Préparation Bac PHILO : écoutez une émission sur le Contrat social de Rousseau

mardi 1er février 2011
par  Lydia COESSENS

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Les Nouveaux Chemins de la Connaissance sur France-culture.com
A la croisée des chemins 1/5 : Le Contrat social de Rousseau 7

31.01.2011 - 10:00
Avec Céline Spector.

Le Journal des Nouveaux Chemins avec Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader, à propos de l’ouvrage collectif La science en jeu (Actes sud).

Invité(s) :
Marie-France Chevalier-Le Guyader, directrice de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie.
Céline Spector, maître de conférences à l’Université de Bordeaux III Michel de Montaigne

Émile ou De l’éducation

La publication de L’ Émile, en 1762, restitue au problème de l’éducation sa place centrale en philosophie. De ses premiers mois jusqu’à la rencontre amoureuse, Émile est suivi dans chaque étape, à travers des expériences qui attestent d’abord le souci de considérer « l’enfant dans l’enfant », au lieu de le sortir de son âge. Rousseau montre qu’il est possible d’éduquer un homme selon la nature et de quelle façon les vices et l’inégalité caractérisent désormais la condition humaine : double enjeu qui constitue sa « théorie de l’homme ».
La richesse incomparable de ce maître-livre tient aussi aux tensions qui le parcourent. Rousseau refuse le péché originel mais il doit rendre raison du mal et de la souffrance que ce dogme interdisait d’ignorer ; il critique les philosophes de son temps mais il pousse à ses limites leur méthode empiriste ; il proclame : « je hais les livres », mais il fournit le panorama le plus juste et le plus instruit de la culture du XVIIIe siècle, en face de l’Encyclopédie et, pour partie, contre elle.
Parus ensemble, Émile et le Contrat social furent condamnés à Paris puis à Genève : la force du traité d’éducation n’échappa pas aux censeurs, même si Rousseau prétendait ne livrer que « les rêveries d’un visionnaire ». Car la forme même de la fiction arrache l’ouvrage aux circonstances : pas plus que ses lecteurs des Lumières, nous ne sommes à l’abri de ses leçons.
- Présentation de l’éditeur - (date de publication : 30 Septembre 2009)

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Du contrat social

édition de Bruno Bernadi
Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s’est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu’interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d’anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent un texte beaucoup plus problématique qu’affirmatif, c’est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d’aujourd’hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l’intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d’obligation sans lequel le lien social se défait ?
- quatrième de couverture- (date de publication : janvier 2001)

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Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

Rousseau Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes Paru en 1755, le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l’œuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l’originalité de sa voix, la force de son « système ». Résoudre le problème posé par l’Académie de Dijon - » quelle est la source de l’inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? » -, en d’autres termes expliquer que riches et puissants dominent leurs semblables sur lesquels ils n’ont pas de réelle supériorité, exige aux yeux de Rousseau de poser à nouveaux frais la question « qu’est-ce que l’homme ? ». Pour cela, il faut comprendre comment s’est formée sa « nature actuelle », si éloignée de ce que serait son état de nature : « Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c’est qu’ayant d’anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j’ai cru devoir creuser jusqu’à la racine... ».

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Qu’y a-t-il de naturel en l’homme ? Jean-Jacques Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, publié en 1755, imagine l’humanité dans sa condition primitive, à une époque où elle ne vivait encore que d’après sa constitution première. Le tableau qu’il dresse de cet état de nature originel fait ressortir l’existence de différences physiques mais d’aucune distribution inégale de droits entre les hommes. C’est l’institution sociale et l’invention du droit qui fera naître les inégalités. Rousseau nous raconte l’enchaînement des circonstances qui dut conduire le genre humain à s’éloigner de son heureuse condition originelle et à devoir recourir à l’autorité d’un État pour sauvegarder la vie et la liberté de chacun.

Au cours de l’histoire, l’homme se socialise, apprend à parler, à aimer ; il s’humanise en s’éloignant de sa première condition, simple, heureuse mais quasi animale. Une manière pour Rousseau de formuler la contradiction de la condition humaine : historique, insatisfaite, mais aussi hantée par le rêve de la nature et du bonheur.

Un texte d’une grande éloquence qui ne peut que toucher son lecteur. —Emilio Balturi


Portfolio

Du Contrat Social Emile ou de l'éducation JPEG - 19.5 ko