réviser le BAC PHILO avec FRANCE CULTURE et l’émission LES NOUVEUX CHEMINS DE LA CONNAISSANCES qui traite en direct de sujets de dissertation

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance
mardi 24 avril 2012
par  Lydia COESSENS

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-bac-philo-1ere-session-24-obeir-est-ce-renoncer-a-s

Obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?

Plan :

Problème : si la désobéissance n’est pas forcément le lieu de notre liberté, est-ce qu’il ne serait pas concevable que l’obéissance nous mène à notre liberté ?

I/ Oui, obéir, c’est renoncer à sa liberté. Désobéir, c’est donc aussi affirmer sa liberté.

A/ Thèse libertaire : désobéir, c’est affirmer son indépendance, et obéir, c’est renoncer à son individualité.

Objection : mon individualité ou les moeurs dans lesquelles je suis immergé peuvent être le lieu de mon esclavage (soumission à mes pulsions, ou encore aux mécanismes de la publicité, de la propagande).

B/ Désobéir, cela doit être en vue d’une cause juste, et obéir à l’injustice, c’est renier sa liberté : recherche d’un critère d’une certaine idée de la justice en général.
Question de l’idéal de légitimité.

Transition : Comment repenser la liberté pour éviter l’indépendance sans règle sans pour autant basculer dans l’assujettissement à un pouvoir ?

II/ La liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à faire ce que l’on doit.

A/ Théorie stoïcienne : obéir à ce qui doit être. Liberté comme courage de faire ce que l’on doit faire, et non égoïsme sans règle.

B/ Théorie de Hobbes : obéir à un Etat qui ne nous domine pas, mais qui nous représente. Thématique du pacte social. Une bonne forme d’obéissance politique doit être pensée.

Problème : on obéit en vue d’autre chose que la liberté (l’ordre du monde A, la paix civile B). Certes, on y renonce librement, mais il s’agit tout de même d’un renoncement.

III/ Comment obéir librement tout en ne renonçant pas à sa liberté ?

A/ Redéfinir la liberté une nouvelle fois : l’autonomie chez Rousseau
Contrat Social I, 8 : « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. »

B/ La liberté politique : obéir aux lois seulement si elles sont justes.
Rousseau, 8ème des Lettres écrites de la montagne

C/ L’autonomie morale chez Kant : obéir à des principes moraux que je m’impose à moi-même.

Bibliographie :
- Platon, Gorgias
- Bakounine, Dieu et l’Etat (sur la désobéissance politique)
- Thoreau, La désobéissance civile (sur la désobéissance politique)
- Sophocle, Antigone (sur la distinction légalité/légitimité)
- Cicéron, De officiis
- Hobbes, Léviathan
- Rousseau, Du Contrat Social, I, 8 (distinction indépendance/autonomie)
- Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs (sur l’autonomie en accord avec l’autre)

Une communauté politique n’est-elle qu’une communauté d’intérêts ?

Plan :
1. La communauté politique est une communauté d’intérêts…

Ces intérêts relèvent :

1.1 Des intérêts particuliers. Ils définissent la sphère économique

1.2 De l’intérêt général (Rousseau)

Transition : Mais n’est-ce pas réduire la communauté politique à une instrumentalisation des uns par les autres ? L’utilité est-elle la seule valeur qui permette de faire société ?

2. … mais elle est aussi une communauté historique.
La communauté politique se définit aussi par son identité, c’est-à-dire par sa genèse. Le mode d’insertion de l’individu ne relève plus de l’avoir mais de l’être. En ce sens elle est :

2.1 Communauté historique.

2.2 Communauté culturelle.

Transition : Cependant, les sociétés contemporaines sont de plus en plus des sociétés multiculturelles. La communauté historique ne permet plus de souder la communauté politique faute de références communes. Les valeurs restent à fixer. La communauté politique se trouve-t-elle réduite aujourd’hui à n’être qu’une communauté d’intérêts ?

3. Cependant, sa véritable nature est d’être une communauté de citoyens.
La communauté politique est une communauté de citoyens. Elle n’est pas seulement constituée par le présent de l’intérêt et par le passé de l’histoire, mais par le futur du projet commun puisque c’est elle qui décide de loi commune qui la fait vivre en la discutant constamment.

3.1 Elle est alors communauté de discussion (Habermas)

3.2 Elle permet à chacun d’exister en se manifestant aux autres. C’est la thèse de Arendt selon laquelle chacun révèle son individualité par la parole et par l’action.

Conclusion :

Chacun existe dans plusieurs sphères (sociale, historico-culturelle, politique). Traduire le mode d’insertion dans la communauté en termes d’intérêt est inutilement cynique parce que probablement erroné. Les individus constituent la communauté autant qu’ils sont constitués par elle au sens où elle leur confère une identité.

Bibliographie :
- Hobbes, Léviathan
- Locke, Traité du gouvernement civil
- Rousseau, Du Contrat Social
- Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ?
- Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre (sur la communauté culturelle, l’identité narrative)
- Annie Ernaux, Les années (exemple littéraire)
- Habermas, Droit et morale, Droit et démocratie, L’espace public
- Kant, Qu’est-ce que les Lumières ?
- Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne

Peut-on être heureux dans un monde injuste ?

Plan :

Problème : A quelles conditions est-il possible et légitime de vivre satisfait parmi des hommes insatisfaits, de ressentir l’harmonie dans un monde disharmonieux ?

I/ Examen de l’hédonisme contemporain : oui, on peut être heureux dans un monde injuste

A/ Première évidence : le bonheur reconnu comme droit

B/ Deuxième évidence : le monde est, a été, sera toujours injuste. L’injustice est une donnée, il nous faut donc faire avec. C’est même une raison de plus pour chercher à être heureux.

Transition : Mais cet hédonisme contemporain ne nous fait exister que comme consommateur. N’est-ce pas un bonheur illusoire, égoïste, peu humanisant ?

II/ Examen de la conscience tragique de l’injustice du monde : on ne peut être heureux dans un monde injuste, le bonheur dans de telles circonstances serait illégitime.

A/ Critique de la position antérieure : hédonisme contemporain comme déni, évitement de la réalité, et comme illusion. Contradiction ? I/ B/ Evidence de l’injustice comme donnée. Pourquoi illusion ?

B/ Est-il pour autant définitivement impossible d’être heureux dans un monde injuste ?
Malheur à vivre sous la forme de 1/ le scandale, 2/ la compassion, 3/ l’amor fati, la soumission à l’ordre du monde.

Transition : nécessité de repenser l’idée de bonheur sous une forme compatible avec l’injustice dans le monde.

III/ Examen d’une possibilité de réconciliation : le bonheur retrouvé, conquis de haute lutte, fragile.

A/ Le bonheur par le travail et par l’action : compenser les injustices, réparer les fautes.

B/ Les conditions d’un bonheur compatible avec l’injustice dans le monde : bonheur altruiste et non égoïste ; volonté du peuple et non de l’individu ; éducation à être libre, donc plus enclin à être heureux ; agir en tant que citoyens et non en individus privés.

Conclusion : la liberté, risque du malheur et de l’injustice, mais aussi la seule voie légitime et réelle vers plus de bonheur et plus de justice. Bonheur fragile. L’homme est imparfait mais perfectible (cf Rousseau).

Bbliographie :
- Baudrillard, La société de consommation
- Hannah Arendt, La crise de la culture
- Epicure, Lettre à Ménécée
- Sophocle, Antigone
- Aristote, Ethique à Nicomaque
- Pascal, Pensées
- Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs
- Rousseau, Du Contrat Social, et l’Emile
*****

La culture nous rend-elle plus humains ?

Plan :

I. La culture comme nécessaire à la survie de l’homme, « humain » entendu au sens objectif, appartenant à l’espèce humaine

1/ Aux sources du concept de culture : la culture est la marque de l’humanité en tant qu’elle est un travail ou une activité humaine transformant une matière ou nature.

2/ Oublié par la nature, l’homme développe ses capacités spécifiques en domptant la nature et sa nature. Il y a une dimension morale liée à la culture.

3/ L’homme fait évoluer sa nature à travers l’histoire.

II. La culture comme processus de moralisation de l’homme parvient-elle à ses fins ?

1/ Le raffinement culturel est-il la garantie d’un respect de l’autre ?

2/ La culture sert à empêcher les hommes de s’entretuer en contenant leurs pulsions agressives

III. La culture fait tendre l’homme vers le bien seulement si elle le rend attentif à l’autre

1/ La culture et les échanges culturelles doivent faire prendre conscience à l’homme qu’il appartient à une seule communauté humaine

2/ La culture doit rendre plus humain dans une acception méliorative, qualitative et non quantitative

Bibliographie :

I/ La culture est nécessaire pour humaniser l’homme
- Cicéron, Les Tusculanes
- Platon, Protagoras, 320b-320c (le mythe de Prométhée)
- Marx, Le Capital
- Truffaut, L’enfant sauvage

Transition : Rousseau, Le Second Discours (sur le paradoxe de la perfectibilité)

II/ L’humanisation par la culture est-elle morale ?
- Kant, Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique, 7ème partie
- Primo Levi, Si c’est un homme
- Pascal Quignard, La haine de la musique
-  Sa majesté des mouches, film de Peter Brook, adapté du roman de William Golding

Transition : Freud, Malaise dans la civilisation (la culture est impuissante à maîtriser certaines pulsions)

III/ Conciliation culture/morale par la nature
- Lévi-Strauss, Race et histoire
- Descartes, Le Discours de la méthode, VIème partie


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