Le Rire de Bergson

mercredi 9 novembre 2011
par  Lydia COESSENS

Le philosophe Bergson (1859-1941) a consacré un ouvrage à la question du rire, occasion de mettre l’accent sur la dimension spirituelle du rire, d’étudier des caractères littéraires et de réfléchir sur l’art.

Vous trouverez le texte en totalité :

http://classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/le_rire/le_rire.html

et un extrait du chapitre II sur la chute...

Voici une présentation de l’ouvrage en référence à l’édition critique établie par un spécialiste de Bergson, Frédéric Worms :

"Le Rire est sans doute le livre le plus lu de Bergson. Des générations de bacheliers en ont retenu cette citation "Le Rire est du mécanique plaqué sur du vivant". Dans la présentation de cette œuvre Frédéric Worms n’hésite pas à lancer que cette œuvre est elle-même plaquée mécaniquement sur Bergson. Il s’agit donc enfin d’entrer vraiment dans l’œuvre avec un appareil critique qui nous éclaire la richesse de la pensée de Bergson. Le philosophe donne au rire une portée morale et une signification métaphysique.

Il commence par observer trois éléments nécessaires à la compréhension du comique. Tout d’abord il montre qu’il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain que le rire « exige une certaine anesthésie du coeur  » et « qu’il implique entre les rieurs une certaine complicité ». Partant de ces observations préliminaires, le philosophe énonce sa thèse, à savoir que le rire est une rupture dans le mouvement souple de la vie, l’introduction d’une raideur, une mécanique dans la vie qui est écoulement continu. Par là découlent des milliers d’effets comiques comme ce distrait qui au cours de sa marche fluide se prend un poteau.

L’art comique force les traits de la nature, note les pliures du visage, du caractère à la manière du caricaturiste. Ainsi le philosophe file son analyse en explorant les ressorts du comique de situation, mais aussi de mots. Le comique de langage consiste la encore à défier l’équilibre, l’écoulement en introduisant par exemple un terme absurde dans une formule banale ou bien un jeu sur le double sens. Bergson développe dans la troisième partie de son ouvrage le comique de caractère en insistant sur les enjeux moraux d’un rire qui pour vivre se nourrit de la tragédie.

Au final, le Rire de Bergson nous fait entendre en d’autres échos sonores notre propre rire, nous éclairant sur les mécanismes de notre condition humaine.


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