Le premier humain par Cécile Daumas, terminale L ; une très belle et riche dissertation.

mercredi 29 février 2012
par  Lydia COESSENS

DAUMAS Cécile
TL
Philosophie

Le premier Humain.

La planète bleue semble aujourd’hui être l’emprise de l’Homme, marquée partout de son sceau. Les surfaces maritimes, terrestres, et même aériennes voient ce qui fut des millénaires leur territoire propre se transformer. Les Hommes ont appris à utiliser tous ce qui les entourent, mais bien souvent, la connaissance d’un objet, d’un sujet, donne à l’Homme une impression de puissance, de domination sur celui ci. Il croit alors pouvoir le contrôler, et si ce contrôle lui échappe, il est fréquent de le voir œuvrer de manière violente, sournoise. Car il est certain que l’homme abuse parfois des vices les plus malsains. Pour certains grands penseurs, tels que Freud ou Kant , ils sont naturels, sont en lui, pour d’autres, comme Rousseau, ils ne sont que le fruit de la société corruptrice . Ainsi , les connaissances de l’Homme sont encore bien limitées, et même s’il peut maintenant atteindre l’espace, la Lune, les 80 pour cent d’eau sur Terre sont en grande partie toujours inconnues. La vie, les forêts, les demeures qui s’y trouvent sont bien souvent détruites par les noirceurs de l’Homme, qui alors ne privilégie pas la morale , mais ses désirs incontrôlés. Le terme Homme saie t-il bien avec celui qu’on lui associe communément, humain ? Dans un monde où l’animalité, la bestialité sont toujours présentes, où l’on use de manière détournée de la mort et de la sexualité, des bas instincts déguisés, où est l’Homme ? Qui fut, qui est ou bien qui sera le premier Homme ? Les origines mythiques de l’homme furent longtemps l’unique réponse à l’humanité. Puis elles conduisent à se demander (en particulier avec Lilith) si la femme est elle aussi un Homme, et, enfin, le rapport entre l’humain et l’humanité, développement qui peut être appuyée par le philosophe Kant.

Il est parfois si aisé de croire en de belles histoires, en des mythes qui combleraient tous doutes, et surtout, seraient un moyen d’échapper à l’éternelle peur de la mort . Mais une peur alors remplacée par une autre : la peur de la toute puissance que sont les Dieux ou qu’est Dieu, de la vengeance, des foudres divines . Aussi, l’Égypte antique offre de multiples exemples, ce pays qui eu une si grande diversité de cultes. Les légendes variaient selon les régions, nombre sont encore aujourd’hui connues, dont le mythe de la création memphite, qui a pour origine la ville de Memphis.
Il est écrit qu’au début des temps, Ptah le démiurge, Dieu maître donc, issu de Noun, l’océan primordial, prit conscience de son existence. Puis il prit le limon de la terre, créant et modelant l’Homme. Aussitôt son œuvre créatrice terminée, il céda la place à son successeur Ré, le soleil. Ré, seigneur d’Hépiolis, parcourt chaque jour son domaine dispensant à l’humanité dons et bienfaits. Tous ces efforts ne lui amenèrent cependant pas la reconnaissance de ces êtres primitifs que sont les Hommes. Ré, vieillissant, s’affaiblit. Isis utilisa un subterfuge et lui vola son plus précieux bien, son nom secret. Par cette fourberie , elle devient « la grande magicienne » et surpassa les autres divinités. Mais, les malheurs ne s’arrêtèrent pas là. Les Hommes se mirent à comploter et à se révolter contre leur maître. Aussi voulut-il faire un exemple. Il dépêcha Seckmet afin d’exterminer les révoltés. La déesse à tête de lionne massacre sans pitié et, la nuit venue, elle s’endort... Voyant le carnage, le dieu solaire est pris de pitié, décide alors d’épargner les survivants. Il fait mélanger au sang humain du suc de mandragore et de la bière, le répand autour de la déesse qui à son réveil savoure, s’enivre et oublie ses victimes.
Ce mythe à ceci d’intéressant que bien que ce soit une religion polythéiste, c’est un Dieu seul qui créer l’homme, ainsi que dans les religions monothéistes. Lorsque les hommes se soulèvent contre l’entité qui les fit , la punition sera implacable et terrible, ce qui naturellement peut évoquer le départ forcé d’Ève et Adam du Jardin d’éden . Plus encore, le Dieu soleil qui accordera la pitié aux Hommes, apparaît comme un Dieu miséricorde ... Si les Hommes venaient à oublier le respect et l’humilité qu’ils doivent aux Dieux, ils vivent toujours dans la crainte, par les légendes qui perdurent, les écrit divins qui toujours chantent la puissance et parfois, la sagesse démesurée des Dieux. Les Dieux qui sont dans les religions polythéistes bien souvent pourvus de défauts qui se rapprochent de ceux des Hommes (les incalculables noirceurs des Divins grecs...) et ont donc une colère et une réaction imprévisibles, selon leur humeur et leurs envies, ils peuvent bouleverser la Terre entière... Ils sont de par leurs forces la Terre entière et alors chaque faute, chaque erreur peut vous être fatale, sous les lois de ces Dieux changeants.
Mais même dans la religion chrétienne, dont l’influence fut longtemps maîtresse en occident (qui encore, à sa force) et où le Dieu est pourtant miséricorde, la peur de sa grandeur réside. Dieu comme notre Père à tous, car il est de ces parents biologiques qui nous firent et plus encore, puisque qu’il est le créateur de toutes choses, le créateur de l’humanité. L’Homme est à « l’image de Dieu », mais penser avoir du divin en soi et vouloir atteindre ce statut divin est dans la bible ainsi que l’hybris de l’antique Grèce . En effet, l’homme et la femme du jardin d’éden, ceci à cause de leur accès à la connaissance, qui risquait alors de les mener sur un chemin proche de celui de Dieu, et « L’Éternel Dieu dit : voici l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal (genèse 3.22). La pomme qui fut croquée par les pécheurs, qui succombèrent à la tentation démoniaque et surent alors. L’Homme vivait auparavant dans la pureté innocente, dans l’amour, avant le savoir. Les notions de bien et de mal inconnues, Ève et Adam n’en avaient pas besoin, étant dans un amour instinctif, le bien naturellement présent et le mal... camouflé. Par la connaissance, ce premier couple d’humains donna vie au mal, ou, lui permis de sortir de son buisson. Les Hommes purement naturels seraient alors plus humains que les êtres de culture. Jean Jacques Rousseau confirmera, d’une certaine manière, cette théorie au XVIIème siècle, venant presque à une forme de misologie. Il mettra du temps à mener cette pensée, homme si désireux d’apprendre. Rousseau, croyant qui pourtant, bien souvent, refusait de se plier aux lois imposées par l’église, posera une idée qui suit de près l’écriture biblique de la genèse du monde. Bonheur pur au jardin d’éden, tu sembles impossible ailleurs, loin de l’innocence... Car c’est bien Dieu qui donna l’ordre de l’innocence, un ordre protecteur du Divin paternel, qui était alors une barrière face à la mort, « Vous n’en mangerez point et vous n’en toucherez point, de peur que vous ne mouriez. ». La mort sera la punition de Dieu, qui, dès la création était redoutée, parce qu’elle est l’inconnue. L’homme maintenant sous la punition éternelle, se doit de rester le plus innocent possible , car la mort reste une sentence donnée par un Dieu miséricorde. Elle n’est qu’un passage, l’âme peut se retrouver comme elle le fut, originellement blanche. L’homme est celui qui aime à savoir ce que le créateur lui offre, il aime naturellement la découverte mais ne peut être qualifié par le nom d’Homme seulement lorsque tous ses désirs, toutes ces actions sont sous le joug du Divin Père . Chaque fait doit être intimement lié au désir, à la voix du ciel. Mais si l’Homme est tel, alors bien courte fut sa vie. Le serpent qui aujourd’hui est « maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie » ( genèse 3.14), arriva bien vite, l’être humain ne fut guère long à se plier au charme de la tentation. L’Homme alors même qu’il est dans la pureté, a la faiblesse de se laisser aller à une corruption.
Il paraît insensé d’imaginer que cette faiblesse de l’Homme, qui le plongea par la suite et pour toujours dans la malheur, est une erreur de création de Dieu. Dieu, l’être sage pas excellence, l’être de la connaissance absolue ne se trompe pas. Si c’est à son image qu’il l’a crée, Dieu a peut être doté l’Homme d’une soif de connaissance telle, telle que la sienne qu’il lui serait alors impossible de vivre dans l’ignorance qu’on lui impose. Mais bien qu’à l’image de Dieu, l’Homme n’en est pas un et il se doit d’être loyal, de lui être obéissant. Cette vision religieuse de l’Homme semble impossible aujourd’hui, oubliée . Peut être est ce pour cette raison qu’il est presque obligation pour le pieu, pour celui qui a une véritable foi, (et non pas une croyance qui aurait pour unique fin sa propre survie, face à la peur de la mort) de vivre dans un lieu reclus de réelle civilisation, pour ainsi pouvoir résister aux sournoises tentations, tentations sur lesquelles notre société est basée. L’Homme serait donc crée par Dieu avec des défauts, défauts qui peuvent sembler insignifiants, mais qui se révèlent importants faces aux charmes, ils sont mis à jour là ou l’humain succombera … l’Homme n’est pas un être sage, mais il essaiera pourtant d’atteindre cette sagesse qui le rapprocherait de Dieu. Car si Dieu fit l’Homme à son image, il y mit alors de son intériorité, peut être un peu d’éternité, au cœur de la finitude. Dieu est savoir, est sagesse, le couple premier fut alors humble face à une telle puissance, mais la bride de la connaissance qu’il posa, le désir humain de connaissance sont tels que la sortie du jardin d’Eden apparait presque comme un événement qui ne pouvait qu’être. Ce drame ou ce changement conduira les Hommes à la fois à s’éloigner et se rapprocher de Dieu .
Le tout puissant a-t-il vraiment crée un homme ? Si l’homme est humble, s’il se nourrit de ce que le Divin lui offre, tout en étant heureux, il est cependant une image de Dieu. A Celui-ci il est délicieux de découvrir, d’où ses créations, et l’Homme suivra ce chemin, cet instinct de connaissance bien heureux. Mais l’Homme n’est pas que raison et jamais il ne sera Dieu, Être tel que son existence s’apparente à une utopie, est parfois, la question est de savoir si c’est Dieu qui fit l’Homme ou l’Homme qui fit Dieu… Si Dieu dessina l’Homme, le fit il à l’instant, ou bien créa t-il un être destiné, de part son logos, de part ses sens, sa réflexion, à le devenir ? L’Homme à ses débuts ne se caractérise pas par sa raison puisqu’il vit dans l’ignorance, mais il est, en cette époque, en ce jardin, heureux . Il apparait dans la bible comme une atteinte du bonheur, fin maîtresse de chaque Homme. Mais s’il l’ignore, qu’en est-il alors de son esprit, de sa qualité d’Homme ? C’est ainsi qu’il est possible d’imaginer que l’ultime création de Dieu fut des êtres d’une telle complexité qu’il créa à la fois l’Homme et le non-Homme. Peut être est-ce lui qui les fit chuter ou s’élever, peut être les démons sont ils des épreuves aux dernières créations de l’éternel ?
Il est bon de parler des dernières créations de Dieu et non pas de la dernière, il est important de désigner l’Homme avec une majuscule, afin de ne jamais oublier cet autre être … L’homme ne sera qu’un court instant seul et c’est la femme qui avec lui, l’influencera cependant, c’est elle qui succombera, elle qui est, plus encore, imparfaite, puisqu’elle est un mélange de l’image de Dieu et de celle de l’homme . Si humanité, si Hommes il y a, qui est elle, où se place t-elle ?

L’Homme, seule créature que Dieu a voulu pour elle-même, ne se trouve pleinement que dans le don désintéressé de lui-même : pour le chrétien, l’homme est créé à l’image de Dieu ; il a été créé en tant que valeur particulière pour Dieu, mais aussi en tant que valeur particulière pour lui-même. Il a été créé par pur amour gratuit de Dieu afin de participer à la vie même de Dieu . Aussi, recevant sa vie comme un don, l’homme ne se réalise et ne se trouve lui-même que par un don de sa personne, don qui est fait à Dieu, en retour de sa bonté. La femme pourtant, défiant son autorité, lui désobéira. Elle commettra le pêché originel ; « la femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea, elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle et il en mangea. » (genèse 3.6). Ainsi, c’est l’action de la femme qui perdit l’humanité . Déjà elle était plus faible, sous l’influence des tentations démoniaques. Elle s’affichera alors, sous la loi de Dieu, comme un être inférieur, dangereux de par ses trop grandes ambitions, et, peut-être, de par sa soif de liberté. Est ce réellement un punition juste que l’époux domine sur la l’épouse ( genèse 3.16) ?
L’écrit divin n’est cependant pas remis en compte, et la voix de Dieu est toute puissante. S’il est écrit que l’homme dominera sur la femme, certains suivront à la lettre cette injonction jugeant qu’il faut être intransigeant avec les lois de l’Éternel. La femme devra, dès le début de l’humanité mythique chrétienne, une soumission à l’homme. Mais la bible et les femmes alors furent parfois les victimes du fanatisme religieux, qui camouflèrent leur vraie beauté. En effet, il ne faut pas oublier qu’Ève est nommée, au terme du récit de la genèse, « mère des vivants ». Elle est une création essentielle, sans laquelle toute l’humanité ne pourrait être, Adam se serait éteint sans descendance . Il y eut Marie, mère de Jésus, de la bonté même. Des femmes donc, si vibrantes de vie, qu’elles furent probablement de grands chemins d’amour. Mais les femmes qui sont représentées en tant que saintes sont, toujours, des mères ou bien des repentantes, des vierges, se donnant tout entière à Dieu. Bien qu’elles semblent parfois compléter le dessein de Dieu, elles apparaissent avec une fonction bien définie, l’épouse maternelle, la mère protectrice. De plus, le fait que la femme soit « la prise de l’homme » (genèse 2.23), créer, indéniablement, une forme d’infériorité du sexe féminin.
Mais l’Histoire biblique oublie quelquefois l’origine de la femme, sa création première, un mythe effacé, intriguant, qu’est l’histoire de Lilith. D’abord, Lilith et Adam ont été créés de manière égale. Entre eux, naquit un différent qui avait relevait de la façon dont ils faisaient l’amour. Lilith contestait sa position d’infériorité, ceci au sein e leur vie de couple. Elle désirait une équivalence des droits. Devant l’intransigeance d’Adam, elle réussira à s’enfuir du jardin d’Éden. Lilith la maudite à le souffle d’une puissance à la fois effrayante et séduisante. La première femme pourrait donc être l’égale de l’homme dans la création divine de cette légende parallèle à la Bible .
Lilith, séductrice, s’offre aujourd’hui comme le symbole de la société moderne, en précaire équilibre entre la chair et l’esprit, et usant parfois de l’un pour abuser de l’autre. Diablesse qui parfois fut assimiler au serpent tentateur, elle est à elle seule tentation, sous ses formes charnelles et intellectuelles complexes, insaisissables. A présent base de notre société, ou les Hommes vivent dans une perpétuelle envie, dans la lutte de désirs auquel ils sont poussés. Perdus dans l’attente de pulsions inassouvies. Lilith la succube, Lilith l’incestueuse, femme qui parfois fut associé au serpent maléfique. Elle fait peur par son mystère, par son désir de liberté et de savoir intarissable. C’est ses idées qui la poussèrent à fuir, ses rêves d’égalités, de justice qui prouvent qu’elle est l’égal de l’homme, et le courage qu’elle a eu de se rebeller, non pas seulement face aux hommes, mais aussi face à Dieu. Lilith peut apparaître comme la représentation de toutes les femmes qui résistèrent , qui eurent la force de ne pas se soumettre face à des hommes qui ont peur de ce qui est inconnu, peur de celles dont les formes sont plus intrigantes, peur de celles dont le sang s’écoule ... Une peur des mythes païens, préhistoriques, qui, dans chaque régions du monde, trace un Principe féminin spirituel à travers une multitude de déesses de grandes prêtresses, qui bien souvent étaient assimilées à une énergie qui gouvernerait tous les mondes.
La femme est dans toute l’Histoire de l’humanité rabaissée, placée sous le joug masculin. Il y eut pourtant nombre de femmes qui firent montre de leur esprit, des écrivains, comme George Sand, des scientifiques, ainsi que Marie Curry, et bien d’autres. Encore aujourd’hui, la justice n’est pas parfaitement égalitaire entre les hommes et les femmes. Certaines croyances antiques persistes, certaines interprétations détournées, bien souvent irréfléchies, et qui ne souille pas que les femmes mais toute l’humanité. Il est possible que ce désir morbide de domination des hommes ( dont il paraît si difficile de se détacher) sur elle au cours du temps soit du à une incompréhension du sexe dit faible, incompréhension qui mène à la peur . Il peut sembler étrange d’émettre l’idée d’avoir peur d’une femme, cependant, y a t-il d’autres raisons à de tels agissements ? Les femmes sont celles qui perpétuent la vie, qui tous les mois, sacrifient au ventre de leur corps leur création possible, si humble soit-elle, leur propre sang, empli de l’espoir et du pouvoir d’un jour refaire la vie. Avec la vie, donner un nouveau monde dans le monde, une musique jusqu’alors inconnue.
Si les femmes sont des Hommes, peut être faut il changer ce terme, et enfin le remplacer, lui qui est si proche de l’opposé lié pourtant inexorablement à la féminité. Comment placer la femme sous le terme d’Homme, si vaste soit-il ? La femme dispose de forces inconscientes naturelles, elle est mère en son sein . Elle n’est pas une mais plusieurs, elle est le ventre porteur, le sein nourrisseur, le corps tout entier consacré, préparé à une autre existence qui sera un temps en elle . Elle possède cette plénitude de n’être pas seulement une, elle peut avoir en elle un autre esprit, qui la complètera plus que n’importe quelle autre chose. Elle n’attend pas, ainsi que l’homme, la présence physique sur Terre de l’enfant pour être mère. Elle l’est au plus profond d’elle même, et si mort il y a, si désespoir survient dans le sang, seulement et uniquement elle aura pu un instant être la nuit protectrice des étoiles, inconnue et connue de tous. Seule elle pourra entendre les cœurs entremêlés séparés et unis. Elle peut être l’amour doublement. La femme est humaine, au sens de l’humanité, elle l’est plus que tout de par l’expérience qu’elle à la force de vivre. Elle n’est cependant pas indépendante de l’homme, tous deux se complétant. L’humain à des désirs qu’il est bon d’avoir, comme ceux de la connaissance, de la vie, de l’amour, mais bien souvent, il ne sais pas contrôler ces sources de richesses, trop vastes, trop denses pour qu’un humain seul puisse les comprendre, les écouter réellement. Aussi, c’est fréquemment parce qu’il ne s’entend pas que l’humain tue, dévaste l’autre. Si la femme fut sa victime, il y en eu tant d’autres au sang de cette époque terrienne, où les religions, les couleurs refusent l’amour...
L’homme et la femme ne sont pas humains l’un sans l’autre, aucun être n’étant entièrement mâle ou entièrement femelle, et c’est dans avec cette compréhension des choses, avec l’acceptation qu’il est ainsi que l’humanité pourra être.

L’humain vient du latin «  humanus », qui signifie « propre à l’Homme ». L’humain se caractérise par sa possession du logos, sa conscience morale et sa capacité à se projeter dans l’avenir . L’humanité, intime à lui, est définit par certains comme une nature, une essence humaine, par d’autres comme un sentiment actif de bienveillance, un devoir purement moral, est elle vraiment propre à l’humain, y a t-il un réel lien entre eux, au delà de leur nom, si proches ? Sans l’humanité, l’homme et la femme ne sont plus humains, ils se retrouvent au rang d’animaux, ne sont plus distingués des autres êtres vivants . S’il est peut être plus glorieux d’avoir été humain dès l’origine, avec les mythes de création divine, la thèse admise, scientifique, est celle de Darwin , de l’évolution. L’humain d’aujourd’hui n’a pas toujours été, il lui fallut acquérir ce que l’on appelle l’humanité. Nouveau né, l’enfant n’est pas humain au sens propre et philosophique où il faut l’entendre. Il se laisse aller à ses pulsions primaires, donc animales , il n’est pas maître de ses actions, il ne dispose pas du langage ... Il commence cependant, dès la naissance, à transformer la nature en culture, il commence à poser sa main, si minuscule soit elle, sur les murs, le sol, marquant alors l’univers un instant de sa présence. Il devra pour dépasser cette simple présence atteindre le rang d’humain, et il y a présent une société avec des lois morales, des règles qui imposent un respect, des limites des pulsions animales qui peuvent être contrôlées, pour ainsi mener à l’humanité recherchée. Celle ci s’avère peut être plus complexe, plus vaste que ce qu’il paraît, et naitre sous le signe de l’Homme ne signifie pas atteindre le rang d’humain, mot qui nous désigne mais qui reste éloigné, mal défini, quelque peu inconnu . Des Hommes encore se défit de ses lois, se laissant aller à leur pulsions, parfois violemment, autorisant aux désirs les plus profonds, les plus tabous, brisant toutes les valeurs inculquées, s’ouvrant à la mort. Car tous les hommes ne pensent pas que nous soyons humains lorsque nous possédons le logos, une réflexion, si poussée soit elle. Il est pour Kant une grandeur du mot humain, qu’il faut mériter d’atteindre, un terme qui n’est pas offert à la naissance, qui ne s’acquiert pas sur le temps d’une vie d’homme, mais sur l’infini . Il vise un impératif catégorique, la fin un uniquement pour elle même, laissant l’impératif hypothétique, voile transparent devant la bonté. Une magnifique et éternelle progression vers la morale, vers la sagesse .
L’humain est l’accomplissement ultime, la fin en soi et pour soi. Elle est la sagesse, terme finalement si proche du mot humain, au sens philosophique où il faut l’entendre. L’humain suit un chemin ou la volonté bonne est maîtresse, il accepte ses lois, qui lui amènent bonheur . La volonté bonne est le fait d’agir de manière totalement dépourvue d’ambitions propres, d’être dans un altruisme entier, s’offrir . Si ce principe semble difficile, incompris, c’est que l’humanité n’est pas considéré universellement comme une fin. Le souverain bien qui si fréquemment nous échappe, se dérobe à notre vue, encore si jeune, si peu travaillée. Il ne faut pas oublier, pour rester dans l’humilité, dans le droit chemin moral, la jeunesse de notre vie, et de notre existence, qui elle est presque fœtus . Elle se laisse parfois diriger par les sentiments, alors, nos actions ne sont pas morales, l’homme ne s’est pas accompli en tant qu’humain, se laissant aller au domaine pathologique, s’il a su dominer ses pulsions premières, il a laissé d’autres s’emparer de lui, peut être inconsciemment. Des désirs qui sont traduits de manière plus subtiles, déformés parce que la bienséance impose et qui finalement fera parti de notre nature, la culture étant probablement la nature de l’humain . L’homme doit s’écouter totalement pour se rendre compte que le bonheur, la plénitude ne s’atteint pas avec des satisfactions propres à soi mais propres à l’humanité. Car il faut tenter d’inclure au plus profond de sa pensée, pour qu’elle puisse se poursuivre, se dérouler sur un chemin juste et véritable que l’humain et l’humanité doivent s’accomplir dans une fin commune, morale, et qu’humanité n’est rien sans l’humain, ce dernier n’étant rien sans elle. L’humanité conduira l’Homme à être un humain, mais elle ne peut exister sans elle. Les Hommes qui n’agissent pas, même si c’est inconsciemment, même si ce qu’ils font leur semble juste et bon en apparence, si leurs actes s’autorisent des exceptions, admettent des dérives selon le contexte, selon leur morale, sont contre culture et donc contre nature, étant destinés à être des humains.
Le respect, principale valeur morale, est un sentiment « spontanément produit par un concept de la raison ». Aussi, il est n’admet aucune exception, car lui seul peu nous amener à la pureté, à l’humain.
L’humanité est alors une société d’humains, d’êtres existants qui sont dotés d’une conscience morale développée, dont ils savent user avec justesse, équilibre et raison. Or, cette société actuelle d’Hommes peut-elle être qualifiée d’humanité, la où les humains et les non humains arrivent, évoluent chaque jour, s’aidant et se tuant ?
S’il existe des humains, ils sont ce que Nietzsche appellerait des surhommes, des êtres qui sont au dessus des bassesses des pulsions instinctives, du besoin matériel qui détourne du chemin véritable de l’accomplissement humain. Ils sont cependant rares, et il et presque impossible de savoir d’un point de vue extérieur si ces êtres étaient vraiment désintéressés ou bien en eux encore persistait un impératif hypothétique. Cependant certains Hommes si grands par leurs actions semblent pouvoir être qualifié d’humain, c’est le cas de Nelson Mandela, de Gandhi, ou plus mystérieusement, de Jésus . Comme des guides, des entités qui existent pour elles en tant que tout, ces être ont côtoyés d’autres Hommes qui n’étaient certainement pas des humains et qui pourtant purent le devenir par la suite. Est humain celui qui reste humble, celui qui à conscience de sa finitude et essaie de la dépasser spirituellement sans pour autant penser la vaincre, car il ne la considère pas comme un mal . Car l’humain est l’humanité, sa fin n’est donc pas réelle, s’il a influé, contribué à un avancement de la communauté, de la société vers la sagesse et donc une humanité entière, claire, dépourvue de noirceur d’un désir pour soi propre. La finitude est physique , et il est beau de penser qu’il n’y a pas de finitude de l’humain mais de l’homme. Si pour certains le retour à l’humain est après la mort, ceci dans une pensée religieuse où l’humain se serait perdu en désobéissant à la loi divine, cet accomplissement peut se faire sur Terre. La loi divine peut être la sienne propre, celle de l’humain qu’il faut écouter, une volonté morale à laquelle il est nécessaire et bon d’obéir. L’humain est libre. Il n’est pas soumit à la volonté morale, car c’est en lui obéissant et seulement ainsi qu’il pourra atteindre la liberté de son âme. La liberté est une écoute de soi et le savoir de la vois qu’il faut suivre, ce qui nous libèrera des craintes de l’Homme, telle que la mort, pour atteindre le statut d’humain.
Car la mort d’un être humain n’est pas celle de l’humanité. Il faut développer, pousser sa pensée jusqu’à ne plus voir le souverain bien dans le temps d’une vie humaine, mais dans la durée de l’humanité . Car si l’on se tient au principes fondamentaux posés par la loi morale, nous accomplissons notre propre fin. Fin à terme d’une vie humaine n’est pas absolument atteinte de l’humanité en soi, mais atteinte de l’humanité toute entière.
Il est forcé cependant de reconnaitre que des Hommes n’agissent pas moralement, tuent, violent, pillent, au plaisirs malsains et mensongers de leurs désirs les plus pathologiques. Il va sans dire que ces être ne sont pas des humains, mais sont ils seulement des Hommes ? Il n’y a qu’ombres dans leur gestes, et ils semblent tant aliénés que leur humanité est comme absente, inexistante. Alors il faut penser sur une durée qui dépasse notre simple vie de mortelle. Il faut savoir que l’erreur se corrigera dans une vie qui n’est peut être pas la notre mais celle de l’humain, de l’humanité.

Aussi, y a t-il aujourd’hui des Hommes accomplis, qui peuvent exister dans une vie qui serait dans le temps humain avec des valeurs morales pleinement humaines ? L’homme et la femme n’ont pas encore, il est certain, réussi l’amour universel, et le premier humain n’est ni Adam ni Ève, ni même Lilith, il est l’humanité entière en pleine construction de lui, en pleine recherche de la sagesse, du souverain bien, du bonheur ultime qui s’atteindra lorsqu’enfin, la pomme du savoir sera comprise, digérée, lorsque le monde sera blanc des sourires qui se mêlent, dans le respect et l’amour, lois de la liberté humaine .


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Le premier humain
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