel, Le prince
- Thucydide, La guerre du Péloponnèse
- Kant, Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique
- Hegel, Phénoménologie de l’esprit
- Sartre, Critique de la raison dialectique, notamment :
exemple du martien : CRD II, p. 331-337
exemple du match de foot : CRD I, p. 553-555
exemple de la prise de la Bastille : CRD I, p. 455-465

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La morale est-elle nécessaire à la vie des hommes en société ?

Plan :

I - On considère l’hypothèse implicite au sujet : la morale est nécessaire à la vie des hommes en société. Première définition de la morale.

a) La morale : rendue nécessaire par la présence du mal dès l’apparition de l’état social. (Rousseau).

b) La référence à des valeurs morales est constitutive de la conscience de soi et d’autrui, de la conscience de l’humanité en soi et de l’appartenance de chaque homme à une même humanité. (Mounier. Le personnalisme)

c) La morale est la condition de l’autonomie du sujet. (Kant. Fondements de la métaphysique des mœurs)

II - Les limites de la conception d’une morale nécessaire. Seconde définition de la morale.

a) Pour Kant lui-même, le lien social n’est pas un lien moral. C’est « l’insociable sociabilité » des hommes qui les pousse à s’unir. La morale n’est donc pas une nécessité pour la vie des hommes « en tant qu’ils vivent en société ».

b) D’autre part, la nécessité de la morale doit aussi être limitée dans sa prétention à imposer à la vie des hommes en société une conception du bien construite dans l’indifférence, voire la condamnation, des passions humaines et la référence exclusive aux normes du bien et du mal.

c) La morale doit être limitée à une nécessité minimale. (Stuart Mill. De la liberté)

Transition  : la tension entre une nécessité impérative de la morale et les désirs de liberté qui traversent la vie des hommes dans la société se retrouve au cœur même de la morale elle-même.

III - L’éthique et la morale. Troisième définition de la morale.

a) La distinction de la morale et de l’éthique. (Déontologie et téléologie)

b) Articulation de l’éthique et de la morale. L’éthique met en avant « la visée d’une vie bonne », s’enracinant dans les désirs et la liberté des hommes vivant en société. Elle n’exclut pas pour autant la morale qui fournit les normes de l’évaluation de ces désirs, de cette visée. (Ricoeur. Soi-même comme un autre)

c) La morale est nécessaire à la vie des hommes en société lorsqu’elle est prospective.

Bibliographie  :

- Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté
- Rousseau, Le Second Discours
- Kant, Fondement de la métaphysique des moeurs
- Kant, Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique
- John Stuart Mill, De la liberté
- Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre
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Faut-il craindre le regard d’autrui ?

Plan :

I/ Des raisons de craindre le regard d’autrui

A/ La méconnaissance (le même et l’autre)

B/ Conséquence : se protéger du regard de l’autre (problématique de l’identité et de la différence)

C/ Sartre : aliénation et réification (« L’Enfer, c’est les autres »)

Transition  : j’ai des raisons de craindre le regard d’autrui, mais en rester là, ne serait-ce pas admettre que le rapport à l’autre est simple lutte d’ego repliés sur eux-mêmes ? Le regard de l’autre ne peut-il pas être un soutien ?

II/ Dépasser la crainte : autrui comme médiateur indispensable.

A/ L’impossibilité d’un monde sans autrui (Tournier)

B/ De la certitude subjective à la vérité objective (Hegel)

C/ Autrui comme médiateur indispensable entre moi et moi-même (Sartre)

Transition : La première impasse était celle de la réduction à une relation conflictuelle avec autrui, la deuxième est celle d’une relation seulement égocentrique : autrui n’est qu’un instrument pour une relation de moi à moi-même et qui ne laisse pas de réelle place à autrui. Il faut penser une crainte non plus comme menace mais comme respect.

III/ Quand le regard d’autrui se fait demande

A/ L’enfant qui est en demande, qui attend que je lui donne ma confiance (Alain)

B/ Le motif de l’effronterie ou de l’impudence : l’individu à qui rien ne fait honte ou qui ne veut avoir honte de rien.

C/ La demande que je lis dans le regard de l’autre : il s’agit de la limiter afin de respecter l’autre dans son altérité, comme ce qui me dépasse infiniment.

Bibliographie  :
- Sartre, Huis-Clos  : "l’enfer, c’est les autres"
- Sartre, L’être et le néant : la honte (texte lu)
- Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du pacifique
- Stefan Zweig, Le joueur d’échecs
- Hegel, La phénoménologie de l’esprit : la dialectique du maître et de l’esclave notamment
- Lévinas, Totalité et infini


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