Le philosophe Jean-Luc NANCY réagit, abasourdi, à l’idée et à la mise en place d’un débat sur l’identité nationale : trois extraits de son ouvrage, Identité Fragments, franchises et des liens.

jeudi 25 février 2010
par  Lydia COESSENS

Le texte de Jean-Luc Nancy, Identité Frgaments, franchises a été publié aux éditions Galilée, collection La philosophie en effet en février 2010.
Vous le trouverez en librairie.

En voici trois extraits en fichier joint.
Bonne lecture.

Entretien à lire entre deux philosophes... :
http://jeancletmartin.blog.fr/2010/02/09/identite-jean-luc-nancy-7974128/

D’autres extraits :
http://deligne.posterous.com/jean-luc-nancy-identite

* La présentation de l’éditeur

"Ces fragments, arrachés par la stupéfaction : l’État dont je suis citoyen lance un débat national sur l’identité nationale. Serait-elle perdue ? serait-elle devenue décidément trop indécise ? serait-elle en danger ? Mais l’État n’est jamais que l’instrument de la nation : ce n’est pas à lui d’en définir, encore moins d’en constituer l’identité. Comme, de plus, cette initiative ne vise qu’à resserrer les rangs de tous ceux qui craignent pour l’identité de ladite identité - la couleur de sa peau, son accent, sa langue, sa religion - et qu’il s’agit à la fois de les conforter et de prévenir les candidats à la nationalité qu’ils seront homologués par cette identité, l’opération tourne en rond.
L’identité nationale tournerait-elle mal ? Mais sait-on seulement de quoi on parle ? De là venait la stupeur première : que des termes aussi chargés que « identité » et « nation », lestés par un demi-siècle - au moins - de questionnements philosophiques, psychanalytiques, ethnologiques, sociologiques et politiques, se trouvent allègrement propulsés en objets de « débat ».
Se sont donc détachés ces quelques fragments, à la hâte. Ils peuvent se lire aussi comme quelques préalables indispensables à toute prise en compte des mouvements tectoniques et des métamorphoses que connaissent désormais les supposées « identités nationales », ici comme ailleurs."

* La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 11 février 2010

"Devant le débat lancé par un ministère qui en son nom porte la honte d’associer identité nationale et immigration, Jean-Luc Nancy est frappé de stupéfaction. Les raisons en sont profondes, et lointaines : contre une philosophie du sujet conçue comme fermeture sur soi, toute l’oeuvre de Nancy montre en effet que chaque être est « singulièrement pluriel » et « pluriellement singulier », autrement dit que tout ce qui existe, en fait, coexiste - et qu’il est donc difficile d’« envisager un horizon d’"identité" »...
Mais si on tient au gros rouge en offensant l’oenologie, on offense « quarante ans d’un travail de recherche intense et fécond » mené dans tous les champs des sciences humaines et de la philosophie - que le seul nom de Claude Lévi-Strauss suffit à évoquer - en imposant à la société de débattre sur ce qui l’identifie, car la société, comme le dit son nom, associe : « Elle n’identifie pas, sauf à l’état civil, à la Sécurité sociale et toutes espèces de codages. »


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