ALAIN CORNEAU SUR FRANCE CULTURE Tous les matins du monde : C’EST AU PROGRAMME DE LA TERMINALE LITTERAIRE !

jeudi 9 septembre 2010
par  Lydia COESSENS

Le réalisateur Alain Corneau, réalisateur de Tous les matins du monde.
France culture rediffuse, en hommage à Alain Corneau, des entretiens qui portent notammetn sur le cinéma et la littérature :

Rediffusion d’un A voix nue d’octobre 2007 en hommage au cinéaste décédé le 30 août dernier.

Par Sophie Nauleau. Réalisation : Laurent Paulré, prise de son : Marcel Lebras.

Alain Corneau est l’homme des sables et des caravanes du désert de Fort Saganne, le cinéaste des poulains galopant à l’enclos du Choix des armes et autres films noirs : de France société anonyme à Police Python 357 et son flic orphelin, interprété par Yves Montand, jusqu’à ce dernier Crime d’amour sorti sur les écrans onze jours avant sa mort.

Avec Nocturne indien et Tous les matins du monde, le réalisateur - qui depuis a mis un Petit écolier de Lu entre les mains de Fabien Barthez - a prouvé son attachement à la musique, à la littérature et à la beauté qui a sa place partout. Il faut dire qu’Alain Corneau l’orléanais sait le jazz, les frères humains de Meung-sur-Loire et les cœurs endurcis priés par François Villon depuis sa dure prison. Ses plus beaux personnages ne sont pas cornéliens. Ils sont plein d’embarras, comme dirait l’écrivain du Sexe et l’effroi, et somme toute parlent peu : de Mona, l’adolescente taiseuse et prostituée de Série noire, à la petite fille muette des Mots bleus – avec pour trait d’union instinctif cette scène d’amour dans une voiture aux vitres embuées.

Bref du polar à Pascal Quignard, de Jim Thompson (pas le magnat de la soie thaï et de la maison sur le klong mais l’autre, le maître des Cliques et des cloaques) à l’italien Antonio Tabucchi, et d’Amélie Nothomb à la romancière du Ciel des chevaux, Alain Corneau ne traque qu’un seul et invariable graal, l’être en quête d’identité. C’est pourquoi il importe de partir tourner en anglais au pays de Satyajit Ray, de se colleter avec le japonais en haut d’une tour de La Défense aussi bien qu’à Tokyo (Stupeur et tremblements obligent), de recréer l’ambiance des années 60 en studio à grand renfort d’effets spéciaux, ou de dialoguer simplement en langage des signes dans une institution pour enfants sourds-muets. C’est le décor de Leur histoire, « une histoire de famille comme le dessin des lèvres, la forme des oreilles ou la couleur des yeux qui se transmettent de génération en génération », récit bouleversant de Dominique Mainard réinventé par Alain Corneau. Patronné par Montaigne, ce dernier cite souvent le mantra qu’il s’est pris pour mémento de vie : « il y a autant de distance entre moi et l’autre qu’entre moi et moi-même ». Phrase déboussolant l’ego et sujet même du cinéma, comme un nœud à son mouchoir rappelant qu’il faut vivre au plus haut.

Lundi : De Meung à Manhattan

Mardi : Apprenti cinéaste

Mercredi :Artiste de série noire

Jeudi : Des images et des mots (sur Tous les matins du monde)

Vendredi : D’un souffle à l’autre

http://www.franceculture.com/emission-a-voix-nue-alain-corneau-15-2010-09-06.html


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